QL 1 461 S6bA2Z i ENT ^r^:"-^; #^: ^ ^^^ 4 A >^5^ M- -^-îf ^:. .'■^-; Jit... ^'='^=^l^^^U^:i^:-:-.^^C^^^ /'^9 ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. # TABX.SAU Î9ÏI>ICATIF 2$2gS JOUB.S DE SÉANCE , 1 PENDANT L*ANNÉE l832. Les séances se tiennent à 7 heures du soir , rue d'Anjou- Dauplîine , n° 6. Févr. -9 Mars. 7 A.vril. 4 18 Mai. 2 Juiu. 6 Juillet 4 Août. I Sept. 5 Ocloh. 3 Nov. 7 21 Dec. 5 19 PARIS, IMPRIMERIE DE COSSON, rueSaint-Germain-des-Prés, no 9. y (^ ANNALES DE LA. SOCIÉTÉ ElNT< OMOLOCxIQUl DE FRANCE. TOME PREMIER. Nalura maxitr.t' miranda in minirai i r 32-06à PAllIS. MÉQUIGNON-MARYIS , LIBRAIRE-ÉDITEUR , RUE DU .TARDINET, IN** l3. i832. ANNALES DE LA. DE FRANCE. »4>»0^ REGLEMEtST. CHAPITRE PREMIER. FORMATION DE L4 SOCIÉTÉ. • Article i^*". La société prend le titre de Société Entomolo- gique de France. 2. Son objet est de concourir aux progrès de l'Entomo- logie. 5. Elle s'occupe de tout ce qui concerne l'histoire naturelle des Crustacés , des Arachnides , et des Insectes. 4. Le nombre des membres de la Société est illimité. Les Français et les Etrangers peuvent également en faire partie. 5. Tout membre Français ou Etranger paie une cotisation annuelle fixée à la somme de vingt-quatre, francs. Il reçoit toutes les publications de la So( iélé , ainsi que son diplôme. 6. Pour être reçu membre de la société il faut être pré- senté par un membre résidant. Le bureau , sur cette présen- 6 ANNALES tation , nomme une commission posir faire un rapport sur le candidat. Quand le rapport est fait, la Société prononce au scrutin secret et à la majorité à la séance suivante. A cet effet les membres résidans sont convoqués par lettre. 7. La Société choisit des membres honoraires parmi les sa- vans qui auront illustré la science. Leur nombre ne pourra jamais dépasser celui de douze , dont deux tiers Français et un tiers Etranger. Ils ne sont astreints à aucune cotisation, et reçoivent les diverses publications de la Société. Lorsqu'il y a lieu à la nomination d'un membre honoraire > le président désigne une commission de cinq membres qui présente à la séance suivante un rapport et une liste de can- didats. Celui de ces candidats qui réunit la majorité des suf- frages est proclamé membre honoraire. 8. Tout membre non résidant a droit d'assister aux séan- ces ; mais il n'a pas voix déUbérative. c). La Société publie un recueil périodique de ses travaux sous le titre de Annales de la Société Entomoiogujue de France {i) , qu'elle envoie gratuitement à tous ses membres. (i) Extrait dti traité avec M. Méquignon-Marvis , éditeur des Awitales. Lesdifes Annales, tirées au nombre de cinq cents exemplaires , former ront par année un volume in-octavo de trente à trente-cinq feuilles ( 4,80 à 5fto pages ). Chaque volume contiendra en outre, par année, de douze à dix-huit planches, tant au trait que coloriées. Tous les dessins des planches devront être fournis gratis par les auteurs des mémoires insérés dans les Annales : lesdits dessins resteront la pro- priété des auleurs. Une fois un mémoire remis par la commission chargée de la publi- cation à M. Méquignon-Marvis pour être imprimé et inséré dans les An- nales, l'auteur s'interdit le droit d'y faire pendant l'impression et sur les épreuves aucunes corrections extraordinaires entraînant un remanie- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 7 CHAPITRE IL Dl/ BUREAU, ET DE l/A.DMh\ISTRA.TION DE L 1 SOCIÉTÉ. Art. 10. L'administration de la Société est confiée à un bureau, 1 1. Le bureau est choisi parmi les membres résidens, élu au scrutin secret , et h la majorité absolue. Il se compose de six fonctionnaires , savoir : 1° Un président , 2" Un vice-présent , S** Un secrétaire , 4* Un secrétaire-adjoint , 5" Ijïï trésorier , 6" Un archiviste. 1 2. La Société pourra nommer un président honoraire. ment quelconque , elc. ; conséquemment toutes celles de ce genre qui pourraient être faites seront à la charge des auteurs. La publication des Annales sera faite par numéros de trois mois eu trois mois. Chaque auteur aura le droit de faire tirer à part dix exemplaires de ses mémoires, à la condition qu'il en préviendra M. Méquignon-Marvis (si l'auteur réside à Paris"), ou le secrétaire de la société (s'il réside hors Paris ), avant le tirage. Le prix de ce tirage se fera à raison de cinquante eentimes la feuille (i6 pages), ou dH un franc cinquante centimes avec une planche tirée en noir, ou de trois francs cinquante centimes avec une plan- che coloriée, le tout tiré à dix exemplaires , à moins que l'auteur ne pré- fère que ce soit à prix débatlu. La sociélé pourra étendre d'avantage ses publications lorsque le nom- bre de ses membres venant à augmenter le lui permettra. M.Méquîgnon-Marvis restera propriétaire de tous les mémoires insères dans les Annales, tant que l'édition qu'il en aura faite ne sera pas épui- sée. Conséquemment aucun des mémoires séparés ou réunis ne pourra être réimprimé sous la même forme par la société, avant leur épuisement. La société ne se regarde pas comme responsable de ce que pourraient faire individuellement les auteurs-contrairement à ces conventions. 8 A1SN.\LES i3. Le bureau est renouvelé tous les ans h la première séance de Janvier. 14. Tous les fonctionnaires sont récligibles , à l'exception du président qui ne peut être nommé deux années consécu- tives. CHAPITRE III. DES FONCTIONNAIRES. Art. i5. Le piésident (et en son absence le vice-président) dirige l'ordre des séances , nomme les commissions de concert avec le bureau, distribue le travail, etc. 16. Quand les votes sont également partagés'!, le président a voix double pour déteraiiner l'adoption ou le rejet. 17. Le secrétaire (et en son absence le secrétaire-adjoint) rédige le procès-verbal détaillé de chacune des séances. Il est chargé de donner lecture de la correspopdançe , de^ mémoires adressés à la société , etc. Il reçoit et inscrit les travaux à mesure qu'on les présente» Il est chargé de la correspondance. 1 8. En cas d'absence de ces deux fonctionnaires , le der- nier président , ot^ à son défaut le doyen d'âge, préside, et le plus jeune remplit les fonctions de secrétaire. 19. Le trésorier est personnellement responsable des fonds qui lui sont confiés. so. Les dépenses courantes sont payées par lui sans auto- nsation préalable. Les dépenses extraordinaires ne peuvent l'être qu'en vertu d'une déhbération de la Société , prise en présence de son trésorier, et qui lui sera fiotifiée par le secré- taire. Il justifie de toutes dépenses par pièces h l'appui. 21. Une commission de trois membres est nommée chaijue année par la Société, à sa séance de Janvier, a l'effet d'exa- DE Lk SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 9 miner les comptes du trésorier : elle ôq fait un rapport à la séance suivante. 22. L'archivisteest personnellement responsable des objels et pièces qui sont sous sa garde, et doit donner communication de ceux qui lui seront demandés 2 0. Chaque objet prêté ne peut l'être que sur un récépissé, et doit être rendu dans le délai de quinze jours , sauf à être redemandé par la même personne , si nulle autre n'en a fait la demande, CHAPITRE IV. ORDRE DES SÉA.NCES. TRA.VAIIX. Art. 24. Les séances ordinaires de la Société ont lieu h Paris, à sept heures du soir, les premier et ivoisiëme Mercredis des mois de Novembre , Décembre , Janvier, Février, Mars et Avril , et seulement le premier Mercredi des autres mois. 2 5, Chaque membre résidant est tenu d'y assister. Celui qui y manque paie une contribution d'absence. La seule excuse admissible est l'absence de Paris , ou empêche- ment majeur. Dans l'un ou l'autre cas , la Société devra en avoir été prévenue par lettre. Celte lettre est mentionnée au procès -verbal. 26. Chaque séance a lieu dans l'ordre suivant : 1° Lecture du procès-verbal de la séance précédente; 2° Lecture de la correspondance; 5° Rapport sur les travaux des sociétés savantes; 4° Communications verbales relatives à l'Entomologie; 5° Rapports divers demandés par la Société; 6° Lecture des travaux des membres; 7° Lecture de ceux des personnes étrangères à la Société;; 8° Propositions de présentation , et celles administrative^ des autres membres; ,0 ANNALES 9" L'ordre du jour pour la prochaîne séance réglé par le président. 27. Toute lecture a rigoureusement lieu par ordre d'in- scription. En conséquence , tout membre qui a des rapports , travaux ou propositions manuscrites à faire , doit en prévenir le secrétaire , avant la séance , pour être inscrit à Tordre du jour. 28. Toute proposition n'est décidée au scrutin secret que lorsque deux membres au moins le demandent. 2(). Toute proposition réglementaire doit être écrite et signée par son auteur , et déposée en séance entre les mains du président. Ce dernier la renvoie à une commission qui fait son rapporta la séance suivante, dans laquelle elle est adoptée ou rejetée par la Société. 00. Les membres de la Société, qui font partie d'autres so- ciétés savantes, sont invités h chaque séance à faire un rap- port verbal ou par écrit , sur ce qui a pu s'y passer de relatif h l'Entomologie. 3i. Les ouvrages manuscrits ou imprimés présentés ou adressés à la Société , sont renvoyés h une commission de trois membres nommés ad hoc par le président , pour qu'il en soit fait un rapport ou analyse écrit dans le plus bref délai. 52. A la première séance de mars de chaque année , il sera donné par le secrétaire un résumé des travaux de la Société pendant le cours de l'année précédente et dont la rédaction est confiée aux deux secrétaires. 55. Toute discussion étrangère aux sciences dont la Société s'occupe est sévèrement interdite. 54. Tout membre résident a le droit d'amener aux séances une ou deux personnes étrangères à la Société , et qu'il devra en arrivant présenter au président. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. CHAPITRE V. DES PUBLICATIONS. Art. 35. La société nommera une commission de cinq membres à laquelle s'adjoindront le président , le trésorier et les deux secrétaires ; elle sera chargée de réunir , de coor- donner et de désigner les mémoires qui devront composer le recueil des publications de la Société. 36. Cette commission sera nommée chaque année dans la première séance d'avril , au scrutin et à la majorité des suf- frages. Les membres adjoints au bureau ne seront pas rééli- gibles deux années consécutives. 37. Chaque commission doit , avant de cesser ses fonctions, terminer la livraison dont elle a commencé l'impression. Si cette livraison n'était pas terminée lors de son renouvellement, l'ancienne commission continuerait la publication en train , et la nouvelle commencerait à réunir les matériaux pour la livraison prochaine. 38. Dans le cas 011 un membre cesserait de faire partie de la commission , il serait remplacé dans la plus prochaine séance. 59. Aucun travail ne pourra être imprimé dans le recueil des mémoires , s'il n'a été préalablement lu , ou du moins communiqué par extrait à la Société. 11 portera, quelle que soit l'époque de la pubUcation , la date de la séance dans laquelle il aura été présenté. 4o. Lorsqu'un membre désirera faire imprimer dans le re- cueil de la Société , le travail dont il aura donné communica- tion , il devra le remettre à la commission des mémoires. Celle-ci, d'après l'étendue du travail, le nombre de plan- ches qui l'accompagnent, et le sujet dont il traite, jugera de l'opportunité de sa publication. Elle présentera , dans ce sens. la ANNALES un rapporta la Société qui décidera, séance tenante, à la majorité des suffrages et au scrutin , si le mémoire devra ou non être publié. 4i. La commission a droit de choisir et d'extraire, pour les livrer h l'impression, les mémoires des personnes étran- gères à la Société, et qui auraient été adressés et lus en séance, toujours sous l'approbation de la Société. 42. La commission choisira les graveurs et dessinateurs chargés de l'exécution des planches qui doivent accompagner les mémoires. Elle choisira également les imprimeurs qui doi- vent tirer ces planches. Un ou plusieurs de ses membres (la commission) surveillera la gravure, le tirage , le coloriage, et donnera le bon à tirer, concurremment avec l'auteur, s'il est présent. 45. Dans tous les cas non prévus par les articles précédons^ îa commission devra en référer à la Société, CHAPITRE VL CI'S PROPRIÉTÉS, REVENUS ET LEPENSES DE LA SOCIÉTÉ , ETC. Art. 44- La Société forme une bibliothèque. Ses membres sont invités h l'augmenter parles ouvrages qu'ils ont publiés. 45. La bibliothèque est plicée sous la responsabilité de rarchivisle. 46. Tous les insectes qui seront donnés a la Société ou dont elle pourra faire acquisition , ainsi que ceux qui lui seront en- voyés en communication , seront confiés h la garde de l'ar- chiviste. 47. La Société avise aux moyens de se procurer les divers ouvrages, recueils académiques et scientifiques dans lesquels se trouvent des travaux rclalifs à l'Entomologie. 48. La Société reçoit avec reconnaissance les dons qui lui' sont faits. Ils sont inscrits aux procès-verbaux des séances avec les noms des donateurs. DE Là SOCIÉTÉ ENTOMOLOGTQLÈ. i3 49. Un catalogue paraphé à chaque feuillet par le président, sert à y consigner les objets déposés aux archives , avec le nom de la personne qui est donateur, et le jour de sa consigna- tion. Les objets porteront en outre le timbre de la Société. 50. Les procès-verbaux, rapports , travaux quelconques de la Société , sont de droit déposés aux archives , ainsi que deux exemplaires de tout ce qu'elle fait imprimer* 5i. Nulle personne étrangère à la Société ne peut consulter les archives sans une autorisation accordée par le bureau. 02. Chaque membre résident paye sa cotisation d'avance par trimestre. Les membres non résidéns doivent faire parve- nir la leur au secrétaire de la Société, sans aucuns frais, dans le mois de Janvier de l'année courante. Ils l'en préviendront par lettre , à laquelle il sera répondu dès que les fonds seront arrivés. Cette réponse servira de reçu. 53. La cotisation d'absence est fixée h un franc. Elle se paie par trimestre. 54. La Société règle annuellement le budget de ses dépen- ses dans la première séance de chaque année. 55. La Société ne correspond que par l'entremise de son secrétaire. Les lettres et paquets doivent lui être adressés , franc de port ^ au local de la Société. 5G. Tous les ans il sera imprimé à la tête du recueil de la Société, mie liste constatant les membres qui la composent, 57. En cas de dissolution de la Société , tous les membres résidéns sont appelés à décider sur la destination qui doit être donnée à ses propriétés. 58. Le présent règlement est obligatoire pour tous. Celui qui refuse de s'y conformer , perd sa qualité de membre de l'a Société. ,4 ANNALES iaTfmbrr6fiJn^ûttu^•6î^t'la00ciftc€ntomolal9i(lue^<^4Tûna. ( SÉANCE DU 29 FÉVRIER l832. ) MM. AuBÉ , membre de la Société d'Histoire naturelle de Paris. Audinet-Serville, membre de la Société d'Histoire naturelle de Paris. AuDouiN, docteur-médecin, aide naturaliste au Jardin du Roi , biblio- thécaire de l'Institut , chevalier de la Légion-d'Honneur , etc. Beaudet-Lafarge , député du département du Puy-de-Dôme (Mareille, Puy-de-Dôme). BoisDuvAL (J.-A.) , doc.-raéd. , membre de plusieurs société savantes. BoRY DE Saint-Vincent, colonel d'état-major, correspondant de l'Aca- démie des sciences. Brullé, membre de la commission scientifique de Morée^ etc. Chaudouet, avocat. Chevrolat , vérificateur à l'administration de l'octroi de Paris. DouMERC, doct.-méd. , membre de l'Académie royale de Metz. DuMÉNiL , peintre d'histoire naturelle. DupoNCHEL, membre des Sociétés d'Histoire naturelle de Paris, des Georgofili de Florence , etc. Feisthamel (le baron), officier de la Légion-d'Honneur, chevalier de Saint-Louis, etc., colonel commandant la garde municipale de Paris. Godet, membre de la Société d'Histoire naturelle de Suisse , etc. GoRY H. (le chevalier) , chevalier de Tordre royal espagnol de Ferdinand, capitaine de cavalerie GouGELET , employé à l'octroi de Paris. GuÉRiN , membre de la Société d'Histoire naturelle de Paris, etc., etc., etc. Laporte (de) , membre de plusieurs sociétés savantes. Lattre (de) , peintre d'histoire naturelle. Ledoux, architecte. Lefebvre (Alexandre) , correspondant du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, de l'Académie Gioenienne de Calane , etc. Lepeletier DE Saint-Fargeau (le comte), membre des Académies de Moscou et de Dijon, de la Société d'Histoire naturelle de Paris. Luczot, ingénieur des ponts-et-chaussées, membre des Sociétés Poly- matique du Morbihan , de Statistique universelle, etc. Maximy (de), étudiant en médecine. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGI013E. i5 MiLNK Edwards , professeur de zoologie à l'Ecole centrale des arts et manufactures , etc. PoEY, avocat à la Cour royale. Radiot, employé à l'Administration des postes. Rameur , docleur-médecin. Reiche , ancien officier de santé. Romand (de), chevalier de la Légion-d'Honneur (Tours). Theis (de), attaché au ministère des affaires étrangères, membre de la Société des Sciences et Arts de Saint-Quentin. Vattier , capitaine-adjudant-major au 25e de ligne, chevalier de la Lé- gion-d'Honneur. ViARD , négociant , capitaine de la garde nationale de Paris. Villaret (Foulques de) , capitaine d'infanterie, chevalier de la Légion- d'Honneur et de Tordre l'oyal Espagnol de Charles IV. Walckenaer (le baron de), membre de l'Institut, etc. FRAHÇAIS. MM. B1.AINVIL1.E (Ducrotay de), professeur adjoint à la Faculté des Sciences membre de l'Institut, etc., etc. Brongniart (Alexandre) , membre de l'Académie des Sciences , etc. CuviER (le baron), pair de France , membre de l'Institut, professeur au Muséum d'Histoire naturelle de Paris , etc., etc. Desmarest, professeur de zoologie à l'Ecole vétérinaire d'Alfort, etc., etc. DuMÉRiL, docteur-médecin , membre de l'Institut, professeur à l'Ecole de Médecine de Paris , au Muséum d'Histoire naturelle, etc., etc. Geoffroy Saint-Hilaire, membre de ITnstitut, professeur au Muséum d'Histoire naturelle , etc. Latreille, membre de l'Institut, professeur au Muséum d'Histoire na- turelle, etc. , etc. Savigny , membre de l'Institut , etc. , etc. BT&AMGBBS. Gyllewhall, membre des Académies de Stockholm, d'Upsal , et de plu- sieurs sociétés savantes. HuMBOLDT (Alexandre de), membre de l'Académie des-Sciences de Paris, de l'Académie de Berlin , etc. KiRBY, membre de la Société Linnéenne de Londres , recteur de Bar- ham , dans le comté de Suffolk. Ki-uG, doct.-méd. , directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Berlin, iQ ANNALES Président honoraire, M. LATREILLE. Président, M. AUDÏNET-SERVILLE. Vice-Président, M. AUDOUIJf. Secrétaire , M. A. LEFEBVRE. Secrétaire-adjoint , M. BRULLÉ. Trésorier, M. DUPONCHEL. archiviste, M. Le comte LEPELETIER DE SAINT-FARGEAt). DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 17 LETTRES DE MESSIEURS LES MEMBRES HONORAIRES. (français.) Lettre de M. le baron Cuvier. Monsieur, J*ai été vivement touché de l'honneur que la Société d'En- tomologie veut hien me faire , et je l'accepte avec grand plaisir. J'en aurais été plus digne autrefois, lorsque dans ma jeu- nesse , cette belle science occupait tous mes loisirs ; mais si d'autres parties de l'histoire naturelle ne m'ont pas permis de m'y livrer avec la même ardeur, je ne lui porte pas moins toujours le plus vif intérêt, et je serais bien heureux de;lui vcir reprendre , par les travaux de la société , cette marche heureuse et si riche en belles découvertes que lui avaient im- primée les Réaumur, les Rœsel et les De Geer. Rien ne pour- rait être plus profitable à la véritable philosophie. Les occu- pations dont je suis accablé ne me permettront probablement pas d'assister , comme je l'aurais désiré , à votre séance de mercredi , mais je vous prie de croire que j'y serai de cœur. Veuillez agréer, etc. Signé baron Cuvier. Au Jardin des Plantes , le 26 férrier 1 832, A M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. Lettre de M. Geoffroy Siint-Hilaire. Monsieur le secrétaire , Je reçois votre avis de ma nomination de membre hono- raire de la Société d'Entomologie. Je me tiens très -honoré de lui appartenir à ce titre , et j'ai i8 ANNALES l'honneur de vous prier qu'en l'informanl qiio j'accepte la fa- veur que me fait la Société , vous preniez la peine de lui ex- primer mes sentimens de gratitude pour celte grâce. Je ne manquerai point , monsieur le secrétaire , d'assister à la séance d'installation. La Société se forme, selon moi , sous des auspices très -fa- vorables : destinée à poursuivre l'avancement de nos connais- sances sur les insectes considérés comme espèces , elle ne peut rester indifférente aux progrès de la science concernant les animaux relativement à leur structure intérieure et aux rapports que cette structure peut offrir avec la structure des animaux d'un degré supérieur dans Téchelle. Or , c'est une coïncidence vraiment curieuse que la Société s'installera justement dans le courant d'un mois où, sous une haute puissance du génie , les idées du rapport de l'organisa- tion des animaux articulés avec celle des animaux vertébrés prennent une grande consistance, et viennent de recevoir dans des leçons faites au collège de France une bien heureuse et très-lucide coordination. Je me permets déjà, mon très -honoré confrère, de faire acte de sociétaire en vous donnant ce titre. Veuillez , etc. Signé Geoffroy Saint Hilaire , Vice-président de l'Académie royale des sc'ences. Paris . 26 février i852. A M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. Lettre de M. Duméril. Monsieur , J'accepte avec plaisir et reconnaissance le titre dont vous m^anuoncez que la Société d'Entomologie a 1 ien voulu m'ho- norer. Cette partie de l'histoire naturelle a toujours vivement DE L^ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 19 excité une prédilection d'étude et d'intérêt chez moi , et je saisirai avec empressement l'occasion qui m'est offerte d'une manière si agréable d'en suivre les progrès. Veuillez être aussi, auprès de la Société au nom de laquelle vous avez pris la peine de m'écrire^ l'interprète de mes remerciemens sincères, et agréer en particulier ceux que je vous adresse pour les ex- pressions trop obligeantes de la lettre par laquelle vous m'in- vitez pour den)ain à une séance où j'espère pouvoir me rendre et vous renouveler de vive voix l'hommage de dévouement avec lequel j'ai l'honneur d'être , etc. Signé DuMÉRiL. Paris, 28 février i832. A M. A. Lefebvie, secrétaire, elc^ Lettre de M, Alex. Brongnmrt. Monsieur le président , Je n'ai reçu que depuis peu de jours la lettre qui m'a fait connaître que la Société Entomologique a bien voulu m'ad- niettre au nombre de ses membres. Sans ce retard , causé par mon séjour habituel hors de Pa- ris, j'aurais déjà remercié la Société de Thonneur, et je me permets d'ajouter du plaisir, qu'elle m'a fait en me fournis- sant occasion de m'occuper de nouveau d'une partie de l'his- toire naturelle qui a été l'objet de mes premières études. Je suis très-flatté du témoignage de souvenir que les maî- tres de la science ont bien voulu donner à mes premiers travaux , et des moyens aussi honorables qu'eihcaces qu'ils m'offrent de consacrer encore quelques momens à cette science et de me tenir au courant de ses progrès. Veuillez bien , monsieur le président , faire agréer a la So • 20 ANNALES ciété les renierciemens et les. hommages de celui qui s'honore du titre qu'elle a bien voulu lui décerner. Signé Alex. Brogkiart , Professeur de minéralogie au Muséum cC histoire naturelle^ cic. Paris, 4 mars i852. A M. le président de la Société Enlomologique. Lettre de M. Ducrotay de Blainville. Monsieur , Par un oubli tout-à-faît involontaire , j'ai laissé passer le jour où la Société d'Entomologie de France devait tenir sa séance d'ouverture , sans vous accuser réception de la lettre flatteuse que vous avez bien voulu m'adresser en son nom. Je le regrette d'autant plus, qu'en me rendant à votre honorable invitation, c'eût été donner une preuve évidente que j'accepte avec reconnaissance l'honneur que la Société a bien voulu me faire en m'inscrivant au nombre de ses membres honoraires. Je la remercie surtout d'avoir pensé que je verrais avec bien cje l'intérêt les travaux d'une Société qui manquait à notre pays, et qui peut être d'une utilité manifeste pour les progrès d'une partie aussi étendue que difficile de la zoologie. Veuillez bien, je vous prie , faire agréer mes remerciemens à la Société dont vous êtes le secrétaire , et recevez vous-même, etc. Paris , 5 mars iSSa. A M, A. Lefebvre, secrétaire , etc. Signé D. de Blaiwville. Lettre de M. Desmarest. Monsieur, ...... Veuillez être auprès de la Société Enlomologique de France, dont vous êtes le secrétaire , l'interprète de ma vive recon- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 21 naissance, pour l'hoiineur qu'elle m'a fait en m'admettant au nombre de ses membres honoraires. Les noms auxquels elle a bien voulu joindre le mien m'ins- pirent la crainte de ne pas être digne de cette faveur, et m'im- posent le devoir de faire tous mes efforts pour la mériter. Pénétré du désir de remplir cette obligation , je m'empres- serai toujours de donner à la Société connaissance de tous les faits Entomologiques qui me parviendront et me paraîtront de nature à fixer son attention , notamment ceux qui auront rap- port à l'étude des habitudes naturelles des insectes , généra- lement si peu cultivée de nos jours, et ceux qui se rattache- ront à la classification de ces animaux et auront pour but de la rendre plus rationnelle , en la fondant sur des caractères réellement importans. Je saisis cette occasion pour vous prier d'agréer , etc. Signé Desma.rest. Paris, 1" avril i832. A M. A. Lefebvre, secrétaire, etc. Nota. Les infirmités de M. Savigny ne lui permettant pas de nous ré- poudre , nous ne pouvons joindre ici «on adhésion à celle de ses collègues. (ÉTRANGERS.) Lettre de M. le baron de Humboldt. Monsieur , Vous m'avez fait l'honneur de m'annoncer que dans la séance du 7 de ce mois la Société Entcmologique de France a bien voulu me conférer le titre d'un de ses membres hono- raires , je m'empresse de vous exprimer combien je suis sen- sible au souvenir des savans respectables qui, ont fondé cet établissement , si utile aux progrès d'une des branches les plus importantes de la zoologie. 2a ANNALES Veuillez bien, monsieur, être l'organe de ma vive recoR« naissance , et agréez , etc. Paris, ce 26 mars i852. Le baron de Humboldt. A M. A. Lefebvre, secrétaire , etc. Nota. Nous donnerons celles de messieurs les autres membres hono- raires étrangers dès qu'elles nous seront parvenues. Discours prononcé le 29 février i832 , à l'ouvei'tare de la pre- mière séance de la Société Entomologiijue , par M.. L.vtrei:lle,. son Président honoraire. Mes chers confrères , Il est (le ces jours de bonheur que la Providence semble bous ménager, tantôt pour nous consoler de ceux, hélas ! trop nombreux où l'adversité nous éprouve , tantôt pour nous ré- compenser en quelque sorte de nos sacrifices au bien public QU des peines attachées à l'accomplissement de nos devoirs. Tel je compterai toujours celui où j'ai l'honneur de vous pré- sider dans une séance aussi solennelle. Oui , Messieurs , le souvenir du témoignage éclatant que vous m'avez donné de votre estime, en m'élevant à cette présidence par l'unanimité de vos suffrages, me suivra jusqu'au tombeau , et adoucira des souffrances qui sont les fruits de mes veilles et de mes travaux plutôt que des années, mais qui n'excitent en moi au- cun repentir, parce que nous nous devons, n'importent les suites , à notre patrie. Votre choix aurait pu se porter sur un naturaliste joignant à une illustration scientifique celle que lui a valu la gloire militaire , et occupant l'un des premiers rangs dans la hiérarchie sociale. Je vous le déclare , Messieurs , et avec toute la franchise et toute la droiture do mon cœur, si- telle avait été votre décision , je me serais empressé d'applau- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 23 «lir k une nomination aussi honorable. Mais vous avez mis dans la balance l'anlériorité et la généralité des travaux, le nombre des années , et ce poids Ta emporté. Peut-être aussi , et je me complais dans cette pensée , un sentiment d'amitié produit par des i dations plus fréquentes, par des communications fra- ternelles et par les encouragemens que je crois avoir donné à tous ceux qui débutaient dans la mêine carrière, a-t- il influé sur votre délibération. Sans remonter à cette ère nouvelle où Aldrovande , Mouf- fet, Redi, etc. commencèrent h tirer l'Entomologie de Toubli où elle était restée depuis les temps d'Aristote et de Pline , et prenant simplement pour point de départ l'époque où le génie de Linné imprima aux sciences naturelles cette nouvelle im- pulsion qui se propagera indéfiniment aux âges futurs , le nombre des personnes qui se livraient h l'élude des insectes était fort borné. Quoique déjà bien secondé par les recher- ches de ses disciples, ce grand naturaliste n'a décrit ou men- tionné qu'environ trois mille espèces,, dont près de dix-sept cents se trouvent en Suède. Encore range-t-il avec ces ani- maux les Crustacés et les Arachnides. Presque toutes les fa- veurs étaient alors pour la Botanique. Déjà , néanmoins , avant qu'il eût mis au jour la dernière édition de son Systcma naturcCy Geoffroy, Poda , Scopoli , etc., avaient isolé en quel- que manière l'Entomologie par des faunes locales ayant uni- quement pour objet les insectes. L'histoire des insectes des environs de Paris du premier, quoique d'une date septuagé- naire, est encore, malgré ses imperfections, l'ouvrage le plus à la portée des commençans; et si quelque main habile le ra- jeunissait , il contribuerait plus que tout autre à populariser ta science. L'emploi qu'il a fait le premier des tarses et des doigts des insectes a été d'un grand secours. Schœffer en pro- fita dans sa distribution méthodique , et eut bientôt après un iiîiitateur dans le plus grand Entomologiste qui ait. encore paru» 24 ANNALES le baron de Geer , dont les Mémoires offrent la combinaison du talent de Réaumur dans l'art d'observer les habitudes de ces animaux , de celui ( porté plus loin quant aux détails ) de Linné dans l'art descriptif, de celui enfin du dessinateur, qui, dans bien des circonstances, satisfait rarement aux be- soins du naturaliste lorsqu'il est obligé de recourir au pinceau d'un étranger. Sans avoir tracé précisément de méthode générale , Réau- mur cependant en avait esquissé çà et là quelques lambeaux. Il avait surtout pressenti les avantages que l'on pourrait tirer des organes destinés à la manducation , et il en avait repré- senté de diverses sortes avec des détails et sous un grossisse- ment qui permettaient d'en reconnaître parfaitement toutes les formes. Malgré l'examen scrupuleux qu'on a fait dans ces derniers temps de ces parties , il en est qui avaient échappé à ces investigations , mais qui avaient été remarquées par ce profond observateur; et c'est une négligence que l'un de mes collègues à l'Académie des sciences , que la France peut , con- curremment avec M. Strauss , opposer au Lyonet de la Hol- lande , M. Savigny, a relevée à l'occasion de la structure de la trompe des Bourdons, genre de la tribu des Apiaires, Guidé par ces traits de lumière, par l'usage qu'avait fait des instru- inens cibaires pour quelques ordres d insectes, Scopoli, et plus encore par leur application aux signalemens génériques des animaux supérieurs, Jean -Chrétien Fabricius , Tun des plus célèbres disciples de Linné, fonda exclusivement sur la consi- dération générale de ces organes et des antennes un nouveau système qui complétait l'ensemble de nos connaissances sur la composition extérieure des insectes , en y renfermant toujours les Crustacés et les Arachnides. On voit par la série successive de ses classes ou ordres qu'il les avait établis sur la grande dis- tinction primaire de broyeurs ou de suceurs. S'il n'eut fait que remplir simplement ces cadres avec les espèces déjà décrites , DE LA SOCIÉTÉ ENTOJIOLOGIQUE. 25 ©Il qu'il n*en eût pas augmenté le catalogue, il est probable que ses ouvrages eussent eu peu de vogue , puisque ce sys- tème présentait beaucoup plus de difficultés que la méthode de son maître , et que Ton pouvait se dispenser d'y recourir quant au species. Mais c'est sous ce dernier rapport qu'il a rendu d'immortels services à l'Entomologie. Ayant acquis grand nombre de matériaux nouveaux par sa correspondance , visitant divers musées , et plus particulièrement, vers la fin de sa vie , ceux de la capitale , parmi lesquels je citerai sur- tout celui de feu M. Bosc , y décrivant les espèces inédites, les publiant dans divers ouvrages généraux ou particuliers qui se succédaient rapidement , il a plus que sextuplé le catalogue des insectes de Linné. La facilité qu'eurent ainsi les posses- seurs de collections Entomologiques de pouvoir nommer une plus grande quantité d'espèces dut nécessairement accélérer la marche de la science et accroître le nombre de ses prosé- lytes. C'est cette seconde phase que je voulais signaler pour arriver au but que je me propose , celui de faire sentir l'uti- lité de votre institution. Cependant , Messieurs , en vous pré- , sentant les ouvrages de Fabricius plus importans comme in- ventaires d'espèces que comme classiques dans leur ordonnance générale , ne pensez pas que je veuille sous ce dernier point de vue atténuer son mérite. Trop exclusif dans ses bases sys- tématiques , trop précipité dans les moyens de bien les asseoir, pressé peut-être par la nécessité d'améliorer sa fortune ou d'exister honorablement avec le lucre attaché à ses produc - lions , ses observations n'ont pu être à l'abri de l'erreur. Vous l'avouerai-je ? je me suis souvent repenti de la censure trop sévère que j'en avais faite dans mes premiers écrits. Ces re- proches intérieurs ont été agravés par les vifs sentimens d'a-^ mitié dont il m'honorait dans les dernières années de sa car- rière. Que cette leçon , Messieurs , vous tienne en garde vous- mêmes dans vos premiers essais scientifiques. Soyez toujours 26 ANNALES vrais , mais toujours prompts à excuser , et vous conserverez ainsi l'estime de ceux dont vous aurez été contraints de di- vulger les fautes , et qui ne sont souvent que l'effet d'une pré- occupation involontaire. S'il; m'était permis de discuter ici la doctrine de Fabricius , il me serait facile de combattre victo- rieusement ses adversaires et d'en démontrer les avantages pour découvrir, sans le secours du scalpel ou de l'anatomie intérieure, les affmités naturelles de la plupart des groupes. On avait d'abord cru pouvoir se dispenser de se servir de ca- ractèreo tirés des parties de la bouche; comme, malgré lui, le célèbre Jurine a été forcé d'employer les mandibules. On a été plus loin à l'égard des Coléoptères carnassiers. M. Mei- gen , relativement aux Diptères , fait usage de la composition du suçoir de la trompe de ces insectes, qu'il avait d'abord éliminé de ses signalemens génériques. MM. Duponchel , Gurtis, Stephens n'ont pu, quant aux Lépidoptères, se tirer d'embarras que par l'étude de ces parties. Même urgence lorsqu'on voudra éclaircir la grande famille des Coléoptères lamellicornes et plusieurs autres qu'il serait fastidieux d'énu- mérer. En vous faisant sentir l'importance d'un examen aussi mi- nutieux et aussi délicat, qui d'ailleurs s'étend aujourd'hui à toutes les études des corps organiques et des végétaux surtout, ne pensez pas , Messieurs, que je veuille rendre l'Entomologie inabordable ou en accorder le privilège exclusif à des hom- mes d'une patience à toute épreuve , ayant des yeux de lynx , les viri oculatisslmi de Fabricius. Imitant les géomètres , qui donnent souvent diverses solutions de leurs problèmes , les unes transcendantes, et que les mathématiciens les plus con- sommés peuvent seuls saisir , et les autres beaucoup moins savantes , et dès lors plus élémentaires , choisissez parmi les caractères que vous aurez découverts ceux qui vous paraîtront les plus simples et les plus faciles, ou qui n'exigent ni disscc- DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 27 tîon ni l*usage du microscope. N'ayez de prédilection pour aucun système ; embrassez Forganisation tout entière de l*in~ secte; suivez la marche de la nature, qui , se jouant de toutes nos méthodes , modifie successivement diverses parties de l'a- nimal , selon les nouvelles fonctions auxquelles elle les destine et le degré de puissance qu'elle veut leur imprimer. Respectez vos maîtres dans la science , mais voyez tout par vous-mêmes , et ne soyez pas esclaves de leurs opinions. Que la vôtre im- posant silence à tous les cris d'un vain amour-propre cède à son tour à l'autorité d'un observateur plus véridique et plus scrupuleux que vous. En un mot, dans tout ce que vous en- treprendrez faites abstraction de vous-même , et que les pro- grès de la science soient votre unique perspective. Lorsque je réfléchis sur la variation continuelle de sa nomenclature , sur cette multitude de genres créés sans nécessité, sur cette foule de variétés transformées en espèces , je tremble qu'en proie à l'anarchie , eHe ne rétrograde au lieu d'avancer. Si l'Entomologie gagnait sous le rapport des moyens d'é- ludé , les autres branches des sciences naturelles recevaient aussi , et par la même voie , un nouvel essor. Le zèle de plu- sieurs naturalistes ne peut se contenir dans le cercle trop li- mité des productions de leur contrée natale, peu propres d'ailleurs à les stimuler par l'habitude où ils étaient de les voir tous les jours et par la comparaison qu'ils en faisaient avec celles des pays lointains. Aussi des Christophe Colomb , inspirés par un autre génie que le premier , impatiens , non de découvrir un ciel nouveau , des terres inconnues , mais de prendre des animaux ou de recoller des végétaux, soit recher- chés, soit ignorés jusqu'alors, objets bien plus précieux pou? eux que cet or et ces possessions territoriales dont Tacqui- silion a tenté la cupidité de tant d'aventurier et déshonoré l'humanité par les flots de sang qu'elle a fait répandre , aban- donnent leur foyer domestique, s'arrachent an\ affections kâ 28 ANNALES plus tendres, ne craignent point de braver la fureur des élé- Diens , de supporter des privations de tout genre , et d'abor- der des peuplades sauvages et féroces à travers des déserts et des forêts où ils peuvent devenir la proie de plusieurs de ces animaux dont ils ambitionnent la conquête. mânes des vic- times de tant de dévouement ! vous surtout enlevé naguères et si prématurément à nos espérances, laborieux Carcel, re- cevez l'hommage de noire profonde admiration et de nos éter- nels regrets I Et vous , naturalistes voyageurs , qui , enrichis de si intéressans trophées, avez eu le bonheur de revoir votre patrie, écoutez les accens de notre reconnaissance, et de la mienne en particulier ! Car , si j'ai acquis quelque célébrité , n'est-clle pas en grande partie fondée sur l'étude des maté- riaux dont vous avez doté nos musées? Une supputation rigoureuse de la quantité d'espèces d'in- sectes qui se trouvent aujourd'hui dans les collections d'Eu- rope serait presque impossible au naturaliste même qui en aurait fait un examen détaillé. Mais , en nous restreignant au seul ordre des Coléoptères , et uniquement même aux col- lections de Paris, on peut, sans exagération, en porter le nom- bre d'espèces à vingt mille. Ajoutez -y dix mille pour celles qui sont propres aux riches cabinets de Berlin, de Vienne, de Londres , etc. , l'évaluation totale sera de trente mille , dont Fabricius ne mentionne guère dans son système des Eleuthé- ratcs que le cinquième. Supposons qu'il y en ait autant de décrites comme inédites dans ses autres ouvrages sur les in- sectes , le tiers au plus des espèces de nos musées serait en- registré. Voulez-vous, en descendant dans les détails , obtenir une estimation plus précise des acquisitions qu'a faites l'Ento- mologie? Prenez le species des Coléoptères de M. le comte Dejean, celui des Lépidoptères d'Europe d'Ochsenheimer et de Treitschke , en y ajoutant les espèces que MM. Boisduval et Duponchel ont fait connaîlre , la monographie des érotyles DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. -iç) du dernier et plusieurs autres , telles que celles de MM. Gra- venhorst, Lepellier de Saint-Fargeau , Klug , Kirby, Kollar, Wiedeman,etc.; le tableau des Aranéïdes de M. de Walckenaër, et comparez , quant au nombre des espèces qui y sont décrites, les ouvrages publiés antérieurement sur les sujets identiques. Citons un exemple des plus frappans. Le nombre des espèces de Coléoptères carnassiers terrestres était dans Linné, il J a environ soixante ans , de cinquante-sept; dans Fabricius, en 1801, de trois cent quarante-neuf; et en i85i, dans le species de M. le comte Dejean , qui s'en est tenu à sa collection, d'un peu plus de deux mille cinq cents. Déjà même , par les envois de l'infatigable M. de Lacordaire , pourrait-il y ajouter de nou- veaux supplémens. Où en serions-nous , Messieurs , si l'on n'avait point généralement négligé les petites espèces , celles surtout encore délaissées de certains ordres ? Je ne suis donc pas éloigné de croire qu'en y comprenant les Crustacés et les Arachnides , les cabinets européens pourraient offrir près de cent mille espèces , dont les deux tiers au moins inédites. Que la sœur et la rivale de l'Entomologie, la Botanique , bien plus anciennement et plus assiduement cultivée , ne se glo- rifie plus de l'immense étendue de son domaine. Pourrait-elle d'ailleurs entrer en lice avec elle quant à l'organisation inté- rieure des objets dont elle traite, quant à l'intérêt que celle- ci inspire sous le rapport du sentiment? La connaissance des métamorphoses d'un seul insecte, ou son histoire complète, peut exercer la sagacité et la patience d'un observateur. Aussi quel voile épais dérobe encore à nos yeux tant de mystères ! Et puisse-t-il , Messieurs , s'élever parmi vous quelque homme qui, prenant pour modèle les Réaumur, les de Geer , etc., fasse de nouveau aimer la science par les faits curieux dont elle s'embellira, grâces à ses recherches ! Hélas ! combien peu d'Oasis , dans les vastes et arides déserts de l'Entomologie ! A peine comptait-elle en France , il y a une trentaine d'an- 5« ANNALES nées, une dizaine d'amateurs connus; et aujourd'hui il n*est presque pas de cité populeuse qui n'en offre quelqu'un , et souvent plusieurs. Mais , isolés pour la plupart , ne correspon- dant qu'avec un très-petit nombre d'Entomologistes de la mé- tropole, ne pouvant donner de la publicité h leurs découvertes^ il fallait , pour qu'elles ne restassent pas ignorées ni stériles > réunir ces naturalistes en une même famille , dont le foyer ou le centre d'habitation serait dans le lieu le plus favorable à la propagation des lumières , je veux dire Paris , et qui les met- trait en communauté de travaux et de gloire. Telle est l'heu- reuse idée qu'avait conçue depuis plusieurs années l'un de ces Entomologistes dont vous connaissez la noble ardeur et l'activité infatigable , que vous avez vu suivre le littoral de la Méditerranée , franchir les sommets glacés des Alpes , attein- dre les bords fumans du cratère de l'Etna, se transporter ensuite dans les sables brûlans de la Haute-Egypte , par- courir à son retour les régions occidentales de l'empire du croissant, la Hongrie, l'Allemagne, toujours à ses frais et uniquement pour recueillir des insectes , distribués ensuite généreusement aux amateurs. Qui n'a point déjà compris de qui je veux parler (i)? Son projet a rencontré bien des obstacles dont sa persévérance a triomphé. Il n'en sera point, Messieurs, de votre réunion comme de plusieurs autres sociétés savantes qui , par leur mélange hétérogène, sont souvent, pour beaucoup de leurs membres, l'occa- sion d'une perte de temps , puisqu'on y traite de matières étrangères à leurs études. Les vôtres vous seront communes ; vous parlerez la même langue , vous vous proposerez les mê- mes fins , et cette réciprocité de vues, de besoins et d'intérêts cimentera votre association fraternelle. L'avantage de lui ap- partenir ne sera convoité que par les amis sincères et désinté- (i) M. Alex. Lefebvre. DE LA SOCIÉTt: ENTOMOLOGIQUE. 3f ressés Je la nature. Sans éclat ni renommée, l'Entomologie^ n'a aucune prépondérance influente dans le monde. Si quel- ques personnes pouvaient ambitionner des titres académiques- afin de s'en servir comme d'un levier, leur ouvrant une porte à la fortune ou aux honneurs , et si la science n'était ainsi pour eux qu'un instrument qu'on rejette dès que ses services sont inutiles, certes, un simple membre de la société d'Entomolo- gie devrait être , à cet égard , à l'abri de tout soupçon ; car combien de gens ignorent même le sens attaché à ce mot I Mais un ennemi plus dangereux que l'ambition, sorte de lèpre malheureusement inhérente aux corps savans , la jalousie peut se glisser parmi vous. Il ne s'y introduira point , ou difficile- ment, sien répartissant entre vous, suivant vos penchans et le sujet habituel de vos études , les différentes branches de l'Entomologie , et en vous aidant par des communications mu- tuelles toujours accompagnées de l'expression publique de votre gratitude , vous évitez les frottemens et les points de collision , source des divisions intestines qui troublent l'har- monie des sociétés entreprises sous les meilleurs auspices. Des séances scientifiques vides de lectures amènent naturellement le dégoût et l'ennui, et finissent par être désertes. Vous pré- viendrez cet inconvénient , et je pourrais dire votre ruine , en déterminant à chaque séance le sujet de la suivante. Telle était la sage coutume de l'ancienne Académie des sciences , tel est encore de nos jours, m'a-t-on assuré, l'usage de quel- ques réunions savantes. A défaut de mémoires sur des objets inédits ou d'observations neuves et non publiées , des discus- sions sur des points de doctrine, sur la synonymie embrouillée de quelques espèces, une analyse des travaux récens des au- tres sociétés et des ouvrages sur l'Entomologie qui viendront de paraître , alimenteront vos séances et les .rendront profi- tables à tous. Votre correspondance vous fournira des maté- riaux précieux pour la rédaction d'un livre réclamé depuis 52 ANNALES long-temps , ot qui intéresse l'honneur national , une Entomo- logie française. Songeons, avant tout. Messieurs à notre patrie. Prêtez votre appui aux naturalistes de nos départemens , em- pressés d'abord de former des collections , mais qui les lais- sent bientôt dépérir par absence d'ouvrages complets et peu dispendieux avec lesquels ils puissent déterminer et communi- quer leurs espèces. L'économie domestique , l'agriculture et l'administration forestière sollicitent aussi vos conseils et le tri- but de vos observations. Je souhaiterais vivement que quel- qu'un de vous fît, en conséquence , une étude spéciale des in- sectes nuisibles, et dont quelques uns , par suite d'une multi- plicité extraordinaire et accidentelle , deviennent un véritable fléau , et occasionent des pertes incalculables. J'ai été con- sulté dernièrement au sujet de deux espèces de Curculionites qui ont détruit une grande partie d'une vaste forêt de pins de la Normandie. Vous savez que deux espèces de Tinéïtes, de pe- tites Tipulaires et Muscides , la Calandre du blé peuvent priver certains cantons de la ressource que leur promettait la récolle de leurs plantes céréales. Je ne vous parlerai point , Messieurs, des principes philosophiques qui doivent vous diriger dans vos études; on les connaît, on les adopte en thèse générale, mais il en est de ces préceptes comme de bien d'autres; on les ou- blie dans la pratique. Je craindrais, si je signalais ces abus , de convertir une séance toute bienveillante, tout amicale, en une arène polémique et dont les passions pourraient s'empa- rer. Hâtez-vous , Messieurs, de mettre la main à l'œuvre afin de combler les lacunes considérables que présentent nos catalo- gues. Plus les découvertes encombreront les collections , plus voire tâche se compliquera, et moins vous aurez d'unité dans l'ensemble de vos travaux. Arrêtez un mode de publication mûrement médité et qui, vu les circonstances, puisse s'accom- moder k la position gênée de l'éditeur et des acquéreurs. L'exé- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 55 cution de tout plan gigantesque avorterait dès son commen- cement. Je n'ai pu , dans ce discours , envisager que les be- soins de la science auxquels vous êtes empressés de satisfaire. Si j'en avais esquissé l'histoire, que de noms, et dont plusieurs chers à mon cœur , j'aurais eu à citer ! !Mais ils sont gravés dans votre mémoire; ils volent déjh de Louche en bouche, et bien des regards se fixent complaisammcnt et avec l'expres- sion tacite d'une reconnaissance victorieuse de la partialité et de l'injustice sur plusieurs d'entre vous présens h cette mémo- rable séance. Dans les conseils que je me suis permis de vous donner , vous ne découvrirez , j'espère, Messieurs , aucun esprit de do- mination et d'autorité magistrale. Mon langage a été celui de la coi^iaHté la plus franche et de l'attachement le plus sin- cère. Voire Société est , à ce que je pense , la première de ce genre qui ait été formée en Europe^ Personne ne désire plus ardemment que moi son maintien , ses succès et sa durée. Tel est le motif de cette allocution. Si j'ai outrepassé les devoirs d'un président, je m'écrierai : Accordez moi un bill d'indul- gence , pardonnez même à un naturaliste septuagénaire qui s'est prévalu d'un demi-siècle de travaux consacrés h votre science favorite. Puisse votre Société acquérir bientôt des com- pagnes ou des sœurs 1 Puisse l'étude des insectes , si propre à charmer et remplir nos loisirs , faire un jour partie de l'instruc • tion publique de la jeunesse ! J'ai cette confiance , Messieurs; mais il est à présumer que nos vœux ne seront exaucés qu3 lorsque notre malheureuse France, sortie sans humiliation et avec ses plaies cicatrisées de l'affreux abîme où l'ont précipi- tée les tempêtes politiques , jouira de celte sage liberté qui met un frein à l'abus du pouvoir et oppose une digue à la li- cence , qui n'en est que trop souvent le prête-nom. C'est dans les déjections et les débris de ces volcans qui l'ont jadis si violemment tourmentée , que celle belle et riche Limagne I. 5 34 ANNALES d'Auvergne puise aujourd'hui son admirable fécondité. O ma pairie ! que dans l'ordre moral et politique tes bouleverse- mens deviennent pour toi de salutaires leçons , et , ombragée par l'égide d'une paix inaltérable , puisses-tu avoir enfin des lois véritablement organiques qui assurent ta prospérité, sans laquelle les sciences et les arts ne sauraient fleurir. Ah! s'il m'était donné d'être témoin de ces jours de calme et de féli- cité générale, les derniers de ma carrière s'écouleraient sans amertume ni regret , et pleins des plus douces consolations î Quetaues Observations sur la manière de travailler en histoire naturelle , et tn particulier sur les monographie^ ; par M. Godet. ( Séance du 7 mars iSSa.) Fonder une société scientifique et faire des réglemens qui la régissent n'est point chose difficile; mais imprimer, dès l'origine , à cette société, un mouvement toujours progressif, donner à ses travaux une direction capable de lui assurer un rang distingué parmi celles qui se forment chaque jour, savoir choisir parmi les productions de ses membres respectifs celles qui méritent la publication comme dignes de peser un jour dans la balance de la science, et savoir écarter, d'un autre côté, les enfans indignes sans blesser l'amour-propre des pères, voilà , Messieurs , ce qui est beaucoup moins facile , et cepen- dant d'une haute importance pour l'avenir d'une société comme celle que nous venons de fonder. On sort difficilement d'une mauvaise route une fois qu'on y est entré : une chute en amène une autre; un abus enfante chaque jour un nouvel abus. C'est donc sur la première direction qu'il faut porter toute son attention; car il en est de la marche des sciences comme il en est de la marche de l'éducation en général. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE 55 Telles sont les réflexions qui m'ont occupé depuis que j'ai eu l'honneur d'être appelé à être une des pierres fondatrices de la Société Entomotoglque de France. Certes , au fond de Tâme , je sens bien que personne n'a moins de droit que moi à prétendre vous éclairer dans la marche et le but de vos tra- vaux. Mais peut-être penserez -vous que les bons conseils doi- vent être acceptés d'où qu'ils viennent, et qu'un géant ne sau- rait savoir mauvais gré à un faible enfant qui l'avertirait cha- ritablement qu'il y a devant ses pieds une pierre qui pourrait le faire cheoir. J^ ne suis encore connu en entomologie que par l'amour que je porte à la science; mais, croyez-moî, cet amour ne ressemble point aux amours vulgaires. L'histoire naturelle ne fait guère d'infidèles , et elle a sur les femmes l'avantage «le pouvoir être courtisée à la fois par bien des amans sans faire de jaloux : tachons donc de n'en point faire une prostituée. C'est pour arriver à ce but que je crois permis à chacun de nous , illustres ou obscurs, savans ou non savans, d'apporter le tribut de nos conseils, qui doivent devenir en quelque sorte une garantie de nous pour l'avenir. C'est une lettre de change à vue qu'on pourra tirer sur moi en temps et lieu. Avant de commencer, je sens la nécessité de repousser toute accusation de personnalité. Je le déclare formellement, je ne fais allusion à personne ; je ne désigne indirectement aucun ouvrage quelconque. Mes observations seront toutes gé- nérales. Une fois qu'on a saisi le domaine entier d'une science et qu'on est sorti des spécialités, on doit s'être fait aussi auel- ques idées générales et avoir considéré l'ensemble à sa ma- nière , avec son individualité. On a critiqué les ouvra2;es des savans; on a reconnu qu'en beaucoup de cas ils étaient restés bien au dessous de ce qu'ils promettaient. Eh bien! n'est-il pas dans l'intérêt de la science de vous signaler, non point d'une manière absolue , ce qu't/s contiennent de défectueux , 56 ANNALES mais ce qu'ils nous para isseiit contenir de défectueux? Les sa- vans qui ont le plus contribué par leurs travaux aux progrès de l'histoire naturelle n'avoueraient-ils pas eux-mêmes que leurs ouvrages renferment Lien des erreurs , que bien des dé taiîs auraient pu être mieux soignés, que bien des observa- tions importantes ont été négligées ? Si donc celui qui a vrai- ment niérité le titre de savant est forcé de convenir qu'il n'a pu soustraire ses productions à l'imperfection inhérente à tout travail humain et impossible , saos aucun doute, à éviter dans l'état actuel de la science, et avec des lacunes que des obser- vations minutieuses et suivies n'ont point encore pu remplir, pourquoi ceux qui aspirent au titre de savant, sans l'avoir encore mérité, prendraient -Us la mouche (passez-moi cette expression vulgaire, qui devient ici tout-à-fait entomoîogique) ; prendraient-ils la mouche , dis-je , et se croiraient-ils offensés si on vient leur signaler d'avance les inconvéniens d'un travail trop léger , trop rapide et trop superficiel ? Je sais que l'amour-propre joue un bien grand rôle dans Fori^anisation du nati\ralisle ; je sais que l'habitude d'observer les objets qui sont en dehors de lui , lui fait trop souvent ou- blier de s'observer lui-même. Mais, Messieurs, je ne recon- nais qu'un amour-propre raisonnable , c'est celui d'être hon- nête homme et de vouloir passer pour tel aux yeux de ses concitoyens. Dans tout autre cas, l'amour-propre est une fai- blesse h resclava2;e de laquelle il n'est point nécessaire de se soumettre. La modestie est le plus beau fleuron de la couronne du savant. D'ailleurs, quand il y a critique, il n'y a pas encore con- damnation ; c'est un procès h juger : le critique peut avoir tort et l'auteur raison. Chaque savant porte son droit au bout de sa plume : c'est la discussion qui fera jaillir la lumière. Dans tous les cas, il n'y a plus (V infaillibilités reconnues; et un savant, quel qu'il soit, aurait mauvaise grâce h vouloir se yol (i)La Philosophia botanica de Linné peul s'appliquer à toutes les bran^ ches de l'hisloiie naiurelle. D'hillems il en a fait l'application la plus rigoureuse dans les Species puintcnim et inscciorum. (2) Un savant naturaliste a dit qu'il y avait !)lus cj'csj^cces à réduire quç de nouvelles à créer. 42 ANNALES existe quelques points enfoncés de plus ou de moins , ou si son corps n'est point un. peu plus étroit que d'habitude. L'accou- plement ne s'en fera pas moins , et , de là , les nombreuses variétés qui font de l'entomologie une science si difficile. Il est donc nécessaire que le monographe établisse ses es- pèces sur le plus grand nombre d'individus que possible. Ce n'est qu'après une comparaison rigoureuse qu'il peut espérer de découvrir des caractères stables dans ceux seulement que lui présentera la totalité de ses individus. Il reléguera , sous le nom modeste de variétés y tous ceux qui ne lui offriront pas des caractères constans. Il se privera sans doute souvent de l'honneur du mllil ou du nobis; mais il s'en consolera aisé- ment, s'il est raisonnable, par l'acquisition d'une propriété bien autrement honorable , celle d'a/ie bonne monographie. Loin de chercher à établir de nouvelles espèces , un mono- graphe ne devrait le faire , pour ainsi dire , qu'à son corps défendant. Une espèce à établir est presque un ennemi à combattre. Je ne puis assez m'é'ever ensuite contre cette prétention d'imposer de nouveaux noms à des espèces déjà nommées et décrites par d'autres. Quand un auteur a fait imprimer un travail , ce qu'ii y a nommé et décrit devient sa propriété. Est-ce sa faute à lui si son ouvrage n'est pas tombé entre vos mains? Avant d'entreprendre un travail quelconque, c'était à vous à vous informer de tout ce qui avait été publié sur cette matière. La probité entomologique est une probité tout comme une autre, et c'est ici le cas de dire que ne pas pren- dre aux autres , c'est les voler. Puisqu'il est si doux de baptiser un insecte , qu'on respecte donc aussi le baptême administré par d'autres. Certes, nous saurions bien mauvais gré à un auteur qui . méprisant la prio- rité de nos travaux, vierulrait classer, nommci' et décrire ce que nous avons classé , nommé et décrit , et nous enlèverait DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 43 ainsi le fruit de nos veilles , sous prétexte qu'il a ignoré l'exis- tence de notre travail. Nous lui dirions avec raison : pourquoi ne vous en ètes-vous pas informé (i) ? D'ailleurs , il n'est pas si dilTicile qu'on pourrait le croire d'arriver à la connaissance de ce qui a été publié avant nous. La science , eu général, fait de tous les hommes qui s'en oc- cupent une grande famille. La conformité d'études et de goûts enchaîne des liens de l'amitié des hommes qui ne se sont ja- mais vus , qui habitent même les pays les plus éloignés. S'il est impossible de connaître par soi-même tout ce qui se pu- blie de relatif à nos travaux dans les différentes parties de l'Europe , nous le pouvons , par l'entremise de savans dont une des occupations est de se tenir au courant de toutes les publications et de fonder un magasin général de renseigne- mens toujours ouvert à ceux qui veulent se donner la peine de venir y puiser. Il n'est pas non plus de savant en Europe qui ne se fît un plaisir, un devoir même , de répondre à des renseignemens qui lui seraient demandés , quand ce ne serait que pour faire connaître ses travaux ou ceux de ses amis ou concitoyens. Cette complaisance, cette amabilité distinguent même d'une manière bien avantageuse (ceci soit dit sans blesser personne) les savans qui s'occupent d'histoire naturelle de ceux qui s'a- donnent aux sciences morales, On dirait que l'étude de la na- ture est, plus que tout autre étude, capable d'ouvrir le cœur de l'homme aux épanchemens de Tamitié. Les exceptions ne (i)Il faut convenir que cette négligence est souvent pardonnable, au moins jusqu'à un certain point, quand des mémoires sont publiés en pays étrangers et an langues étrangères. Néanmoins le principe doit être posé ; elle est tou!-à-fait impardonnable , quand des publications se sont faites dans la même langue et dans le même pays, et quand il eût été si facile de prendre connaissance de travaux qui se trouvaient, pour ainsi dire , sous notre main. Combien d'exemples je pourrais citer ! 44 ANNALES détruisent pas un principe de la vérité duquel j'ai, pour meife compte , lait bien souvent l'expérience dans mes voyages. Ce que je viens de dire de la fixation des espèces , je puis l'appliquer également à ce qu'on est convenu d'appeler genres^ Le getire n'est , h mes yeux , presque dans tous les cas qu'une £v,upe toul-à-fait artificielle. Aussi, une fois qu'on s'est lancé dans la carrière , n'y a-t-il plus de raison pour ne pas établir- autant de genres que d'espèces, et pour ne pas considérer Gomme caractères génériques ceux qui ne devraient peser dans la balance que comme caractères spécifiques ou seule- ment comme moyen de division entre le grand nombre d'es- pèces dont un genre peut se trouver surchargé. Vous citerai- ye quelques exemples? Demandez à ceux qui s'occupent de l'ordre des Coléoptères ce qu'ils ont pensé en voyant séparés dans deux genres distincts des insectes aussi semblables que les Dromlas et les Demetrlasy tandis que d'un autre coté ils ont vu entassés dans un même genre des Coléoptères aussi diilérens par leurs faciès et leui^s habitudes que l'agile Ar- gutovy le brillant Pterostichus et le paresseux Afo/o/?5 ? Deman- dez-leur ce qu'ils éprouvent, quand ils voient le genre Elater démembré en quatorze ou quinze genres nouveaux , pour no pas dire plus, tandis que quatre ou cinq étaient à peine né- cessaires pour en débrouiller le chaos? Mais les caractères sont constans , me dira-t-oo. Je veux bien le croire, au moins jusqu'à nouvel ordre. Mais poiirquoi. ces caractères constans n'auraient-ils pas servi plutôt à ranger les espèces dans un meilleur ordre, à les diviser en groupes qui permissent de se retourner plus facilement au milieu de celte confusion de formes? Quel service, je le demande, rend-on h la science en s'efTorçant ainsi de désunir ce que la nature n'a pas voulu séparer? Et ces inventions d'une foule de noms plus barbares les uns, DE LA SOCIÉTÉ ENïOiMOLOGIQUE. 45 £vxoc7, blanc, el [J.tkv.a , noir, qui com- prend ceux de ces deux couleurs vulgairement dits Satyres blancs ; 3° Celle des Mélaniens , de ,«£>«; , noir, qui comprend ceux vulgairement appelés Satjrres nègres. (2) Exemple : Le Satyre Pyrrha (H.), très-oculé d'ordinaire, se trouve dans quelques localités des Alpes et des Pyrénées entièrement dépourvu de taches oculaires. On le désigne alors sous le nom de Cœcilia (H.). Le Satyre Dromus{Y.), très-oculé dans les Pyrénées, n'offre plus au Montanvert, près du Mont-Blanc, que de petits points oculaires; et au Talèfre , dernière végétation européenne, y est totalement dépourvu de taches oculaires, à tel point que leurs traces disparaissent entièrement. Le nombre de ces exemples serait à l'infini , et prouve jusqu'à quel point on s'égare en prétendant prendre les taches oculaires pour carac- tère distinclif. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCxIQUE. 8i chargées , elc. , ce serait donc en vain que , pour les recon- naître , on cliercherait à s'aider de ces caractères instables , la latitude ayant souvent une telle influence sur la même espèce qu'ici elle en altérera les taches au point de les faire entière- ment disparaître , et là elle les dilatera et même en fera ap- paraître d'aulres en assez grand nombre, pour embarrasser l'observateur le plus scrupuleux et lui donner ti douter si tel individu qu'il possède est bien une espèce différente ou sim- plement une variété locale (i) d'une espèce déjà connue. Ordinairement , dans quelques familles des Lépidoptères diurnes , les palpes , les antennes , la frange sont, à défaut des ailes, de bons caractères récognitifs. Cependant, dans les Satyres dont nous nous occupons , ces différences sont trop peu senties pour pouvoir être facilement appréciées et saisies. Ayant dû, pour distinguer ces Satyres, renoncer également à employer les cellules marginales , le nombre des taches ocu- laires , les taches centrales des ailes supérieures , et même les diverses cellules de l'origine des inférieures en dessous (qui su- bissent parfois de grandes modifications) , ce fut enfin dans la cellule formée aux ailes supérieures par les deux nervures médianes antérieure et postérieure que je rencontrai un signe propre à chaque espèce , qui , à ma connaissance, ne change jamais, et, selon tous les calculs , serait le dernier de tous à s'oblitérer, ce qui n'aurait probablement lieu que dans les monstruosités qiie je désigne sous le nom de variétés acciden- telles. (i) Je n'entends parler niilleniénl ici tle 'Variétés accidentelles c\m d'or- dinaire ne se perpétuent pas, et dont on ne trouve de lenips en temps que des individus isolés , bien que semblables parfois , comme le ^pat* Beroe , etc.; mais seulement de celles qui, dans certains endroits, sem- blent remplacer l'espèce primitive en se reprocréant aîjtiUelleraenl , et souvent ne doivent leur variété qu'à l'époque de l'année dans laquelle elles paraissent, comme les Vanessa Prorsa et Levaua, etc. I. 6 82 -ANNALES Pour rendre cette note pins complète, mon intention était de faire figurer toutes les variétés nommées parmi ces Satyres, mais Tespace ici ne me le permet pas , et je me réserve ces détails pour un mémoire sur les variétés dans les Lépidoptères en général , leur progression , leurs causes et les moyens de les reconnaître , etc., que je me propose de donner plus tard, et dont cette note n'est qu'un extrait. On est sujet à erreur lorsqu'on veut assigner des lois à la nature , ou plutôt classer méthodiquement ses innombrables productions , quand elle-même peut-être , en les créant , n*a suivi aucune règle. Il peut donc arriver que des faits à moi inconnus viennent renverser le mode de reconnaissance que je propose, mais qui sont, je dois le dire, le fruit de nom- breuses observations puisées depuis plusieurs années dans les principales collections d'Europe que j'ai consultées. Je prie donc les Entomologistes de m'indiquer les erreurs dans lesquelles j'aurais pu tomber i ce sera avec reconnais- sance que je recevrai les notes qu'ils voudront bien me com- muniquer à ce sujet. Forcé de parler ici de quelques nervures de l'aile supérieure de ces Lépidoptères , il me faut les désigner nominativement; et pour que l'on puisse comprendre les termes dont je me sers, je me vois obligé de donner , tant au sujet des nervures de cette aile que de certaines parties de son dessin , un aperçu qu'ici je rendrai aussi succinct que possible. Ces dénominations , que je regarde comme provisoires jus- qu'à ce que d'autres observations viennent ou les confirmer ou les changer, font partie d'un travail dont je m'occupe , et que je tacherai de reudre aussi complet que possible, en donnant en plus aux cellules que forment les nervules entre elles des noms aussi significatifs que faciles. Il a pour but de faire cesser dans les descriptions le vague qui y règne , et d'aider à désigner DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3S enfin, d'une manière précise et à ne point s'y trpmper , la place qu'occupe tel ou tel signe dans l'aile d'un Lépidoptère. Quand aux nervures, considérant donc l'aile antérieure des Satyres de cette section comme soutenue par trois nervures prin- cipales qui partent du corselet , la première (I) , qui se forme de plusieurs rameaux , présente une face assez large et va se terminer vers le milieu de la côte. Sans entrer dans le détail de ses subdivisions, qui me sont ici inutiles, je l'appellerai dans son ensemble nervure costale. Je nomme nervure médiane la seconde (II) , qui se divise presque à sa naissance en deux branches , que je désigne en antérieur (lia) et en postérieur [llb), V antérieure, qui file le long de la costale, se subdivise en- suite en cinq autres parties , que j'appellerai nervules pour les distinguer des nervures. Ces cinq nervules , qui occupent toute la partie externe de l'aile, et dont les deux premières se terminent sur la côte , se dénomment donc facilement ainsi : 1", 2% 5% 4^ tit 5^ nervules supérieures, La 5« neivule supérieure vers l'angle externe de Taile se sub- divise en deux ramuscules , entre lesquels continue la nervule , et que j'appellerai, celui supérieur, i" ramuscule , et l'autre , 2*^ ramuscule. La postérieure se subdivise en trois nervules , que par oppo- sition j'appelle i'% 2" et 3^ nenmles inférieures. Quant à la 3« nervure (III) , qui est parallèle au bord pos- térieur de l'aile et ne se subdivise pas , pour éviter, dans la désignation de ces nervures , les répétitions fatigantes d'an- térieure et de postérieure , ou de supérieure et d'inférieure , je la nomme nervure sous-médiane. La cellule de l'aile , qui est donc formée prsr les deux bran- ches de la nervure médiane , est ici fermée par une nervule (o), que je nomme nervule cellulaire. 84 ANNALES Ainsi , on peut se figurer l'aile de cette manière : F* nervure Ci>slale. (a i^' nervule sup. (lia) p 2« id. rir'ramuscule. antérieure. < c 3*^ id. < |escentibus thorace inermi. Longueur 4 i/^ ^'o* Largeur 1 i/3. Noir ; tête luisante, bordée de jaune ; une ligne longitudinale de même couleur au milieu. Corselet (fig. 8. a.) granulé, offrant une petite ligne longitudinale élevée dans toute sa longueur, et un trait jaune au dessus de l'angle humerai de chaque côté/ prolongement postérieur du corselet composé de deux lobes ovalaires dont le deuxième, beaucoup plus gros que le premier, est muni en dessous d'une épine , et très-fortement ponctué, presque chagriné. Sur chaque lobe se voit une bande transver- sale jaune. Pseudélytres de grandeur moyenne, noires, of- frant de très -fortes nervures. Brésil. 3. Heteronotus flavolineatus. (PI. 5, fig. 9.) Pallidè castaneus , Unenlis Jla^is thorace spinoso , thoracis parte producta subtus spinosa , postice bidcntata. Longueur 5 lig. Largeur 1 5/3. D'un brun-clair, un peu pubescent. Corselet (fig. 9. n.) forte- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 97 m^nt ponctué , ofFi'ant cinq lignes longitudinales jaunes ; l'une au milieu, très-étroite, une autre raccourcie de chaque côté de la première, et une troisième de chaque côté au dessus de l'an- gle humerai ; celle-ci est sinueuse et va en remontant sur le prolongement postérieur. Celui-ci, long, assez gros à la hase, rétréci au milieu , élargi postérieurement, est terminé en ar- arrière par deux petites dents. Il oflre en dessous une épine assez forte , derrière laquelle on voit une hande transversale jaune. Pseudélytres assez petites, transparentes , brunâtres le long des bords inférieurs et postérieurs. Pattes et abdomen jaunes. Brésil. 4- Heteronotus incrmis. (PI. 5, fig. 10.) Pallitlè castaneus , lineolis fleuris • thorace sub hispinoso , parle producta angusta subtus spinosa, postice bidentata. LonPleur 5 lig. Largeur 1 r/5. Il ressemble beaucoup au précédent, et n'en est peut-être qu'une variété. Il s'en éloigne par le corselet (fig. 10. a.) qui offre de chaque côté une faible épine , et dont le prolonge- ment postérieur est plus grêle et plus étroit en arrière. Brésil. 5. Heteronotus armatus. Obscure fuscus , thorace spinis duobus validis , pôsticè spinosissimc productus ; capite lineis duobus nigris , thorace ajiterius lineoUs duobus obliqu is fta^^escentibus . Longueur 4 1/2. Largeur 1 1/4. Tête d'un jaune très-clair , avec deux lignes longitudinales îioires sur le front. Corselet d'un brun rougeâtre obscur ^ armé de chaque côté d'une forte épine noire recourbée obliquement en arrière; le prolongement postérieur forme deux lobes l'un à la suite de l'autre; le postérieur est armé dé trois fortes épi nés, l'mie de chaque côté, et la troisième en dessous; leur 98 ANNALES couleur est jaune , l'inférieure n'a ({ue son milieu de colle couleur. La base du premier lobe du prolongement , les bords latéraux du corselet et deux lignes obliques , placées en avant , sont d*un jaune clair. L'on voit aussi à chacun des angles antérieurs du corselet une tache triangulaire et noire. Corps et pattes d'un jaune clair. Pseudélylres transparentes et d'un jaune luisant. Cayenne. Cette espèce nous a été communiquée par M. Serville. 6. Heteronotus fuscus. Obsctife Juscus ^ thorace spiiiis duobus validis , postice spinosissime productus } capite linea flai'escente. Longueur 4 i/^- Largeur i 1/4. Cette espèce est semblable, pour la forme, h la précédente ; elle en difïere par sa couleur qui est entièrement d'un brun rougeâtre et obscur; la tête présente un tgj^it jaune au milieu, et un autre de même couleur fait le tour du lobe du corselet , à l'exception du bord antérieur. Abdomen d'un gris jaunâtre. Pattes jaunes. Cayenne. Collection de M. Serville. \ Monographie d^un genre nouveau dans la famille des CarcLdla- nites , par M, A. Chevrolat. (Séance du 18 avril i832.) Là famille des Curculionites , certainement l'une des plus nombreuses dans l'ordre des Coléoptères, avait été jusqu'à nos jours peu étudiée sous le rapport des caractères génériques. Olivier, dans ses trois derniers volumes {Entomologie des in- sectes, 1795 à 1807 ) * ^ décrit sept cents insectes de cette fa- mille, et n'avait cru pouvoir y établir que dix-huit genres , en- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. . 99 core onze y sont-ils indiqués comme divisions. Je crois devoir les citer : Bruchus , Macrocéphalus [Antliribus , Fab.), Attelabus, ^poderus , Rhynchites , ylpion , Brachycerus , Calandra , Or- chesteSf Cionus, Bhynchaenus^ Rhina, Lixus, GurculiOj Cosso- nus, Brentus et Cylas. M. Germar a publié , en 1 824 , dans un ouvrage intitulé Insectorum species , un grand nombre d'espè- . ces et de genres , dont la plus grande partie provient du Bré- sil. 11 a été reconnu depuis que les coupes que ce naturaliste avait établies étaient encore trop restreintes , puisque dans plusieurs de ses genres il en a été formé de nouveaux. Il était réservé à M. Schonherr de décrire en grand cette famille in- téressante : ses précédens ouvrages, sa synonymie Insectorum, son CiirciUionidum disposiûo Methodica , et l'étude spéciale qu'il fait depuis longues années des Gurcuîionites , sont un gage certain de la manière dont sera traité le species qui va être imprimé h Paris. Je regrette seulement que dans son der- nier ouvrage , qui comprend cent quatre-vingt-treize genres , cet auteur ait établi une aussi grande quantité de sous-genres avec des noms : ou il fallait les regarder comme sous-divisions sans leur assigner de noms , ou les établir comme véritables genres , s'ils offraient des caractères distinctifs. Les relations pleines d'intérêt que j'entretiens depuis quelques années avec cet illustre Entomologiste m'ont mis à même de connaître cette famille , et de diriger mes recherches plus spécialement de ce côté. Je suis heureux de pouvoir lui exprimer ici la re- connaissance que je lui dois, tant pour la bonté qu'il a eue de déterminer la plus grande partie des espèces composant ma collection, qui renferme maintenant plus de 2,000 espèces, que pour les livres rares qu'il a eu la générosité de me donner. Je me proposais d'envoyer à ce savant, dans l'intérêt de la science, tout ce qui me restait d'uniques; mais les difficultés survenues dans toutes les relations avec lé continent m'ont forcé à différer mes envois. 100 , ANNALES La formation d*mie société d'Entomologie dont le besoin était si vivement senti depuis longtemps , et qui doit être si favorable à la science , m'offre aujourd'hui l'occasion de vous lire la monographie d'un genre nouveau de la famille des Cur- culionites , propre aux Amériques , et qui offre quelques rap- ports avec le genre Erodiscus de M. Schonherr, à côté du- quel je le place; il en diffère par ses jambes moins longues, sa trompe courte, cylindrique et ses antennes à articles serrés. Sur les six espèces que je fais connaître , cinq proviennent de ma collection; une seule a été décrite par Olivier. Otiocéphale nouifeau genre. Fa- mille des Erichinides , Schon\ Antennes (pi. 3, fig. 3.) un peu allongées, assez fortes; funi- cule de sept articles , moni- liformes ; massue ovale de qua- tre articles. Trompe (fîg. i. h. et 6. b.) courte, cylindrique, un peu arquée, presque conique, plus courte que le corselet. Corselet globuleux ou cylindri- que, rétréci postérieurement, tronqué obliquement à sa par- tie antérieure , tronqué droit en arrière, Elytres allongées avec l'extrémité arrondie, ou globuleuses. Pattes (fig. 5. «.) assez fortes, presque d'égale longueur entre elles. Cuisses renflées dans leur Otiocephalus (i) genus novum. Rliina 01. Rhinolaccus Schon . in litteris. Antennae îongiusculas , sub vali- dae, funiculo septem arlicn-*- lato , articulis moniliformibus, clava ovalis , quatuor arlicu- lata. Rostrum brève, cylindricum, in- fra sub arcuâtum , perparuiri conicum , thorace brevior. Thorax globosus , seu sub cylin- dricus , ^osterius angustior , antice posticeque truncatus» Eiylra elongata , apice roliîn- data, vel ovata. Pedes validiusculi , fere pari Ion - gitudine , femoribus nietlio clavatis, apice rmarginatis , iiv- (î) A GracciB verbis èriç , Outarde , KeçaA»] , tête. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. v^lruclis intus (in plurimis) cal- caribus ^ tibiis cootortis. Descriptio : Corpus sub-rolunda- tum vel elongatum , pilosum , alatum. Antennœ fere thoracis longitudine , versus apicem rostri insertae , scapo clavato , sub-recto , oculos altingenle , funiculo septem articulato. Primo valido, truncato, reli- quis sub-aequalibus , raonillfor- raibus , pilosis ; cîava ovata quatuor articulala , articulis connexis. Rostrum capite lon- gius, sub cylindricum , seu co- nicum , subtus perparum de- flexum. Scrobes sat profundae, subtus flexae , a fine rostri nas- centes. Caput convexum. Oculi saepiusapproximati, rotundati, reticulati. Thorax latitudine longius , ovatus seu cylindrir eus , lateribus rotundatus, pos- terius valde angustior , basi oblique et postice recte truu- catus. Scutellum plus minusve elongatum , Iriangulare par- vum. Elytra oblonga , sub-ova- lia , tborace latiora , semper striata , humeris sub-retusis. Pedes longiusculi , approxi- niati , femoribus medio clava- tis, intus valde dentatis , libiis milieu, écbancrées à rextrémi- té , munies dans la plupart de fortes épines presque à leur som- met intérieur. Jambes arquées. Description : Corps ou un peu allcdigé toujours arrondi à l'ex- trémité , ou globuleux , velu , ailé. Antennes à peu près de la longueur du eorselet , insé- rées près de Text rémité de la trompe. Scapus en massue , at- teignant le milieu des yeux ; funicule de sept articles ; le premier renflé , tronqué ; les autres égaux , monili formes , velus ; massue ovalaire de qua- tre articles, le dernier à peine distinct. Trompe plus longue que la tète , cylindrique ou co- nique. Fossettes plus ou moins profondes et sinueuses , partant de l'extrémité de la trompe. Tète convexe. Yeux le plus souvent rapprochés , arrondis^ réticulés. Corselet plus long que large, ou globuleux, ou cylindrique , arrondi sur les côtés , rétréci postérieurement, . Ecusson ou allongé ou trian^- gulaire , petit. Etytres toujours striées de points, plus larges à leur base que le corselet , avee l'épaulé obtuse obliquement. Pattes un peu allongées, ra ppro- chécs. Cuisses en m;55suc cui 02 ANNALES delà du milieu , fortement den- flexuosis, apice autuncoconieo tées intérieurement ; jambes tortueuses armées à l'extrémité d'un petit ongle corné, ou tron- quées. Tarses (fig. 5. Z'.)en bros- se par dessous. Le premier arti- cle allongé ; le deuxième court, presque triangulaire ; le troi- •sième très-large, bilobé. L'on- glet court , un peu en massue, arqué, muni de deux crochets. Abdomen de cinq segmens. i""* Division, instructis , eut truncatis. Tar- sis subtus spongiosis. Articulo primo elongato ; secundo brevi, sub-trigono ; tertio latiore , bi- lobo. Unguiculo parum cla— vato, biungulculalo. Abdornenr quinque segmeutis. Trompe cylindrique , incli- née, portée en avant. Corse- Dlvlsio prima. Rostrum cylindrîcum, pro- latum. Thorax cylindricus ^ let cylindrique, yeux assez oculi parum remoti, Elytrapi- éloignés. Elytres très-renflées riformia. à l'extrémité. !*•■ Otiocéphale mexicain, (PI. 3, fig. 1.) D'un noir vernissé, allongé. '' Otiocephaius mexicaniis. Mihi, Niger , elongatus. Linea Côté de la poitrine marqué alba marginali prope elylram près de l'élytre d'une ligne posita. Elytris apice tumes- blanchâtre. Élytres à stries centibus, sub striatis. Femo- éloignées, rugueuses en des- ribus intus valde dentatis. sus , piriibrmes à l'extrémité. Cuisses fortement dentées. Trompe cylindrique , un Rostrum cylindrîcum , iu- peu arquée en dessous, mar- irksubarcuatum, quinque su?- quée de cinq sillons, dont cis impressum. Caput elonga- deux sur le côté , profonds^ tum , postice dimensione tho- Tête allongée , arrondie par racis. Antennae piceœ , clavjA DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. io5 obscLira. Oculi subalbi , inter derrière , et de la largeur du cjuos linea impressa. Thorax cyliiidricus , bis et sesqui lon- gior latitudine , lateribus pos- ticis depressis, antice postice- que transversim granulatus. Elytra thorace latiora , ad hu- meros oblique truncata, apice piriformia, striata, supra gra- iiulosa. Pedes elongati, femo- ribus valdè dentalis, tibiis sub- arcuatis , in medio crassis. Tarsis subtus cineris. Pilis nigris distantibus omnino tec- tus. corselet. Antennes rousses , avec la massue obscure. Yeux, blancs. On voit au milieu de ceux-ci une petite ligne enfon- cée. Corselet cylindrique > deux fois et demie plus long que large , ayant une dépres- sion aux côtés postérieurs , granuleux aux deux extrémi- tés. Elytres plus larges que le corselet , allongées et très ren- flées à l'extrémité; granuleu- ses en dessus , à stries appa- rentes sur les côtés. Une ligne blanchâtre partant du corselet à la naissance de Tabdomon , est placée près du bord de l'é- lytre. Pâtes allongées , cuisses armées près de l'extrémité in- térieure d'une épine large , jambes un peu arquées, ren- flées dans leur milieu. Tarses gris en dessous. Il est entière- ment couvert de poils noirs , distans les uns des autres. Cette espèce , la plus grande du genre , a été trouvée a Orixaba au Mexique, et m'a été envoyée par M. Lesueur. 2^ Division, Divisio secanda. Trompe assez perpendicu- Rostrumsat perpendiculare. laire , corselet presque globu- Thorax sub-globosus, Elytra leux j élytres allongées.- elongata. E Mexica ( Orixaba ). io4 ANNALES fà,Otiocéphale velu. (Pi. 3 , f. 2 . ) 2 . Otiocephatus pilosus. Mihi, Noir , un peu brillant , mar- qué en dessous d' u ne ligne mar- ginale blanche , ainsi que d'un point oblique à l'insertion des pattes intermédiaires. Pieds allongés, cuisses munies d'une petite épine aiguë; tarses et antennes fauves; entièrement couvert de longs poils blancs. Trompe cylindrique , ar- quée , un peu carénée en des- sus , ayant un sillon sur !e côté dans toute sa longueur. Yeux noirâtres , rapprochés , tête un peu allongée, convexe. Antennes fauves, massue cen- drée. Corselet globuleux , plus long que large , très-com- primé en arrière , d'un noir brillant. Ecussonponctiforme^ blanc. Elytres plus larges que le corselet, à angle humerai arrondi ; allongées , s'élargis- sant au delà du milieu, stries formées de points assez rap- prochés. Pattes noirâtres très- velues. Il m'a été envoyé du Brésil comme ^.yanl été tiouvc aux environs de llio-Janeiro. Cmculio Coarctatus Dj. in museo. Niger , sub-nitidus , linea alba marginali notaque obli- qua in insertione pedum inter- mediorum, Pedes longiusculi , femoribus arcte spinosis. Tar- sis antennisque picies. Pilis longissimis omninp vestitus. Roslrum cylindricum, ar- cuatum , supra carinatum , impressum su!co laterali. Oculi nigricantes , approximati. Ca- put elongatum convexum. An- tennae picess , clava fusca. Thorax globosus, longior la- titudine , rétro largiter coarc- tatus , niger nitidus, Scutel- lumpuncliforme, album. Ely- trathoracelatiora, ad humeros rotundata , in medio extensa ^ apice ovata , punctis sat con- tiguis striata. Pedes subnigri >, pilosi. Hab'. (Rio-Janeiro) in Çra silii DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIODE. o5 0. Otiocephalus omericanus. MUii Curculio ainericanus Dejean in museo. Aterrimus. Elytris punctis contigais valdèstriatis. Femo- ribus valide calcaratis. liostrum cylindricum, tho- race brevior , rugatum inter oculos et antennas. Oculi al- bicantes , paium remoti. Ca- put convexum , punctatum. Tborax antice sparsim piinc- tatus , globosus , poslice vix coarctatus , subiuarginatus, Sculelitîmtriaiigulare, obsca- rum. Elytra iborace vix la- tiora , elongata , apice sensiai extensa , punctis impressis striata. Pedes validi , femori- bus late calcaratis, tibiis bre- vibus , cameratis , antici cor- nco unco instructis. Omnino pilis nigris raris indutus. Kx America seplentrionali. 3. Otiocèphqle américain, (PI. 5, %. 5.) Très-noir. Elytres marquées de stries fortement ponctuées. Cuisses très-éperonnées. Trompe cylindrique , plus courte que le corselet, avec quelques rides entre les yeux et les antennes. Yeux blancs, un peu éloignés. Tête ronde , ponctuée. Corselet globuleux un peu rétréci en arrière et comme rebordé. Ecusson triangulaire, obscur. Elytres guère plus larges que le corse- let ; allongées , s'élargissant vers l'extrémité , marquées de neuf stries formées de points enfoncés. Pattes robustes , cuisses munies d'une épine large et aiguë. Jambes fortes , courtes , cambrées; les anté- rieures armées à leur extré- mité d'un petit onglet. Il est couvert de poils noirs courts peu épais. Il fait partie de la collection de M. le comte Dejean , qui l'a reçu des Etats-Unis. io6 A^^ALES 4. Ot'iocéphale à ély ires jau- nes. (PI. 3,%. 4.) 4. Otloceplialas flavlpennîs. MiliL Noir, velu. Elytres jaunes, Niger, pilosus. Elylris fla Trompe conique , courte , large à sa base , fortement ca- rénée en dessus , couirerte de poils blancs épais. Tête élevée, convexe. On y voit avec une forte . loupe quelques poils blancs a peine perceptibles , et une dépression transverse au dessus des yeux; ceux-ci rapprochés , saillans , arron- dis et noirs. Corselet orbicu- laire, plus long que large , ré- tréci postérieurement , élevé dans son milieu , couvert en arrière de longs poils blancs épais. Ecusson ponctiforme blanc. Elytres allongées, paral- lèles , plus larges que le corse- let, fauves, avec neuf stries de points peu enfoncés ; la pre- mière et la dernière plus pro- fondes. Epaule élevée. Cuisses h peine épineuses ; jambes droites. Pattes et dessous du corps couverts de poils blancs courts. Il m'a été envoyé égale- ment d'Orixaba par M. Le sueui'. VIS. Rostrum brève , conicum , basi latum , supra valde cari- natum. Caput excelsum, con- vexum. Oculinigri, sub-con- tigui. Thorax globosus , sub elongatus , medio elevatus , pilis densis postice ornatus. Scutellum punctiforme , al- bum. Elytra elongata , paral- lela , thorace latiora , fla va ^ vix punctato striata. Stria su- turalis et marginaUs sat pro- fundae. Humera éleva ta. Pede& sub elongati , femoribus subs- pinosis , tibiis rectis. ( Orixaba) in Mexica. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. Di^islo tertia, * o*' Division. 107 Rostrum brève. Thorax globosus. Elytra ovata. Sub- punctato striata. 5. OtiocephaUis Poey. Milii, Cnrculio dimidiatus in museo Dj. Rhinolaccus, id. Schonhr. in lit- teris. Oculis , eîylris basi ex- cepta, abdoniineque nigris, re- liquis partibus rubris. Rostrum thorace brevior , cylindricum apice attenua- tuni. Caput rotundatum , punctatum. Antennœ nigr?e , duobus primis articulis rufis. Oculi globosi. Thorax rotun- datus, basi sensim angustatus, postice valde coarctatus, punc- tatiis. Elytra ovata. Pedcs recti, femoribus apice vix cla~ vatis, muticis. Tibiis unco re- çu rvo armatis. Detectus in iusula Cuba ab amico meo Poey. Sat tVequens in lloribus Asclepiae currasa- victC. Trompe courte. Corselet et élytres globuleux. Stries ponctuées peu marquées. 5. Otiocép/iale de Poëy. (PL 2,fig. 5.) Tète , corselet , poitrine , pattes et base des élytres rou- ge. Le reste noir. Trompe cylindrique , amin- cie à son extrémité. Tête ar- rondie ponctuée. Antennes noires; les deux premiers ar- ticles rouges. Yeux arrondis , noirs. Corselet légèrement ré- tréci antérieurement , très- comprimé à sa partie posté- rieure , ponctué. Elytres glo- buleuses arrondies , avec un tiers de sa base rouge. Pattes rouges , cuisses sans dents , jambes droites , armées à l'ex- trémité d'un onglet crochu. Les pieds seulement sont un peu velus. Cette espèce a été trouvée h la Havane par M. Poëy. ANN 6. Otlocéphale Founni. (PL 3,%. 6.) Brévirostre, noir. Antennes et pattes fauves. Antennes fauves , trompe hrune , cylindrique , assez grosse, plus courte que le cor- selet , entièrement couverte de poils blancs. Yeux grands, saillans,très-rapprochés. Tête élevée , ponctuée, déprimée au dessus des yeux. On voit le long de ceux-ci un prolon- gement de poils blancs for- mant une sorte de V. Corselet élevé , presque globuleux , pointillé , d'un noir luisant. Elytres ovales , luisantes , à épaule obtuse. Cuisses inter- médiaires armées d'une petite dent. 11 est indiqué par Olivier, comme ayant été trouvé par IVL Geoffroy de Villeneuve à Saint - Domingue. Il faisait })artie de la riche collection de ce savant, que j'ai acquise de moitié avec M. le comte d^ flousselin. ALES 6. Otlocephalus formicarius^ Rhina. formicaria. Ol. Ent. Ins. T. V, N°234,pag. 336,fig. 5i4. Niger , antennis pedibus- que rufis, thorace et elytris ovatis sub globosis. Antennae rufae , rostrum crassum , cylindricum , pi- ceum , pilis albis indutum , thorace brevius. Oculi magni, prominuli, approximati, Ca- put punctatum. Thorax punc* tatus, globosus,niger. Elytra ovata , nigro nitida , vîx stria- ta , lîumeris retusis. Pedes rufi , femoribus intermediis dentatis. Et in insula Sancto - Dor mingo , ex mus. Olivieri« DE LA. SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 109 BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. ANNÉE l832. l" TRIMESTIIE. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. Séance du 3 i janvier. A huit heures du soir, dans le local de la société Philoma- lique, rue d'Anjou-Dauphine, n** 6, à Paris , a lieu la première réunion de la Société. Dix-huit Entomologistes de Paris y assistent , sous la présidence de M. Luczot , doyen d'âge. M. Latreille est à l'unanimité proclamé président honoraire , et une députation est désignée pour lui en aller faire part. M. Audinet-Serville est ensuite, au scrutin secret, élu pré- sident-, il prend place au fauteuil , et déclare la société Ento- mologlque de France exister dès ce moment. On passe à la discussion des hases de la Société , de son rè- glement , etc» Séance du 7 février. Vingt- cinq Entomologistes sont présens à cette séance, ou l'on continue la discussion du règlement et où l'on arrête diverses dispositions administratives. On élit au scrutin secret quelques membres du bureau , sa- voir : Le vice-président , M. Audoi:in. Le secrétaire, M. Al. Lefebvre. Le secrétaire-adjoint , M. Brullé. Le trésorier , M. Duponchel. Séance du il^ février. Vingl-cinq Entomologistes sont présens h cette séance, dans iio ANNALES laquelle on arrête définitivement les bases de ia Société , s6n règlement, etc. M. le comte Lepeletier de Saint-Fargeaii est nommé archiviste. A l'unanimité, MM. Cuvier , Geoffroy-Saint-Hilaire , Du- mérd, Savigny , Al. Brongniart , de Blainville et Desmarest , sont proclamés membres honoraires français de la So- ciété. Le jour de la séance solennelle de l'ouverture des travaux de la Société est fixé au 29 courant , et les membres du bureau sont désignés pour aller en deputation prier M. Latreille de la venir présider. Séance du 29 février. A cette séance , sont présens trente-cinq Entomologistes, sous la présidence de M. Latreille. MM. Duméril et GeofFroy-Saint-Hilaire l'honorent de leur présence. Le secrétaire donne lecture de !a lettre d'acceptation de M. le baron Cuvier. ( Page 17. ) M. Latreille prononce un discours d'ouverture, (page 22) et se levant , annonce les séances des travaux de la Société En- tomologique de France ouvertes dès ce moment. Les dispositions arrêtées dans les trois précédentes séances' provisoires, sont approuvées. Le secrétaire lit les noms des trente-cinq personnes présentes; elles sont, par le présiden! # déclarées membres fondateurs de la Société , et passent au bureau apposer leur signature au règlement , ainsi que MM. les membres honoraires présens. M. le comte Lepeletier de Saint-Fargeau donne lecture d'un mémoire sur un groupe d'Hyménoptères, les Gorytes. (p. 02*) M. Audinet-Serville donne l'extrait d'une nouvelle classifi- cation de la tribu des Prioniens, famille des Longicornes. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGïQUE. m IVI. Delaporte lit un essai d'une nouvelle classification des Hémiptères. Séance du 7 mars. Le secnHaire donne lecture des lettres d'acceptation de MM. les membres honoraires, de Blainville et Brongniart. (Pages 19 et 20. ) M. Desmarest , membre honoraire , est présent. M. Lefebvre donne verbalement l'aperçu d'un mémoire sur un moyen de distinguer plus sûrement les espèces des va- riétés, dans quelques Lépidoptères diurnes d'Europe , tribu des Satyrides. (pag. 80.) M. Poëy lit un mémoire sur le crin et le fi ein des ailes des Lépidoptères dans les genres Eunlca etUermlnia. (pag. 91.) M. Audouin annonce la lecture prochaine d'une note sur le mode de respiration des Hydrophiles. On croit généralement que ces insectes viennent respirer h la surface de l'eau comme les Dytiques, c'est-à-dire par l'extrémité postérieure de l'ab- domen. M. Audouin interroge même, h cet égard, les souvenirs des membres de la Société , et tous avouent que jusqu^ici ils n'ont pas mis en doute que la manière de respirer des Hydro- philes fût différente de celle des Dytiques. Cependant, M. Au- douin croit dès à présent pouvoir annoncer que ce n'est pas par la partie postérieure de leur corps , mais bien par sa partie antérieure ,• et que c'est a l'aide de leurs antennes que ces insectes se procurent l'air nécessaire à leur respiration. M. Bois- duval nie la possibilité du fait, et pense que les antennes ne sauraient dans aucun cas servir à cet usage. M. Audouin persiste dans son opinion, et s'engags à démontrer ce fait. Il ajoute même que d'abord il l'avait cru entièrement nouveau; mais que depuis son observation , il a appris qu'un anatomisle alle- mand avait fait la même remarque. M. Godet lit un discours sur la manière de travailler les mo- nographies et l'Entomologie en général. (Page 54- ) 1,2 ANNALES VOYAGES. DÉPARTS. ARRIVÉES. NOUVELLES DIVERSES. M, Charles Besche fils , Enloinologisle HamLourgeois , est parti en iliars de celle année pour les possessions Danoises , snr la côte de Guinée , qu'il va explorer sous le rapport de rEnlomologie. Madame veuve Salle et son fils , de Paris , sont récemment partis dans le même Lut pour l'intérieur du Mexique. C'est auprès de M. Chevrolat de Paris , membre de la Sociélé , qu'on peut se procurer les renseignemens nécessaires au sujet des insectes qui lui seront envoyés par ces voya - geurs. M. Edouard Verrcaux, fils du marchand naturaliste de ce nom, à Paris , et qui avec son frère, M. Jules, qui est resté au cap de Bonne-Espérance , rapporta cette année , de diverses excursions à i5o lieues du cap, tant à Algoa-Bay qu'à Graliam- 'stown,TulbaghetBokkeveld, de si belles collections d'histoire naturelle, et tant d'insectes nouveaux, repart en ce moment^ avec son frère , M. Alexis , pour le même endroit. Le projet de ces trois intrépides voyageurs est de parcourir les régions inconnues, situées entre Port-Natal et Orange-ri- vière , en passant par Litakou. M. Adolphe De Lattre, Membre de la Société, part sous peu pour un voyage consacré à plusieurs branches de l'histoire naturelle , principalement la Botanique , la Minéralogie , l'Or- nithologie , et plus spécialement l'Entomologie. La province de Saint-Paul au Brésil, Fernambouc , în Mexique et l'Améi^ique du Nord , Bahia , le Cap et le Bey d'Angola en Afrique, sont les principaux points qu'il veut explorer pendant plusieurs années. Le dernier voyage au Brésil de cet Enlomologîsie nous fait espérer les plus heureux résultats. DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. ii5 M. le docteur Rambur, membre de la Société, est arrivé récemment d'un voyage en Corse, où il a résidé plus d'une année , et qui avait pour but d'explorer cette île sous le rap - port de l'Entomologie et de la Botanique. Il en a rapporté nombre d'espèces rares ou nouvelles , tant en Coléoptères qu'en Lépidoptères. Parmis ces premiers, on distingue le Carabus Ramburii (Dej.), Perçus Loricatus , Perçus Ramburii (Dej.) etc., et en Lépidoptères , les Van. Ichnusa , Sa t. Tigellius , Néomiris , etc., Arg. Elisa, Hesp. Thérapné. Ses. Anthracilbrmis , Sph. Dahlii , Latreil. Corsica , Orgya Rupestris, Pol. Aspho- deli, etc. etc. Son herbier qui est fort considérable , n'est pas moins richo en plantes rares ou nouvelles. VENTE DE COLLECTIONS. Une collection de près de 4ooo Coléoptères bien nommés, la plupart récoltés aux environs de Paris. Une collection de plus de 5oo Lépidoptères, tant européens qu'exotiques , également nommés. S'adresser pour les renséignemens à M. A. Chevrolat, rue des Champs-Elysées, n** 6, Paris. NECROLOGIE. Pierre Carcel, né à Paris en 1800, est mort le 24 juillet i83i , au château d'Asie près Constantinople. . Le projet de ce jeune et modeste savant, aussi laborieux qu'instruit, était, après avoir parcuru l'Asie mineure, de visiter la Perse , les pays situés au delà de l'Euphrale , et de revenir I. 8 ii4 ANNALES par la Terre-Sainte et l'Egypte , en Europe , lorsqu'après un sé- jour d'un an à Constanlinopleet à Smyrne , où constamment il fat exposé à la peste , qui pendant son séjour faisait d'affreux ra- vages , il tomba malade de la fièvre du pays , et succomba enfin à 5i ans, victime de son zèle pour l'Entomologie et les sciences naturelles. Deux cent mille insectes , 20,000 échantillons de botanique, plusieurs caisses de Mollusques , nombre d'animaux verte brés , etc. etc. , recueillis dans l'espace d'une année , attestent de la prodigieuse et infatigable activité de ce jeune savant. Ces collections heureusement vont bientôt arriver dans sa pairie , mais ses cendres restent à jamais au champ de repos de Rounkali. Pierre-Amédée Cauchy, né à Paris en 1806, avocat à la Cour royale de Paris , est mort le lei octobre 1 85i , au retour d'une excursion Entomologique en Suisse. Ce jeune Entomo- phile , enlevé trop tôt aux sciences , s'occupait principalement de l'étude des Lépidoptères, dont il possédait une assez belle collection. On lui doit des observations intéressantes sur ces insectes , quelques découvertes d'espèces nouvelles , entre autres une Larentia qui porte son nom , et qui lui fut dédiée par M. Du- poncbel , qui souvent le cite dans son ouvrage. La science vient de perdre M. de Brébisson , Entomologiste distingué de Falaise ( Calvados). Les documens que nous attendons sur les travaux de ce savant , ne nous étant pas encore parvenus , nous remettons au prochain numéro l'article nécrologique qui le concerne. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. n5 OUVRAGES D'ENTOMOLOGIE PUBLIÉS DEPUIS LE 1^*^ JANVIER l832. ("i" trimestre. ) FRAUCAIS. ICOxNOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLÉOP- TÈRES D'EUROPE, par M. le comte Dejean et M. J.yt: Bolsduval ; tome II , LIVRAISONS lo, ri et la. Paris, Méquignon-Marvis. Chaque livraison composée du texte et de cinq planches coloriées avec le plus grand soin , d'après les dessins originaux, 6 fr. Le tome I "^ contient douze livraisons. HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES, OU PAPILLONS DE FRANCE, par Godan, continuée par M. Dnponchel; tome VIII, deuxième partie , nocturnes ; tomeV, deuxième partie, livraisons i, 3 et 3. Paris, Méquignon-Marvis. Chaque livraison composée du texte et de deux planches soigneusement coloriées, 3 fr. 11 paraît jusqu'ici i\i livraisons. SUPPLÉMENT A L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES OU PAPILLONS DE FRANCE, T^m^M..Duponchel; tomel'% première LIVRAISON. Paris, Méquignon-Marvis. Chaque livraison , 3 fr. Ce supplément contiendra toutes les espèces nouvelles découvertes de- puis le commencement de l'ouvrage auquel il se rattache. ICONOGRAPHIE DES CHENILLES , pour faire suite à l'ouvrage in- titulé : Histoire notiirelle da Lépidoptères ou Papillons de France ^ par M. Duponckel; tomel"', première livraison. Paris, Méquignon-Marvis. Chaque livraison composée du texte et de trois planches coloriées avec soin , 3 fr. SPECIES GÉNÉRAL DES COLÉOPTÈRES , de la collection de M. le comte Dejean; tome V, en deux parties, 2 vol. in-8. Paris , Méquignon- Marvis. On publie un volume tous les ans. CENTURIE DES LÉPIDOPTÈRES DE L'ILE DE CUBA, contenant la description et les figures coloriées de cent espèces de papillons nou- veaux ou peu connus , par Ph. Poèy; première livraison. Paris, J. Al- bert Mercklin. Chaque livraison contenant dix planches (oloriées, 10 {i\ i»6 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ICONOGRAPHIE DU RÈGNE ANIMAL DE M. LE BARON CU- VIER, par F.-E, Guérin; litraisons i6 et 17. Paris, J.-B. Baillière. Chaque livraison de cinq planches en noir et du texte, 6 fr. Figures coloriées , 1 5 fr. VOYAGE AUTOUR DU MONDE, fait sur la corvette la Coquille, ^^x Duperrey (Zoologie, Entomologie, par M. Guérin)^ viNGT-HUiTiÈaiE ET DERNIÈRE LIVRAISON In-folio , dc six planches avec texte. Paris, Af- thus-Bertrand. 12 fr. EXPÉDITION SCIENTIFIQUE DE MORÉE, sous la direction du co- lonel Borj-de-Saint'Fincenc .' Insectes, Orthoptères, Névroptères , Co- léoptères, pi. 29, 32, 89; par M. Brullé. Paris, Levrault. Chaque li- vraison , 1 2 fr. MAGASIN DE ZOOLOGIE, par M. Guérin, troisième livraison. Pa- ris, Lequien. X e volume de 5o planches coloriées et texte, 18 fr. ICONES HISTORIQUE DES LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX OU PEU CONNUS , collection avec figures coloriées des Papillons d'Eu- rope nouvellement découverts, par le docteur Boisduval Paris, Roret. Première livraison, composée de 2 planches coloriées et du texte, 3 fr. COLLECTION ICONOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE DES CHE- NILLES, ou Description et figures des Chenilles d'Europe, par le docteur Boisduval. Paris, Roret. Première livraison , 3 planches co- riées et texte, 3 fr. LETTRES A JULIE SUR L'ENTOMOLOGIE, suivies d'une Descrip- tion méthodique de la plus grande partie des Insectes de France; par M. E. Mulsant. Paris, Méquignon-MarVis , 2 vol. in-8, ornés de plan- ches coloriées, 24 fr. Fi§. noires, 18 fr. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 117 LETTRES DE MESSIEURS LES MEMBRES HONORAIRES. ( ÉTRANGERS. ) Lettre de M. Kirby. Monsieur , Je sens vivement l'honneur que la Société Entomoiogique de France m'a voulu faire en m'offrant de m'admettre au nombre de ses membres honoraires , et je reçois avec la re- connaissance la plus profonde cette preuve agréable de son estime. Un septuagénaire , dont les yeux sont affaiblis , ne peut pas espérer de marcher à grands pas dans la science délicieuse que votre Société protège , mais Agnosco veteris vatigia Jlammœ. JHÉL -^^^^ Je suis accablé de douleur en lisant aujourd'hui, dans le journal , la funeste nouvelle de la mort de ce savant célèbre et vraiment grand , M. le baron Cuvier. Toutes les sciences pleureront sa perte irréparable. Permettez moi. Monsieur, de vous remercier pour les termes flatteurs que vous avez employés individuellement dans votre lettre , et de vous assurer , etc. Guillaume K-irby. Barbara, îe 19 mai i833. ( A M. A.. Lefebvre , secrétaire , etc. ) n8 ANNALES Noiwelle classification de la famille des Longicornes » par M. Audinet-Serville. (Séance du 29 février iSBa.) M. Latreille, dans un de ses plus récens ouvrages [Règn.^ anim., 2* édit., tom. 2, pag. io4), s'exprime ainsi sur cette famille : «Vu la quantité d'espèces découvertes depuis le » Pline du nord [Lhinœus) , l'insuffisance des caractères qui )) signalent les genres, le désordre qui règne encore dans » plusieurs d'entre eux, une recherche générale et appro- » fondie est devenue nécessaire. » Cette vérité est sentie par tous les Entomologistes qui s'oc- cupent de Coléoptères. J'ai depuis quelques années cherché h débrouiller cette belle et nombreuse famille, mais j'y ai trouvé encore plus de difficultés que je ne m'attendais h en ren- contrer. La tribu des Cet ambycins est, sans contredit, la plus difficile , aussi ne l'ai-je encore qu'ébauchée. J'ai plus aisé- ment divisé celle des Prioniens que je publie aujourd'hui dans nos Annales. On verra que j'ai pris pour base de mes divisions quelques grandes coupes indiquées par M. Latreille dans l'ou- vrage cité plus haut, pag. 107-109. Je partage cette tribu en cinquante genres, dont trente-cinq établis par moi, et dont la plupart existent depuis long temps avec mes noms , dans les principales collections de Paris. Ils sont répartis dans divers tableaux où chacun des genres est signalé parles carac- tères principaux qui le distinguent des genres quii'avoisinent. Après cette classification par tabîeaiix, viennent les carac- tères détaillés de tosis les genres , et les espèces déjà décrites que j'y rapporte en les mentionnant seulement, mais indi- quant leur synonymie. Je donne la description d'une vingtaine d'espèces qui ni'ont parues nouvelles et dont presque toutes DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 119 servent de types à mes nouveaux genres. J'espère , si ce pre- mier essai semble de quelque utilité, publier successivement et de la même manière les trois autres tribus, Gérambycins, Lamiaires et Lepturètes , qui compléteront la grande famille des Longicornes. Je prie messieurs les Entomologistes qui ont bien voulu me laisser examiner et décrire les espèces nouvelles de leurs col- lections, de recevoir ici tous mes remercîmens. Je dois beaucoup aussi aux communications et aux bons conseils de M. A. Maille , qui m'ont fait rectifier plusieurs parties défec- tueuses de mon ouvrage. Enfin je suis très-redevable à M. le Peletier de Saint-Fargeau, mon collaborateur pour le dixième volume de l'Encyclopédie méthodique et la Faune française , de la complaisance sans bornes avec laquelle il m'a aidé dans la formation des noms tirés du grec, que j'ai imposés aux nou- veaux genres de cette famille. O' LoNGicoRjNEs , Longlcomes. 4* Famille des Colcoptcres^Tétrar^es. i^B| CARACTÎiP.fiS. Les trois premiers articles des tarses garnis de brosses en- dessous ; les deuxième et troisième cordiformes , le troisième profondément bllobé ; on voit un petit renflement ou nodule simulant un article à l'origine du quatrième ou dernier. Menton court, transversal; languette membraneuse, en forme de cœur, écbancrée o\\ bifide. Mâchoires dépourvues de dent cornée au côté interne. Antennes filiformes ou sétacées , le plus souvent de la lon- gueur du corps et quelquefois plus longues-que lui, tantôt simples dans les deux sexes , tantôt en scie, peçtinées. ou fla- bellées dans les mâles-* lâo ANNALES Yeux ordinairement réniformes et entourant la base des antennes. Corps généralement allongé. Larves apodes ou presque apodes , vivant dans l'intérieur des végétaux. 1'* Section. Yeux échancrés ou réniformes , recevant la base des an- tennes. Tête s'enfonçant jusqu'aux yeux dans le corselet , sans ré- trécissement , ni cou distinct. 1'*. Tribu, Prionlens. 2*. Tribu , Cèrambycins. 3*. Tribu , Lamlaires. 2* Section. Yeux arrondis, entiers ou à peine échancrés. Antennes insérées en avant des yeux, ou tout au plus à l'extrémité antérieure de leur faible échancrure. Tête prolongée postérieurement derrière les yeux ou ré- trécie brusquement en manière de cou à sa jonction avec le corselet. 4*. Tribu , lepturètes. î". Tribu, Prioniens, PrionlL Labre nul ou très-petit et peu distinct. Mandibules fortes , ordinairement plus petites dans les fe- melles que dans les mâles, souvent très-grandes chez ces derniers. Lobe externe des mâchoires nul ou très-petit. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xai Antennes insérées près de la base des mandibules ou de Téchancrure des yeux, mais point entourées par eux à leur naissance. Tête avancée ou penchée, mais point perpendiculaire, ni aplatie en devant. Palpes ayant leur dernier article en cône ou en triangle renversé, quelquefois presque cylindrique; il est toujours tronqué au bout» Nota. Le genre Parandre, Parandra , ne me semble point appartenir à cette tribu , ni même à la famille des Longi- cornes, quoique M. Latreille l'y admette, en observant ce- pendant qu'il diffère de tous les autres Longicornes par sa languette cornée et en segment de cercle très-court et trans- versal , ainsi que par l'appendice portant deux soies , qui se trouve entre les crochets des tarses postérieurs. Les genres Spondyle et Cantharocnème, par lesquels je commence la première tribu , ne me paraissent pas bien évi- demment être à leur véritable place. 12-3 ANNALES DIVISION GÉNÉRALE. i'^ Sous-tribu. Spondyliens. Antennes courtes, presque mo- niîiformes. a*. Sous-tribu, Prioniens proprement dits. Antennes longues, filiformes. 1'^. Division. Corps ailé. r*. Subdivision. Corps droit, allongé. A. Jambes ayant deux rangées d'é{>ines internes. B. Jambes sans rangées d'épines internes. a. Antennes point comprimées, de onze articles cylindriques ou dentés en scie , quelquefois fla- bellées dans les mâles. î. 3* article des antennes notablement plus long que le quatrième. = Articles des antennes n'émettant point de rameaux dans aucun sexe. * Corselet crénelé latéralement, muni sou- vent en outre de plusieurs épines. ** Corselet sans crénelures , armé ii chaque bord latéral d'une ou de plusieurs épines. *** Corselet mutique latéralement. =z=: Articles des antennes des mâles à partir du troisième , émettant chacun un long rameau linéaire : ils sont simples dans les femelles. ( Corselet court , transversal , bidenté latéralement. ) 3. 3* article des antennes de la longueur du quatrième ou 5 peine plus long que lui. ^ DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i25 b. Antennes de douze articles; cylindriques et allongés dans les mâles , courts et dentés en scie dans les femelles. c. Antennes fortement comprimées et de onze ar- ticles. 2=. Subdivision. Corps assez court , assez large , souvent un peu penché en avant. A. Antennes ni pectinées , ni flabellées , de onze articles; les trois derniers (au moins) com- primés. B. Antennes ayant depuis onze jusqu'à cinquante articles environ; pectinées ou flabellées dans les mâles, en scie dans les femelles. âe. Division. Corps aptère. PREMIÈRE SOUS-TRIBU, Spondylilns , Spondylii. Antennes courtes , presque moniliformes et de onze arti- cles. Corselet presque globuleux , arrondi latéralement, mutique latéralement i Spondjle. Corselet uniépineux latéralement a ''Cantharocnème(i). DEUXIÈME SOUS-TRIBU. pRiOKiENs proprement dits , Prionii propriè dicti. Antennes longues , filiformes -ou sétacées. Corselet plus ou moins déprimé. ^ (i)Les genres nouveaux, ainii que les espèces nouvelles, seront indi- qués par une astérisque *. Ï24 ANNALES PREMIÈRE DIVISION. Corps ailé. PREMIÈRE SUBDIVISION. Corps droit , quelquefois presque parallélipipède , plus ou meins allongé. ( Eljtres le plus souvent déprimées. ) A. Toutes les jambes munies intérieurement de deux rangées d'épines nombreuses. (Antennes de onze articles. Corselet épineux ou crénelé latéralement. ) sans crénelures, fortement Iriépineux laté- ralement 3 "Tàan. dilaté et fortement crénelé latéralement , mais sans épines notables. ........ 4 "Cténoscèle. ayant ses angles antérieurs avancés, sensi- blement dilatés, et armés chacun de deux fortes épines 5 *' Anciscrote . I un peu rétréci en devant , armé latérale- I ment (et souvent même à chaque extré- I mité du bord postérieur) d'épines fines '. et nombreuses. 6 Macroiome. B. Jambes dépourvues de deux rangées de nombreu- ses épines internes (1). ( Antennes ayant au moins onze articles. Corselet épineux , crénelé ou muti- que latéralement. ) a. Antennes point comprimées , de onze articles (i) Dans quelques mâles ("ceux principalement dont les pattes anté- rieures sont plus longues que les autres) le dessous des jambes de de- vant est quelquefois très-raboteux , presque épineux. ^ . 4> 2 2 "^ • o ; 3J .- « s ' ^ cji ai' c3 5 rt J2 ' ^£-S *c5 S 3 « rt cr C — s r« ** tn s s ë tJ ?î V O L< vgj x QJ — J g ^ U, s c 'a, I 2 I uniépineux à chaque bord latéral. . . 39 *JIopIoscète, Nota. La seconde partie de ce tableau esl à la page suivante. 3 28 ANNALES o o s a sh sauuaiuB sap sspi^jy •lUBJlIBS •nat^ira ne auaiBD iuauiauoj lunujajsaaj 1 ^ C ï ^ o '^ -§ 1 1 ^ * 1 t « PO vt vrj M en co fi , PO a . va3 0) • w s *► . y . ;« «5 o • flS (U -a . .0, . V . lU a • •Si • s .H" g • 'S o S" . u « en * S ! 4J o a • *o • Sm « bc s * c^ . m x-> o; 3 C o * « ! c ^ QJ c« s • c s • "a. • J ! S _j * a -O Qi ' 09 • 9i > • "cB e «8 . "ju a . S "O ^0» '■? Q* S Sx « .S u -c * iS O « exe. Pattes de longueur moyenne; les antérieures un peu plus grandes que les autres dans les mâles. Cuisses garnies de duvet dans les deux sexes. Tarses grands; les trois premiers articles larges , courts. i4-2 ANNz\LES triangulaires; le quatrième très -grand, arqué, plus long que les trois premiers réunis , très-velu en dessous dans les deux sexes. Espèce. \. CaUipogonbarbatuni. ( Long, de 2 à 4 pouces 1/2 y compris les mandibules. ) Il varie beaucoup pour la taille et la longueur des mandibules. Corps d'un brun plus ou moins noirâtre , presque noir en dessous. Tête paraissant lisse, garnie d'un duvet court, rous- sâtre, ainsi que l'écusson. Corselet pointillé; chagriné sur son disque dans la femelle , ollrant deux plaques lisses, luisantes, un peu saillantes , et en outre quelques inégalités; crénelures latérales plus ou moins prononcées; dans la femelle, les quatre angles du corselet sont souvent prolongés chacun en une épine distincte. Mandibules plus courtes que la tête dans la femelle , pointillées , pointues et entières au bout, larges, chargées d'une épaisse toison roussâtre, ainsi que le menton. Elytres d'un brun jaunâtre, chagrinées, surtout à la base, ayant chacune deux lignes longitudinales peu élevées , faible- ment prononcées , quelquefois nulles et s'elTaçant lout-à-fait avant l'extrémité de Télytre : dessous du corps et pattes cou- verts d'un duvet court, roussâtre; le quatrième article des tarses est garni en dessous de poils roux. Le mâle varie beaucoup pour la taille et la longueur des mandibules. Dans les grands individus, elles sont notablement plus longues que la tête et ressemblent un peu à celles des Lucanes mâles; elles ont une dent plus ou moins prononcée au milieu du côté extérieur (elle est à peine saillante dans la fe- melle ) , leur extrémité est plus ou moins échancrée Ot four- chue. Ce mâle m'a été communiqué sous le nom de Prioniis lu- caniceruSf parjl* Chevrolat qui l'a reçu d'Orisaba auMexique. DE LA SOCIÉTÉ ENTO.MOLOGIQIJE. i^3 Depuis j'ai eu de M. Dupont, les deux sexes, cet entomolo- giste ayant fait l'acquisition d'une collection rapportée récem- ment du Mexique, dans laquelle se trouvait un assez grand nombre d'individus des deux sexes. Nota. Le P/ioTius ba/hatus, Fab., Syst. Eleut. tom. 2 , pag. 260, n" 07. — Oli., Entom. , tom. 4» pag. i5, n° 1 i . PI. X, fig. /{O , nous paraît devoir se rapporter h notre es- pèce; cependant ces auteurs donnent le corselet comme mu- tique, ce qui n'est pas; il est toujours crénelé latérale- ment, mais ses crénelures sont quelquefois peu saillantes. Genre IX. *Ergate , E/ gâtes. ( spyccTYji; , Ouvrier. ) Jambes sans épines internes , et déforme ordinaire. Antennes filiformes , semblables dans les deux sexes , plus longues que le corps dans les mâles , atteignant h peu près la moitié des élytres dans les femelles , de onze articles cylindriques, le troisième plus long que les deux suivans réunis. Corselet presque en carré transversal , dilaté et ûnemeni cré- nelé latéralement dans les mâles , chaque bord latéral portant en outre dans les femelles , une crénelure médiane plus forte que les autres , prolongée en une petite épine. Mandibules et menton glabres; les premières courtes, dentées intérieurement. Palpes assez courts ; dernier article un peu renflé, presque cylindrique. Tête ayant un sillon longituçlinal. Elytres rebordées extérieurement , leur extrémité arron- die , munie à l'angle suturai d'une petite épine oblique. Ecusson semicirculaire , glabre , arrondi au bout. i44 ANNALES Abdomen ayant son dernier segment tronqué au bout , un peu sinueux , à peine ëchancré au milieu dans les deux sexes. Pattes de longueur moyenne; les antérieures plus grandes que les autres et scabres en dessous dans les mâles. Cuisses de forme ordinaire. Tardes allongés; le premier article plus grand que le se- cond. Espèce. I. Ergales scn-arius. — Prionus serrarius ^ Panz. Faune Germ, , fasc. 9 , fig. 6. Mâle. -— Prionus obscuius , Oli. , Entom., tom. 4- Prion. , p. 26, n° 27. PI. I, fig. 7, mâle. — Prionus Jaber, Fab., Syst. Eleut , tom. 2 , pag. 268, n" 5. Femelle. —Oli. id., pag. 18, n" i5. PI. IX, fig. 55, femelle. — Panz. id. fasc. 9, fig. 5, femelle. D'Allemagne. Genre X. ^Aulacope, ^dulacopùs. (au>.a^, sillon; ttovç , pied.) Jambes dépourvues de deux rangées de nombreuses épines internes; ces jambes très-comprimées ^ presque aussi larges que les cuisses ^canaliculées en dessus et en dessous j les antérieures ayant en dedans cinq ou six épines très-petites, quelquefois à peine distinctes. Antennes filiformes , de la longueur du corps dans les mâles > atteignant la moitié des élylres dans les femelles, de onze articles presque cylindriques, le premier grand, presque en cône renversé , le second petit, cyathiforme, le troisième scabre en dessous dans les mâles, plus long que les trois suivans réunis, dans les deux sexes. Corselet presque carré, point dilaté^ inégal en dessus, fine- ment crénelé latéralement; dernière crénelure plus forte , s'avançant horizontalement en une épine fine et pointue. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 145 Mandibules et menton glabres ; les premières très-courtes, terminées en pointe aiguë. Palpes courts. Tête petite, plus étroite que la partie antérieure du cor- selet , ayant une impression entre les yeux , large mais peu profonde. Elytres allant un peu en s'élargissant de la base à l'extré- mité, rebordées extérieurement, arrondies à leur extré- mité : angle suturai un peu saillant. Ecusson glabre, assez large , court , presque triangulaire, obtus postérieurement. Abdomen ayant son dernier segment un peu échancré au milieu dans les mâles et garni de très -longs poils au bord postérieur. Pattes assez longues , égales dans les deux sexes; cuisses comprimées , canaliculées en dessus et en dessous; les an- térieures munies en dessous de quelques épines dans les deux sexes. Tarses ayant leur dernier article presque aussi grand que les trois autres réunis. Espèce. 1 . *^uIacopus reticulatus. — Tragosoma reliculatum , Dej. ( oollect. ) (Long. 12 à 14 lignes. ) D*un noir luisant. Disque du corselet à peine pointillé , ses côtés presque rugueux. Elytres ayant chacune quatre lignes longitudinales élevées, n'attei- gnant pas l'extrémité , les deux intermédiaires se réunissant l'une à l'autre par le bout ; entre chacune de ces quatre lignes, il y en a une autre, mais bien moins élevée , plus fine et peu prononcée. Extrémité des elytres au-delà des lignes, distinc- tement réticulée. Poitrine garnie de poils roussâlres ainsi que le bord postérieur du dernier segment abdominal. Antennes i4â ANNALES et pattes de la couleur du corps , tarses brunâtres. Mâle et femelle. Du Sénégal. Collections de MM. le comte Dejean et A. Maille. Ce dernier me l'a communiqué sous le nom de Ma- crotOTiia riigidosa ^ Dej. Genre XI. ^Enoplocjëre , Enoplocerus, (sv07r)>oç, armé; xsoa;, corne.) Jambes sans' épines internes. Antennes sétacées, plus longues que le corps dans les mâles , atteignant seulement la moitié des élytres dans les femelles, de onze articles cylindriques et scabres dans les mâles , lé- gèrement comprimés dans les femelles ; le premier et le troisième fortement canaliculés en dessous dans les deux sexes; ce dernier plus grand que les deux suivans réunis, le premier gros ^ dilaté exiérieurenient; celte dilatation armée d'une forte épine. Corselet sanscrénelures, en carré transversal et muni de quatre fortes épines latéralement. Mandibules courtes, dentées intérieurement , grosses et assez larges. Palpes cofiris j dernier article court, cylindrique. Tête allongée, canaliculée au milieu. Elytres ayant leurs angles huméraux saillans , presque mucronés ; elles sont arrondies au bout et munies d'une petite épine droite à l'angle suturai. Ecusson court , arrondi au bout. Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu dans les mâles. Corps déprimé. Pattes antérieures plus grandes que les autres , scabres et finement épineuses dans les mâles. Cuisses intermédiaires DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 147 et postérieures terminées , dans les deux sexes , par deux épines emboîtant la jambe. Tarses ayant leur premier article triangulaire , plus petit que le second; le dernier très-grand, plus long que les trois autres réunis. Espèce. 1. Enoplocerus amnllatus. — Prionus armillatus ^ Fab., Syst. Eleui.y tom. 2, pag. isôi, n° 19. — OLr.,Entom., t. 4» Prion., pag. 9, n° 4- l^l- V, fig. 17. Mâle. Des Indes. Nota. La femelle est plus petite et ses mandibules sont notablement plus courtes et moins épaisses ; l'extrémité des ély très à partir de l'épine suturale est distinctement denticuîée. Genre XII. *HoPLiDKRii , HopUderes» ( 0-/.0V, arme ; h^r, , cou. ) Jambes sans épines internes. Antennes filiformes , plus longues que le corps dans les maies (1), de onze articles allongés, cylindriques, assez grêles; le premier grand , en cône renversé , le second pe- tit , le troisième notablement plus long que le quatrième; ceux de trois à dix munis à leur extrémité interne d'une épine fine, mais distincte; les troisième, quatrième, cin- quième et sixième légèrement frangés en dessous; le on- sième allongé , aplati , linéaire. Corselet transversal , dilaté latéralement y portant dans cette partie cinq épines très-aiguës ; il est très-fortement échan- cré après la dernière épine. Angles postérieurs nullement saillans. Palpes maxillaires plus longs que les labiaux ; leurs deux (i)Feïnelies inconnues. i48 ANNALES derniers articles prcsqaeen triangle renversé, le dernier plus court que le précédent. Mandibules courtes, recourbées et pointues à leur ex- trémité, dentées intérieurement. Tête ayant dans son milieu une fine ligne longitudinale enfoncée. Elytres un peu dilatées exiérieiiienicnl . angles humé- rauxsaillans , uniépineux ainsi que l'angle suturai. Ecusson semicirculaire , arrondi au bout. Abdomen ayant son dernier segment tronqué droit àTex- trémité dans les mâles. Corps déprimé. Pattes antérieures plus grandes que les autres dans les mâles. Tarses ayant leur dernier article plus long que les trois autres réunis. Espèce. 1. "^ IIootidere.<; spinipcnnis , Dupont. (Long. 2 2 lig.) Corps noir, luisant en dessous. Tête et disque du corselet fortement chagrinés, presque rugueux, les côtés ex- térieurs de ce dernier seulement pointillés. Son bord antérieur frangé de poils roux; élylres d'un brun marron, fortement pointillées à leur base, lisses ensuite; elles ont le long du bord extérieur h la base une douzaine d'épines fmes mais distinctes. Jambes antérieures munies à leur extrémité interne, de longs poils roux. Le duvet du dessous des tarses est aussi de cette couleur. Mâle. De Madagascar. Collection de M. Dupont. DE LA S(3ClÉrÉ ENTOMOLOGIQUE. i/,9 Genre Xlj^ *Orthom!:gas , Onlioin^gas. ( opOo; , droit ; psya; , grand. ) Jambes sans épines internes. Antennes semblables dans les deux sexes , de la longueur du corps dans les mâles, atteignant seulement le milieu des élytres dans les fenielles; de onze articles cylindriques, mutlques; le, troisième plus long que les deux suivans réunis : les premier et troisième canaliculés en dessous. Corselet sans crénelures , presque en carré transversal; bord latéral point dilaté , ayant chacun quatre épines pointues. Palpes allongés; dernier article presque cylindrique. Mandibules dentées au côté interne, de moyenne gran- deur. Tête ayant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. Elytres allongées ^ linéaires^ angles huméraux un peu saillans et mousses; angle suturai ayant une petite épine droite , assez longue dans les mâles, presque nulle dans les femelles. Ecusson arrondi postérieurement. Abdomen ayant son dernier segment échancré circulai- rement dans toute sa largeur dans les mâles, avec Fanus saillant. Corps allongé f linéaire. Pattes longues ; cuisses intermédiaires et postérieures ter- minées par deux épines emboîtant la jambe. Tarses ayant leur dernier article très-grand, plus long que les trois autres réunis. Espèces. 1. Orthomegas cinnanionieus. — Prionus cinnanionieus ^ Far. Syst. EleiU.^ tom. q, pag. 264, n** 33. — Prionus corti- i5o ANNALES ciniis^ Oli., Entom., lom. 4- Prion., pa|. 21 , n" 20. PI. îX / fig. 54. De Cayenne. 2. Onhoniegas sericeus. — Prionus sericnus , Oli., id. , pag. 1 6, n'* 12. PI. VIII, fig. 26. Mâle. — Palis.-Bauv. Insect. d'Afrique et d'Amérique, pag. 225. Coléopt., pi. 35, fig. 2 , mâle; fig. 5, femelle. De Cayenne et de Saint-Domingue. Genre XIV. Pl.vtygnathe, Plaf^gnathus , Dej. Jambes sans épines internes. Antennes semblables dans les deux sexes , à peine de la lon- gueur du corps dans les mâles; celles des femelles n'attei- gnant pas la moitié des élylres; ell'^s sont composées de onze articles cylindriques; le second grand , raoiîis épais ^ mais de la longueur du premier dans les femelles et cer- tains mâles; court et globuleux dans quelques individus de ce dernier sève; le troisième allongé , aus.si grand ou même plus grand que les quatrième et cinquième réunis. Corselet sans crénelures , en carré transversal , ses quatre angles tronqués oulU/uer/ie/it , ce qui for/ne qua're den- ticules obtus, à chaque hord latéral. Pulpes maxillaires plus longs que les labiaux. Mandibules ( dans quelques mâles ) plus longues que la tête , très-comprimées latéralement , très -larges vues do profil, creusées longitudinalement en dessous. Dans d'autres mâles elles sont très-courtes et de forme ordinaire ainsi que dans toutes les femelles. Tête forte et large dans les mâles, plus petite dans les femelles. Elytres allongées, assez étroites, arrondies et munies k leur angle suturai d'une très-petite épine peu distincte. Ecusson court , presque triangulaire dans les mâles, presque orbiculaire dans les femelles. DE LA SOCIÉTÉ ENTÔMOLOGIQUE. i5i Abdomen ayant son dernier segment à peine échancré au milieu. Pattes de longueur moyenne. Tarses courts; le dernier article à peu près aussi long que les trois autres réunis. PREMIÈRE DIVISION. Deuxième article des antennes grand , moins épais , mais de la lon- gueur du premier dans les deux sexes. Le troisième à peu près de la longueur des quatrième et cinquième réunis. — Mandibules des malcs plus longues que la tête, très-comprimées latéralement, très-larges vues de profil , creusées longitndinalement en-dessous et dentées intérieurement vers leur exlrémité. Espèce. 1. Plafjgnathus odangulari.^ — Prionus octangiilaris , Oli., Entom., lorn. 4- Prion., pag. 55, n" 38. PL VI, fig. ig, femelle; PI. XJil , fig. 54, a. mâle, b. femelle. De Tlle-de- France. DECXIÈME DIVISION. Deuxième article des antennes court et globuleux dans les mâles; le Iroisième (dans ce sexe) plus grand que les quatrième et cin- quième réunis. — Mandil)ules courtes et de forme ordinaire dans les deux sexes. Espèce. 2i* PlatygnatJms pnrallelus y Dupont. (Long. 2 pouces.) Corps noir, luisant; tête pointillée. Corselet fortement pointillé et inégal , ses côtés rugueux. Ecusson d'un brun très foncé ainsi que les élytres : celles-ci fortement poinlillécs, ayant quelques enfoncemens irré"*a- liers; on voit en outre sur chacune quatre ligoî>s lon"-itudinaIes élevées h peine prononcées; augic suturai avant une petite épine. Pattes d'un brun Irès-t'oncé. Feiricllc. i5'2 ANNALES Le mâle a le troisième article des îmtennes scabre, presque épineux en dessous : les ligne&Jjongitudinales des élytres sont plus distinctes que dans la femelle. Ile-de-France. Collection de M. Dupont. Genre XV. *Aca.nthophore , Acanthophorus, ( ay.avQa , épine ; «pgpw , je porte. ) Jambes sans épines internes. Antennes plus longues que le corps dans les mâles, attei- gnant seulement la moitié des élytres dans les femelles, de onze articles; le troisième notablement plus long que le quatrième : ceux de trois à dix prolongés à leur extréndté interîie en une épine plus ou moins grande. Corselet sans crénelures, transversal; chaque bord latéral muni de trois épines longues et pointues. ^iandibules allongées, plus ou moins arquées, multidentées intérieurement , ordinairement plus longues que la tête dans les mâles. Palpes assez longs ; article terminal peu dilaté , com- primé, obconique. Elytres rebordées , déprimées ; angles huméraux assez prononcés, arrondis; elles sont arrondies au bout avec l'angle suturai un peu saillant. Ecusson arrondi postérieurement. Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu dans les mâles et l'anus velu. Corps déprimé. Pattes longues. Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois antres réunis. DE Lk SOCIETE EiNTOiMOLOGIQUE i55 Espèces. 1. Acanîliopliorus serraticornls. — Pr'ionus serraliconiis ^ OLi.,Entom., tom. 4- Prion., pag. i4, n° 9. PI. IX, fig. 55. Blâle. Des Indes Orientales. 2. Acanthophorus maculatus. — Piiomis maculât us, Fab. Sjst. Eleut., tom, 2, pag. 209, n 11. — Oli, fV/. , pag. 27, n°28. PI. IV, %. 14. Femelle. Du Sénégal. Etc. Genre XVI. *Stictosome , Stictosomus. (rTTtxTo;, ponctué; aoi^ot ^ corps.) Jambes sans épines internes. Antennes filiformes , atteignant les deux tiers des élytres dans les deux sexes , de onze articles simples , cylindriques ; le premier gros , assez court , presque en cône renversé ; le troisième plus long que les trois suivans réunis. Corselet sans crénelures , en carré transversal ; chaque bord latéral ayant trois épines pointues. Mandibules allongées , étroites , aiguës , dentiçulées intérieu- rement. Palpes très-allongés; les maxillaires plus grands que les antres à articles cylindroconiques : palpes labiaux ayant leurs deux derniers articles allongés et cylindriques. Tête beaucoup plus large dans les mâles que dans les fe- melles. Elytres longues , presque linéaires , ayant un rebord ex- térieur assez large, arrondies au bout et munies à l'angle suturai d'une petite épine un peu oblique. Ecusson petit , semicirculaire. Abdomen entier. Pattes assez grêles; cuisses comprimées, presque aussi longues que les jambes. i54 ANNALES Tarses ayant leurs trois premiers articles petits , courts» triangulaires; le quatrième très-grand ^ à peu près deux fois aussi long que les trois autres réunis. Espèce. 1.* Stictosomus semicostatus , Dupont. (Long. 2 5 ou 26 lignes y compris les mandibules. ) Corps noir, luisant. Tête et corselet chargés d'une multitude de gros points enfoncés qui les rendent rugueux. Elytres et écusson pointillés; les premières ayant chacune quatre lignes longitu- dinales élevées, distinctes; la troisième en partant de la suture plus courte que les autres et libre; les première , deuxième et quatrième descendant plus bas que la troisième , mais n'attei gnant pas cependant l'extrémité de Télytre, et réunies au bout toutes trois ensemble par une petite côte transverse. Palpes, an- tennes , mandibules et pattes de couleur noire. Mâle et femelle. De Cayenne. De la collection de M. Dupont et de la mienne. Genre XVII. Dèrobrachus, Deroùrachus fDEJ, Jambes sans épines internes. Antennes courtes, atteignant au plus la moitié des élytrcs dans les mâles , moins longues dans les femelles , de onze articles cylindriques dans les deux sexes ; le troisième notablement plus long que le quatrième. Corselet sans crénelures, court, transversal, déprimé sur son disque ; chaque bord latéral portant trois épines. Mandibules courtes, aiguës, dentées au côté interne. Palpes a.ssez grêles , les maxillaires très-allongés ^ beaucoup plus grands que les labiaux; leur dernier article déprimé, dilaté , presque trigone. Yeux grands. Elytres longues, rebordées tout autour, presque parai DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i55 lèles, arrondies au bout et mutiques dans les femelies; î'vant une large troncature sinuée dans les mâles, dont ichaque angle porte une épine; la snturale oblique. Ecu«^son court, seuiicirculaire. Abdomen ayant son dernier segment h peine échancré ^lans les mâles. Pattes de longueur moyenne; cuisses comprimées, cana- liculées en dedans. Tarses ayant leur premier article allongé, en triangle renversé; le quatrième presque aussi long que les trois autres réunis. Espèce. ».* Derobrachus hiei^ico'ls j Diïj. (Long. 24 , 26 lig. ) Corps d'un brun lestacé; tète et cor- selet noirs; la première ayant dans son milieu une petite ligne longitudinale enfoncée. Corselet fortement ])onctué. Elytres ayant leur angle suturai muni d'une petite épine; elles offrent chacune trois lignes longitudinales élevées peu distinctes. Pattes testacées , genoux noirâtres. Mâle et femelle. De la Géorgie d'Amérique. Collections de M, le comte De- jean et de M. Dupont. Genre XVIII. Orjhosome , Orthosoma^ Dej. Jambes sans épines internes. Antennes sétacées , atteignant aux deux tiers des élytres , de onze articles cylindriques, ini peu comprimés^ un peu dentés en scie dans les deux sexes ; premier article cana- liculé en dessus et en dessous, ainsi que le troisième. Celui-ci plus long que h quatrième. Le onzième allongé, plus grand que le dixième, un peu rétréci vers le bout et presque fusi- forme dans les mâles; linéaire et arrondi à l'extrémité dans les femelles. ,56 ANNALES Corselet petit, transversal, presque cane-, chaque bord la- téral ayant trois épines. Mandibules courtes, un peu recourbées à leur extrémité, den- tées au côté interne. Palpes courts 5 dernier article plus court que le précédent , déprimé, presque triangulaire. Tête petite, plus étroite que le corselet. Yeux grands, ne laissant entre eux en dessus qu'un étroit intervalle. Elytres îrcs-grandes , allongées y déprimées, rebordées extérieurement , presque linéaires , arrondies au bout , munies à leur angle suturai dune petite épine un peu oblique. Ecusson sentie hculaire , arrondi au bout. Abdomen ayant le bord postérieur du dernier segment sinué. Corps allongé , étroit. Pattes de longueur moyenne , assez fortes. Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois précédens réunis. L'07'i/2050/77rtZ>«<^//fm,DEJ.,vitsous les écorces ; elle vole rarement et ne produit aucun bruit. (La Cordaire, loc. cit.) Espèces. 1, Orthosoma cylindricum. — Priotius cylindricus ^ Fab., Syst. Eleut., tom. 2,pag. '261, n° 18. — Ou. , Enlom., tom. 4- Prion., pag. 26 , n' 25. PI. ï, fig. 6. Mâle et femelle. De l'A- mérique septentrionale. Nota. M. le comte Dejean ( Catalogue ) rapporte à cette espèce le Prionus sulcatas , Pal.-Bauv. Ins. d'Afrique et d'Amérique, pag. 226. Coléopt., PI. 35, fig. 4- Ce dernier auteur indique Saint-Domingue pour pairie et donne comme DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i57 synonyme leP/ionus sulcatus,Ou.,id.^]). 69, n" 4?» PL VIII, fîg. 27, qui est de Gayenne. M. le comte Dejean ne cite pas Olivier. Schônherr {Sy/ioji. Ins,, tom. 5) fait deux espèces des Prionus suJcatus et cjUndricus , Oli. Etc. Genre XIX. *Méroscélise , Meroscelisus. (uyjpoç, cuisse; axs/ïî , jani e; t<7o; , égal.) Jambes sans épines internes. Antennes filiformes , atteignant au moins la moitié des ély- tres , de onze articles ; le troisième plus long que les deux suivans réunis ; le premier long , en massue ; le second court, globuleux. Ceux de trois à sept renflés au milieu et amincis aux deux extrémités dans les femelles : ces mêmes articles presque en cône renveisé dans les mâles : le onzième arrondi au bout. Corselet sans crénelures, presque en carré transversal, et muni de trois dents h chaque bord latéral. Mandibules courtes, épaisses, dentées au côté interne. Palpes courts , assez épais : article terminal en cône ren- versé , distinctement tronqué au bout. Elytres peu allongées , arrondies et mutiques à Vextré- mité. Ecusson petit , triangulaire» Abdomen ayant son dernier segment et hancré dans les mâles. Corps glabre. Pattes assez longues ; cuisses allongées , cylindriques , aussi grandes que les jambes. Tarses ayant leur premier article grand ; celui des quatre antérieurs en triangle renversé. Ce même article dans les iSe ANNALES tarses postérieurs très-allongé , au moins aussi grand que le quatrième. Espèce, 1. * Mcroscelisus violaceus» Dej. ( Long. 12^14 J*g' ) D'un noir mat en dessus , un peu lui- sant en dessous. Antennes et pattes d'un noir luisant. Tète ayant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. Dessus du corps paraissant lisse et sans aucuns points enfoncés. Elytres allant un peu en s'élargissant vers leur extrémité; elles ont un très- léger reflet violet considérées à certain jour. Mâle et femelle. Du Brésil. La femelle de la collection de MM. Dupont et Chevrolat; le mâle de celle de M. le comte Dejean. Nota. Dans la femelle communiquée par M. Dupont , je n'ai pu découvrir d'ailes sous les élytres, mais c'est, je pense, un avortement individuel , ou l'effet d'un accident. Genre XX. *Notopiiyse, Notophysis. (voQoç, bâtard ; ^uo-tç, nature.) Toutes les jambes dépourvues d'épines en dessous; très fine- nient denticulées en dessus , un peu dilatées à leur extré- mité. Antennes filiformes , presque aussi longues que le corps dans les mâles (1), de onze articles cylindriques; le troisième notablement plus long que le suivant. Corselet sans crénelures , en carré transversal, son disque un peu élevé, ses côtés extérieurs creusés longitudinalement , rebordés, ayant au-delà du milieu un tubercule presque épineux, peu saillant. • f) Femelles inconnues. DE Lk SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. ï5g Palpes maxillaires plus longs que les labiaux; article ter- piinal des quatre plus grand que le précédent etobconique. Mandibules de la longueur de la tête , arquées , pointues et recourbées au bout, finement denticulées intérieure- ment. Têle forte, ayant une ligne longitudinale enfoncée entre les yeux. Elytres peu allongées, un peu convexes , canaliculées au bord extérieur : angle suturai ayant une très-petite épine. Ecusson court, assez large, presque triangulaire. Abdomen entier. Pattes de longueur moyenne. Tarses ayant leur premier article allongé , allant en s'é- largissant vers l'extrémité; le second triangulaire; le troi- sième le plus petit de tous ; le quatrième presque aussi grand que les trois autres réunis. Espèce. ^ 1. *Notophysis lucanoides. (Long. 16 à 18 lig. y compris les mandibules. ) Corps en- tièrement glabre et luisant , d'un noir un peu brunâtre; tête et corselet très -lisses. Elytres présentant sur leur disque quatre ou cinq lignes longitudinales rapprochées, peu prononcées, oblitérées à la base et à Fextrémité. Dessous du corps et pattes d'un brun noirâtre. Mâle. Collection du Muséum d'bistoire naturelle. Un seul indi- vidu, désigné sous le nom de Prionus lucanoides-, il a été rapporté de l'île des Kanguroo , par M. Péron. Genre XXI. Tragosome , Tragosoma , Dej. Jambes sans épines internes, allongées, allant en se dilatant de la base à l'extrémité. Antennes fiH/ormes, n'atteignant pas la moitié des elytres dan.< i6o ANNALES les femelles ; celles des mâles allant aux deux tiers ; elles sont composées de onze articles courts et cylindriques j le troi- sième notablement plus long que le suivant. Corselet sans crénelures , courte transversal , déprimé^ pu- bescent, muni à chaque bord latéral , vers le milieu, d'une épine distincte. Palpes courts -, article terminal court, cylindrique. Mandibules très-courtes dans les deux, sexes. Tête petite. Yeux assez grands. Elytres très-allongées; angle suturai uniépineux. Ecusson presque triangulaire, arrondi au bout. Abdomen ayant son dernier segment à peine échancré dans les mâles. Pattee de longueur moyenne; cuisses longues , allant en diminuant de laro;eur de la base à l'extrémité. Tarses ayant leur dernier article presque aussi grand que les trois autres réunis. Espèce. 1. Tragosoma depsarium.—Prionus depsajius, Fab. Syst, Eleut, ,iom. 2, pag. 268, n° 7. — Ou. Entom., tom. 4. Priop,, pag. 37, n" 44. PI. XI, fig. /^i. — VAm.Faun, gemu, fasc. 9, fig. 7. D'Allemagne et de Suède. Genre XXII. Moaodesme , Monodesmus , Dej. Jambes sans épines internes; ces jambes longues et allant en s'élargissant de la base à l'extrémité. Antennes de la longueur du corps , semblables dans les deux sexes , de onze articles allongés , un peu comprimés , den- tés en scie à partir du troisième : celui-ci grand, plus long que le quatrième. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 161 Corselet sans crénelures , court, presque cylindrique, légè- rement déprimé sur son disque ; chaque bord latéral ayant au milieu une épine distincte. Palpes courts; dernier article des maxillaires un peu élargi au bout. Mandibules courtes , aiguës. Elytres allong:ées , assez étroites , arrondies et munies d'une épine oblique à leur ancle suturai. Ecusson court, arrondi au bout. Abdomen entier. Pattes de longueur moyenne; cuisses allongées. Tarses ayant leur premier article grand , surtout celui des tarses jjostérleurs qui est, presque aussi long que le Lerniinal. Faciès d'un Cérambycin. Espèce. 1. *3/onoclesnius callidioides ^ Dej. (Long. 9^12 lig.) Corps d'un noirâtre mat, entièrement couvert d'un duvet court, cendré. Antennes glabres, noirâtres. Corselet un peu inégal en dessus. Elytres paraissant lisses. Ile de Cuba. Collections de MM. Dejean, Dupont et Che- vrotât. Genre XXIII. Mégopis , illegopis , De/. Jambes sans épines internes. Antennes filiformes , semblables dans les deux sexes , de la longueur du corps dans les mâles , de onze articles cylin- driques , le troisième très-grand , aussi long que les deux suivans réunis. Corselet mutique , court , transversal , arrondi latéralement, pubescent. 102 AJNNALES Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux , leurs articles presque cylindriques. Mandibules courtes , pointues au bout. Tête arrondie , plus longue que le corselet. Yeux très-grands. Elytres très-longues , étroites , arrondies à rextrémité. Pattes de longueur moyenne : cuisses allongées. Tarses à articles courts; le dernier plus grand. Espèce. I, *Megopis niutica, Dej. (Long. i5à i61ig.) Corps pubescent, testacé. Yeux noir^. Antennes et pattes de la couleur du corps. Elytres ayant cha- cune trois lignes longitudinales élevées , dont les deux les plus rapprochées de la suture se réunissent Tune avec l'autre avant l'extrémité de Télytre. Ile-de-France. Collections de MM. Dejean et Dupont, et de celle du Muséum d'histoire naturelle. Genre XXIV. *iEG0S0ME , ALgosoma. ( a/i^ , Chèvre ; (rwpa , corps. ) Jambes sans épines internes. Antennes filiformes , semblables dans les deux sexes , à peu près de la longueur du corps dans les mâles , atteignant la moitié des elytres dans les femelles, de onze articles cylin- driques , scabres dans les mâles , lisses dans les femelles ; troisième article plus long que les deux suivans réunis. Corselet mutique , ^/'e5^/iie trapézoïdctï ., réiréci en deuant: ses côtés rabattus subitement ; leur rebord ne se voyant qu'en dessous. Angles postérieurs aigus , presque spini- formes. Palpes presque égaux; dernier article cylindroconique. DE LA S0CII!:TÉ ENTOMOLOGIQUÉ. i65 Mandibules fortes, courtes, à peine dentées inlérieure- ment. Tête un peu allongée derrière les yeux , ayant une ligne longitudinale légèrement enfoncée. Elytres allongées, rebordées extérieurement, presque li- néaires, arrondies et munies à Tangle suturai d'une très- petite épine à peine distincte. Ecusson assez grand, arrondi au bout, ses côtés paral- lèles. , Tarière des femelles longue ^ toujours saillante , dépas- sant notablement l'anus. Abdomen des mâles ayant son dernier segment légère- ment échancré au milieu et l'anus velu. Pattes fortes, de longueur moyenne. Tarses ayant leur dernier article presque aussi lon^- que les trois autres réunis. ^ Faciès d'un Cérambycin. Espèce. 1. ^goACANTHE, SternacantJnis, ( o^xepvov , poitrine ; a/.avGa , épine. ) Toutes les jambes sans épines. Présternum saillant, fortement caréné au milieu. Métasternum caréné et prolongé au Lord antérieur en une petite pointe aiguë qui se icge dans une échancrure du mé- sosternura, celui ci rebordé latéralement. Antennes atteignant la moitié des éiytres, de onze articles cylindnîjues ; le troisième à peine plus grand que le qua- trième ; les derniers un peu aplatis. Palpes courts, presque égaux. Mandibules courtes. Corselet presque en carré iransversal, son disque/o/-^^- nienl luhercuJc -^ ses quatre angles prolongés chacun en une épine obtuse; bord latéral portant en outre au milieu une épine obîuse; ce bord rentrant brusquement après la se- conde épine. Elyîres un peu convexes, rebordées; leur extrémité ar- rondie et jinititjiie : angles huméraux arrondis , obtus , ac- compagnés intérieurement d'une excavation distincte. Ecusson presque semicirculaire. Abdomen ayant son dernier segment sinué et velu an bord postérieur. Pattes de longueur moyenne. Tarses ayant leur dernier article aussi long que les trois autres réunis. Espèce. 1. Sleîviacajitfms uiidatus. — Piionus undaîas , Olï. En- tom. , tom. /,. Prion. , pag. 5'2, n° 36, PI. Xilî , fig. 5^» De Surinam, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 175 Genre XXXII. *STiNODoisTi<: , Sienoclonles. ((TTêvoi;, étroit; oJq-j; , denl. ) Tontes les jambes sans épines. Présternum à peine saillant. Métasternum peu saillant, son bord antérieur prolongé en une petite pointe. Corselet presque carré; chaque bord latéral crénelé et un peu épineux; angles postérieurs distinctement échancrés. Mandibules glabres et entières , élmiies et beaucoup plus longues que la îéLe dans les mâles, crochues au bout, dentelées intérieuremenî. Antennes fdiformes , atteignant les deux tiers des élylres dans les mâles , et seulement à peu près la moitié des élytres dans les femelles, ie onze articles cylindriques; le premier poiîii arqué , le troisième guère plus grand que le suivant. Palpes inégaux; les maxillaires beaucoup plus longs que les lab''aux ; article terminai cylindroconiqjie. Tète creusée entre les yeux; son dessous ayant sa partie antérieure creusée en demi-cercle et rugueuse; sa partie inférieure après l'excavation , presque lisse , luisante : gorge portant deux courtes stries longitudinales distinctes. Eh très allongées, rebordées; angle suturai uniépi- neux. Ecusson semiciiculaire , arrondi au bout. Abdomen entier. Pattes allongées. Tarses ayant leur, dernier article évidemment plus grawd que les trois autres réunis. Espèces. 1. Sienodoutes tu an dih ni avis — Prionus niandibulaiis ^ 1^74 ANNALES Fae. S) st, Eleul., t. 2, pag. 261 , n" 2S^. — Prionus exserfus. Ou. Entooî., tom. 4. Prion., pag. 17, n° 14. PI. VIïï, fig. 3i. Mâle. Aniériqne méridionale, Saint-Domingue. 2, Sî enodonUis dainicorjiis. — Pricnus damiconiis, Fab. id. , pag. 262, n° 2 5. — Drury. //2taA>o; , laitie ; ooov; , (Jet)t. ) ) Toutes les jambes sans épines , allant en s'élargissant de la base à l'extrémité. Présternum aplati, mutique , son bord postérieur s'avançant entre les hanches antérieures et terminé en pointe obtuse. Métasternum peu saillant , ayant au bord antérieur une petite saillie angulaire se logeant dans l'échancrure du mésosternum. Corselet carré, déprimé, sensiblement plus large que la tête , échancré en devant, les angles antérieurs avancés; chaque bord latéral crénelé et quelquefois uniépineux postérieure- ment; ces bords presque parallèles , tranchans, un peu di- latés : angles postérieurs n'étant pas distinctement échancrés. Mandibules grandes et souvent plus longues que la tête dans les mâles, garnies de diu'ei intérieujenieiii ; ce duvet moins épais dans les femelles et s'enlevant aisément; elles sont sensiblement arquées et denticulées à leur partie intérieure , seulement au-delà du milieu dans les mâles : celles des fe- melles dentées dans toute la longueur du côté interne. Dans les deux sexes elles ont en dessus une échancrure plus ou moins forte, avant leur extrémité , celle-ci entière. Antennes fdiformes, au moins de la longueur de la moitié des élytres dans les mâles, un peu plus courtes dans les femelles, de onze articles cylindriques; le premier grand, plus ou moins comprimé , rarement arqué , renflé au bout : le troisième à peine plus long que le quatrième. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGlQUl!!. 1-7 Palpes assez longs , leur article terminal peu dilaté, com- primé , obconique. Tête large dans les mâles avec une légère ligne longitu- tudinale enfoncée entre les yeux. Dessous de la tête ayant sa partie antérieure creusée en demi-cercle et très-rugueuse : partie inférieure après l'excavation presque lisse, luisanle : gorge portant deux courtes stries longitudinales distinctes. IVîésosternum rebordé latéralement, échancré au bout. Elytres déprimées : angle suturai uniépineux. Ecusson arrondi postérieurement. Abdomen ayant son dernier segment entier ou un peu sinué dans les deux sexes. Pattes de longueur moyenne. Tarses ayant leur dernier article très-grand , évidemment plus long que les trois autres réunis. Les Mallodons vivent dans des trous profonds que la larve creuse dans Tiritérieur des arbres et sous les écorces. Ils ne fréquentent point les feuilles et ne volent pas de jour. Ils ne produisent aucun bruit. (La Cordaire, loc. chat. ) Espèces. 1. Mallodon maxillosiis. — Prionus maxillosus^ Fab. , Sjst.Eleiit., iom, 2, pag. 274, n° 5i. — Oli. Entom., tom. 4. Prion., pag. 16 , u" i3. PI. I, fig. 5. Mâle. De l'Amérique méridionale. Etc. Nota. Ce genre, qui me semble l'un des plus naturels de cette tribu, renferme un assez grand nombre d'espèces, tant de TA- mérique que du Sénégal , et nouvelles pour la plupart. ,^5 ANNALES Genre XXXV. *CoLPODiiRE , Colpoderus^ (xo)i7ro;, sinuosité; ^epy; , cou.) Toutes les jambes dépourvues d'épines. Présternum aplati , mutique. Métasternum point saillant. Corselet niutique , en carré transversal , distinctement sinue et fortement rehordé latéralemenl. Antennes s,Jahres , filiformes , atteignant aux deux tiers des élytres dans les mâles , et à peu près la moitié de celles-ci dans les femelles, de onze articles , le troisième un peuplas Ion o- que le second; tous les autres à partir du troisième sont un peu comprimés, un peu obconiques. Palpes allongés; les maxillaires un peu plus grands que les labiaux. Les uns et les autres composés d'articles déprimés, presque obconiques; le dernier beaucoup plus grand et plus dilaté que les précédons . Mandibules des mâles de la longueur de la tête, assez laro"es , arquées , distinctement échancrées au bout \ celles des femelles plus courtes, point arquées, entières à leur extrémité , bidenlées au côté interne. Tête des mâles forte , presque aussi large que le corselet ; celle des femelles plus étroite , ayant une excavation au mi- lieu et une courte ligne enfoncée. Elytres assez longues , un peu convexes , rebordées exté- rieurement; angle suturai arrondi, mutique. Ecusson court , arrondi au bout. Abdomen ayant son dernier segment très-légèrement échancré dans les mâles. Pattes de longueur moyenne ; cuisses allongées; jambes un peu dilatées h l'extrémité. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 1-9 Tarses ayant leur dernier article aussi long quo les trois autres réunis. Espèce. 1. * Colpoderus cajj'ej\ Rlug. (Long. 20 lignes y compris les mandibules.) Corps entière- ment glabre, d'un noir luisant. Tête et mandibules très-lisses ainsi que l'écusson. Corselet lisse sur son disque , ses côtés ex- térieurs creusés longiludinalement et chargés de petits points enfoncés très-serrés. Elytres très-fmement pointillées. Antennes et pattes de la couleur du corps. Mâle et femelle. Du Cap de Bonne-Espérance. Envoyé à M. Dupont parM. le docteur Kliig , sous le nom spécifique que nous lui avons con- servé. M. le comte Dejean possède la femelle. Genre XXXVI. Thyrsiiî , Thyrsia , Dalm. Toutes les jambes dépourvues d'épines. Présternum aplati , mutique. Métasternum point saillant. Corselet court, mutique, deux fois plus large que long , ar- rondi au bord antérieur et latéralement. Antennes de la longueur de la moitié du corps , f usif orme s , renflées au milieu^ velues ^ de onze articles; le premier grand, obconique; le second petit, subpyriforme, court; les troisième et quatrième presque globuleux; le cinquième grand, presque cylindrique; les sui vans allant en décrois- sant de longueur ; le onzième petit , presque conique , presque glabre. Palpes courts , filiformes , un peu obtus au bout. Mandibules courtes, arquées , bidentées intérieurement. Tête petite , trans^erse. Elytres un peu plus largos que le corselet, presque li- ,8o ANNALES lîéaires, arrondies au bout, un peu béantes vers l'extrémité à la suture. Ecusson court , tronqué postérieurement. Abdomen petit. Corps assez mou , oblong. Pattes comprimées, pubescentes. Tarses ayant leur dernier article au moins aussi long que tous les autres réunis. Espèce. I. TJiyrsia laleralis ^ Dalm. Analect. Entom., page 17, tah, 5, fig. a. Du Brésil. Nota. N'ayant pas vu ce genre, j'en donne les caractères d'après M. Dalman. Genre XXXVII. *Allocère , Jllocerus. {oûloç, dissemblable; y.êpata, corne.) Toutes les jambes dépourvues d'épines internes. Antennes de douze articles dans les deux sexes, celles des mMes sétacées , presque de la longueur du corps, leurs ar- ticles c}//V2f//'/V/zfe5 et g/éîesh partir du septième; le troi- sième notablement plus long que le quatrième et cambré. Celles des femelles n'atteignant pas la moitié des élytres, fUifornies , épaisses : leurs articles courts^ élargis intérieu- rement en dent de scie à partir du troisième; article termi- nal court, surtout dans les femelles. Corselet muîique ^ un peu dilaté latéralement, en carré trans- versal; ses quatre angles arrondis : cbaque bord latéral sans épines ni crénelures , arrondi, un peu sinué. Corps étroit, très-allongé. Palpes courts; les maxillaires ayant leuçs deuxième et DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 181 et troisième articles renflés, presque cyathiformes; le ter- minal assez gros, ovale. Palpes labiaux ayant leurs deux premiers articles coniques : le terminal ellipsoïde. Mandibules courtes , recourbées à Textrémité. Tête petite, canaliculée entre les yeux. Présternum saillant , élevé , caréné; son extrémité échan- crée. Mésosternum extrêmement^petit, triangulaire; sa pointe se logeant dans l'échancrure du présternum. Métasternum distinctement échancré au bord postérieur pour recevoir une saillie aplatie, aiguë du premier segment abdominal , laquelle s'avance entre les hanches postérieures. Elytres très-allongées , étroites , quatre fois plus longues que le corselet, linéaires; angle suturai à peine unitu- hercule* Ecusson petit, arrondi postérieurement. Abdomen ayant son dernier segment à peine échancré dans les mâles , entier dans les femelles. Pattes assez courtes. Tarses ayant leur dernier article presque aussi long que les trois autres réunis. Espèce. T. Allocerus Speiicii, — Prionus Spencil ^ Kirb., Linn. 2/YÏW5., XIÎ, XXII, i3. Du Brésil. Mâle et femelle. Suivant M. La Gordaire il vit sous les écorces et ne produit aucun bruit. Genre XXXVIII. "^DiRAjJciSTRE, Derancistrus. {rJspr] , COU ; y.yY.tcTprrj f crochet. ) Toutes les jambes dépourvues d'épines , un peu élargies au bout et velues inférieu rement dans cette partie. I. i3 i8a ANNALES Antennes n'atteignant pas la moitié des élytres , de onze ar- ticles fortement comprimés, larges, triangulaires pour la plupart ; le second très-petit, cyathiforme -, les troisième et quatrième presque égaux. Corselet muni à chaque bord latéral de deux épines fortes y crochues; il est presque carré et tibs-excavé sur son disque . Palpes courts; article terminal presque triangulaire. Mandibules courtes , crochues au bout. Tête excavée entre les yeux. Présternum grand, aplati; son milieu allant en s'élar- gissant, et profondément fourchu au bout. Mésosternum très-petit , très-conrt, aplati; sa pointe an- térieure se logeant dans l'échancrure du préslernum ; il est fourchu postérieurement. Métasternum ayant au bord antérieur une saillie angu- laire se logeant dans l'échancrure du mésosternum. Elytres allant en se rétrécissant de la base à l'extrémité , canaliculées extérieurement , très-déprimées ; angles humé- raux saillans : elles sont tronquées et crénelées au bout, leur angle suturai uniépineux. Ecusson petit, presque triangulaire, arrondi au bout. Abdomen ayant son dernier segment largement, mais faiblement échancré au milieu. Corps allongé, déprimé. Pattes fortes. Tarses larges , épais. Espèce. 1. Derancistrus elegans, — Ptiomis elegans , Pal.-Bauv, los. d*Afrîq. et d'Amer., page 217. Coléopt. , PI. 34, %. 5. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. i85 Un seul individu de ma collection , rapporté deSt.-Domingue par feu Palisot-Bauvois qui l'avait trouvé sous la paillasse d*an malade à l'hôpital de la Providence. Genre XXXIX. *SoLÉNOPT]iRE , Solenoptera. (awAiîv , canal j TTTepov , aile. ) Toutes les jambes dépourvues d'épines, un peu élargies au bout et velues inférieurement dans celte partie. Antennes atteignant la moitié des élytres dans les mâles , un peu plus courtes dans les femelles , de onze articles forte- ment comprimés; le troisième plus long que le suivant, ou de sa longueur. Corselet dilaté et crénelé latéralement ^ la dernière créne- lure quelquefois prolongée en épine; chaque bord latéral follement échancré après la dernière crénelure : angles antérieurs arrondis : disque sans excavation. Palpes courts , article terminal presque conique. Mandibules courtes, arquées. Tête assez étroite, un peu prolongée derrière les yeux , fortement ( analiculée en dessus. Présternum allant un peu en s'élargissant , fourchu au bout. Mésosternum très-petit , très-court; sa pointe antérieure se logeant dans l'échancrure du présternum. Il est fourchu postérieurement. Métasternum ayant au bord antérieur une saillie angu- laire se logeant dans l'échancrure da mésosternum. Elytres allant en se rétrécissant de la base à l'extrémité , canaliculées extérieurement, un peu déprimées; angles huméraux un peu saillaus et mousses; elles sont un peu i84 ANNALES tronquées et crénelées au bout : angle suturai muni d'une épine à peine visible. Ecusson arrondi postérieurement. Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu dans les mâles. Corps allongé. Pattes de longueur moyenne. Tarses ayant leurs trois premiers articles courts, élargis; le quatrième presque aussi long que tous les autres réunis. Espèce?. 1 . Solcnoptera canaliculala — Prionus canaliciilatns , Fab. Syst. Eleut., tom. 2 , pag. 264 , n° 32. -^ Ou. Entom., tom. 4. Prion., pag. 20, n° 26. PI. IX, iîg. 02. a. b. Des îles de l'Amérique. 2. Solenoptera Thomœ. — Prionus Tliotnœ , Fab. iV/., pag. 262, n" 20.— Oli. ici, n° 25. PI. XïlI., fig. 5o. Ile Saint- Thomas. 5. Sûlenoptera ïbieata. — Prionus lineatus , Fab. ici. , pag. 207, n° 3. — Ou. id., pag. 38 , n" 45- PI* ^I » %• ^^ b. d'Amérique. 4. Solenoptera quadrllineata. — Prionus quadrilinenlus ^ Ou. iW. ,pag. l\0 , n° 48. PI. III , fig. 1 1. Patrie inconnue. Etc. Genre XL. *Poekilosome , FœhUosoma. { Txoi-Aikoc, , bigarré ; croua , corps. ) Jambes sans épines internes. Antennes semblables dans les deux sexes> atteignant seulement 1 la moitié des élytres, de onze articles cylindriques; le troi- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i85 siè'me presque aussi long; que les deux suivans réunis ; les derniers comprimés , s'élargissant un peu. Corselet lisse en dessus , presque carré , un peu rétréci en devant, sans crénelures ; bord latéral quelquefois un peu inégal antérieurement et portant passé le milieu , une épine pointue j ce bord distinctement échancré après l'épine. L'angle postérieur est quelquefois saillant et presque uni - épineux. Corps assez courte assez large. Palpes assez courts; dernier article cylindroconique. Mandibules courtes , pointues. Tête assez petite. Elytres un peu convexes» arrondies et mutiques à leur extrémité : angle suturai un peu saillant. Ecusson triangulaire , pointu , de médiocre grandeur et glabre. Abdomen entier. Pattes de longueur moyenne. Tarses ayant leur second article le plus petit de tous, le quatrième grand. . Ces insectes se trouvent sur les feuilles, les troncs d'arbres ou volant pendant le soir dans les Bois. Ils ne produisent aucun bruit. ( La Cordaire , loc. citât. ) X Espèces. 1. Pœkilosonia ornatum, — Prionus ornalus.DkhU» Ana- lect. Entom., pag. 62 , n° 47« I^u Brésil. Le Prionus 'versicolor , Dej. catal., appartient aussi h ce genre. Du Brésil. Nota. M. Dupont a deux individus d'une espèce qu'il nomme Pœkilosoma ornatipenne et qui présente une anomalie bien i86 ANNALES remarquable; le corselet est presque globuleux, arrondi*Iaté- ralement et sans aucune épine. Elle est du Brésil, et par la distribution de ses couleurs et les nombreuses taches de ses élytres, elle est tout-à-fait semblable à la Pœhilosoma macu- iipenne du même Entomologiste. Cette dernière espèce serait- elle Tautre sexe de la première? La maculipenne a tous les caraclères que nous assignons aux Pœkilosomes. Elle est éga- lement du Brésil. La collection de M, le comte Dejean offre une espèce nojj- velle de ce genre; il Ta nommée Pœkilosoma rujîpenne. Du Brésil. Je ne suis pas certain que ce genre soit ici à sa place natu- relle. Genre XLI. *Pyrode , Py rodes» (7rvipw^>35, étincelant. ) Toutes les jambes dépourvues d'épines internes , glabres et plus ou moins comprimées. Antennes filiformes, de la longueur du corps et scabres en dessous dans les mâles; plus courtes que le corps dans les femelles ; de onze articles cylindriques , un peu comprimés, surtout les trois derniers; le premier grand, renflé en mas- sue à l'extrémité , le troisième sensiblement plus long que le quatrième; le terminal large , arrondi au bout, ses côtés parallèles. Corselet transversal , dilaté et fortement crénelé latéralement, tronqué obliquement à partir de la dernière crénelure jus- qu'à l'angle postérieur. Corps assez court, assez large, un peu penché en avant, brillant et métallique. Ecusson grand, glabre y triangulaire, pointu. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 187 Palpes courts , leur dernier article court et cylindrique. Mandibules fortes , plus épaisses dans les mâles , courtes, li'identées intérieurement, pointues et recourbées à l'extré- milé. Tèleplsis foiie d'\ns les mâles, un peu allongée derrière les yeux , dans ce dernier sexe surlouL Elytres htrj^es, très-peu convexes, rebordées extérieu- rement , presque carrées. Abdomen entier, son dernier segment un peu sinué au bord postérieur, surtout dans les mâles. Pattes assez longues, à peu près égales; les antérieures «cabres en dessous dans les mâles et plus fortes que dans les femelles. Tarses plus larges dans les mâles; dernier article très - grand , sensiblement plus long que les trois autres réunis. ESPÎLCES. I . Py rodes angulatus, — Prionus anguîatits, Oli. , Entom. , tom. 4» Prion., pag. 3i , n" 55. PI. I, fig. 2. Du Brésil. 2. Pyrodes nitidus. — Prionus nitidus , F xb, Syst, Eleut,, lom. 2, pag. 258, n** 4* — Oli. , iW. , pag. 3o, 0*55. PL XII, fig. 48. Mâle. ( Les antennes sont figurées trop longues. ) Du Brésil. 5. Pyrodes spfciosiis, — Prionus spedosus , Ou., id. , pag. 3j , n'' 34. PL IV, fig. i3. Du Brésil. 4. Pf rodes blfascialus, — Prionus bifasciatus ^ Fak., /W. , pag. 252, n** 24. — Oli., id., pag. 32, n^^Sy. PL I, fig. 3, a, Z>. De Cayenne. 5. Pyrodes cœruleus. — Prionus cœruleus , Schon., Sy?i^ Ins., tom. 3, pag. 34o. — Ou., id., PL III, fig. 10. Sans description. Du Brésil. t Etc. i88 ANNALES Genres XLII. *MALLASPii , Mallaspis. (fj-yXkov y laine; ao-7rtç , écusson.) Toutes les jambes dépourvues d'épines et glabres. Antennes filiformes, plus longues que le corps dans les mâles^ dépassant la moitié des élytres dans les femelles ; de onze articles comprimés à partir du troisième; élargis dans les mâles , très-dilatés dans les femelles. Troisième article plus long que le quatrième, les suivans allant en diminuant graduellement de longueur : le premier long, en massue; le second court , grenu. ( Elles sont scabres en dessous dans les mâles. ) Corselet en carré transversal ; chaque bord latéral fortement crénelé et tronqué obliquement depuis la dernière créne- lure jusqu'à l'angle postérieur. Corps assez court, assez large, eu partie métallique. Ecusson grand, très-large ^ îrès-vùlu , triangulaire , pointu. Palpes courts. Mandibules des mâles courtes , épaisses , recourbées et . pointues au bout , un peu dilatées extérieurement et mu- i nies dans cette partie d'un très-petit tubercule presque épi- neux. Tête grande , allongée derrière les yeux , au moins aussi lon- gue que le corselet , caniculée au milieu. Elytres larges, assez courtes, presque carrées^ rebordées extérieurement; angle saturai à peine unituberculé; elles sont un peu dilatées au bord extérieur. Abdomen ayant son dernier segment légèrement échan- cré au milieu du bord postérieur dans les mâles. Pattes longues, comprimées; les antérieures plus longues que les autres et scabres dans les mâles. DE LA SOCIÉTÉ ENTO^^IOLOGIQLE. 189 Tarses ayant leur dernier article évidemment plus long que les trois autres réunis. Espèces. ï. Mallaspis scutellaris. — Prionus scutellaris , Ou.. ^ Entom., tom. 4- Prion. , pag. i4, n° 10. Pi. II, fig. 9. a. h, melle. De Gayenne. Etc. Nota. Le Pyrodes leucaspis , Dej. du Brésil, appartient à ce genre. En outre iM. Dupont vient d'en acquérir une fort belle espèce du Mexique , que je crois nouvelle. Genf'e XLIII. *Polyarthron , Polyarthron, (ttoXu;, nombreux; acSotiv , article.) Toutes les jambes dépourvues d'épines internes. Antennes composées de quarante-sept articles; flahellées et de la longueur du corps dans les mâles. Premier article en massue allongée ; le second court, lenticulaire ; à partir du troisième chaque article est moniliforme , il émet deux la- melles longues et divergentes : antennes des femelles attei- gnant la moitié des élytres ; leurs articles en dent de scie , émettant un court appendice latéral à partir du cinquième ou du septième article. Corselet transversal muni d'une épine à cliacpie bord latéral , allant en s'élargissant des angles antérieurs jusqu'à l'épine, et rentrant brusquement à partir de cette dernière. Corps court. to ^lîocî. Palpes très-allongés, grêles; leur dernier article sécu- riforme. igo ANlNALÏlS Mandibules presque aussi longues que la tête , fortes , très-arquées , aiguës, ayant une forte et large dent interne à leur base. Tête ayant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. Yeux grands , peu échancrés. Elytres assez allongées, un peu déprimées; angle su- turai ayant une petite épine dans les mâles , arrondi et mutique dans les femelles. Ecusson eji triangle curviligne , creusé dans les mâles ^ plan dans les femelles. Abdomen entier. Patte de longueur moyenne. Tarses très-grands , presque aussi longs que la jambe* Les trois premiers articles ayant leurs deux angles posté- rieurs pointus, presque épineux. Le quatrième article grêle, presque aussi long que les trois autres réunis. Espèce. 1. Polyarthron peclinicornis. — Prionus pectinicornis ^ Fab. ? Syst. Eleut,, tom. 2 , pag. 25 1 , n" 38. Mâle. — Uli.? Entom., tom. 4' Prion., pag. 4o, n** 49* Pi» I» %• 5. Mâle. ( Long. i5 à 20 lig. ) D'un brun presque noir. Lamelles des antennes de couleur ferrugineuse ainsi que les poils qui garnis- sent le corselet en dessus à ses parties antérieure et postérieure. Labre testacé. Corselet lisse, luisant, couvert latéralement d'un du \ et grisâtre. Ecusson pubescent. Elytres glabres, sans ponc- tuation apparente, ayant chacune trois côtes longitudinales élevées ; les deux les plus rapprochées de la suture se réunis- sent Tune à l'autre par le bout et n'atteignent pas l'extrémité de l'élytre; abdomen et pattes d'un brun roussâtre. Poitrine et dessous du corselet garnis de poils roussâtres. Mâle. La femelle est entièrement glabre; ses elytres sont plus DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 191 courtes que l'abdomen et presque béantes à rextrémité; l'é- cusson est plus large que celui du mâle; Tépine latérale du corselet est plus petite; les courts filets ou appendices des an- tennes sont ferrugineux. Rapporté du Sénégal par M. Dumolin. Collections de MM. De- jean et Dupont. Nota. MM. Latreille et Dejean pensent que le mâle est le Prionus pectinicornis de Fabricius et d'Olivier. Cela me sem- ble douteux, ces auteurs décrivant leur espèce comme ayant le corselet mutique et le corps testacé. Genre XLIV. Prione , Prionus , Geoff. Toutes les jambes dépourvues d'épines internes , assez larges, comprimées , canaliculées longitudinalement. Antennes ayant plus de onze articles; pectinéeseiàe la longueur du corps dans les mâles ^ en scie et atteignant la moitié des élytres seulement, dans les femelles. Troisième article plus long que les deux précédons réunis. Corselet en carré transversal , sans crénelures ; chaque bord latéral portant trois épines pointues. Corps court, assez large , un peu penché en avant. Palpes assez longs , dernier article allongé , comprimé , conique, un peu dilaté. Mandibules courtes , sans aucunes dentelures au côté in- terne. Tête ayant une ligne longitudinale enfoncée entre les yeux. Elytres courtes , un peu convexes , rebordées extérieure- ment : angle suturai à peine unituberculé. Ecusson assez large, semicirculaire , arrondi au bout. T92 ANNALES Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu dans les mâles. Pattes fortes, assez courtes. Tarses ayant leur premier article assez grand , triangu- laire; le terminal presque aussi long que les trois autres réunis. Les Priones ne volent guère que le soir ou dans la nuit; ils se tiennent ordinairement sur le tronc des arbres, ou dans le tan qui se trouve souvent au pied des Chênes vermoulus. PREMIÈRE DIVISION. Antennes ayant plus de douze articles. (Dix-neuf, vingt-un, et même davantage.) ESPÈCE. 1. Prionus imhricornis , Oli. , Entom. , tom. 4* Prion. , pag. 28,n°5i,Pl. XIII, fig. 62. Mâle. — Pal. -Bauv., Ins. d'Afriq. et d'Amer. , pag. 242. Coléopt., PL 36,fig. 2. Mâle. Amérique septentrionale , Caroline. DEUXIEME DIVISION. Antennes de douze articles. ESPÈCES. 2. Prionus coriarius, Fab., Syst. Eleut., tom. '2, pag. 260, n'^ 16. — Oli., id., pag. 29, n*" 62, PI. I, fig. i . b. d. Mâle. c. femelle. — Panz. , Faun. germ.^ fasc. 9, fig. 8. Femelle. — LePrione GeofF. Ins. Paris, tom. ), pag. 198, n° 1, PI. III, fig. 5. Mâle. Europe. Cette espèce est la seule parmi les Prioniens qui se trouve aux environs de Paris , encore n'y est-elle pas très-commune. Etc. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 195 Genre XLV. *Clostèr£ , Closterus. (vXMtjrmp , fuseau.) Toutes les jambes comprimées et dépourvues d'épines in- ternes. Antennes flabellées et plus longues que le corps dans les mâles (i), de onze articles; le premier gros, en cône ren- versé; le second très-petit, cyathiforme; ceux de trois à dix prolongés chacun intérieurement en un rameau pointu; article terminal très-grand, fusiforme , plus long que les deux précédons réunis. Corselet en carré transversal, sans crénelures; chaque bord latéral portant trois épines i^ointues» Corps court, assez large. Palpes courts; leur dernier article presque cylindrique, court. Mandibules courtes. Tête étroitement canaliculée entre les yeux. Yeux grands. Elytres courtes, un peu convexes, rebordées extérieu- rement , arrondies et mutiques h leur extrémité. Ecusson petit, semicirculaire, arrondi au bout. Abdomen sans échancrure au bord postérieur de son dernier segment. Pattes fortes, assez courtes. Tarses ayant leurs trois premiers articles courts, mais assez larges; le quatrième presque aussi long que les trois autres réunis. (i) Femelles inconnues. ,g4 ANNALES Espèce. 1. *Clo5terus flabellicornis y Chevrolat. (Long. 1 pouce.) Tête et corselet d'un brun noirâtre; cehâ- ci pointillé, inégal en dessus , bordé de poils roussâtres en de- vant et postérieurement. Elytres d'un brun marron, fortement ponctuées dans toute leur étendue, ayant chacune cinq ou six lignes longitudinales élevées, dont quelques-unes moins pro- noncées que les autres; aucune n'atteint l'extrémité de l'élytre. Antennes et pattes d'un brun noirâtre. Abdomen d'un brun marron clair. Mâle. Collection de M. Chevrolat. Il faisait partie autrefois de celle d'Olivier, où il était noté comme ayant été rapporté des Indes orientales par feu Riche. M. Dupont m'a communiqué un mâle de sa collection qui ne diffère de celui que je viens de dé- crire que par sa couleur plus foncée, presque noire. Il est de Madagascar. Nota. Cette espèce a de l'analogie avec le Prionus buph- thalmus, Fab. , Sfst. Eîeut, , tom. 2, pag. 260, n" 10. — Prionus spinicomis , Ou., Entom., tom. 4» Prion. , pag. a4, n° 24, PI. II, fig. 43. Mâle. Genre XLVI. *Calocome , Calocomus» (xa^o?, beau; xo^a, chevelure.) Toutes les jambes comprimées et dépourvues d'épines internes. Antennes pectinées et comprimées, n'atteignant guère plus que la moitié des élytres dans les mâles (1). De onze ar- ticles ; le premier assez grand , en cône renversé , le se- cond très-petit , globuleux; ceux de trois à dix pectines en (i) Femelles inconnues. DE LA SOGIÉÏÉ EiNTOMOLOGIQUE. igS longue dent de scie, le troisième un peu plus long que le suivant, le onzième ayant vers ïextrémilé une dent la!c- rale , ce qui simule un douzième article. Corselet presque aussi long que large , dilaté des angles an- térieurs jusqu'au milieu; cette dilatation terminée par une épine droite , précédée et suivie de quelques légères cré- nelures; chaque bord latéral coupé obliquement depuis Tépine jusqu'à l'angle postérieur; celui-ci point prononcé. Corps court, assez large, glabre. Palpes maxillaires plus longs que les autres , article ter- minal élargi, triangulaire; celui des labiaux presque cylin- drique, tronqué au bout. Labre très-velu. Mandibules courtes , leur pointe recourbée. Tête de la largeur de la partie antérieure du corselet , fortement canaliculée entre les yeux, un peu prolongée en arrière. Elytres planes , allant en se rétrécissant des angles hu- méraux à l'extrémité, étroitement rebordées à leur partie extérieure : angle suturai uniépineux. Ecusson grand , triangulaire ^ pointu. Abdomen ayant son dernier segment échancré au milieu dans les mâles. Pattes fortes ; cuisses comprimées , canaliculées. Tarses ayant leur dernier article plus long que les trois autres réunis. Espèce. 1. * Calocomus hamatiferus , Lacord. — Prionus Desma- resiii , Guér. Iconogr. du règne anim., Ins., PL XLII, fig. 8. (Long. 16 lig.). D'un brun très-foncé; tête fortement poin- i9(> ANNALES tillée. Corselet et écusson très-rugueux ainsi que ie tiers anté- rieur des élytres, le reste de celles-ci, lisse et très-luisant , sauf l'extrémité qui est fortenjpnt poinlillée. Un peu avant le milieu on voit sur chacune une tache jaune échancrée en ar- rière , et une bande longitudinale de même couleur , occupant le milieu du bord extérieur. Labre couvert de poils jaunâtres ^ bord antérieur du corselet ayant une frange de semblables poils. Pattes de la couleur du corps, ainsi que les palpes. Duvet des tarses roussâtre. Antennes d'un brun foncé , leurs trois derniers articles ferrugineux , ainsi que l'extrémité de la dent latérale dts cinquième et sixième articles. Mâle. Rapporté du Tucuman par M. La Gordaire. Collections de MM. De Jean et Desmarest. Genre XLVIL Céroctène , Ceroctenus, Dej. Toutes les jambes comprimées et dépourvues d'épines in- ternes. Antennes pectinées et comprimées, n'atteignant pas la moitié des élytres, de onze articles ; le premier large , presque cya- thiforme; le second petit , lenticulaire ; ceux de trois à huit assez brièvement pectines en forte dent de scie; le troisième aussi long que les deux suivans réunis; le onzième dépourvu de dent latérale. Corselet presque transversal, muni d'une petite épine latéra- lement; il va eu s'élargissant de l'angle antérieur jusqu'à l'épine : bord latéral brusquement échancré à partir de l'épine. Corps court, assez large, très- glabre, très-luisant. Palpes courts ; les maxillaires un peu plus longs que les labiaux; article terminal des quatre, comprimé, élargi. DE LA SOCIÉTÉ ENT03I0L0GIQUE. 197 Mandibules courtes , pointues , recourbées à rextrémité, bidentées intérieurement. Tête presque aussi large que la partie antérieure du cor- selet , ayant une dépression au milieu, au dessus des an- tennes. Elytres planes , allant en se rétrécissant des angles hu^ inéraiix à V extrémité ^ canaliculées extérieurement; angle suturai uniépineux» Ecusson grand , triangulaire. Abdomen ayant son dernier segment tronqué postérieu- rement. Pattes fortes , courtes; cuisses comprimées. Tarses ayant leur dernier article un peu moins long que les trois autres réunis. Les Géroctènes vivent sut* les feuilles, et on les trouve vo- lant pendant la plus grande chaleur du jour. Ils ne produi- sent aucun bruit. (La Gord., loc. citât, ) Espèces. 1. *Ceroctenus ahdominalis ^ Dej. (Long. 1 pouce.) Corps imponctué, entièrement glabre et très-luisant. Tête, corselet, élytres, écusson et poitrine d'un brun un peu rougeâtre. Gôtés du corselet rougeâtres ainsi que l'abdomen, les pattes et les antennes. Bord extérieur des élytres depuis l'angle humerai jusqu'au milieu, étroitement rougeâtre. Du Brésil. Gollections de MM. Maille , Dejean et Dupont. Etc. Genre XL VIII. *Chabiée , Chariea. ( xapt"Ç > élégant. ) Toutes les jambes comprimées et dépourvues d'épines in- ternes. Ï9S ANNALES Anteiîiies tfès-courles dans les femelles (i) , n'atleignanî pas^ la base des élytres; pectinées, de onze articles courts , sauf le troisième qui est aussi grand que les deux suivans réunis et cylindrique; ceux de cinq h dix en dent de scie, le der- nier très-court, obtus à l'extrémité. Corselet presque aussi long que large , muni d'une petite épine latéralement; il va en s'élargissant de l'angle antérieur jus- qu'à l'épine. Chaque bord latéral brusquement échan» ré h partir de l'épine. Corps très-court , ramassé , un peu penché en avant , glabre et luisant. P.^lpes fort petits , très-courts. Mandibules très-petites , finissant en pointe. Tète aussi large que la partie antérieure du corselet. Elytres un peu cofwexes, allant en s'clai-gissant des ajîgles liaméraux à Vextrémié , canaliculées extérieure- ment, arrondies et miitiques à leur extréniilé. Ecusson triangulaire. Pattes courtes; cuisses comprimées. Tarses ayant leurs articles ourts ; le dernier presque aussi long que les trois autres réunis. EïipÊCE. 1. *ChaHea cyanea^ Dupont. (Long. 7^8 lig. ) Cette jolie espèce, Pune des plus petites de toute cette tribu , a le corps entièrement d'un bleu foncé luisant, un peu violet en dessus. Elytres finement pointillées, ayant cliacime deux lignes longitudinales à peine saillantes; antennes et pattes de la couleur du corps. Femelle. De Cayenne. Collection de M. Dupont. (i) Mâles inconnus. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 199 Genre XLîX. Anacole, Anacolus , La.tr. Toutes les jambes dépourvues d'épines internes. Antennes de onze articles , plus longues que le corps et for- tement pectinées en dent de scie à partir du troisième dans les mâles; ce dernier à peine plus grand que le quatrième. Celles des femelles à peu près de la longueur du corps; leurs troisième , quatrième et cinquième articles grêles , cylin- driques ; ceux de six à onze , allant en augmentant graduel- lement de largeur, dentés en scie, mais beaucoup plus fai- blement que dans les mâles; article terminal arondi, élargi à son extrémité. Corselet presque carré, sans crénelures; chaque bord latéral uniépineux vers le milieu , échancré depuis l'épine jusqu'à l'angle postérieur. Corps court , assez large , un peu penché en avant. Elytres plus courtes que L abdomen ( celles des mâles sur- tout ) , laissant une partie des ailes à décou\^ert , très- héantes à leur suture j angle suturai arrondi et mutique. Palpes de longueur moyenne , leurs articles cylindriques. Mandibules étroites , crochues au bout, denticulées in- térieurement. Tête assez petite, un peu excavée entre les yeux. Ecusson large, presque en triangle curviligne, obtus h l'extrémité. Abdomen entier. Pattes assez courtes. Tarses ayant leurs trois premiers articles larges, un peu dilatés dans les mâles. 20O ANNALES Espèces. ?.. udnacolus sangidneus. — Prionus sanguineus , Ëii"= cycl., toiii. io,pag. 200. Femelle. Du Brésil. 2. Anacolus lugubris, — Prionus luguhiis , id. Mâle. Du Brésil. Etc. Genre L. PrionaptIîre , Prionapterus , Guékin» Corps aptère , mou , assez court. Antennes filiformes , presque sétacées , h peu près de la lon- gueur du corps , de on2e articles presque cylindriques , al- lant en diminuant de grosseur h partir du cinquième. Elytres de moitié plus courtes que V abdomen , très-beantes \x leur suture , arrondies et mutiques h l'extrémité. Palpes maxillaires plus grands que les labiaux; grêles, allongés, leurs articles cylindriques. Palpes labiaux très- courts. Mandibules plus courtes que la tête, pointues au bout. ïête assez petite. Yeux grands, réniformes. Corselet court* large, en carré transversal, un peu dilaté latéralement et très-sinué extérieurement dans cette partie. Ecusson triangulaire. Pattes allongées, comprimées : jambes sans épines in- ternes. Tarses presque fdiformes , leur troisième article h peine bilobé. Espèces. 1, Prionapterus StaphyUnus ^ Guérin, Iconogr. du règn^ anim. Ins. , PI. XLII , %. 10. DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. aot (Long, lo li«i;. ) Corps d'un noir terne. Corselet sillonné au milieu, rebordé postérieurement; chaque bord latéral pré- sente trois lobes peu saillans. Elytres d'un brun un peu rou- geâtre, assez luisant, ayant chacune deux lignes longitudi- nales peu saillantes. Jambes postérieures un peu arquées. De Cordova. Collection de M. Desmarest. 2. Prionapterus flavipennis y Guérin. Magas. de ZooL (Long. i4 à i5 lig.) Il ressemble au précédent, mais il est plus grand , et en diffère en outre par ses élytres d'un jaune tirant sur le fauve avec des reflets soyeux. Même patrie et de la même collection que le précédent. Nota. N'ayant pas vu ce genre en nature, j'en donne ici le caractère et la description des espèces d'après le manuscrit, qu'a bien voulu me communiquer son auteur, M. Guérin.. FIN DE LA TRIBU DES PRIONIENS, Observations sur le Bombyx Pityocampa de Godart (genre Gaslropacha d'Ochs)^ par M, de Vilmers. (Séance du 4 avril i832.) Tout le monde sait que les chenilles processionnaires du pin vivent dans un nid commun qu'elles placent à l'extrémité des branches du pin sauvage, arbre dont les feuilles leur ser- vent de nourriture, et qu'elles ont les mêmes mœurs que les chenilles processionnaires du chêne ; mais peu de personnes ont été h même de les observer quand elles quittent un arbre pour aller en chercher un autre. Elles marchent sur un seul rang , à la suite les une^ des autres , en se touchant si exacte-, ïïient par la tête et par la partie postérieure, qu'elles parai§- 202 ANNALES sent au premier coup d'œil former une immense chenille de quinze à vingt pieds de iongueur, plus ou moins. On les croit d'abord immobiles; mais, en regardant attentivement , on voit qu'elles ont toutes ensemble , et à des intervalles de temps ëgaujsL, un mouvement progressif et saccadé d'environ une demi-ligne. A chaque saccade , toutes les têtes et les parties postérieures font, sans se séparer, un petit mouvement à droite; alors la colonne avance. Après une petite pause , le même mouvement à gauche et une nouvelle saccade portent la colonne en avant. C'est ainsi qu'elles cheminent, traversant dans leur passage, sans se désunir, les mousses , les buissons; et, lorsqu'elles ne peuvent les franchir, tournant autour de l'obstacle qu'on place sur leur route. Une chose assez remar- quable , c'est que si on touche avec la main ou avec un bâton la chenille qui est la première de la fde , elle se contracte en s'agitant vivement comme si elle craignait d'être piquée par un Ichneumon; et la dernière de la file, y en eût-il six cents , fait au même instant , ainsi que toutes celles qui la précèdent , les mêmes mouvemens, comme frappée de l'étincelle élec- trique. L'insecte parfait qui provient de cette chenille présente une singularité tellement étonnante , que lorsque je m'en aperçus la première fois , je crus que c'était un jeu de la nature; mais quelle fut ma surprise, en examinant plusieurs individus , de les voir tous conformés de la même manière! Le B. Pityo- campe possède à la place de la trompe , entre les palpes qui sont extrêmement courts, une pièce écailleuse , d'un brun noir, ayant cinq dentelures ou entailles profondes, et visibles à l'œil nu. (i) Par la dissection que j'ai faite de cette partie sur des individus secs , je n'ai pas trouvé que cette pièce laissât une ouverture qui communique à l'intérieur; mais je le croîs, îl serait curieux de connaître à quoi sert cet appareil dont le (i; PI. 6, lig. 8, a.b. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. 3o3 Bombyx processionnaire du chêne , qui a les môiiies iiabi- ludes, est privé. Cette espèce de sçîe serviraît-elle ^ ce Le- uiuoptère pour entamer l'écorce des branches sur lesquelles il doit pondre ses œufs? Celte hypothèse serait probable si le mâle n'offrait pas la même conformation dans la bouche que la femelle. Celle-ci a seulement plus que lui h l'abdomen une plaque écailleuse , noirâtre, recouverte par des poils gris et soyeux. Des observations réitérées pourront peut-être un jour faire découvrir le but pour lequel la nature, qui ne fait rien en vain , a doué ce Lépidoptère d'une telle conformation : il me suffit pour le moment de fixer l'attention des observateurs sur ce fait assez curieux. (Jbseivations sur T Ecaille pudique de Godnrt {^nre Ey- prepla d'Oclis)^ par M, de Villiers. (Séance du 4 avril iSSa.) L'étude de l'Entomologie a fait depuis quelques années tant de progrès , et on doit au zèle et aux nombreuses investiga-^ lions des amateurs de cette belle science de si rares et de si curieuses découvertes , qu'il semble que la nature n'ait plus rien de caché pour nous , et que désormais on doive se con- tenter de suivre les pas de ceux qui nous ont précédés dans la (arrière , et qui y marchent guidés par le flambeau de l'a- nalyse et de l'expérience. Cependant j'ose me flatter d'avoir découvert le premier un fait fort extraordinaire; et je présente le fruit de mon observation aux Entomologistes qui , plus instruits que moi, peuvent la faire tourner au profit de la science , en les invitant à en vérifier l'exactitude , que je ga- rantis. En chassant aux Lépidoptères , dans le midi de la France , je m'étais aperçu que dans les belles soirées d'été , si coui- & 2o4 ANNALES munes aux environs de Montpellier, l'EcailIe pudique faisait , en volant auprès de moi, entendre un petit bruit que je ne peux mieux comparer qu'à celui d'un métier de fabricant de bas. Ce bruit était même si fort que , guidé par lui , j'ai fort souvent pris cette belle Lcaille au vol et sans l'apercevoir. Étonné de cette singularité, unique peut-être dans le méca- nisme du vol des Lépidoptères, j'ai cherché à découvrir quelle pouvait en être la cause , et je l'ai enfin trouvée. L'Ecaillé pudique a de chaque côté de la poitrine, h la naissance des ailes inférieures, un espace profondément sil- lonné et creux, tapissé par une pellicule blanche et très- dure , et recouvert hermétiquement par une autre petite peau épaisse, luisante, bombée et bordée de poils, dont la partie la plus large est située vers l'endroit où le corps se joint à Tabdomen.. (i) Cette peau, qui m'a paru pareille à celle qui compose les timballes des cigales , ne tient au corps qu'à la naissance de l'aile inférieure; et lorsque l'insecte vole , étant mise en jeu par les muscles qui font agir cette aile , elle presse fortement l'air renfermé dans la cavité , et produit le bruit dont j'ai parié. Cette singulière propriété est commune aux deux sexes; seulement comme dans cette espèce, ainsi que dans tous ses congénères, le mâle vole beaucoup plus que la femelle , j'ai été plus à portée d'observer celui-ci que. l'autre; mais tous les individus femelles que j'ai disséquées, jfn'ont offet le même appareil , seulement plus petit. (i)P1.6.Fi§.9. a.b. DE LA SOCIÉTÉ ENTOIOLOGIQUB; ao5 Mémowe sur un genre noin^eau de Diptères , de la famille des Tipulaires ^ par M. Aug. Brullè. ( Séance du a mai i83a.) Le genre dont il est ici question est formé sur des femelles dont les ailes sont parfaitement identiques avec celles du genre Ctenophora Meig , mais les antennes en diffèrent d'une manière notable. Bien que Ton ne connaisse pas les mâles , il sera toujours impossible de confondre ces deux genres, dont le nôtre se distinguera facilement par deux caractères prin- cipaux. Le premier consiste dans la forme des articles des antennes qui, au lieu d'être grenus à partir du deuxième, comme dans les Cténophores , le sont seulement à partir du septième. Tous ceux qui précèdent , le deuxième excepté , sont de forme cylindrique , et le diamètre longitudinal l'emporte de beaucoup sur le diamètre transversal. Le second caractère est tiré de la forme de l'abdomen, qui diminue de largeur, dans notre genre , dès le quatrième seg- ment, et d'une manière plus sensible vers le sixième, en sorts que le dernier, qui sert d'enveloppe à la tarrière, est fort long et n'a pas la forme linéaire ; il se recourbe soit en haut , soit en bas, et renferme une espèce de tarrière; dans les Cté- nophores, au contraire, l'abdomen, beaucoup moins long, est seulement plus mince à l'extrémité que dans le reste d» sa longueur, et terminé par deux petites pièces qui, réunies , ont une forme cylindrique. En examinant les deux sexes des Cténophores , on trouve que dans tous deux les trois premiers articles des antennes sont exactement conformés de la même manière, et que ce n'est i|u'à partii: du quatrième que les antennes du mâle sont bran- 2o6 ANNALES chues. C'est précisément ceUe considération qui m'autorise k créer un genre nouveau pour les insectes dont il est if i ques- tion. Que l'on suppose, si l'on veut, les antennes des mâles de ces insectes Lranchues d'une manière autre que dans les Gténopliores, ou encore de la même manière, les premiers articles des anîennes n'en resteront pas moins les mômes que dans les femelles, et de plus , tout porle k croire que, dans le cas où ces antennes présenteraient, dans quelques uns des articles, des branches ou autres appendices, les six premiers n'éprouveraient aucun changement. C'est ce que la décou- verte du mâle nous fera connaître par la suite. La place de ce genre semble marquée à côté du i;enre Cté- nophore. Les ailes et les palpes sont les mêmes dans les deux genres, et chez tous deux le treizième article des antennes est très-petit dans les femelles. Aucun autre genre de la famille des Tipulaires ne s'en rapprocherait autant que celui de Ptychoptera Meig., à cause de l'allongement du premier ar- ticle des antennes, de la petitesse du dernier, de la forme des palpes et enfin du faciès même du genre ; mais le nombre des articles des antennes et les nervures des ailes ne permet- tent pas ce rapprochement. Genre Xiphura. Br. (çiyoç, gladius, ovpà, cauda. ) Antennœ porrectœ , i3 ariiculatœ ; articula i° Ion go ^ suhcylin- drico , 2° minuto , subconico , sequenlibus 4 cylindricis , elongatis , longiludine decrescentibus , ^° ad 12 subofatis , ultime minutis— simo. [Femina.) PL 4. Fig. 2. a. Palpi exserti, incurvi^ cylindrici , ^articulati ; articuUs longitudine paululum crescentibus , 4° multi articulato , palpi longitudinem dimidiam œquante, Fig. 2. ^. Slemmata nul la. Alœ in modum generis Ctenopbore reticulatœ. Fig. 2. c. Les antennes sont beaucoup plus longues que dans le genr® DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQUE. 207 Ctenophora; elles atteignent en arrière au moins l'insertion des ailes. Leur premier article , long et presque cylindrique , et légèrement aminci dans son milieu et entouré dans toute sa longueur de stries transversale,s profondes et rapprochées; le deuxième article est court , à peu près aussi long que large, légèrement conique; le troisième, plus long ou au moins aussi long que le premier, grêle , parfaitement cylin- drique; les trois suivans vont en diminuant de longueur et tendent déjà à prendre la forme ovalaire qui caractérise tous les autres articles du reste de Tantenne; le treizième et der- nier seulement n'a plus cette forme , il est extrêmement petit. Les quatre articles des palpes sont inégaux en longueur; les trois premiers vont en s'allongeant , et le dernier, qui égale les trois autres en longueur, est multiarticulé , beaucoup plus grêle et sinueux. La tête est conformée comme dans les Cténo- phores, et l'insertion des antennes est la même. Le prothorax est très -court. L'abdomen très-long se termine en un prolongement cultriforme, formé par les derniers segmens (1); son extré- mité est eflllée et composée de deux lames parallèles et laté- rales, étroites et creusées à leur extrémité en forme de cuiller, dont la concavité est tournée en dedans; entre ces parties est cachée une tarrière composée d'au moins deux pièces. Les pattes sont longues comme dans les Gténophores; les ailes sont réticulées de la même manière. Les deux espèces qui composent ce genre se trouvent , au printemps, sur les têtes de saules, dans les environs d'Arras : elles m'ont été communiquées par M. Foulques de Villaret qui les a prises lui-même et a bien voulu me donner celle qui porte son nom. (i) Fig. 2, d , vu de côté. 2o8 ANNALES I. Xiphura Villaretiana. Br. pi. 4- fig- 2. JC. nitida y nigra , ahdominis hasi ^ femoribus tibiisque rufis ; aîis pellucidis ^ flaires centibus , pancto marginali incrassato fasco. Long. 20 millim. Lat. alis extens. 07 millim. Tête et corselet entièrement d'un noir luisant; antennes un peu velues, d'un brun très-foncé, subviolacé, avec les deux premiers articles tout-h-fait noirs; les deux premiers articles des palpes jaunâtres , les deux suivans bruns. Ecusson faiblement ponctué. Métathorax légèrement ridé en longueur à son bord antérieur. Abdomen s'élargissant jusqu'au quart de sa longueur au plus, rétréci ensuite jusqu'à l'extrémité en fornie de sabre dont le tranchant serait dirigé en bas ; il est d'un noir luisant , excepté les deux premiers segmens qui sont rouges tant en dessus qu'en dessous ; les bords des segmens en dessous sont marqués de brun noir, et en dessus le second présente , près du bord postérieur, un trait noir duquel part une tache noire qui remonte jusqu'au deux tiers de la lon- gueur de ce segment ; le bord extérieur, au dessous de ki bande noire , est d'un brun livide; l'extrémité de la pièce ou de la partie de l'abdomen élargie en cuiller est de couleur rougeâtre. Cuisses et jambes de cette dernière couleur; l'ex- trémité de celles-ci et les tarses d'un brun noir, mais le pre- mier article de ceux-ci a un peu de jaunâtre. Ailes comme dans l'espèce suivante, avec le point épais d'un brun lui- sant. Balanciers bruns, cuillerons légèrement jaunâtres. Cette espèce a été prise par M. Foulques de Viilaret, aux environs d'Arras , dans la même locaHté et à la même époque que la suivante. II. Xiphura nigrofasciata. Br. X. nitida j nigra ^ abdominc supra rufo ^ segmcntoruni basi nigra y DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. 209 infra segmends 2 primis ojiinino , sequcntihus 3 incisuris rufts ; pedibus et antennis rufis , harum basi tarsisqne ni gris ^ alis pel- lucidis j Jlavescentibus , puncto marginali incrassato nigro. Long. 29 millim. Lat. ails exiens. 42 millim. Tête et corselet en entier d'un noir luisant; antennes garnies de quelques poils, entièrement rougeâtres, avec les deux premiers articles noirs; palpes d'un jaune sale, le der- nier article brun. Prothorax faiblement ponctué 5 mésothorax lisse; métalhorax légèrement ridé dans sa longueur; écuss^n ponctué un peu plissé sur les côtés. Abdomen rétréci vers les deux tiers de sa longueur, d'un rougeâtre luisant en dessus avec une bande noire irrégulière et assez large sur la base de tous les segmens; cette bande est peu marquée sur les deux premiers : en dessous les deux premiers segmens sont entièrement rou- geâtres; tous les autres , d'un noir luisant, ont le bord pos- térieur d'un rougeâtre clair, couleur qui remonte un peu sur les côtés de quelques uns des segmens ; l'extrémité de l'abdo- men est d'un noir luisant tant en dessus qu'en dessous. Hanches noires , cuisses et jambes rougeâtres , l'extrémité de celles-ci et les tarses d'un brun noirâtre; le premier article des tarses légèrement jaunâtre. Ailes transparentes, comme vitrées et un peu jaunâtres; nervures de la base jaunes * toutes les autres noires ainsi que le point épais placé sur le bord des ailes au tiers postérieur. Balanciers d'un jaune sale ou un peu ferrugineux; cuillerons d'un beau jaune. Cette espèce a été trouvée , au mois de mai , par M. Foul- ques de Villaret , dans les environs d'Arras. Elle paraît plus rare que la précédente. 210 ANNALES Monographie de deux genres nou^^eaux dans la famille des CurcuUonites , par M. A. Ghevrolat. (Séance du 2 mai i832.) En observant avec attention chaque partie des Gurculionites, j'ai vu que les tarses de quelques uns de ces insectes élaient composés de cinq articles; ce fait est très-distinct, dans la fa- mille des Brentides; le quatrième article est enclavé à la base du troisième , et le cinquième est fort long , cela prouve que si l'on voulait suivre ponctuellement la classification par sections , ces insectes et d'autres de cette grande famille devraient rentrer parmi les Pentamères. Un exemple bien remar- quable , et qui prouve combien ce système de classification est défectueux par rapport à l'organisation , est l'observation faite par M. Maille sur un accouplement de FAntherophagus Palleus, dont l'un des sexes serait Pentamère, tandis que l'autre appartiendrait à une autre section (1). Ne voyons-nous (i) Je profite de cette occasion pour recommander aux Entomologistes de tous les pays, lorsqu'ils rencontrent des insectes accouplés , de piquer la femelle au dessous du màle sur la même épingle. J'ai été à même de faire des observations intéressantes, en adoptant cette manière, pour les insectes de nos environs. Le Luptrus Flavipesù^ Fab. n'est en effet que le màle du Rufipes du même auteur. Le TUius Elongatus n'est autre que la femelle du TilUis Ambulans. Quand on voit des différences aussi extraor- dinaires entre les sexes du Drilus Flavescens , des Cebrio^ des Pcnms, Pti- linus, et de beaucoup d'autres, on doit sentir combien il serait avanta- geux d'avoir de touîes les parties du globe des insectes qui pussent don- ner lieu à de semblables observations. Qu'il me soit permis en passant de parler des obligations que j'ai à mon ami L'Herminier , docteur médecin à la Guadeloupe, auteur d'une classification naturelle d'après l'appareil sternal des oiseaux , pour les envois intéressans qu'il me fait journelle- ment, et qu'il accompagne toujours de notes indiquant le nom des plantes et ie» localités. DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. o,i pas dans chaque famille des anomalies sans nombre? les Hydro- canthares et les Clairons offrent des insectes de quatre et de cinq articles aux tarses. Les Oxytèles parmi les Brachélylres n'ont que trois articles , tandis que la plupart des Staphylins en ont cinq. Le genre Enicotarsus , formé par De Laporte dans la famille des Lamellicornes , est le seul , jusqu'à présent, sur lequel ont ait remarqué trois articles. M. Robineau Desvoidy avait déjà signalé, il y a quelques années, plusieurs Céram- bycins ayant cinq articles aux tarses. Tout ce qui précède m'engage à proposer une cîas^ifira- cion basée sur des caractères presque communs, et sur une analogie de mœurs et de forme. Les tarses alors serviraient pour grouper ces insectes par familles ou sous-divisions. Je vais essayer qiielques exemples derapprochemens de genres qui se trouvent fort éloignés dans nos classifications actuelles et offrir en même temps quelques vues nouvelles. Puissent ces essais amener d'heureux résultats et être confirmés par des travaux anatomiques ! Je crois que les Brachélytres devraient fmir, ou plutôt com- mencer l'ordre des Coléoptères en leur adjoignant la petite famille des Psélaphiens. On voit en effet que ces insectes se lient aux Scaphidies par les Tachynes et les Tachypores, aux Nitidules parles Omalies et les Micropèples. Les Carabiqucs font un passage naturel aux Ditiques , et ces derniers ont déjà une structure conforme à celle des Buprestes de la premièn; et deuxième division de M. Schonherr. On est frappé de ia grande ressemblance qui existe entre les genres Engis,Tripiox et Tritome ; les Crytophages semblent se rapprocher des Tri- pbylles; les Agathidies ne peuvent s'éloigner des Anisotoracs; les Ténebrions ont les plus grands rapports avec les Trogo- sites , et les JNilio ne peuvent être séparés des Coccinelles. Dans la famille des Curculionites , les Brentes devraient, ce me semble, tenir le premier rang; un petit Coléoptère de fti2 ANNALES Colombie, que j'établirai comme genre, a les plus grande rapports avec les Rliinosimes et les Arrhénodès. Je suis fondé d'autant plus à ce rapprochement que tous ces insectes se trouvent sous les écorces. Le genre Oxycorjnus , formé du grec olhç , acûtus , et de xoowvi , clai'a , offre la particularité que je viens de signaler, d'avoir cinq articles aux tarses. Il fait partie de l'ordre des Ortliocères de M. Schon- berr , et se place près de son genre Antliarhinus ; mais il s'en dis- tingue par douze articles aux antennes , tandis que ce dernier n'en a que onze. Sa trompe est plus courte , et les articles des antennes sont serrés et épais. Je dois à l'amitié de M. Viard les deux insectes qu'il a bien voulu me céder , et qui pourraient bien n'être que le maie et la femelle d'une même espèce , malgré la grande différence de taille, la couleur des antennes, et quoique la seconde ait la trompe îiuéairie , tandis qu'elle est cylindrique dans la première espèce. Ce dernier caractère serait en rapport avec le genre Antliarbinus. Genre Oxycoryne, Oxycojynus , genus noviim. Caractère du genre. An- Character : Antennœ sat tennes assez épaisses de 1 2 ar- ticles : 1^' de la massue long, conique, 'i"" étroit, en cercle, 5'' très-pointu. Trompe droite , cylindri- que ou linéaire. Corselet aplati, trans verse, arrondi sur les côtés. Elytres larges assez al- longées. Description : Corps ra- courci, large, plan, dur, ailé. Antennes droites , de la lon- gueur de la trompe , implan- tées en dessous à sa base , et validae ;2 articulataî. Clava triarticulis : i°conico; 2° bre- vi, annulari,* ultime acutis- simo. Rostrum teretiforme, vel lineare rectum. Thorax planus , transvei*- sus, subquadrato orbiculatus. Elytra lata subelongata. Descriptio : Corpus brève, durum, alatum. ^7itennœrec- tœ , rostri longitudine , basi subtusque insertae. Art. i^cœ- teris paulum longiore et cras- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. siore ; 8-9 moniliformibus , en avant des yeux. Le 21 Ù apice subtruncalis. Caputpos- terius expansum, subtriangu- lare; jugulum infrà gutturo- msu. Rostrum thorace vix longior. Oculi latérales , per- parum globosi. Srobs hevis , subtus oculo commissa. 7"Ao- r«a:planus,medio modicecon- vexus, lateribus rotundatus, e- lytrorum latitudine,posticeque Iruncatus, antice subtus valde emarginatus. Scutellinn mé- diocre, semirotundatum. E- lytra plana, apicé rotundata , lateribus prominentia. Abdo- men 5 segmentis transversis , 1° latiore. Pedes validi, brè- ves, inermes, 4°'P"nii basiap- uere plus long et épais que les sui- vans. 2-9 égaux , monilifor- mes , tronqués au sommet. Tête moyenne triangulifor- me. Menton goitreux. Yeux latéraux , peu proéminens. Scrobs court, réuni h l'œil en dessous. Corselet, aplati , re- levé sur les bords, presque rond , de la longueur des é! y- tres , coupé, droit par derrière et un peu en avant. Ecusson arrondi en arrière. Eljtres assez larges , relevées sur les côtés, arrondies à l'extrémité. Segmens de l'abdomen trans- versaux, le premier fort large. Pat;es courtes, miitiques, les proximati , femoribus compla- 4 antérieures rapprochées à la natis , tibiis rectis , triangula- base; cuisses courtes, apla- tis , anticis apice exteriori me- dio incisis , aliis truncatis la- tescentibusque ad finem. i" art° tarsorum recurvo, subgloboso; 2°lunato; 5" bi- lobo , parallelo; 4° minuto; 5° longissimo , duobus ungui culis armato. ties ; jambes à 3 angles , celles de devant creusées au milieu à l'extrémité , les autres tron- quées et élargies au sommet, tarses épais. Le 1 "article cam- bré en avant, globuleux; 2^ en croissant; 3'biloLé, pa- rallèle^ extrémité de chacun garnie en dessous de poils rai- des; 4' très petit; 5^ fort long, muni de deux crochets ro- bustes. ai4 ANNALES Oxycoiynus melanocerus, Chev, PI. 5. Fig. 4. Planus^fuho'nilidus^ rostro (cflindrico), antennis, ocuUs^ genibus^^ tibiis apice tarsisque nigris ) elylris suhcostatis striato punctatis. Habitat in Brasilia. Longit. 4 lin. 1/4 (rostro excluso); rostri, 1 lin. 1/2. Lat. 2 lin. D'un fauve luisant. Trompe noire , h base tant en dessus qu'en dessous fauve; tête avec quelques points; antennes épaisses, premier article de la massue blanchâtre au sommet, les deux derniers entièrement de cette couleur. Corselet aplati, échancré en avant, très-profondément en dessous, coupé droit en arrière, bords relevés, angles presque ronds; le milieu avec quelques points assez gros. Ecusson moyen, arrondi par derrière. Elytres avec huit stries ponctuées séparées par des côtes : elles portent quelques points. La première strie près le suture a deux rang^ées de points ciselés près la base ; les suivantes n'atteignent pas l'extrémité, qui est arrondie; marge couverte de points guillochés , relevée sur les bords. Cuisses courtes, larges, aplaties; jambes droites, courtes, triangulaires, courbées et tronquées au sommet, les quatre postérieures très-finement dentées en dessus. Tarses courts , larges. Dessous du corps sans points. OxycoiyniLs melcmops ^ Chev. Fla^o obsoletus , oculis nigris ^ elytris costatis regulariter striato punctatis y rostro lineari. Habitat in Brasilia. Long. 5 lin. 1/2 cum rostro. Lat. 1 lin. D'un fauve mat. Trompe luisante, un tant soit peu arquée. Tête et dessous du corps sans points. Antennes d'un fauve DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 2,5 brillant. Premier article de la massue, long, conique, les deux derniers blancs , corselet plan, granuleux, coupé droit en avant (très-écbancré en dessous) et en arrière, côtés ar- rondis , à peine relevés. Elytres trois fois aussi longues que le corselet , à côtes relevées. Première strie près l'écusson double à la base , réunie à l'extrémité à la deuxième; les trois, quatre, cinq, six, sept et huitième se joignent également entre elles; vers le sommet elles ne sont pas aussi prolon^-ées que la saturale, la neuvième strie vient immédiatement après la dernière côte. La ponctuation des stries est régulière et ar- rondie. Bord des élytres peu relevés, marge ponctuée. Cuisses et jambes d'une couleur pâle. Tarses en dessous en forme de feuillets. Le premier article de la massue est évidemment plus al- longé et conique que dans le précédent, le dernier est très- Genre LoncophoTUis , Loncophore. Chev. L'insecte décrit par Fabricius et Olivier, sous le nom de Hhynchœnus Parasita, ainsi qu'une espèce nouvelle, consti- tuent le genre auquel j'ai donné le nom de >o7;>jo(poûoç , qui si- gnifie , en grec porte - lance , en raison de la longueur ex- traordinaire du rostre de ces Charençons. Ce genre, par sa trompe presque droite et ses yeux saillans, paraît avoisiner les Anthonomes de M. Germar; mais ses caractères le rap- prochent bien plus du genre Balanine près duquel je le place. Les différences qui l'en distinguent sont d'avoir les élytres al- longées parallèles , les antennes placées dans les mâles près le milieu de la trompe , et vers l'extrémité dans les femelles; ensuite les crochets des tarses sont bifides. M, Lacordaire a trouvé plusieurs de ces insectes vivant sur' les feuilles des arbres! . i6 AMSaLES Caraclères génériques, Jntennes Ibrt longues, très- grêles : funicule de 7 articles; le \'\ dans le mâle, presque aussi long que les 6 qui sui- vent » le dernier lié h la mas- sue; celle-ci mince, de 4 arti- cles. Trompe dirigée en avant , de la longueur du corps ( dans les mâles) filiforme, un peu arquée. Yeux à peu près ronds, la- téraux assez convexes. Corselet trapézoïdal , é- ch ancré sous la tête. Ecusson élevé, punctifor- me. Ehtres .'allongées, parallè- les, arrondies à l'extrémilé. Pattes ibrt longues, les an- térieures surtout. Cuisses ren- flées , dentées. Description : Corps étendu , ailé; aiUennes insérées dans les mâles un peu au delà du milieu de la trompe , dans les femelles près l'extrémité, de 12 articles; le i'"^ droit, très- long et peu renflé h son som- met, alleignant le plus sou- Characler g en cri s. jintemiœ longissimse, valde tenues : funiculo 7 articulalo ; i°arl"fere reliquis longiore, ultimo clavaB conjuncto, cla- va longa, lineari 4 articulata. liostrum (in mare) corpo- ris longitudine, prolatum, fi- liforme, parum arcualum. Ocm/z subglobosi, latérales, sat prominuli. Thorax trapezoidalis pune gulam emarginatus. Scutelhini elevatum, punc- tiforme. Eljirn elongala,suL paral- lela, apice rotundata. Pedes longi, antici longis- simi, femoribus clavatis intus dentatis. Corpus extensum , alatnm. Antennœ in mare versus mé- dium rostri inserlae, frac ta? , 12 articulait; art" 1° longis simo ssepius oculos attengen te , recto , apice crassiusculo ; 2°longo, 5-5 œqualibus , 6-^ brevibus , apice subinflatiaj DE Lh. SOCIÉTÉ ultimo articule clavœ acumina- to. Rostruin in feminâ dimi- dii corporis , scrobe recta , ad oculos desinenie. Oculi supra sub approximati. Thorax an- tice coarctatus , postice fere duplo latîor latitudine,basibi- sinunatus, lateribus rotunda- tus. Scutelluin ex surgens e depressione. Elytra thorace basi latiora, humeris rotunda- lis , vel angulatis , in scutello valdeemarginata versus apicem callosa ; pygidium solum in fe- minisconspicuum. Pedes sub- approximati , recti , femori- bus intus dentatis, tibiis ante- rioribus et intermediis unco valido armatis , posticis tu- mentis. Tarsorum articule i" longo, conico; 2° triangulari; O** lato, bilobo; ultimo elon- gato, arcuato, unguculîs bi- fidis distincte armato. abdo- men 5 segmentis. ENTOMOLOGIQUE> 217 vent les yeux; 2^ allongé; 3-5 presque égaux, 6-8 plus courts , un peu pointus vers le bout; dernier article de la massue distinct, terminé en pointe. Trompe , dans les femelles , moitié de la longueur du corps. Fossettes droites , dirigées' sur les yeux. Yeux un peu plus rapprochés en dessus qu'en dessous. Corselet étran- glé en avant, arrondi sur les côtés, bisinué à la base. Ecusson légèrement allongé , sortant d'un enfoncement. Elytres plus larges à la base quelecorselet, très-échancrées sur Técusson, convexes en dessus , calleuses près l'extré- mité , sillonnées. Pattes assez rapprochées, droites, cuisses munies intérieurement d'une forte épine qui paraît double. Extrémité des 4 jambes anté- rieures armées d'un onglet ai- gu , extrémité des postérieures tronquée. Le 1" article des tarses long conique , 2^ trian- gulaire, 5^ large bilobé, der- nier allongé , arqué, muni de deux crochets' bifides , ceux intérieurs courts ; abdomen de 5 segmens. 2i8 ANNALES Loncoplioriis obliquas i Chev. Albo qUvus , thorace . lateribus , macula laterali Irisona in elyiris , Jusque apice : fuscis. Habitat in Brasilia (Rio- Janeiro). d^ Long. 5 lin. (rostro excluso); rostri 5 lin. Lat. humeris 2 lin. ÇLong. 4 lin. 1/2 (rostro excluso) rostri 5 millim. Lat. hu- meris 2 lin. PI. 5. Fig. 1. o^ a. Trompe vue de côté. b. Antenne grossie. D*un blanc sale. Trompe linéaire d'un brun pubescent , ponctuée. Mandibules infiniment petites , bidentées au som- met. Premier article des antennes n'atteignant pas entière- ment les yeux. Corselet atténué en avant , élargi ensuite et arrondi, obscur, avec une ligne blanchâtre au milieu. Ecus- son blanc , petit. Elytres une fois et demi plus larges à la base que le corselet, parallèles, arrondies à l'extrémité, sillonnées, pubescentes , calleuses ; la tache apicale est d'un brun plus clair que celle des côtés; angle humerai saillant. Pattes rappro- chées, cuisses droites en massue, munies près de leur som- met intérieur d'un éperon large aigu , et d'une petite dent à côté. Jambes légèrement sinueuses , élargies à l'extrémité , avec un onglet crochu aux quatre antérieures. La trompe de la femelle est de la moitié de la longueur du corps. Loncophorus parasita, Fusco ferrugineus, cinereo irroratus , rostro pedibusque ferruginei^. his apice nigro annulatis. Elytris sulcatis. Habitat Cayennae. RkfiLchœnus Parasita, Fab. Syst. Eleut. 1. P., pag. 487, u« 23i. -~ — 0/f>. ^«^ /«j., pag. 2i8,n*'2io^pL i5-i8l<. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQCE. 219 CurcuUo Parasita Fah. Enl. Sjst. Em. 2, pag. 44i> "» igS. — varias Encyc. Ins. 5, pag. 5i5 , tAq 200. — Jlai^o maculatus jToët ., tom. 2, pag. 62, pi. 35 , fig. 6. cf^. — «fo-ro maculatus f^oët, lom. 2, pag. 52, pi. 55, fig. 5, Q. PI. 5. Fig. 2. <7. Trompe de profil. ^;. Patte grossie, c. Cro- chets vus de face. ^«r. p. Fusco obscurus , rostro , thorace pcdihusque ferrugineis , genubus nigricantibus . Loncop. dubius. in mus. meo. f^ar. y, Omnino ferrugineus , elytris cinereo variegatis , fusco subfasciatis . Pi. 5. Fig. 3. a. Trompe du çj^ vue de côté. Long, corporis 4 lin. 1/2 5 lin. Rostri (f 4 lin. Ç 2 lin. 1/2, 3 1/2. Lat. humeris 2, 3 lin. Brun, couvert d'un duvet cendré. Trompe filiforme , de la longueur du corps dans les mâles, et de la moitié dans les fe- melles , sillonnée de la base à l'insertion des antennes , lisse au sommet. Ligne jaunâtre longitudinale au milieu du corse- let. Ecusson cendré, petit. Elytres faiblement sillonnées, fauves, couvertes de poils courts jaunâtres, formant une tache à l'épaule et une autre à l'extrémité. Angle humerai arrondi, re- bordé et aplati en dessus. Cuisses munies intérieurement d'une large épine et d'une petite dent à sa base , marquées, à partir de cet endroit, d'un anneau d'un noir obscur. L'extrémité des quatre jambes de devant armées d'un onglet recourbé. La var. p, que j'avais appelée Lon. dubius^ m'avait paru, ainsi qu'à toutes les personnes à qui je l'avais montrée, devoir former une espèce nouvelle , mais après un mûr examen j*ai été déterminé à la réunir au L. Parasite; elle est d'un brun foncé; ses élytres sont couvertes de quelques poils cendrés ; 220 ANNALES la trompe, le corselet et les pattes sont ferrugineux; Fextré- mité des genoux est noirâtre ,* elle paraît aussi constamment plus grande. La V ar. 7 est tout-à-fait ferrugineuse. Les élytres sont recou- vertes de poils épais jaunâtres , et traversées par 2 ou 5 lignes ferrugineuses. Elle provient de la collection d'Olivier. Nota. M. Germas, dans son Species insectornm , a employé ce même nom pour désigne!" un genre de la famille des Lamellicornes ; mais M. Rirby ayant donné antérieurement le nom de Phanseus au même genre, ce dernier devra être conservé. Description cTuji Tetralobiis noui^eau ^ par 'M, Gory. ( Séance du a mai i83a.) Tetralobus cinereus. Gory, Sénégal ,- du cabinet de M. Gory, Long. 2 pouces 9 lignes. Cinereus , antennarum fascicuio jlahelliformi. Corpus maximum totum cinereum. Elytra neruis obscuris. Fasciculus antennarum € lamelis octo magnis , nigris. PI. 4- Fig. i. Cet insecte varie beaucoup pour la taille , et avait été con- fondu jusqu'à présent par beaucoup d'Entomologistes avec le véritable Elater Flabellicornis de Fabricius et d'Olivier ; mais , après un mur examen sur le véritable Flabellicornis de ces auteurs que possède le JMuséum d'histoire naturelle de Paris, je me suis convaincu que cette espèce , que je donne ici sous le nom d'Elater Cinereus, était tout-à-fait nouvelle. Chaperon légèrement relevé, un peu creusé, vertex caréné. Corselet échancré pour recevoir la tête , rétréci à sa base , ayant ses angles antérieurs arrondis , s'élargissant et ayant ses angles postérieurs avancés , aigus et un peu crochus à leur DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 121 extrémité. Écusson triangulaire. Élytres de la largeur des ter- minaisons des angles postérieurs du corselet , allongées , ar- rondies à leur extrémité. Antennes dans le mâleflabellées, en scie dans la femelle. Entièrement noir, mais recouvert d'un duvet gris extrê- mement fin et serré, qui empêche de découvrir la couleur primitive lorsque les individus sont dans leur fraîcheur natu- relle. Mémoire sur quelques nouveaux genres de l'ordre des Homoptères f par F.-L. de Laporte. (Séance du 2 mai i832,) Les genres que nous proposons dans ce mémoire sont au nombre de huit : presque tous sont très-remarquables par la bizarrerie de leur organisation et par leurs formes remarqua- bles. Nous croyons que les personnes même les plus préve- nues contre la formation de nouvelles causes génériques ne pourront refuser de reconnaître la nécessité de celle-ci. Genre 1. Poiocera. ttoïoç, quis ^ /-ioa;, cornu. Antennes insérées dans une cavité sous les yeux; de trois ar- ticles , les deux premiers très-courts , cylindriques , le deuxième moins large que le premier , le troi- sième très-gros , arrondi , chagriné , terminé par une soie. Rostre long dépassant notablement la base de la troisième paire de pattes. Ocelles assez petits, globuleux, placés latéralement entre les yeux et les antennes. Tarses forts , le premier article long , le deuxième court , crochets petits, arqués , munis d'une membrane. 222 ANNALES • Corps assez large , épais. Têle carrée en dessus , plane. Cor- selet transversal, arrondi en avant et s'étendant en arrière pour former écusson. Pseudélytres grandes , réticulées , dépassant notablement l'abdomen. Ce dernier large , court , mou , de six articles , sans compter Tanus. Pattes fortes, épaisses, surtout les cuisses antérieures. Jambes postérieures longues , offrant plusieurs fortes dents le long du bond externe et une couronne d'épines à l'insertion du tarse. Poiocera Luczoti. PL 6. Fig. i . P.nigra, elftris reticulatis , maculis minutis ferrugincis et maculis pluribus hyalinis conspersis. Long. 5. Larg. 3. Noir, yeux bruns, partie antérieure du corselet ridée trans- versalement. Pseudélytres réticulées , parsemées de points fer- rugineux , une tache jaune au bord latéral en arrière , plu- sieurs autres assez grandes et hyalines vers l'extrémité. Ailes hyalines. Abdomen d'un brun noir bordé latéralement de rouge. Nous avons dédié cette espèce à M. Luczot, qui a bien voulu nous la communiquer. Genre 2. Germaria. Antennes insérées sur les côtés de la tête à l'angle antérieur . des yeux , composées de trois» articles ; les deux pre- miers très-courts, renflés , surtout le deuxième; le troisième fdiforme et très-long. Rostre courte de deux articles, ne dépassant pas la base des cuisses antérieures. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. a23 Ocelles assez rapprochées , placées sur le front entre les yeux. " Tarses garnis en dessous d'épines , de trois articles ; le premier long, le deuxième le plus court. Crochets courts, larges, munis de membranes. Tête presque carrée , arrondie et un peu sinueuse en avant. Corps allongé, h eôtés presque parallèles. Corselet formant un angle latéral, prolongé en arrière, échancré postérieure- ment , élevé au milieu en une carène arrondie et dirigée en avant en forme de capuchon. Écusson un peu transversal , triangulaire. Pseudélytres longues, parallèles, dépassant sen- siblement Tabdomen. Celui-ci composé de six segment égaux (du moins dans la femelle, seul sexe que nous en connaissons). Anus assez petit. Pattes moyennes assez grêles , les posté- rieures longues. Jambes de celles-ci garnies de rangées d'é- pines. Ce genre nous semble devoir suivre celui de Ledra. Germaria Cucullata. Fig. 2. Fusco nigricans , thoracc cucidlaio; pseudelytris rubro pallide ma- culatis. Stoll ? PI. 7, fig. 34. Long. 8 1/2 lig. Larg. 2 lig. D'un brun noir , pseudélytres un peu plus claires , parse-^ mées de quelques taches rougeâtres. Ailes noires. Cayenne. Genre 5. Schizia, oylrjii^Jissio. Antennes insérées sous la tête , au dessous des yeux , de trois articles; les deux premiers un peu arrondis , le troisième allongé et terminé par une soie. ?24 ANNALES Rostre loDg , atteignant la base de la troisième paire de pattes. Tarses de trois articles ; le troisième assez long , crochets très- larges. Ocelles au nombre de deux, situées sous la partie infé- rieure de la tête. Tête avancée , bifide en avant. Tête large transversale , bifide en avant. Yeux latéraux assez saillans. Corselet prescjïie carré, élargi en arrière aux angles postérieurs, prolongé et arrondi en dessus de l'écus- son; celui-ci triangulaire, allongé, assez grand. Pseudélytres longues , disposées en toit , abdomen large , court , fendu longitudinalement dans les femelles. Pattes moyennes, sans dentelures ; les postérieures longues. Ce genre doit être placé après celui A'OEihalion^ de MM. Lepeletier et Serville. Sclîizia Servillei. (Fig. 3.) Fusco Jla^esccns ^ lineis longiludinalibus nigris ) pseadely tris crasse reticulatis. Long. 4 1/2. Larg. 1 i/5. D'un brun châtain jaunâtre. Tête avec une bande transver- sale noire sur la partie inférieure de son aplatissement. Partie interne de ses deux avances de même couleur. Corselet fine- ment pranuleux, offrant au milieu une légère ligne élevée qui se prolonge sur l'écusson, et quatre bandes longitudinales larges et brunes ; les angles postérieurs et les bords latéraux sont de même couleur. Ecusson brun avec un trait jaune au milieu qui en couvre aussi l'extrémité. Pseudélytres hyalines, parcourues par de fortes nervures et réticulés en arrière. Ces DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ^20 nervures sont jaunes près de la base et noires dans le reste de leur longueur. Jambes annelées de noir. Brésil. J'ai dédié cette espèce au savant entomologiste M. Serville. Genre 4. Alypa. a , priv. tùttos , forma. Antennes insérées dans une cavité sous le rebord antérieur de la tête, de troi* articles; les deux premiers très- courts , assez forts , le dernier allongé et se prolon- geant en une longue soie. Ocelles au nombre de deux , assez écartés et situés entre les yeux. Tarses de trois articles ; les deux premiers courts, surtout le deuxième ; le troisième long , terminé par des crochets très-larges. Rostre très-court. Tête transversale très-large, offrant en avant un labre quadridenté. Tête très-large , yeux gros transversaux. Corselet à angles huméraux proéminens. li couvre tout le dessus du corps , se termine en arrière par une pointe aiguë , et offre en dessus une bosse très-élevée. Pseudélytres recouvertes en partie par les bords latéraux du corselet. Abdomen court triangulaire. Anus des Ç comme dans les cigales du même sexe. Pattes moyennes, jambes offrant des lignes longitudinales; les pos- térieures longues et présentant une série de faibles épines. Ce genre est très-voisin de celui de Centrotus , dont il dif- fère essentiellement par la tête. AtypaGibba. (Fig. 5.) Fusca , thorace hi-gibboso, postice macula lutea. Long. 6. Larg. 4- D'un brun un peu violet. Tête d'un jaune livide. Cor- 226 .;•[%' ^'1 f^'lOÎ' ANNALES selet élevé et formant, deux bosses , l*une placée vers le milieu du corps/et l'autre dirigée en avant. Il offre une tache jaune en arrière.- Corps et pattes noirâtres. Brésil. Genre 5. Pterygia. T^rspuÇ, ala. Antennes insérées latéralement dans une cavité sous les yeux, de trois articles; les deux premiers très-courts, à peine visibles ; le troisième se prolongeant en une soie assez longue. Ocelles au nombre de deux , globuleux , petits , placés entre les yeux. Tarses composés de trois articles; les deux premiers très- courts , presque globuleux; le troisième long. Cro- chets très-élargis. Corselet prolongé en arrière jusqu'à l'extrémité du corps , et formant en avant deux sortes d'ailes élevées. Tête plane , presque carrée , un peu arrondie en avant. Yeux assez gros. Corselet prolongé en arrière, atteignant l'extrémité de l'abdomen et formant en avant deux bosses élevées, placées l'une h côté de l'autre eu forme d'ailes. Ces parties sont renflées à l'extrémité. Pseudélytres assez longues. Abdomen un peu allongé , triangulaire , formé de six segmens. Pattes moyennes, jambes très-élargies , très-dilatées. Tarses courts , grêles. Ce genre doit venir après celui de Membracis. Pterygia Maquarti. (Fig. 6.) Rugosa, nigra, thoracis medio subelei^ato , tarsis luteis. Long. 1 i/i lig, Larg. 3/4 de lig. Noir, Irès-rugùeux. Corselet offrant en ayant une ligne Ion- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 227 gitudinale élevée au milieu. Il forme une petite bosse au dessus du milieu du corps et derrière les élévations en forme d'ailes. Bord inférieur des pseudélytres fortement ponctué. Tarses jaunes (1). Var. D*un brun olivâtre. Brésil. Nous avons dédié cette espèce au savant M. Macquart, dont les ouvrages en Entomologie sont bien connus. Genre 6. Acanthicus , azav0r/ô;, Spinosus. Antennes situées dans une cavité sous les yeux; les deux pre- miers articles très-courts , à peine visibles ; le troi- sième en forme de soie allongé. Ocelles non visibles» Tarses de deux articles ; le premier très-court , le second long. Crochets larges. Corps épineux. Tête surmontée d'une avance du corselet bifide à l'extrémité. Pseudélytres raccourcies. Tête large, transversale, yeux gros. Corselet surmonté d'un prolongement dirigé en avant et bifide à l'extrémité. Abdomen offrant plusieurs longues épines. Anus relevé. Pseudélytres très-courts , de matière coriace. Pattes assez longues : les pos- térieures garnies de plusieurs séries de poils. Nous pensons que Fabricius aurait placé les insectes de ce genre dans celui de Centrotus. Nous n'en connaissons que des espèces américaines. (i) Les deux individus de cette espèce que nous avons vus sont dans quelques endroits revêtus de petites taches jaunâtres, mais elles nous paraissent accidentelles. 328 ANNALES Acanthiciis Stolii. F us eus ^ nigro maculatus , abdomine spinis octo. Stoll. PI. i6. F. 85. Long. 3. Larg. i 1/4. D*un brun jaune , avec plusieurs taches et lignes noires. Corselet prolongé postérieurement en une pointe relevée. Abdomen avec deux fortes épines à la base, et trois autres de chaque côté en arrière. Abdomen noirâtre. Pattes jaunes. Brésil. Acanthicus Desmarestii. (Fig. •;.) Rubra, lineis numerosis albis ^ abdomine spinis scx. Long. 2. Larg. 1. D'un brun rouge avec des parties noires et des lignes assez nombreuses d'un beau blanc. Corselet terminé en arrière par un angle non relevé. Abdomen avec deux épines à la base et deux autres de chaque côté , placés obliquement en arrière. Pattes brunes. Brésil. Nous ne pouvions mieux dédier cette jolie espèce qu'à M. le professeur Desmarest , qui a bien voulu nous la coui- muniquer. Observation. Le genre Bocjdium de M. Latreille , formé avec la première division des Centrotus de Fabricius , nous semble réunir des insectes dont les caractères autorisent la création de quelques nouvelles coupes génériques. Nous pro- posons de le diviser de la manière suivante : DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQLIE. 299 Genre Bocyclium. Corselet élevé au milieu et dirigé en avant. Ce prolongement trifide à l'extrémité, l'un de ces bras s'étendant au dessus de l'abdomen. Tête large , yeux gros , ocelles placés entre les yeux. An- tennes à deuxième article un peu renflé; le troisième terminé par une longue soie. Ecusson distinct. Pattes moyennes : les postérieures longues, assez grêles , garnies de plusieurs séries longitudinales de poils raides. Tarses grêles, de trois articles; le deuxième très court. Crochets longs. Beaucoup d'espèces exotiques rentrent dans ce genre. Genre Sphaeronotus. Corselet élevé au milieu et dirigé en avant. Ce prolongement se divisant h l'extrémité en plusieurs bras, dont l'un s'étend au dessus de l'abdomen; les autres sont terminés par des boules. Forme du genre Bocydium. Centrotus Globularis Fab. Genre Cyphonia. z^wv , Furcijer. Corselet élevé postérieurement et dirigé en arrière , en for- mant une fourche trifide. Tête large, yeux gros , deux petits ocelles entre les yeux. Antennes à deux premiers articles très-courts; le premier presque carré , le deuxième ovalaire , le troisième terminé par une longue soie. Pseudélytres longues. Pattes moyennes : les postérieures longues et garnies de plusieurs séries longitudi- a5o ANNALES nales de poils épineux. Tarses de trois articles : le premier le plus long , le deuxième très-court , le troisième assez long. Crochets larges. Il faut rapporter à ce genre les Centrotus Clai^atus , Clu- viger^ et probablement Trifidus de Fabricius. Nous en avons figuré ici (fig. 4) une espèce qui nous semble nouvelle. Cyphonia Ornata. (Fig. 40 Nigra , thorace antice spinis quatuor ; ahdomine riibro ; thôracis lateribus albis. Long. 2 1/4. Larg. k Noir parsemé de quelques longs poils. Corselet offrant quatre épines à la partie antérieure : les deux premières lon- gues , arquées; les deux suivantes plus courtes; l'on voit une tache d'un blanc jaune de chaque côté. Pseudélytres un peu jaunâtres et hyalines. Abdomen rouge avec l'extrémité noire. Brésil. Explication de la planche 6. Fig. 1 . Poiocera Luczoti. a. Tête vue en dessus. b. Antenne grossie. c. Tête vue en dessous. d. Tarse grossi. Fig. 2. Germaria Cucullata. Fig. 5. Schizia Servillei. a. Tarse grossi. Fig. 4. Cyphonia Ornata. a. là. id. de côté. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUB. 23i Fig. 5. Atypa Gibba. a. Tête et corselet vus de face. h. Tarse grossi. Fig. 6. Pterygia Macquartî. a. Tête et corselet de face. Fig. 7. Acanthicus Desmaresti. a. Tête et corselet vus de face , de V Acanthicus Stolii. bc Tarse grossi. BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. ANN^E l832. 2* TRIMESTKE. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Séance du 4 avril.) Correspondance. — Lettres d'acceptation de MM. Desma- rest et de Humboldt (pag. 20 et 21), Ouifrages offerts. — Première livraison de la partie Ento- mologique du voyage de V Astrolabe, par M. Boisduval. Communications. — M. Audouin présente une nouvelle li- vraison de l'ouvrage de MM. Brandt etRatzburg, sur les ani- maux employés dans la thérapeutique. Cette livraison contient plusieurs planches représentant des Mylabres , des Lytta et des Méloé , l'anatomie de la Cantharide et de sa larve. M. Lefebvre communique l'observation qu'il a faite sur deux Lépidoptères nocturnes de la tribu des Tinéites , la Pœdisca Semimaculana , d^ (Hub.), et la Pœd, Ratana , Ç (Hub.) , qu'il a pHs accouplés le 20 juillet i'83i. Il pense qu'il en pourrait être de même de deux espèces de la même ^o'i ANNALES tribu, les Teras Emavgana^ d^ (Fab.) , et les Ter. Fffrac- lana , Ç (Hub.) , qu'il surprit au mois de septembre suivant dans la position de l'accouplement , sans cependant qu'elles fussent réellement accouplées. Il croit que la première pour- rait bien n'être qu'une variété de la seconde , vu ie petit nom- bre d'individus qu'on en rencontre, leur même localité et leur même époque d'apparition. MM. Boisduval et Rambur obser- vent que les Pœd. Semlmaculana et Batana ne sont peut- être aussi qu'une même espèce. M. Lefebvre présente aussi une remarque curieuse que lui communiqua , à son passage à Vienne , M. ïreitschke : c'est l'accouplement de la ^ygena Fiîlpendulœ Ç avec la Zyg. EphioAtes c^ jaune, hybrisme dont il eut souvent la preuve. M. Lefebvre en vit deux paires se tenant encore ensemble dans sa collection, sur cinq qu'il avait prises en iSiy^M- Treitschke pense que la Zyg. Ephialtes rouge doit naissance h cet ac- couplement hybride, vu que, d'après ses observations, il n'y a jamais d'accouplement soit entre la Zyg. Ephialtes jaune et rouge , ou bien entre les Ephialtes rouges , soit enfin entre VEphialtes rouge et la Filipendulœ. Ce même auteur obtint de l'accouplement des SalurJiia Carpini et Spini ^ trois che- nilles un peu semblables h celles du Carpini, c'est-à-dire, vertes tigrées de noir , ou noires tigrées de vert ( dont M. Le- febvre vit les dessins); mais, bien qu'elles aient fdé , elles u'ont donné aucun résultat. De ces faits , et d'autres connus de ce genre, M. Lefebvre induit que dans des espèces excessivement voisines , l'organi- sation des parties génitales étant sans doute à peu de chose près la même , il peut se trouver de ces êtres qui doivent l'existence à de pareils hybrismes, sans cependant oser ayau- cer pour cela que ces çtres soient h leur tour susceptibles de reproduction. # A, ce sujet , M. Audouin cite l'observation qu'il a faite sur DE Là société ENTOMOLOGIQUE. a35 l'accouplement de la Coccinella Bipunctata. Il en a élevé un grand nombre d'individus , les a vus s'accoupler, et a été té- moin de la ponte des femelles. Après la fécondation des œufs, il en est sorti de petites larves qu'il est parvenu à élever jusqu'à leur métamorphose en insecte parfait. A cette occasion il a voulu tenter quelques expériences sur leur hybrisme. On sait que très-souvent on rencontre la Cocc. Dispar accouplée avec la Cocc. Bipunctata, M. Audouin a mis en rapport ces deux espèces^ et les a vu en effet s'accoupler; les femelles fécondées n'ont* pas même tardé à pondre , mais toujours ces œufs ont été stériles : ce fait s'est reproduit jusqu'à six fois. M. Audouin croit pouvoir en tirer la conclusion que , si ce n'est toujours , au moins dans bien des cas, il ne résulte aucun produit fé- cond du produit accidentel de ces deux espèces , et il pense qu'il peut en être de même dans la plupart des accoupîemens qu'on a observés entre des espèces différentes. C'est, selon lui, en rendant ce produit stérile que la nature a maintenu dans leur intégrité les caractères propres à chaque espèce. MM. Bois- duval et Rambur appuient cette opinion. Lectures. — Les Bombyx Pyliocampa et Chelonia Pudica, pag. 201 , par M. Devilliers (de Chartres). Monographie d'un nouveau genre d'Hémiptères Hétérop- tères {Heteronotus) ^ par M. de Laporte, pag. 96. Membres reçus. — MM. Drapiez (de Bruxelles), Léon Du- four (de Saint-Sever ) , et Lépine (de Paris). (Séance du t8 avril.) Ombrages offerts. — Supplément aux Lépidoptères de France de M. Duponchel , par l'éditeur des Annales. Communications. — M. Audouin communique une traduc- tion manuscrite d'un ouvrage allemand de MM. Hcmpricli cl 334 ANNALES Ehrenberg , ayant pour titre : Prodrome des espèces de Scorpions propres au nord de V Afrique et à î Asie occi- dentale. Ce travail , dans lequel les auteurs établissent plu- sieurs genres nouveaux , a été récemment revu par eux , et fait partie du grand ouvrage de M. Ehrenberg sur son voyage en Afrique. Lectures. — Monographie d'un nouveau genre de Curcu- lionites (Otiocephalus) , par M. Chevrolat, pag. 98. Note sur un nouveau genre {Reaumuria) de Lépidoptères nocturnes, tribu des Cheloniens , par M. Rambur. Ce genre comprend la Chelonia Parasita et la Chel. Corsica, nouvelle espèce rapportée par lui de Corse. Membres reçus* — MM. Cantener (de Strasbourg), Charles ISodier (de Paris), Dupont (id.), Graslin (de Château-du- Loir), Marchand (de Chartres) , Merck (de Lyon), Mulsant ( id. ) , Rippert (de Beaugency) , Du Traigiiaux ( de Paris) > c^t de Yilliers (de Chartres). (Séance du 3 raai.) Ouvrages offerts. — Deux livraisons du Supplément aux Lépidoptères de France de M. Duponchel , par l'éditeur des Annales. Communications. — M. Audouin présente la première li- vraison des nouvelles Annales du Muséum d'histoire natu- relle de Paris , dans laquelle se trouvent deux mémoires de M. Latreille : l'un sur les Aranèides quadripulmonaires , l'autre sur les Insectes Coléoptères de la tribu des Denti- er ares , famille des Brachélytres^ M. Milne Edwards rend compte d'un travail qu'il a présenté b l'Institut relatif à l'anatomie comparée des Crustacés Dé- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 255 capodes et à la classification naturelle de ces animaux. Il a trouvé qu'il existe dans cet ordre trois modifications princi- pales d'organisation , et il le divise par conséquent en trois sections , au lieu de deux , comme on l'avait uni jusqu'ici.. M. Milne Edwards conserve à deux de ces groupes les noms déjà employés de Brachyures et de Macroures , et il donne à la nouvelle division qu'il établit celui à! Ajiomoures , à cause de la disposition anomale de leur abdomen (ou queue). Les Crustacés qui forment ce groupe naturel diffèrent des autres Décapodes par un grand nombre de caractères soit anatomi- ques, soit zoologiques; ils se distinguent facilement des Bra- chyures par la position des organes femelles de la génération , et des Macroures par l'organisation de leur abdomen , qui ne présente pas en dessus de pattes natatoires , mais seulement des filamens ovifères comme tes Brachyures. La section des Anomoures se compose des genres Ranine , Dromie , Dapro- mène , Homole , Albunée , Hippe , Rémipède , Pactole , Por- cellane , Birgus et Pagure. Lectures. — Mémoire sur un nouveau genre de Diptères de la famille des Tipulaires (Xiphiua), par M. Brullé, pag. 2o5. Mémoire sur un nouveau genre de Charensons (Locco^. pJioras), par M. Çhevrolat, pag. 216. Mémoire sur un Elateride uou\eau(TetjaIobiis Cuiereus), par M. Gory, pag. 220. Mémoire sur plusieurs genres nouveaux d'Homoptères, par M. de Laporte, pag. 25^1. Mémoire sur un Lépidoptère nouveau , famille des Pseudon bombycites (^/e^a^oma Repanda) , par M. Feisthamel. Membres j^erus. — ]\1M. de Saint-Marccaux (de Reims) et Mathieu (d'Orléans). 236 ANNALÈîS (Séance du i3 juin.) Correspondance. — Lettre d'acceptation de M. Kirby^ pag. 117. Ouvrages offerts. — Preniière livraison de l'Iconographie des Chenilles des Lépidoptères de France de M* Duponchel , par l'éditeur des Annales. Deux mémoires de M. Latreille , extraits des Annales du Muséum d'histoire naturelle , Tun sur les Aranéides quadri- pulmonaires , l'autre sur les insectes Coléoptères de la tribu des Denticrures , par l'auteur. Monographia ïenthredinetarum de M. le comte Lepeltier de Saint-Fargeau , par l'auteur. Première décade d'une centurie de Lépidoptères de l'île de Cuba, de M. Poey, par l'auteur. Description et figure de V Heterosternus Buprestoïdes de M. Dupont, par l'auteur. Communications. — Le secrétaire , en faisant part de la mort de M. Cuvier, membre honoraire, annonce qu'une dé- putation , composée des membres du bureau , et à laquelle se joignirent la plupart des membres de la société, escorta le cortège funèbre et se fit un devoir de soutenir pendant une partie du trajet les restes de ce grand homme. M. Audouin lit une notice nécrologique sur M. Cuvier et fait circuler des dessins originaux d*insectes accompagnées de leurs descriptions , faits de la main de ce grand naturaliste , à l'âge de dix-huit ans. M. Lefebvre donne lecture d'une lettre sur une apparition considérable de Hannetons (MelolontJia Kulgaris) qui, le 18 mai dernier, h neuf heures du soir, assaillirent, au sortir du village de Talmontiers , la diligence sur la route de Gournay h Gisors (Eure) avec une telle violence, que les chevaux ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. aS; effrayés , obligèrent le conducteur à rétrograder jusqu'au vil- lage pour y attendre que cette grêle d'une nouvelle espèce eût cessé. Il annonce également que diverses apparitions semblables ont eu lieu sur différons points de la France , où cet insecte a commis des ravages considérables. Il appelle l'attention de la Société sur les moyens à employer pour détruire cet in- secte et pour prévenir ses ravages. M* Farkas, Entomologiste Hongrois, qui assiste à la séance, annonce que dans son pays on les utilise en obtenant d'eux , par le moyen d'une forte ébullilion , une substance huileuse , employée avec succès pour graisser les roues des voitures. M. Godet rapporte qu'en Suisse on prévient en partie les ravages de ce Mélolontbe en donnant une prime aux enfans , qui en rapportent de grandes quantités , et que souvent on s'est aperçu des effets avantageux de ce moyen. M. le président prend en considération ces observations , et engage les membres de la Société à tenter des expériences dans le but d'utiliser ces insectes , et en même temps de les détruire. M. Audouin pense qu'il se pourrait qu'il y eût émigration de ces insectes lorsqu'ils ont tout détruit dans les lieux où ils abondent. M. Godet appuie cette opinion, et rapporte à ce sujet qu'il fut témoin , sur les bords du lac de Neufchâtel en Suisse , en juillet 1828 , du passage d'une nuée de la V ancssa Uitlcœ qui dura une demi-heure, en se dirigeant du N.-E. au S.-O. M. Lefebvre parle d'une grêle de VOEdipoda Cru- ciata [Charp.) dont il fut témoin, le 9 juii> 1829 , dans les campagnes de Smyrne , et surtout au sommet de la citadelle , où cet insecte bruissait , vers midi , comme une forte pluie , et couvrait la terre à environ deux pouces d'épaisseur. Lectures. — Mémoire sur les sens des insectes , et princi- 238 ANNALES paiement sur Forgane de l'ouïe , par M. Luczot. Cette lecture fait naître une discussion sur l'organisation interne des Inver- tébrés et sur la force de leur vitalité. A ce dernier sujet M. Lefebvre rapporte qu'ayant piqué un Ceramhix Moscha- tus , vers la fin de l'automne , il le retrouva vivant au mois de février suivant; et qu'en Provence, en 1823, ayant piqué avec une aiguille , à travers le thorax , une Araignée de la fa- mille des Thomises et surpris de la revoir encore vivante au bout de quinze jours , il eut l'idée de la nourrir avec des mouches , et la t:onserva ainsi plus de deux mois , époque h laquelle il la fit périr en la plaçant par mégarde dans une boîte camphrée. Dans une expérience pareille, répétée par lui en Normandie il y a un an , il conserva une pareille Aranéide en- viron quatre semaines. M. Lepeletier de Saint-Fargeau observe que dans ces dîf- férens cas il n'y avait sans doute pas eu émission de la liqueur interne , émission qui , trop abondante , provoque la mort dans les insectes. A ce sujet il cite la faculté qu'ont les Araignées, lorsqu'une de leurs pattes a été cassée , de s'arracher le reste de cette patte, mais dans l'articulation humérale; alors, par une contraction des lèvres de la plaie , l'hémorrhagie n'a pas lieu. M. Audouin communique quelques observations, faites de concert avec M. Milne Edwards , sur plusieurs Crustacés , qui ont, comme on le sait, la faculté de reproduire leurs pattes. La manière dont se fait cette reproduction a été assez bien observée , mais on a apporté moins d'attention à l'étude des circonstances très-curieuses qui précèdent ce singulier phéno- mène. M. Audouin prend pour exemple le Tourteau , connu vulgairement sur nos côtes sous le nom de Poupart , et dit que si on vient h briser une de ses pattes dans un point quel- conque de sa longueur, autre que le petit article qui suit la hanche , le Crabe , qui du reste ne paraît pas en souffrir ex- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. 259 trêmement, remédie de lui-même à cette opération mal faite en se pratiquant une nouvelle amputation du membre dans le seul lieu convenable. Mais, tandis que l'Araignée s'arrache la patte, le Tourteau, qui ne peut agir de môme, employé un moyen tout autre et non moins efficace : on le voit, afin de se débarrasser de la portion du membre inutile , raidir la jambe ou le moignon de jambe qui lui reste. Bientôt l'efTet est pro- duit , un petit craquement a lieu h la base de la patte , et plus particulièrement dans le petit article qui fait suite à la hanche, et que M. Savigny (Mém. sur les Anim, sans vert., 1'* part., pi, 3, fig. 1. g'jlett. c.) considère comme le premier article de la cuisse ; ce craquement résulte d'une fracture circulaire qui vient de se faire dans la substance calcaire , et la contraction volontaire de certains muscles en est uniquement la cause : aussitôt la portion du membre qui se trouve détachée tombe d'elle-même. Ce qui est curieux, c'est de voir que le Tourteau peut ainsi, par cette fracture d'un nouveau genre, s'am- puter volontairement et successivement les différentes pattes lorsque celles-ci ont perdu quelques-unes de leurs pièces. Le bourgeon qui doit donner naissance à un nouveau membrç ayant toujours son origine à la hanche , on conçoit combien il était important pour l'animal que l'amputation pût toujours s'effectuer vers ce point. C'est aussi là qu'elle se fait le plus ordinairement, et quelquefois avec la plus grande facilité, car, lorsqu'on saisit un de ces crustacés par une ou plusieurs de ses pattes , il n'est pas rare qu'il échappe en les laissanl!Wtre les mains de l'observateur. Mémoire sur une nouvelle disposition de l'ordre des Né- vroptères , par M. Brullé (1). Cet Entomologiste ne laisse dans cet ordre que les genres à métamorphoses complètes » (i) Ce mémoire est desliiié à être inséré clans la partie Entomologique de l'ouvrage publié par l'expédilion scientifique de Morée. i4o ANNALES qui sont la plupart de ceux de la famille des Planipennes de M. Latreille. Il renvoie parmi les Orthoptères les Man- tispes, les Raphidies et les Psoques, et forme, avec les Li- Lellulines , les Éphémères et les Perles , un ordre particulier sous le nom de Dictyoptères. Les Termites en constituent un autre qu'il appelle Isopières. Enfin il adopte Tordre des Tri- choptères que M. Kirby a formé avec la Friganes. Descriptions d'un nouveau genre de Charensons de l'ordre des Orthocères, par M. Chevroiat , pag. 21 5. Mémoire sur un nouveau genre de crustacés Macroures ( Isea ) , formant un passage entre les Paguriens et les Tha- lassinites, par M. Guérin. Membres reçus. — MM. Blondel (de Versailles), Bohe- man (de Grenna en Suède), de Chauvenet (de Hesdin) , Louis Coulon (de Neufchâtel en Suisse), de Fons-Colombe (d'Aix en France), Guénée (de Châteaudun), le comte de Jousselin (de Versailles), Lacordaire (de Paris) , Lorey (de Dijon), Melly (de Manchester en Angleterre), le comte de Saporta (d'Aix en France), Schonherr (de Skara en Suède), et le colonel Saint-Yon (de Paris). DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 241 VOYAGES. DÉPARTS. ARRIVÉES. NOUVELLES DIVERSES. M. Bohéman , savant Entomologiste suédois , est parti der- nièrement avec plusieurs naturalistes pour explorer la Lappo- nie. L'Entomologie et l'Ornithologie sont le principal but de leur voyage. M. Lacordaire , parti en i85o pour Caïenne, vient d'arriver avec de nombreuses collections Entomologiques , consistant surtout en Coléoptères. M. Goudot, connu par ses précédens voyages tant à Tanger qu'en Espagne, et surtout par son dernier à Madagascar, est retourné dans cette île. Il vient d'écrire qu'heureusement arrivé à sa destination , il n'a pu cependant pénétrer dans l'in- térieur, vu la guerre dans laquelle se trouve engagée en ce moment la reine des Owas ; et que momentanément il s'est fixé sur la côté, où il a néanmoins en insectes recueillis déjà beaucoup d'objets intéressans. NÉCROLOGIE. Au moment où la science vient de perdre le grand homme qu'elle regrettera éternellement , nous croyons faire plaisir aux Naturalistes en leur donnant le fac-similé de la lettre que M. le baron Cuvier s'empressa le premier de répondre à la Société. Le discours nécrologique sur M. Cuvier, par M. Audouin , prononcé à la séance du î5 juin, fera partie du prochain nu- méro. 242 ANNALES OUVRAGES D'ENTOMOLOGIE PUBLIÉS DEPUIS LE l" AVRIL l832. (2* trimestre.) FRANÇAIS. ICONOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLÉOP- TÈRES D'EUROPE, par M. le comte Dejean et M. J.-J. Boisduval; tome II , LIVRAISON i3^ Paris , Méquignon-Marvis. Prix de chaque livraison , 6 fr. HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES, OU PAPILLONS DE FRANCE, par Godart, continuée par M. Duponchel ; tome VIIÏ^ deuxième partie, nocturnes; tome V, deuxième partie, livraisons 4 et 5. Paris , Méquignon-Marvis, Prix de chaque livraison , 3 fr. SUPPLÉMENT A L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES OU PAPILLONS DE FRANCE , par M. Duponchel; tome I" , livrai- sons 2 et 3. Paris, Méquignon-Marvis. Prix de chaque livraison, 3 fi*.' ICONOGRAPHIE DES CHENILLES, pour faire suite à l'ouvrage in- titulé : Histoire naturelle des Lépidoptères ou Papillons de France, pat^ M. Duponchel ; tome L' , a^ livraison. Paris, Méquignon-Marvis. Prix de chaque livraison , 3 fr CENTURIE DES LÉPIDOPTÈRES DE L'ILE DE CURA, contenant la description et les figures coloriées de cent espèces de papillons nou- veaux ou peu connus, par Ph. Poëj; ae livraison. Paris, J. Albert Mercklin. Prix de chaque livraison contenant dix planches coloriées , lo fr, ICONOGRAPHIE DU RÈGNE ANIMAL DE M. LE BARON CU-' VIER, par F.-E. Guérin; livraisons i8, 19 et 20. Paris, J.-B. Baillière. Prix de chaque livraison en noir , 6 fr. Figures coloriées , i5 fr. MAGASIN DE ZOOLOGIE , par M. Guérin , quatrième livraison. Pa- ris, Lequien. Le volume de 5o planches coloriées et texte, 18 fr. DE LA SOGIKTE ENTOMOLOGIQUÉ. ^'5 ICONES HISTORIQUE DES LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX OU PEU CONNUS, collection avec figures coloriées des Papillons d'Eu- rope nouvellement découverts, par le docteur Boisduval. Paris , Roret. 2,3 et 4e LIVRAISONS. Prix de chaque livraison , 3 fr. COLLECTION ICONOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE DES CHE-^ NILLES, ou Description et figures des Chenilles d'Europe, par le docteur Boisduval. Paris , Roret. 2 et 3^ livraisons. Prix de chaque livraison ,. 3 fr. EXPÉDITION SCIENTIFIQUE DE MORÉE , partie Entomologique , ^ar M. Srullé, 2 premières livraisons. Paris, Levrault , éditeur. Prix de chaque livraison , 12 fr. DICTIONNAIRE CLASSIQUE D'HISTOIRE NATURELLE; par une réunion de Naturalistes, sous la direction de M. Bory de Saint-Vin- cent. Tome XVII et dernier , composé de l'explication des planches ; par M. Bory de Saint-Vincent. — Paris, Rey et Gravier. — Celte partie de l'ouvrage offre déjà quelques supplémens aux volumes préeédens, et les complète. NOUVELLES ANNALES DU MUSÉUM D'HISTOIRE NATU- RELLE , etc. , publiées par les professeurs de cet établissement et par d'autres naturalistes. — In-40 avec fig. , première livraison. Paris, i832, Roret. Cette livraison contient, entre autres travaux, les Mémoires de zoo- logie dont suivent les titres : w 1° Essai de classification naturelle des Vespertilions , et description de plusieurs espèces de ce genre , avec a planches noires , par F. Cuvier. — 20 Essai pour servir à la détermination de quelques animaux sculp- tés dans l'ancienne Grèce , et introduits dans un monument histori- que enfoui durant les désastres du troisième siècle ; par M. Geoffroy Saint- Hilaine. — 3° Sur le poisson appelée Mâchera, avec i planche noire, par M. le baron Cuvier.— 4* Description de plusieurs espèces nouvelles de poissons du genre Apogon , avec i planche noire ; par A. Falenciennes. — 5" Vues générales sur les Aranéides à quatre pneu- mobranchies ou quadripulmonaires, suivies d'une notice de quelques espèces de Mygales inédites et de l'habitation de celle qu'on nomme Nidulans ; par M. Latreille. — 6* Considération sur les insectes Coléo- ptères de la tribu des Denticrures, famille des Brachély très ; par M. La treille. ^44 ANNALES f:OMPLP:MENT DE L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈ- RES DE FRANGE , etc. , par M. Duponche.l. ~ Iconographie des che- nilles. Première livraison, in-S" , avec 3 planches coloriées. Cette livraison, parfaitement traitée sous le double point de vue de la science et de l'art, réalise complètement Tespoir que les Entomologistes avaient conçu en voyant le nom justement recommandable de M. Dupon- chel en tête de cet ouvrage. ETRANGERS. CENNI soprale Variazioni a cui vanno soggelte le farfalle del gruppo 3Ielitœa. Di Carlo-Luciano Bonaparte , principe di Musignano Extrait de l'Antologia , n'^ laS. Mai i83i. Petite notice de quatre pages in-8o , accompagnée d'une planche colo- riée représentant le Melltœa phœhe , var. melanisca. SYMBOL^E PHYSICtE , Hemprich et Ekrenberh. Animalia everlebrala exclusis insectis percensuit i?. G. Ehremberg. Séries prima cum tabula- rum décade prima. Berolini , i83i. — In-fol. de dix planches. MONOGRAPHIE DER CARABIDEN , son Zemmermann. Berlin, i832. In-8*' de 76 pages , sans planches. Description en allemand avec phra- ses latines. GETTRUE DARTELLUNG und Beschreibund derthiere; die in der arzneimiltellehre in Betracht kommen , von Brandt und Ratzeburg, Berlin, i83o. — In-8'' accompagné de 5 planches coloriées. Ouvrage en Wemand traitant de l'usage des insectes en médecine dans lequel on a représenté ceux qui offrent quelques propriétés remarquables. SPINX VESPIFOR MIS , an essay by Hedward Newman, at Fr. Westley, slationers' hall court, London. Prix , 5 fr. Cette notice est précédée de considérations générales sur les insectes, et accompagnée de plusieurs tableaux de classification. BOMBI SCANDINAILE , monographice fractali et Iconibus illustrati. Spécimen acaderaicura , respondente P. W. Brandsten. Londini Gotho- rura , i832. ' DE LA SOCIÉTÉ ENT05I0L0GIQUE. 245 LETTRES. ( ÉTRANGERS. ) Lettre de M. Klug. Monsieur , J# voulais depuis assez long-temps vous exprimer le plaisir extrême que j*ai ressenti en apprenant la nouvelle qu'il s*est constitué en France une Société Entomologique , et qu'elle m'a fait l'honneur de m'en nommer membre honoraire. Ce- pendant des affaires accumulées m'ont empêché de penser à toute espèce de correspondance, et de m'acquitter de ce devoir eu présentant mes remercîmens les plus vifs à l'honorable Société qui a bien voulu me juger digne de cette distinction. Je vous prie donc , monsieur, de lui témoigner ma vive recon- naissanee , et de lui faire savoir que je ressentirais une peine infinie si ce retard pouvait la faire douter de mon zèle. Agréez, monsieur, etc.. Signé Klug. Berlin, le 6 août i83a. A M. A. Lefebvre , secrétaire , etc. Catalogue des Lépidoptères de Vile de Corse , a^ec la des* criplion et la figure des espèces inédites (i), par M. P. Rameur , docteur en médecine* (Séance du i8 avril i832.) En faisant connaître les animaux d'un pays , il est indis - pensable de donner une idée de ce pays, de sa forme, de la (i) Malgré le titre que je donne à celte notice, je ne prétends point faire 5.46 ANNALES nature de son terrain et des végétaux qu'il produit; puisque ^ avec sa position plus ou moins méridionale , ce sont les causes qui inflrient le plus sur le nombre et la diversité des espèces. La différence du terrain surtout agit singulièrement sur les êtres qui l'habitent : aussi tel sol n'admet-il que telle espèce de plante , tandis que tel autre exclut toujours telle espèce ou môme tel genre. Quoique la Corse soit comprise entre les 45° et 4 1° 21' de latitude septentrionale , son climat est pourtant singul* re- ment tempéré par les vents qui y régnent d'une manière régu- lière et surtout par sa position au milieu de la mer. Sa longueur est de quarante-six lieues de 2000 toises, et sa plus grande largeur de vingt. Elle est composée d'une vaste chaîne de montagnes , qui court du nord au sud; cette chaîne , dont les principaux pics sont souvent très-élevés ( 2,763 mè- tres) , présente des flancs très-escarpés , souvent comme déchi- rés, qui se divisent en un grand nombre de rameaux irrégu- liers qui s'en vont en mourant vers la mer; ils sont tous plus ou moins creusés et séparés entre eux , par les nombreux ruis- seaux ou torrens qui se précipitent des sommets; il n'y a tçuères de vallées qu'aux embouchures des rivières et sur la côte orientale qui en offre d'assez étendues , généralement marécageuses et renfermant des étangs^ La côte occiden- tale de l'ile est horriblement déchirée , et ses bords escar- pés dominent souvent de beaucoup le niveau de la mer. Cette forme irrégulière et montagneuse de l'île paraît aider singulièrement h la production des forêts: aussi les voit-on s& reproduire avec une grande rapidité que facilite une extrême véo-étation; et sans la main destructive des pâtres farouches et un catalogue complet des Lépidoptères de la Corse. N'étant resté que seize mois dans ce pays, l'Entaniologiste le moins instruit comprendra faci- lemeut combien d'espèces ont dû m'échapper , puisque tous les jours les ejivirons de Paris en olïrent qu'on n'y avait point encore trouvées. DE L\ SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 047 nomades qui la parcourent en tous sens , l'île entière ne serait bientôt plus qu'une immense forêt, d'où l'on verrait sortir ses divers pics dénudés: mais abandonnée au pâtre dévastateur , presque toutes ses forêts ont été détruites par le feu ; il n'est pas un seul point de l'île où l'on n'aperçoive les traces de la flamme; c'est même devenu l'unique et rapide moyen de défrichement , moyen qui caractérise parfaitement l'horreur des habilans pour le travail et l'industrie. Une humble végétation a donc , dans la plus grande partie de l'île, remplacé les majestueuses forêts dont il ne reste plus que quelques débris. Le terrain de la Corse est presque entièrement granitique , avec des parties schisteuses et calcaires. La portion calcaire la plus curieuse , et qui est restée en partie intacte à côté du bouleversement des roches voisines , est située à son extrémité méridionale, et comprend le territoire de Bonifacio; il forme comme une portion étrangère à l'île , produisant des plantes et des insectes qui lui sont propres, et dont même les habitans diffèrent des autres par le caractère. Une autre partie calcaire considérable , et qui forme le ter- ritoire de St-Florent, est située sur la côte occidentale et près de son extrémité nord : c'est dans cette localité seule- ment que j'ai vu le laurier rose {Nerium Oîeander) border les torrens. On rencontre aussi , vers le centre et au nord de l'île , des parties schisteuses, parmi lesquelles se trouvent mélangées quelques portions calcaires ; c'est surtout aux environs de Corte et de Bastia ; elles produisent également des plantes et des insectes particuliers. Nous allons maintenant présenter une idée de la végétation en nommant quelques unes des plantes qui semblent donner Xq faciès végétal de l'île , et nous dirons quelques mots sur Ja station des Lépidoptères. 248 ANNALES En commençant par les lieux que Latlent souvent les flots de la mer, nous rencontrons les plages sablonneuses qui ne se trouvent guères que sur la côte orientale el au fond des golfes souvent si profonds et si répétés de la côte occidentale; elles ont en général un aspect fort aride, et sont, h l'exception des Météromères, peu riches en insectes, surtout en Lépidop- tères. Elles sont souvent envahies par le Cistus sahlœfolius et surtout V Halimifoliiis dont elles sont la patrie exclusive , et qui les embellit beaucoup au moment de sa floraison par ses nombreuses fleurs et ses belles corolles jaunes. Je n'ai jamais rien trouvé sur ces arbustes dans ces localités. UEIfcIijysium an^ustifolium et la Lavendula stœchas se propagent aussi sur ces plages , que leur aspect est loin d'em- bellir. Quelques chenilles presque souterraines à^Agrotis s'accommodent très-bien de ces sables arides; telles sont celles appelées i^/zZ/z^era, puta ^ saucia, trux, et même segetum, si redoutable pour nos jardins potagers. Plusieurs Euphorbes se trouvent aussi répandues dans ces lieux : tels sont surtout les Euphorbia paraluis , myrsiniies , sur lesquelles on rencontre de temps en temps la belle chenille du Sphinx Dahlii. D'autres plantes tout-à-fait particulières h ces localités , et qui quelquefois sont les seules à qui l'extrême aridité permet de végéter, sont plusieurs Silène; leurs fleurs et leurs graines sont , comme on sait , souvent dévorées par quelques espèces du genre Hadena. Quelquefois aussi ces plnges sont verdies par la Scrophu- laria ramosissinia descendue des montagnes , pour croître avec profusion dans cette station accidentelle ; ses jolies fleurs et ses fruits sont dévorés par les chenilles des Cucullia scro- pliulariœ? et scrophulan'phaga, et ses feuilles quelquefois par celle de la C. Ferhasci, En s'avançant d^ns les plaines , on rencontre , surtout le DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 249 long des rivières , de fertiles prairies , plus ou moins maréca- geuses. Les arbres qu'on y remarque sont le Tamarix gallica , YAlnus viscosa, VUlmus campestris , Salix incana , etc. C'est d'ailleurs dans ces parties humides que se trouvent le moins de plantes particulières à la Corse, et que se voient aussi beaucoup de Lépidoptères de nos pays; c'est sur les fleurs de ces prairies que butinent un grand nombre de nos Piéri- des et plusieurs autres diurnes; on y rencontre aussi la plu- part des Plusies des environs de Paris , et de plus une espèce que M. Lefebvre a le premier rapportée de Sicile , la P. ac- centijera , dont la chenille vit sur les menthes. Comme on sait, les prairies sont aussi la station ordinaire des Leucanies; nous y avons retrouvé deux espèces que nous avions décou- vertes à Montpellier, les Leacania riparîa et anmicola : elles y volent sur les fleurs des menthes, avec la stiawinea et la punctosa. C'est dans ces lieux humides que vit , principalement sur les fleurs de salicaire, la chenille polyphage du Polyomtîialus telicanus ,• si on renferme plusieurs de ces chenilles dans une même boîte , elles sont si voraces que non-seulement elles se dévorent entre elles , mais qu'elles n'épargnent même pas leurs chrysahdes. Le Tamarix , qui d'ailleurs nourrit plusieurs espèces , ne nous a offert qu'un Ptéropliore intéressant ; et X Aune une espèce inédite ^^Xylina : ce dernier arbre nourrit, ici comme en France , des espèces communes , telles que Bombyx pyri , biicephala, coryll , etc. L'orme nous a fourni comme dans le midi de la France, VUropiis ulmL Avant de nous élever plus haut, quelques localités qui dépendent presque des plages et qui sont tout-à -fait particulières aux parties calcaires, mé- ritent de fixer l'attention. Elles forment des revers escarpés qui bordent k mer. La aSo ANNALES principale plante qui y croît est le Chenopodiam jruticosum; ses feuilles, presque cylindriques , sont dévorées avec avidité par les noctuélites Chenopodiphaga et Peregj'ijia; c'est aussi sur cette plante que se rencontre la chenille du Plerophorus adactylus , dont la forme est si bizarre et la marche si lente. Dans des lieux semblables , mais granitiques, de la côte oc- cidentale , le Lotus cretlcus et la Slatice articulala nourris- sent la chenille de l'espèce à'Orgja, que nous avons appelée jupeslris. Mais quittons les bords de la mer, et entrons dans ces lo- calités doQt l'aspect est si particulier; là l'œil a peine h trou- ver une plante du nord de la France ; on croirait être trans- porté sur la côte africaine : sur ces collines après et brûlées, la plupart des arbres et arbustes ne perdent plus leurs feuil- les; la végétation , n'ayant point à craindre les frimas , semble toujours exister. Parmi la grande quantité de végétaux qui abondent dans ces localités , nous ne parlerons que des espèces les plus productives pour l'Entomologie , laissant de côté la plupart des plantes ^erbacées qui ne servent guères de pâture qu'aux espèces polyphages. Nous citerons en première ligne les OiiercussLihc.r et ilex comme étant les arbres les plus précieux. Î\I. le comte de Saporta , aux environs d'Aix en Provence , a déjà découvert presque toutes les espèces particulières à ces ar- J)res , et que nous avons retrouvées en Corse , telles que celles appelées ilicis , suheris , occlus a , saportœ , auxquelles se joi- guent d'autres qui se trouvent presque partout ; ainsi les Boni- i yx /agi f hucephala ^ trépidât Noctua alchjmista ^ lunavs , protea, stahilis^ mstahilis y amhigua^ Phalœna honornria^ petrificaria, hirtan'a. Ces deux arbres sont devenus rares dans ces localités , surtout particulières au liège : car Vlîex grimpe jusque sur de hautes montagnes , où il suit de près la végéta- tion froide des hêtres , à plus de looo mètres de hauteur. Ces lieux sont souvent envahis par Y Arbousier qui nous DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 25i fournit le beau Nymplialis jasius , qui n'est point commun eii Corse , à cause des incendies continuels; il ne m'a pas paru ser- vir de pâture h beaucoup d'espèces. Un autre joli arbrisseau qui quelquefois, dans ce pays, prend la dimension d'un j^rand ar- bre, est XeLenlisque (Pistacia Lentiscus). Il fournit, ici comme -dans le midi de la France, les deux belles espèces de Noctuelles appelées Thyrrhœa et uidulatrix ; M, de Saporta a découvert le premier la chenille si peu caractérisée de celte dernière et intéressante espèce. Les Genisla juncea , cahdlcans , les CytisLis trijlorus et lanigeriis^ croissent ici mêlés aux Phylli- rea. Le premier produit V Amphipyra spectrwn et le Eolis polygonalis ; il est , ainsi que le second , assez recherché des chenilles polyphages de noctuelles. U Ifnniithœa coromllaria paraît vivre exclusivement sur le quatrième arbuste, si redou- table par ses piquaos; il est fort répandu dans ces lieux, où il se mêle, dans le nord de l'île , avec le C. i>pinosus , dont il ne semble être qu'une variété. Mais les végétaux les plus communs dans ces localités , et qui sont les premiers arbrisseaux qui recouvrent les terres in- cultes , sont les cistes qui caractérisent si bien les climats mé- ridionaux; là croissent avec profusion les Cistus monspelieii- sis , sali^iœfolius , vil/osus , creticus , etc. Ces plantes ornées de fleurs si belles , mais si passagères qu'un même instant voit naître et disperser leurs frêles péta- les, nourrissent peu de chose; les Phalènes rhoniboïdaria^pu- piilaria s'accommodent cependant de leurs feuilles glutineuses et odorantes ; leurs fruits sont aussi la pâture de petites Py- rales. L'on rencontre fréquemment dans les haies le Lonlcera balearica et le periclynieniini , que l'on voit reparaître dans les lieux frais du nord de l'île; ils nourrissent la Limenitis ca- milla qui, comme la sybillaj vit exclusivement de chèvre- feuille , et que Godart avait supposées si gratuitement pouvoir 252 ANNALES vivre , l'une sur le chêne , et l'aulre sur l'aune. A rexception des chenilles è^ Amphipy va f'jj'-isci et de Xylina rhizoliiha^ je n*ai trouvé que peu de chose sur ces plantes. On rencontre aussi de temps en temps le Genista corslca, qui croît plus vo- lontiers dans les lieux élevés et dnns des parties schisteuses; quoique ses rameaux soient très- épineux , il n'en est pas moins un arhuste précieux : il nous a fourni VEffusa , deux Phalènes inédites, la Corsicaria et la Pjoximaria y^ï an^ûyOpaca- ria, dont la chenille ressemble tellement à la Jourdanaiia qu'on peut à peine les distinguer. Parmi les végétaux plus humbles , nous voyons surtoul croître abondamment dans ces localités , et braver l'excessive ardeur du soleil , Y Elychrisium angustifolium ^ dont les belles fleurs dorées embellissent seules ces lieux quand le soleil a tout dévoré ; c'est sur cette jolie plante que j'ai trouvé la che- nille de la Jouidanaria , et celle d une espèce inédite à^Eras- iri'a que ses pattes seulement , au nombre de quatorze y m'avaient fait prendre pour une Phalène» Plusieurs autres es- pèces ne dédaignent pas les feuilles menues de cette plante, blanchie par un épais duvet. C'est dans ces lieux que se plaisent les\Srtfj/'(?5 ida^ ti- gclius , corinna , avlsteus , parmi lesquels on est surpris de rencontrer quelquefois l«/«rtir«. Nous n'oublierons pas de signaler une plante bien précieuse pour les chenilles polyphages , quand le soleil a brûlé, souvent à leur naissance, toutes les autres plantes herbacées; c'est VAspliodelus inicrocaipus , qui remplace dans ces lieux notre ramosiis , confiné ici sur les hautes montagnes; les feuilles longues, épaisses et insipides de cette plante forment , avant que la fleur n'ait paru , une toufle dans l'intérieur de laquelle la chenille, tout en dévorant le cœur , se trouve h l'abri des ardeurs du soleil et hors de l'atteinte d'un sol brûlant; c'est dans cette fraîche retraite que nous avons découvert la larve DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQLE. a53 de la Polia asplwdeli , de la Xylina aust rails ^ et aussi de VOrbona^ pronuha ^ saucia ^ meiiculosa , etc. Une Pyrale jaune, particulière à l'île, lie souvent en faisceau les feuilles de cette plante; tandis qu'une autre espèce en fait autant, dans le midi de la France , sur VA» ramosus. Le Pancratium iliyricum est dans le même cas que l'As- phodèle. Dans des localités correspondantes, mais seulement calcaires ou schisteuses et où croit le Rhamnus alaternus, se rencontre souvent la Collas cleopalra; la Cheîonla pudica , qui se trouve aussi très-répandue dans ces lieux , disparaît prompte- ment si l'on monte plus haut. La saveur caustique du Daphne gnidlum ne rebute point plusieurs chenilles polyphages, et entre autres celles del'iÇ/-- }usa. Le myrte, qui caractérise si bien ce pays, est ici fort répandu; la suavité de son odeur , ses élégantes fleurs dont les étamines forment presque h elles seules toute la beauté , ne sauraient toucher le sauvage habitant qui , en chauffe sa cabane ; il n'é- chappe même pas à la voracité de la chèvre : ses feuilles ne paraissent plaire qu'à bien peu d'insectes , et nous n'avons ja- mais vu dessus qu'une seule chenil de Tlnélte. Nous n'aban- donnerons pas ces régions sans signaler une belle plante , sur- tout particulière au sol calcaire de Bonifacio; c'est VAitenilsla arhorescens ; outre la chenille de la Cacidîla tanacetl , elle nous a fourni celle de la Chamorulllœ \ dans ces mêmes lieux croissent la Cineraiia niaiidnia , le Romarin , le Buple^rwii suffruticosum , etc., plantes assez ingrates. Si on s'élève plus haut , jusqu'à 5 à 600 mètres , et dans les mêmes localités au nord de l'île, on ne voit que de vastes landes appelées MaJds ^ qui ont pris la place des forêts; elles sont formées par V Arbousier^ par les Phyllirea, VErlca scoparia et Varhorea , dont les rameaux se terminent en Ion- 254 ANNALES gués panicules de fleurs blanches , qui au moindre mouvement iàissent échapper d'épais nuages de pollen qui incommodent beaucoup. Ces bruyères m'ont paru bien moins productives à la Collection icon. et hist. des chenilles d'Europe^ que nous publions de concert avec MM. Boisduval et Graslin. G. Slsia. Sesia anthraciformis (PI. 7, fig. 7). Alis anticis viridi-violaceo-nigrescentibus<, spatiis diiohus hyalinis^ Posticis hfalinisy marginibus nigris. Fimbriis brunneis. Antennis^ capite , corpore pedibusque viridi-violaceo-nigrescentibus. Elle est de la taille de la Fonnicœfomds, Ses ailes supérieu- res sont d'un noir verdâtre , qui quelquefois devient un pou. bleuâtre vers l'extrémité de l'aile et le long du bord posté- rieur; elles offrent deux espaces vitrés, dont l'externe , presque DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 267 carré , est traversé par deux nervures , et le second , qui est allongé, par une seule nervure; on aperçoit aussi quelquefois près de la base une légère éclaircie vitrée linéaire. Les ailes postérieures, presque entièrement transparentes, ont leur base noire h sa naissance , et une bordure étroite d'un noir bleuâ- tre. La nervure qui ferme la cellule discoïdale est bordée de noir du côté externe. La frange est brune; le dessous des ailes ne diffère pas sensiblement. La tête , les pattes et tout le corps sont entièrement d'un noir plus ou moins verdâtre , quelquefois bleuâtre sur les pat- tes. Les palpes et les antennes sont de la même couleur, ces dernières sont très-fmement velues à leur face inférieure dans le mâle; le tibia est très-épais, surtout dans le mâle. J'ai trouvé cette Sésie dans le mois de mai sur les tiges et les feuil- les de y Eupliorhia mj rsinites , et dans des lieux où il n'exis- tait presque que cette seule plante; ce qui me fait penser que sa larve pourrait bien vivre dans l'intérieur de cette Euphorbe. Crépusculaires. G. Zyg^na. Zygœna Corsica (PI. 7,fig. 5. 6). ^lis anticis lateo-rufis ; marginibus virUi-cœrideis, maculis quinque rubris. Posticis rubris • cotlari, liumeris ^ pedlbus ^ abdominisque subtils annidorum margiiie albidis. Boisduval. Mono, des Zyg. p. 81, pi. 5, fig. 2. Elle est de la taille de la Z. Fausta. Les ailes supérieures sont d'un jaune roussâtre : couleur qui est plus ou moins en- vahie, surtout chez le mâle et sur les bords de l'aile, par une teinte d'un bleu violet- verdâtre. Cette teinte même s'é- tend , mais très-rarement , sur presque toute l'aile. Chez la fe- Dielle , elle est bornée au sommet et à une partie de la frange. Ces ailes présentent cinq taches rouges, placées comme à l'or- 2G8 ANNALES dinaire. Leur frange est d*un bleu violet ou noirâtre , avec le horà externe roussâtre chez la femelle. Les ailes inférieures sont d'un beau rouge; avec la frange d'un noir bleuâtre, qui s'étend souvent un peu sur le bord de l'aile chez le mâle. Le corps est d'un noir plus ou moins bleuâtre , avec le bord postérieur des anneaux du ventre blanchâtres en dessous. Cette couleur s'étend même chez la femelle sur une grande partie du dernier anneau , et sur le bord dorsal des deux précédens; les deux épaulettes {ptérygodes, Latreille) sont blanches dans la femelle, et seulement en partie chez le mâle. Le pj'othorax en dessus est blanchâtre; la tête est de la couleur du corps; avec les antennes fortement en massue , et d'un noir verdàtre. Les yeux sont bordés postérieurement par une ligne blan- che. Les pattes sont d'un blanc sale chez la femelle, avec les faces supérieures et antérieures des cuisses de la couleur du corps , et les tarses un peu obscurs ; le blanc domine beaucoup moins chez le mâle. Cette jolie espèce paraît au commencement de juin. Elle vole assez rapidement en plein soleil; mais, à l'approche de la nuit , elle va se poser sur les tiges sèches des bruyères ou sur celles de la plante dont sa chenille se nourrit. Cette chenille est d'un brun clair un peu bleuâtre, A la loupe, son corps est très-finement pointillé de noir; il y a , sur le vaisseau dorsal , une ligne blanchâtre à peine visible , qui quelquefois n'est sensible qu'au bord postérieur des an- neaux. En descendant un peu vers les côtés , on voit une série lon- gitudinale de taches d'un noir velouté. Ces taches sont trian- gulaires , avec l'angle le plus aigu tourné vers le vaisseau dor- sal ; elles sont placées au bord antérieur de chaque anneau ; îe premier seul en manque. Immédiatement au dessous existe une autre série de taches jaunes, plus petites que les autres , DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 269 av^c une de leur extrémité qui s'avance entre celles-ci. Elles sont placées au bord postérieur des anneaux; les deux extrê- mes en sont privés. Plus bas se trouvent les stigmates ; ils sont arrondis; un peu brunâtres, avec la bordure noire et saillante. Les masses de petits tubercules pilifères qui sont au dessus , et ceux qui sont à la base des pattes membraneuses , forment des groupes saillans comme dans les écailles , mais plus larges, ils produisent de petits poils blanchâtres ou brunâtres. Le premier anneau , qui dans le repos se cache dans le deuxième , loge lui-même la tête , et est bordé antérieure- ment de jaune. La tête est très-petite , d'un noir luisant. Cette chenille , pour se métamorphoser , file , le long d'une tige , une coque presque ovoïde, un peu comprimée, pointue à ses deux ex- trémités, luisante, d'une consistance papiracée; elle est d'une couleur uniforme d'un roux très-pâle. Elle présente en des- sus deux plis saillans qui parcourent toute sa longueur ; on en voit un ou deux autres sur les côtés. Outre cela , elle est plus ou moins rugueuse , et irrégulièrement réticulée. La chrysalide est courte , assez épaisse , noirâtre , plus fon- cée sur l'enveloppe des ailes; les diverses parties de l'insecte y sont bien distinctes. Sa face dorsale est elliptique. Les antennes sont si saillantes qu'elles semblent n'être qu'appliquées sur la chrysalide. Les pattes postérieures s'avancent jusqu'au dernier anneau. Le bord des anneaux du ventre est roussâtre en dessous. Les ailes postérieures dépassent les autres, et s'avancent vers la face dorsale; elles sont d'un rouge très-obscur. ajo ANNALES Nocturnes lomhycites» G. LiTHOSiA. LUhosia hifascîala (PI. 8, fîg. j i ). L» alis anticis albis , lineis longitudinalibus , fasciisquc duabiu Cette Lilhosie a tout-à-fait le port et la taille de la L. Cri-- brum, mais elle forme une espèce bien distincte. Les ailes supérieures sont en dessus comme dans la L. Cri- hriim , mais elles ne sont traversées dans leur largeur que par deux bandes noirâtres , dont la première plus éloignée de la base, et la seconde correspondant à la troisième du Crihrum, De plus , la ligne qui traverse dans sa longueur la cellule dis- coïdale dans le Cribruin , borde ici la nervure antérieure de cette cellule. Les ailes inférieures sont d'un brun plus foncé, et leurs nervures sont postérieurement bordées de lignes rous- sâtres qu'on ne voit pas dans l'autre. Les antennes sont un peu plus pectinées dans le mâle. Il y a deux gros points noirâtres sur le prothorax , et l'on voit ime large bande de la même couleur sur chaque ptérygode. Quoi- que notre espèce varie tout comme l'autre, les caractères que nous venons de citer sont toujours constans. Cet insecte se montre dans toute la Corse , mais il afîec- lionne surtout les montagnes. 11 paraît dès le mois de mai; dans ies montagnes élevées , ou le rencontre jusqu'à la fin de l'été. La chenille est d'un brun-roussâtre plus ou moins foncé. Il existe sur le vaisseau dorsal une ligne d'un jaune roux; entre cette ligne et les côtés , on aperçoit une autre ligne longitu- dinale roussâtre , souvent à peine visible. Les côtés sont rous- sâtres , plus ou moins nuancés de brun; les parties , qui sont au dessus des pattes , sont un peu plus brunes , et le ventre est roussâtre. DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 171 Il y a sur chaque anneau une ou deux rangées circulaires de tubercules brunâtres portant des touffes de poils courts , dont il y en a de blanchâtres et de noirâtres. Les stigmates sont oblongs , un peu comprimés , noirs. La tête est d'une couleur cuivreuse obscure, fort brillante. Les pattes sont rousses , les écailleuses plus foncées. Elle fait une coque très-légère , grisâtre , et produit une chrysalide noire , épaisse, ventrue , avec le corps rétréci dans la femelle. Elle est très-obtuse à son extrémité, et les anneaux de son ventre sont garnis de soies crochues très -fmes. Elle éclot en mai , juin , juillet et août. Cette chenille est polyphage. Elle aime surtout les grami- nées, chicoracées, etc. Liihosia rufeola {V\, 8, fig. 12). L, gris eoruf es cens , alis anticis punctis aliquot nigrescentibus. Cette espèce n'est pas plus grande que la L. seiva» Les ai- les sont roussâtres ou grisâtres ; les supérieures sont finement sablées d'atomes noirs irrégulièrement disséminés; l'aile est traversée, un peu avant son milieu, par une rangée de quatre points noirâtres qui peuvent s'unir et former comme une bande oblique. Plus loin, et dans le centre de l'aile, se trouvent deux autres points noirâtres qui se prolongent pour s'unir en ua angle aigu. Le dessous des ailes supérieures est brunâtre , avec les bords plus pâles , excepté à la base. Celui des inférieures est semblable au dessus ; avec le bord antérieur, à partir de la base, d'un brun roussâtre très-pâle. La tête et les palpes sont roussâtres ; les antennes sont un peu ciliées. Tout le corps est gris, avec le ventre blanchâtre. Les pattes sont grises , avec leur iace interne et'îes tarses un peu rousiiâlrcs. Je n'ai point trouvé la femelle. an2 ANNALES On rencontre cette petite espèce le long des haies et de^ murailles , au mois de mai. G. Trichosoma. Trichosoma Corsicum, (PI. 8, fig. 6.) Arclia, (Schrink. Latreille. ) Eyprepia (Ochsenheimer). Cheloiiia ( Godart ). T. Alis anticis nigris, rivuUsful^o-roseis. Vosdcis fulvis^ nîgro ma- culatis. Fœmina vix hemi'ptera. Ce joli Lépidoptère, qui, au premier abord, semblerait se placer dans le genre Chelonia , à côté de la C. Plantaginis , s'en éloigne beaucoup par ses caractères , que nous avons trouvés sufïisans pour former un genre nouveau. Ce genre paraît comprendre trois espèces : T. Latreillii? Corsicum, et Parasitus. Caractères du genre Trichosoma : — Chenilles velues , polyphages. Chrysalides courtes , épais- ses , n'ayant point les anneaux du ventre flexibles; enve- loppées dans une coque , lâche , très-petite. — Insecte parfait. Fem. : ailes au moins moitié plus petites que celles du mâle; antennes courtes, fmement dentées. Mâle : ayant les antennes pectinées , avec les dents ter- minées par un poil penché vers l'extrémité. — Palpes inférieurs cyUndriques , médiocrement longs, très- velus. Spiritrompe courte, disjointe à l'extrémité. Tibia des pattes antérieures très-court, évasé antérieurement, avec le bord plus ou moins denté , portant un péroné (i ) (i) Nous appelons ainsi un prolongement filifoime ou en pointe, qui pari de la face interne du tibia, plus ou moins près de sa base , dont la forme et la longueur varient beaucoup , et qui se rencontre dans un grand nombre de Lépidoptères, surtout les Borabycifes, Noctuélites Phaiénites , etc. DE Li SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE §;5 de sa longueur ou plus long que lui; filiforme. Celui des postérieures ne portant qaune paire d*épines. — Il paraît au commencement du printemps. Le mâle cher- che sa femelle en volant rapidement à l'ardeur du so- leil. Elle est de moitié plus petite que la Ch. Planlaginis, et lui ressemble un peu pour le dessin des ailes. Les ailes supérieu- res sont noires , avec des lignes sinueuses transverses qui s'a- nastomosent dans dilTérens endroits. Ces lignes sont au nombre de quatre ou cinq ; leur couleur est d'un jaune fauve, plus ou moins lavé de rouge. Les postérieures sont fauves , avec une bande marginale postérieure , formée de taches noires plus ou moins rapprochées et confondues , et deux ou trois lignes de la même couleur qui partent ('e la base pour venir s'unir à ces taches. Le bord postérieur de la cellule discoïdale est couvert par un croissant noir; les franges sont brunes. Le dessous des ailes est d'un jaune fauve, avec des bandes et des taches noires plus ou moins marquées , et qui corres- pondent au dessin du dessus, La femelle a les ailes rudimentaires, velues, ciliées, étroites, d'un jaune fauve pâle, plus ou moins marquées de bandes et de taches noires. Leur grandeur varie un peu, selon les indi- vidus. Le corps est très velu, comme dans les Psyché; il est noirâtre, et ses poils sont nuancés de blanchâtre ou de roussâtre. L'ab- domen est également très-velu , noir ou noirâtre en dessus , plus ou moins fauve en dessous et à l'anus. Chez la femelle , il est gros, d'un gris roussâtre, avec l'anus fauve. Les pattes sont noires, un peu variées de fauve; les antennes sont de !u même couleur , avec l'axe plus ou moins fauve h. l'extérieur. Cette espèce voltige pendant l'ardeur du soleil avec uneex- trôQie rapidité; e le commence à paraître dans le mois de mars, et continue jusque dans le mois de mai. Elle se trouve surtout 2^4 ANNALES dans les parties montagneuses, où elle s'élève quelquefois très- haut. L'accouplement du mâle et de la femelle dure une ou deux heures, ou un peu plus. La femelle commence à pondre immé- diatement après. Dans cette opération , qui dure plusieurs jours, elle ne produit pas moins de cinq à six cents œufs, qu'elle assemble en un petit tas , mêlé avec une partie des poils de son abdomen. Son corps est alors réduit à très-peu de chose, et elle meurt en pondant ses derniers œufs, sur le tas même qu'elle a formé. Ces œufs sont lisses , iuisans; ils ont la forme d'un peu plus de la moitié d'un ovoïde; l'extrémité tronquée, est enfoncée en dedans , et forme une cavité. Leur couleur est d'un blanc roussâlre ou jaunâtre. Au bout de quinze jours ou trois semaines , ils noircissent , et les petites chenilles en sortent peu de temps après , et par l'extrémité conique. Elles restent au moins une journée sans manger, et sont alors presque immobiles ; ensuite elles s'assemblent en différons groupes sur les plantes qu'on leur a offertes. Au bout de plu- sieurs jours, elle est d'un blanc verdâtre, un peu roussâtre. Chaque anneau porte une rangée circulaire de tubercules noirâtres , d'où sort un long poil , qui , <^ une forte loupe , semble rugueux. La lête est très-noire. Arrivée h sa troisième mue , sa couleur est très-différente. On voit une ligne blanchâ- tre sur le vaisseau dorsal , et le dos est occupé par une large bande noire; les côtés et le ventre sont rougeâtres; les touffes qui partent de chaque tubercule sont composées de poils peu longs, noirâtres, mêlés de quelques-uns qui sont blanchâ- tres. Après sa quatrième mue , le vaisseau dorsal forme une raie blanchâtre ; une large bande noirâtre règne ^ur le dos; la cou- leur des côtés est roussâtre ou blanchâtre , et l'on voit quel- quefois une ligne jaune formée d'une série de taches bordées de noir supérieurement le long de la bande dorsale; entre DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 2^5 celle-ci et la base des paltes , il existe deux ou trois lignes noi- râtres plus ou moins distinctes. Le ventre est de la couleur des côtés , un peu lavé de brunâtre. Les trois premiers anneaux et les quatre derniers portent des touffes de poils noirâtres , plus pâles sur les côtés; avec quelques uns blanchâtres, plus longs. Sur les autres, ces touffes sont rousses ou fauves , plus pâles sur les côtés; quelquefois cependant elles restent noires sur le dos , étant seulement roussâtres sur les côtés. Les pattes sontroussâtres; la tête, qui est rousse ou roussâtre, porte deux taches noires à son sommet qui Tenvahissent souvent complè- tement. Cette chenille est polyphage , et se trouve dans le mois de mai ; elle file entre les herbes une légère coque brune ou rous- sâtre , pressée sur la chrysalide. Celle-ci est courte , épaisse , d'un rouge obscur. Son extrémité postérieure , qui est très- obtuse , se termine par une petite pointe. Dans la femelle , le corps de la chrysalide est beaucoup plus mince que l'abdo- men. G. Orgya.. Orgya rupestris (PI. 8, fig. i, 2, 5, 4» 5). Or g. staUira Or g. antiquœ , ails fasco-fernigineis , anticis strîgis tribus obsolciisj cinereis , extcrna in maculam nivcam desinente. Fœmina aptera , oi^a infollicido pariente. Ce Lépidoptère est à peu près de la grandeur du Gonos- tlgma; ses ailes supérieures sont d!un roux-foncé obscur; el- les sont traversées par trois lignes sinuées, anguleuses, plus ou moins marquées , d'une couleur cendrée , et dont Texterne se termine vers l'angle postérieur de Taile par une tache blan- clie. On voit quelquefois partir du bord antérieur le commen- cement d'une quatrième ligne; d'autres fois , toutes ces lignes disparaissent presque complètement. II y a sur le milieu de l'aile une tache réniforme blanchâtre , traversée dans sa Ion- 276 ANNALES gueur par une ligne noirâtre plus ou moins visible. Les a'ile.^ postérieures ont la même forme que dans le Gonostigma^ mais elles sont un peu plus allongées dans la direction de leur aii2;le postérieur. Elles sont d'une coaleur un peu plus pâle que les autres. Le dessous des ailes est d'une couleur rousse uniforme. Les antennes sont fortement pectinées , Lrunes , avec l'axe roussâtre. Les pattes et le corps entier sont d'un brun roussâ- tre. Cette description ne concerne que le mâle. La femelle est à peu près aptère, ses ailes étant réduites h deux très-petites écailles velues. Tout son corps est couvert d'un duvet blanchâtre; ce n'est guère qu'un sac complète- ment rempli d'œufs. Des débris de la chrysalide restent pres- que toujours sur la tête et les parties du corps environnantes. Cette femelle, dont l'existence est bornée au seul acte de la reproduction, ne sort point de son cocon, au travers du- quel elle avance son anus pour que le mâle puisse s'accoupler. Cela fait , elle remplit sa coque de ses œufs, qu'elle entremêle de duvet , et dont une forte couche recouvre la masse entière. Après sa ponte achevée , à peine si l'on retrouve quelques par- celles de son corps. M. le comte de Saporta a observé les mê- mes mœurs dans l'Or. Trigotephras , aux environs d'Aix. Les œufs sont arrondis, lisses, blanchâtres; les petites chenilles en sortent à la fin du mois d'avril ou au commence- ment de mai. Elles s'échappent par des petits trous qu'elles font à travers la coque , et dont un petit nombre sert à la sor- tie de toutes les chenilles. Arrivée à toute sa grosseur, cette chenille est noirâtre; elle a sur le dos deux lignes fauves, sinueuses , plus ou moins lar- ges, quelquefois à peine sensibles, manquant sur le prcmlei^' et le dernier anneau. Les côtés présentent une série longitudinale de petits traits jaunes qui n'atteint pas les extrémités. Les stigmates sont DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQDE. 277 hoirs; leur bordure est très-épaisse, et le disque linéaire. Le ventre est pâle, un peu jaunâtre. Le premier anneau porle de chaque côté un pinceau de poils noirs plumeux, surtout à leur extrémité , qui paraît alors renflée. Les quatrième , cinquième , sixième et septième portent en dessus chacun une touffe épaisse de poils noirâtres plus ou moins foncés ; les huitième , neuvième et dixième présentent le premier un petit tubercule , les autres, ufie espèce de tenta- cule un peu creusé en entonnoir à l'extrémité, d'une couleur fauve. Enfin il y a sur le pénultième un pinceau de poils plu- meux semblables à ceux du premier anneau. Chaque anneau offre en outre une rangée circulaire de tubercules d'un fauve plus ou moins obscur , portant des touffes mélangées de poils noirâtres et blanchâtres , dont quelques uns fort longs sur le dernier anneau; ceux placés autour de la tête sont blancs, et viennent la recouvrir. La tête est d'un noir luisant; les pattes écailleuses sont d'ua ftoir-roussâtre; les membraneuses, jaunâtres, avec leur base d'un brun-rouge à l'extérieur. Cette cheniUe file une coque légère, ovale, grîse, qu'elle place sous les pierres. Elle produit une chrysalide d'un noir brillant^ velue sur le dos, où il y a trois taches roussâtres formées par des écailles; elle se termine par une pointe armée de soies cro- chues. La chrysalide de la femelle diffère beaucoup de celle du mâle ; elle est très-épaisse , et n'offre point de marques d'ailes. Cette espèce se trouve sur la Staiice ariiculata , le Lotus creticusei les genêts pendant tout le mois de mai. Le papillon sort au bout d'une quinzaine de jours; il cherche sa femelle h l'ardeur du soleil. Il est très-peu répandu dans l'île. i9 278 ANNALES Noctnélites, G. Uropus. Uropus Ubni. Harpya (Ochsenheimer). ISoclua' (BORKHAUSEN. DuPONCHEL ). PI. 8, flg. lO. «, b, C. Caractères du genre : — AHtennes pectinées , avec le tiers externe filiforme dans le mâle , seulement filiformes et un peu dentées dans la fe- melle. — Palpes courts , très velus, comprimés; dernier arlicle très- court , hérissé. — Spiritrompe épaisse, assez longue pour servir à nourrir le papillon. — Ailes h peine en toit, se recouvrant un peu dans le repos. Corselet presque uni, ou sans crête ni angles bien sensi- blés. — Larve allongée, rase, présentant sur le quatrième anneau une proéminence conique. Les deux pattes postérieures très-longues, en forme de queue; mais portant, comme les autres , une demi-couronne de crochets. Métamor- phose se faisant dans la lerre; coque formée de cette substance, et dans la composition de laquelle il ne sem- ble pas entrer de soie. — Lépidoptère ne paraissant qu'une fois Tannée, au printemps. C'est surtout d'après l'examen de la chenille, que nous avons pensé que celte espèce ne pouvait rester entre les H. Fagi et jMilhauseri ; également, sa spiritrompe longue et forte nous a paru devoir le faire exclure de la famille des Bombycites, où, à cause de ses antennes en partie pectinées , Ochsenhei- mer l'avait placé dans son genre Harpya y mais plusieurs fa- milles nous ofïrent des espèces à antennes analogues. Beau- coup de Phalènes sont dans ce cas , ainsi que plusieurs Noc- DE LA SOCIÉTÉ EN 10 MO LOGIQUE. 279 tuelles , et particulièrement l'A. segeiwn ; et uiême dans les Phalènes, et surtout dans les Noctuelles, cette forme d'an- tennes ne peut guère être qu'un caractère spécifique. La chenille de l'U. Ulrni, ayant les deux dernières pattes membraneuses composées comme les autres , mais seulement plus longues, dures, formant comme une espèce de tube, dans l'extrémité duquel la partie membraneuse , qui porte les crochets , est rélractile , ne nous montre qu'une anomalie , qui , pas plus que les antennes de l'insecte parfait , ne peut le rapprocher du genre Harpya^ où les dernières pattes man- quent tout-à fait. ' L'analogie de ce Lépidoptère avec l'A. Cassinia^ qui l'avait fait confondre par Esper avec cette dernière , nous a engagés à le placer entre les genres ^cronicia et Cymatopliora, Sa chenille semble aussi avoir du rapport avec quelques espèces du premier genre, telles que Tridens ^ Psi, etc. G. PoLiA. Polia Corsica. (PI. 9, fig. 5.) Pol. Alis anticis griseis ; albo ^ fusco-virescentique variis; lineîs transf^ersis dentatis nigris. Posticis Jiiscis , striga albida trans— versa obsoleta . Cette espèce est de la même grandeur que la Polia serena. Ses ailes supérieures sont d'un gris cendré , plus ou moins nuancées de vert-brunâtre; elles sont traversées dans leur lar- geur par plusieurs lignes noires , sinueuses , dont trois prin- cipales atteignent les deux bords opposés : l'externe forme dans son milieu la lettre M dont les angles sont peu prononcés. Elle est un peu éclairée à son côté externe par un liseré in- terrompu d'un jaune-verdâtre , plus ou moins visible , ombré de brun extérieurement. L'espace compris entre ce liseré et la frange offre deux nuances d'un brun-verdâtre plus ou 28o ANNALES moins visibles; la ligne médiane est forlemient dentée en sCie^ éclairée extérieurement d'un liseré blanchâtre. Son extré- mité postérieure, qui, avant sa terminaison, offre un angle tressaillant, se rapproche de la ligne interne dont la même extrémité s'avance aussi vers celle-ci; de sorte que l'espace qu'ils comprennent est beaucoup plus étroit postérieurement qu'en avant. Cet espace est presque entièrement d'un vert brunâtre; il est traversé par une ligne noire dentée en scie au dessous de la tache réniforme ; celle-ci est obscurcie dans son milieu, éclairée à ses angles; l'orbiculaire est ronde, obs- cure à son centre; celle qui est au dessous , et que nous ap- pellerons angulaire (i), est pâle, bordée d'un croissant noir qui n'atteint pas la ligne interne. Celle-ci est très-sinueuse, anguleuse , éclairée par une ligne blanchâtre à son côté in- terne, qui est bordé d'une autre ligne d'un brun roussâtre. Lu base de l'aile, qui est un peu nuancée de brun verdâlre , offre une ligne transverse noire qui borde une li^ne blanchâ- tre; ces lignes ne dépassent guère le milieu de l'aile. La frange est bordée , à son côté interne , d'une ligne noire formée d'une série de petits croissans; ce côté est un peu roussâtre. La moitié interne de la frange est grise ; l'autre est alternative- ment marquée de gris et de blanchâtre. Les ailes inférieures sont d'un brun un peu roussâtre , plus clair dans le mâle , traversées dans leur milieu par une ligne sinueuse plus pâle. Leur bord externe est an peu sinueux; la (i) Celte tache qui existe dans la plupart des Noctuelles n'ayant poin^ encore reçu de dénomination exacte , ce qui est nécessaire pour faciliter les descriptions , nous proposons de l'appeler angulaire ^ parce qu'elle a ordinairement la forme d'un angle obtus. Les trois lignes dont nous avons parlé, et qui sont presque constantes, pourraient conserver les noms de lienes interne , médiane et externe ; celle qui part de la base de Taile dans beaucoup de Noctuelles et qui a servi à former le nom de la M. Basilinea^ pourrait prendre celui de bastiaire„ DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. a8i frange est blanchâtre , roussâtre à son côté interne , traversée par une ligne brune. Le dessous des ailes est d'un blanc grisâtre , avec deux ban- des transverses et un point aux inférieures , gris , à peine vi- sibles. Tout le corps est gris , avec des lignes brunes sur le dos , et une houppe de poils sur les trois premiers anneaux du ven- tre de la femelle en dessus. La poitrine est blanchâtre; les pattes sont brunes, annelées de blanchâtre; la tête et les pal- pes sont de la couleur du corps; les antennes sont d'un brun roux, très-peu pectinées dans le mâle. Celui-ci ne dilïerepas sensiblement de sa femelle. Cette espèce est assez rare; elle paraît dans le mois de mai; on la prend butinant le soir sur les fleurs du Silène inflata. Elle se tient aussi, pendant le jour, appliquée sur le tronc des arbres. Je l*ai prise à Ajaceio et à Bastia. PoUa Asphodeli, (PL 9, fig. 4-) PoL Alis anticis nehulosis^ griseis ant cinereis atomis nigris adsper ; sis , lineis nigris obsoletis. Cette Polia est de la même grandeur , et ressemble à la P. flcwicinctcu Ses ailes supérieures sont nébuleuses , d'un gris cendré , plus ou moins brunies par des atomes noirâtres. La ligne externe^ ordinairement la plus visible, et souvent mai écrite, est anguleuse, et forme, dans son milieu, la lettre M, avec des angles assez prononcés; les autres sont fort obscures, irrégulières, se confondant souvent avec les atomes de Taile , qui , quelquefois , forment dans son milieu une bande irrégu- Uère , transverse , noirâtre. Les lignes noires sont souvent , 282 ANNALES surtout au milieu de l'aile, entourées d'une nuance roussâ- tre; les taches ordinaires, plus ou moins marquées, sont or- dinairement ceintes de lignes noires; le bord de l'aile présente une série de points noirs; la frange est grise, plus ou moins entrecoupée de brun. Les ailes inférieures sont blanches dans le mâle , souvent un peu brunâtres postérieurement, avec l'extrémité des nervu- res brune. Elles sont brunes ou d'un brun roussâtre dans la femelle , plus pâles à la base , avec les nervures noirâtres. Leur frange est blanchâtre, traversée par une ligne brune. Le dessous des ailes est luisant, blanchâtre , avec le disque des premières et le bord postérieur des secondes brunâtre. Les antennes sont blanchâtres, très- peu pectinées, un peu moins que dans la V. flavicincta, La tête et le corps sont gris , plus ou moins sablés d'atomes noirâtres. Le ventre est brunâtre. Elle diffère surtout de la Fla^icincta en ce que les ailes sont plus nébuleuses , les lignes plus confondues , jamais ceinte d'une couleur orangée, et en ce que les inférieures ne présentent point de lignes transverses. Ce Lépidoptère se trouve dans toute la Corse. Il paraît dans le mois de septembre et d'octobre. La chenille est en dessus d'un vert terne un peu jaunâtre , avec le dessous entièrement d'un vert un peu plus clair. Il existe en dessus , sur le vaisseau dorsal, une ligne rou- geâtre , quelquefois seulement formée d'une série de petits points, ou même parfois à peu près nulle. Plus en côté, on voit l'apparence d'une autre ligne semblable. Il y a latéralement une ligne rouge entière ou interrompue qui enveloppe les stigmates. On rencontre quelquefois une variété chez laquelle toutes ces lignes deviennent conlluentes , et rendent tout le dessus du corps , jusqu'aux stigmates , rougeâtre. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 283 Les stigmates sont ovoïdes., blanchâtres, à bordure noire, i^aillante. Au dessous existe une bande d'un blanc jaunâtre qui disparaît souvent. La tête et les pattes écailleuses sont un peu roussâtres ; les autres sont vertes , avec leurs crochets rougeâtres. Les incisions des anneaux sont un peu jaunes quand la che- nille les rapproche. On trouve facilement cette chenille sur VAspliodelus mi- crocarpus dans les mois de février, mars, avril. Pour se méta- morphoser , elle entre en terre, où elle forme une coque légè- rement tapissée de soie. Elle produit unechrysalideoblongo-ovoïde, d'un rouge tes- tacé obscur qui se termine par deux soies crochues. G. Mamestra. Mamestra? Cheriopodiphaga (Boisduval). (PI- 9.%- 7-) M. Alis anticis fusco-virescentibiis ^ Unca externa angulata , angu- lis quatuor longioribus. Maculis ordindriis una conjunctis. Ses ailes supérieures sont d'un gris verdAtre un peu roussà- tre. Des trois lignes qui traversent ordinairement l'aile , l'ex- terne est presque la seule visible; elle est très-anguleuse ; deux des angles du milieu et un ou deux antérieurement, s'avancent presque jusqu'à la frange; elle est bordée d'une teinte roussâ- Ire exléricuremcnl. La ligne médiane, peu visible , est dentée en scie, bordée extérieurement par une ligne blanchâtre k peine sensible; la troisième ligne, qui est peu visible, est en zigzag; elle est bordée de blanchâtre extérieurement . et cette couleur est elle-même limitée par une autre ligne brunâtre. On voit une ligne noire basilaire peu allongée. La tache ré- niforme se confond presque avec le fond; elle s'unit avec l'or- 284 ANNALES biculaire en formant un croissant noir. Celle-ci est allongée , MTégulIère; et la troisième, qui est au dessous {tache angu- ïaùe) , est conique, obtuse à son extrémité externe; le bord antérieur de Taile est marqué de plusieurs points roussâtres; la plupart des nervures sont plus foncées que le fond , et plus ou moins ponctuées de roussâtre. La frange est crénelée, à peu près de la couleur de l'aile. Les ailes inférieures sont d'un brun roussâtre, devenant plus paie vers la base. Leurs nervures sont brunes; la frange est roussâtre , crénelée , traversée par un liseré brunâtre. Les ailes sont grises en dessous , blanchâtres à leur base , excepté au bord antérieur; elles sont traversées par une ligne sinueuse j avec une lunule centrale brune. La lunule porte dans son milieu un petit croissant blanchâtre; le corps est de la couleur des ailes supérieures; le ventre, de la teinte des inférieures. Les antennes, qui sont grises, sont un peu ciliées; les pattes sont grises , avec les tarses annelés de roussâtre. TiCtte esprce a été découverte aux environs de Marseille par M. Solier, l'un des naturalistes les plus distingués du midi de la France. J'ai depuis rencontré la chenille en Corse , aux en- virons de Bastid , et surtout le long des rampes calcaires qui bordent la mer près de Bonifacio. L'insecte parfait paraît au printemps et en automne. La chenille est d'un gris un peu jaunâtre, ou un peu rous- sâtre, ou même rougeâtrc, avec des atomes et linéamens noi- râtres répandus sur tout le corps. Il y a sur le vaisseau dorsal une ligne jaunâtre peu ou pas visible, le long de laquelle rè- gne une ligne peu distincte formée d'atomes noirâtres, et qui projette latéralement une branche sur chaque anneau qui vient aboutir à une bande longitudinale mal déterminée, et sur laquelle se voit, à chaque anneau, une petite tache jaunâtre en partie bordée de noir. Au dessous existe encore une espèce de bande brune fort irrégulière , peu ou pas sensi^ DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQLE. aSS Lie, et qui semble , comme les autres , se mêler plus ou moins aux atomes et linéamens noirâtres. Sous les stigmates , Ton voit quelquefois une bande longi- tudinale plus pâle que le fond, sinueuse , et souvent nulle. Les stigmates sont ovoïdes , roussâtres , avec la bordure noire , assez épaisse. La tête est légèrement brunâtre , avec des atomes noirâtres disposés surtout sur le sommet, et un peu latéralement. Le premier anneau est un peu luisant en dessus , et les tubercules piliferes sont blanchâtres. Les pattes écailleuses sont de la couleur du corps , avec des points noirs extérieurement ; les autres sont blanchâtres , un peu luisantes à l'extérieur, avec quelques très-petits points. Elle s'enfonce en terre , et forme sa coque avec cette subs- tance , sans y mêler de soie. Elle produit une chrysalide d'un rouge testacé, avec les sutures et les incisions des anneaux et l'extrémité noires. Elle se termine par une proéminence obtuse très-ridée inférieurement , et armée de deux pointes divergen- tes non crochues. Les nervures des ailes et la gaîne des pattes et des antennes sont fort apparentes. Cette chenille se trouve en hiver et au mois de mai sur le Chenopodïwn fruticosuni. Elle mange aussi les Salsolaei les ^triplex salés qui croissent au bord de la mer. Elle se cache pendant le jour , dans la terre ou dans quelques trous au pied de la plante. Mais les crottes molles qu'elle laisse collées le long des rameaux trahissent aisément sa présence. 286 ANNALES Genre Caradrina. Caradi ina fuscicornis, (PI. 9, fig. 5.) C. A lis anticis griseo-cinereis , lineis tribus transi^ersis obsoletis ru- fescendbus • macula renijormi punctis albis notata, in medio rufa. Posticis albis. Cette espèce est de la grandeur de la C. cubicularis ou un peu plus petite ; elle est toute d*un gris cendré blanchâtre, plus ou moins foncé. Elle ressemble beaucoup à la Cubicularis ; mais le dessin de ses ailes supérieures est plus net , moins né- buleux; la partie de l'aile qui avoisine le bord antérieur dai|s les deux tiers internes est blanchâtre. L'aile est traversée par trois lignes -, l'externe est marquée de rouge , un peu moins sinueuse que dans la Cubicularis* Les deux autres sont presque comme dans celle-ci ; mais l'interne est moins oblique, et se rapproche moins de la précé- dente vers le bord postérieur; quelquefois il existe des traces d'autres lignes. Le bord antérieur de l'aile est marqué de qua- tre points noirs; la tache réniforme est obscure , un peu rous- sâtre dans son milieu , avec quelques points blancs sur ses bords; l'orbiculaire est très-petite, obscure. Les ailes infé- rieures sont un peu roussâtres postérieurement chez la fe- melle , blanches chez le mâle. Le dessous des ailes est d'un gris blanchâtre , luisant , avec une bande transverse aux supérieures , et quelques points aux inférieures noirâtres; le corps est de la même couleur que les premières ailes. Les palpes sont noires, avec l'extrémité du se- cond et troisième articles blanchâtres; les antennes sont noi- râtres , plus foncées que chez la Cubicularis , un peu ciliées à la loupe , dans le mâle. L'insecte parfait paraît au mois de mai et de septembre. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 287 La chenille a le fond d'une couleur roussâtre, tout couvert d'atomes et de linéamens bruns , et qui, en se réunissant, for- ment des lignes ou des parties plus foncées : ce qui lui donne une teinte d'un gris brun. Il y a sur le vaisseau dorsal une ligne plus foncée, interrompue ; formée de deux linéamens qui s'écartent et se rapprochent , et laissent entre eux , à chaque anneau , un très-petit intervalle clair : sur les côtés de cette ligne , la teinte est plus foncée. Plus bas, l'on voit une autre ligne ou bande brune, peu dis- tincte de la teinte générale , bordée supérieurement par une partie plus claire , et au dessous une série longitudinale de taches claires un peu rougeâtres , placées au dessus des stig- mates et peu apparentes. Les stigmates sont ovoïdes, noirs, à disque enfoncé. Les côtés et le dessous du ventre sont d'une teinte pâle un peu rougeâtre. La tête est luisante, noirâtre , avec les parties latérales et la pièce frontale roussâtres. Les pattes sont de la couleur du corps; les membraneuses ont la face externe brunâtre luisante , marquée de deux très- petits points noirs. Le premier anneau porte une plaque écailleusse roussâtre , dont la teinte s'étend jusque sur le deuxième anneau. J'ai trouvé cette chenille au mois de juillet sur hScrophula- ria ramosissinia. ^ Elle s'enfonce en terre , et forme une coque peu solide ^ dans laquelle il n'entre pas de soie; elle y reste long-temps avant de produire sa chrysalide (1). Celle-ci est d'une cou- leur testacée , lisse , luisante; trois des anneaux du ventre ont leur bord antérieur , à la face dorsale , marqué de points en- foncés. Le dernier anneau est assez obtus; il se termine par (i) Cette espèce et plusieurs de ses congénères me semblent devoir être rapportées au genre Jgrotis (Ochse;. adS ANNALES une crête armée de quatre soies crochues disposées sur un rang. Genre Leucania. Leucania Iliparîa. (PI. g^fîg. i.) Rameur, ^nn, des se, (T observation. Boisduval, Ind. métîi.^ en\ et add. Statura L. L.- Album eique subaffinu ; alis anticis supra albo-roseis , fusco luteoque variis , fascia ad apicem obliqua dilutiori. Puncto- rum nigrorum série transi>ersa , interrupta ; ner^o medio quibus— damque ramis albo luteolis. Alis sublus nigrescentibus. Ce lépidoptère est de la grandeur de la h.- Album , à la- quelle il ressemble un peu. Ses ailes supérieures sont en dessus d'un blanc rosé, avec des j^arlies plus Ibncées, d'un brun jaunâtre ; cette dernière teinte occupe surtout la partie moyenne et longitudinale de l'aile; elle se trouve coupée par une bande claire, qui descend obliquement du sommet de l'aile. La nervure médiane , ainsi que quelques rameaux , sont d'un blanc jaunâtre. L'aile présente à l'union de son tiers postérieur , une ligne transverse, interrompue, de petits points noirs. Les secondes ailes sont blanchâtres à la base, et deviennent d'un brun légèrement fauve dans le reste de l'aile ; leur frange est blanchâtre. Le dessous des ailes supérieures est d'un brun-noir plus clair vers les bords , avec un point noir au bord antérieur. Les inférieures ont le dessous en grande partie d'un brun- rosé; l'autre partie qui est interne est blanchâtre, avec une seule rangée transverse de points noirs , et un très-petit point semblable au centre de l'aile. Tout le corps est d'un gris souvent teint de rose; la partie antérieure est traversée par trois lignes brunes. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 289 Les mâles portent en dessous, à l'union du ventre avec la poitrine , une touffe épaisse de poils noirâtres , au centre de laquelle existe un paquet serré de poils blancs. Cette espèce se trouve à Montpellier, en mai , août et sep- tembre; je l'ai aussi reprise dans l'île de Corse, aux environs d'Ajaccio. Leucania amnicola. (PI. 9, fig. 2.) Rambur. Ann. des Se. d'obseiv^ L. similis L. ohsoletœ. yilis anticis supra luteo-Tufis , nevi'o medio in punctum dilatato ; série transi^ersa obliqua^ vix incurvata ^ interrupta , nigrorum punctorum , aliquando fere nidla. Alis po- sticis fusco-liitcolis ; omnibus subtus margaritaceis. Cette espèce ressemble beaucoup à la L. obsoleta-, la cou- leur des ailes supérieures est. d'un jaune roux en dessus. La nervure médiane , peu visible d'abord , s'élargit en un point à l'endroit de ses dernières ramifications; elle est d'un blanc jaunâtre avec quelques autres rameaux peu visibles. Derrière cette nervure on voit une légère teinte d'un brun rose , quelquefois à peine sensible, qui se continue jusqu'à la marge, et du sommet de l'aile part une légère éclaircie sou- vent insensible. La ligne transverse de petits points est réduite h deux ou trois, et même elle peut manquer tout-à-fait. Les lignes longitudinales qui bordent les nervures , et celles qui existent entre elles , sont assez marquées et d'un brun rose; on voit aussi un trait de cette couleur vers l'angle in- terne du bord postérieur de l'aile. La frange est d'un brun rosé , bordée intérieurement d'une série de petits points noirs. Les secondes ailes ont la base et le bord antérieur d'un blanc jaunâtre luisant; le reste est d'un brun jaunâtre assez sgo ANNALES foncé, excepté le bord interne qui est blanchâtre; le bord postérieur de l'aile est un peu déchiqueté par une couleur jaune , sur laquelle existent quelques petits points peu visi- bles; la frange est blanchâtre. Le dessous des ailes est blanchâtre , avec un reflet brillant couleur de nacre. La tête et les antennes sont d'un roux brunâtre. La partie antérieure du corps est marquée de trois lignes brunes ; le reste est jaunâtre , un peu brun vers la base des ailes. L'abdomen est d'un gris roussâtre , et la face anté- rieure des cuisses est brune. Le mâle n'a pas les antennes sensiblement pectinées ; il porte en dessous, à la base de l'abdomen , une touffe de poils noirs , dans laquelle est renfermée un paquet de poils couleur de paille. Elle diffère surtout de la L. obsoleta , en ce qu'elle est plus petite , et que la ligne transverse de points est presque droite au lieu d'être courbe. Nous n'avons point vu dans le mâle de V obsoleta la touffe de poils noirs qui se trouve dans notre espèce. Elle paraît aux mêmes époques que Va Riparia, Ce Lépidoptère, que nous avons découvert aux environs de Montpellier, se retrouve aussi en Corse; nous l'avons rencon- tré , ainsi que sa chenille , près d'Ajaccio. Nous renvoyons pour la figure et la description de celte chenille , à la Collection iconographique des chenilles cC Eu- rope. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 391 Genbe Xylina. XjUna? y/ustralis. (PI. 9, fig. 8.) Boisd., Ind, méih., en . et add. p. 6. Xf. "variabilis. Alis anticis griseo-albidis aul rufescentibus ; tri- bus ni gris lineis transt'ersis colore albido cinctis , externa lineoiis sagittatis composita, média valde serrata. Cette espèce est trèsrvariable ; aucun des individus que nous avons été h même d*observer ne s'est trouvé semblable; mais le dessin de ses ailes la fait aisément reconnaître. Les ailes supérieures sont en dessus d'un gris plus ou moins blanchâtre, souvent nuancé de roux; quelquefois elles sont toutes rousses ou même noirâtres, et dans ces cas les deux lignes transverses internes sont toujours plus ou moins en- tourées de blanc. Des trois lignes transverses ordinaires , l'externe est si- nueuse , composée d'une série de petites lignes sagittées , noires ou rousses; l'espace compris entre elle et la frange est plus ou moins blanchâtre , et forme un bord denté en scie dont les angles s'avancent quelquefois jusqu'au bord externe de la frange en la séparant en une série de petites taches noires ou d'un bru nroux. La ligne médiane est profondément dentée en scie , et pla- cée sur une teinte blanchâtre qui ordinairement s'unit posté- rieurement à celle qui borde la ligne interne; celle-ci, é2;a- lemcnt dentée , forme postérieurement deux angles très- allongés; ces deux lignes sont noires et fines; l'espace compris entre elles est souvent fraversé, d'avant en arrière, par une bande irrégulière , brunâtre , sinueuse , souvent peu sensible ; on y remarque les deux taches ordinaires , dont l'orbiciilaire est oblongue , placée obliquement; la réniforme est presqucr triangulaire , un peu roussâtre vers son bord externe , mar- quée de deux ou trois traits bruns. La tache angulaire forme 3g2 ANNALES un angle aigu peu sensible , roussâtre. Il existe une ligne Lasilaire assez prononcée ^ qui s'étend presque jusqu'à la ligne interne. Outre cela , la plupart des nervures forment des lignes noires. Dans les individus blanchâtres , il règne une teinte d'un brun cendré à la basé de l'aile et qui s'étend largement sur le bord antérieur, jusqu'à la ligne externe, en compre- nant les taches ordinaires. Cette nuance enveloppe aussi plus ou moins la partie postérieure de la hgne externe , et semble de là se prolonger jusque vers la base de l'aile. Les secondes ailes sont quelquefois toutes brunes, traversées par une éclaircie blanchâtre , à peine visible ; d'autres fois les nervures et la partie postérieure de l'aile seulement sont de cette couleur. Leur frange est blanchâtre , entreconpée de brun à son bord interne. Tout le corps , les antennes et les pattes sont d'un gris cendré, quelquefois un peu roussâtre; il y a une ligne noire sur les pterygodes et une autre transverse , et formant un angle dans son milieu , sur le prothorax ; les antennes sont un peu pectinées dans le mâle, un peu ciliées chez la femelle. Les palpes, placés horizontalement, dépassent peu le chaperon. Le corselet offre deux petites touffes de poils saillantes. Cette es- pèce a été découverte en Provence par MM. de Saporia et Solier. Je l'ai depuis rencontrée en Corse, où elle paraît au mois de novembre. Quoique M. Boisduval place cette espèce entre les X. ConspidUaris et Piitris , nous n'avons pu voir les rapports qui existent entre eux. La chenille offre sur le dos une large bande d'un jaune roussâtre ou rougeâtre, séparée en* deux par un liseré plus pâle placé sur le vaisseau dorsal; et du bord antérieur de chaque anneau, il part un trait oblique assez court, noir, appuyé sur une partie ombrée de brun , formant une très-lé- "■ère tache ovale qui comprend la largeur de l'anneau; au des- sous de la bande dorsale existe une autre bande plus ou moiii-s DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 295 ombrée d*atomes bruns , bordée supérieurement par une Ijo-ne composée d'une série de traits noirâtres; elle renferme les stigmates qui sont entourés supérieurement par un demi-cer- cle noir. Ils sont ovoïdes, blancs , avec la bordure noire; on voit au dessous d'eux une légère tache rougeâtre. Les côtés offrent une ligne jaunâtre peu distincte de la couleur du ventre , qui est d'un vert-jaunâtre. La tête est roussâlre , avec un réseau et une ligne plus foncés. Les pattes écailleuses sont un peu roussâtres; les membra- neuses sont do la couleur du ventre. Celte chenille mange V Asphodèle {Asphodelus microcar- piis) et les Chicoracées. On la trouve au mois de mars; elle entre en terre où elle forme une légère coque, et produit une chrysalide d'un rouo-e obscur, Xylina Merckiî, Xyl. Alis anticis supra griseo-ciiiereis , nervis lineisque nigris • poslicis ahdomîneque fusco-rufescentibiis. Cris ta dors ail ad api- cem rufa. Les ailes supérieures sont en dessus d'un gris cendré, avec la plupart des nervures et quelques linéamens noirs. L'on aperçoit vers la base quelques angles formés par des Ii"-nes noires , et qui sont les rudimens du dessin ; il part obliquement un peu au dessous du sommet de l'aile, un nuance brune, oeu marquée , qui se perd avant d'atteindre le bord postérieur. La frange, qui n'est pas bien distincte de l'aile, est nn peu et irrégulièrement crénelée , et comme un peu échancrée posté- rieurement. Les secondes ailes ont leur bord postérieur sinueux , avec i» 20 294 ANNALÏÏS quelques crénclures ; elles sont d'un brun i oussûtre , avec la moitié externe de leur frange blanchâtre ^ elles ont un crois- sant brun central peu marqué. En dessous, les ailes sont luisantes, grises, saupoudrées d'atomes d'an gris roussâtre. Les deux tiers externes du disque des supérieures sont d'un brun roussâtre , un peu velus ; cette nuance est limitée à l'extérieur par une ligne sinueuse plus foncée. Les autres ont quelques nervures , un point central et une liiînc sinueuse d'un brun roussâtre. Le corps est de la couleur des premières ailes ; il offre an- térieurement une ligne noire , brisée dans son milieu , pour former un angle , dont la pointe s'avance vers la tête. Les ptérygodes sont marquées d'une ligne brune peu foncée. La crête dorsale est roussâtre au sommet; on voit aussi une pe- tite marque de cette couleur près de la base de l'aile. Les antennes , la tête et les pattes sont de la couleur du corps : celles-ci ont une raie noire longitudinale sur le tibia. La poitrine et le ventre sont d'un gris roussâtre; celui-ci est aplati, etprésenie postérieurement sur les côtés quelques touffes de poils. Ce papillon , que nous avons rencontré près d'Ajaccio , a aussi été découvert aux environs de Lyon par I\\. Donsel et par M. Merck , auquel nous l'avons dédié , et qui le possédait déjà depuis plusieurs années. Il paraît dans le mois d'octobre et de novembre. La chenille est d'un vert jaunâtre, toute couverte de points et d'atomes jaunes; il y a sur le dos trois lignes jaunes , dont la médiane plus étroite, visibles dans toute la longueur du corps. Le ventre est d'un vert pâle, avec des atomes jaunes sur les anneaux sans pattes. Les stigmates sont ovoïdes, fauves , avec la bordure noire ,^ la tête et les pattes sont d'un vert jaunâtre avec des points jaunes. Il y a sur le corps quelques poils clairs peu sensibles. DE LA SOCIÊ'tÉ ENTOMOLOGIQUE. 295 Cette chenille vit au mois de mai sur VAime (Aliius vis- cosa). Pour se métamorphoser, elle entre en terre , et com- pose, avec cette substance et un peu de soie, une légère coque. Elle produit une chrysalide d'un noir un peu rougeâtre. Description d'un noiweaii genre de Cruslacé macroure ^ formant le passage entre les Paguriens et les Tkalassi- nites , parM. GuiiRiN. (PI. lo.A. fig. 1-7.) (Séance du i3 juin i832.) Quand on découvre un animai qui n'est pas encore enre- gistré dans le catalogue des êtres connus , et que son organisa- tion ne le place pas nettement dans une des divisions établies par nos prédécesseurs, on est quelquefois très-embarrassé pour lui assigner une place dans une série naturelle; car les au- teurs qui ont fondé les méthodes n'ont pu prévoir tous les modes d'organisation que la nature emploie, et il arrive sou- vent que l'animal observé tient par quelques points à une division , tandis que par d'autres caractères il avoisine ua groupe trcs-éloigné. Cette circonstance se présente pour nous dans le Crustacé dont nous allons donner la description : il devrait entrer dans la tribu des Paguriens , si l'on ne considérait que le nombre et la disposition des appendices de sa queue ; tandis que ses autres caractères doivent le ranger parmi les Thalassinites. Ce Crustacé forme donc , comme le genre Giaucothée de M. Edwards , le passage entre ces deux tribus. L'individu unique sur lequel nous avons fait nos observa- tions étant en très-mauvais état , nous ne pouvons assurer d'une manière bien positive qu'il n'avait pas perdu un des ^^îus "Tande encore que dans tous les autres Carabiques. Il est fort abondant là où il se trouve; mais la nuit, M. Lefebvre n'a jamais pu venir à bout de le rencontrer, malgré le soin qu'il y mit. M. Lefebvre rappelle encore l'attention de la Société sur un fait digne de remarque : c'est l'étonnante faculté qu'ont diversinsectesdevivre dans une atmosphère des plus chaudes. En effet , le 24 mai 1820 , à environ cent pieds de profondeur dans les parois internes du Vésuve , il trouva dans les bouches sulfureuses brûlantes (ou le thermomètre cassa à 60 degrés deRéaumur) plusieurs Curculionites, comme le Eiirliynus jifjims (Gyll.) et le Rhytonomus Murinus (Gyll.) , qui y vi- vaient parfaitement et s'y accouplaient. La plupart portaient sur leurs élytres ammolies des gouttes de vapeur condensée. A l'appui de ce fait, M. Duponchel rapporte que dans les eaux thermales d^\.cql:i en Piémont (qui ont 4^ degrés DE LA SOCIÉTÉ ENTO.^îOLOGîQIjE. 5i5 Piéaumur de chaleur) , selon M. Lesne , inspecteur des hôpi- taux mihtaires, il se trouve un Dytiscus de grande taille, qu'il pense être le Rœselii. A ce sujet M. de Theis raconte que dans l'hiver de i83o, par i4 degrés de froid (Réaumur) , il a trouvé certaines es- pèces d'Arachnides très-vivaces , et qui ont supporté une Iriin- silion subite de 34 degrés de chaud sans en paraître incom- modées. Leclures, — Mémoire sur uq nouveau genre de Crustacés de l'ordre des Stomapodes, par M. Milne Edwards. Mémoire sur la culture de la Cochenille en Espagne , par M***, communiqué par M. de Theis. Mémoire sur le T'uiea Decuriella (Hub.) , par M. Dupon- chel, pag. 5oo. Séance du i'*^ août. Ouvrages offerts. — Seconde décade d'une centurie de Lépidoptères de l'île do Cuba, de M. Poey, par l'auteur. Seconde livraison de l'Iconographie des chenilles des L<3pl- doplère de France , de M. Duponchel , par l'éditeur des An- nales. Lectures. — Monographie du genre Lycus, par M. Guériu. Mémoire sur les transformations du Claduis Difforinis^ par M. Brullé, pag. 3o8. Description de quatre Tenthrédines nouvelles , par M. Foid- ques de Villaret, pag. 3o3. Membres reçus. — MM. Girod Chantrans (de Baume) , Macquarl (de Lille). Séance du 5 septembre. Correspondance. — Lettre d'acceplatimi de M. Khi^ , pag. 245. 3i4 ANNALES Ous^rages offerts, — Première et seconde livraisons de la partie Entomologique de l'expédition scientifique de Morée , par l'auteur, M. Brullé. Communications, — M. Lefebvre fait part d'un article de la Gazette des Hôpitaux du 2 août 1802, où on rapporte que, près de Marseille, non loin de Ghâteau-Gombet t , des paysans ont, en trois jours, recueilli trois cent quatre-vingt kilogrammes d'œufs de Sauterelles , qu'ils ont remis à une commission nommée à cet effet par le maire de l'endroit. M. Lefebvre demande qu'il soit pris des renseignemens exacts sur ce fait ; et , appelant l'attention de la Société sur les apparitions considérables d'Insectes de diverses espèces que l'on a signalées sur plusieurs points de l'Europe et de la France, cette année que le choléra y a exercé ses ravages, demande s'il n'y aurait point coïncidence entre ces appa- ritions et les maladies pestilentielles ou épidémiques violentes» L'histoire, celle même des temps les plus reculés , présentant souvent une réunion pareille. M. Feisthamel combat cette opinion , et pense que ces appa* ritions ne sauraient se rattacher à la présence d'aucune ma- ladie; et, entr'autres preuves, rapporte que ce ne fut que l'année qui précéda la dernière invasion de la peste à Odessa qu'y fondit une des plus fortes nuées de Sauterelles qui y aient été observées dans ce pays. M. Lacordaire soutient l'avis de M. Feisthamel , et, tout en rapportant qu'un passage de Piérides a dernièrement été re- marqué dans un des quartiers de Paris , pense que cette coïn- cidence ne saurait exister. La Société prend cependant en considération la question soulevée par M. Lefebvre , et nomme une commission chargée ^e présenter un travail à ce sujet. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGiQtE. 5i5 LecUuet, — Mémoire sur la bouche des Libeiluliiies, [uir M. Brullé. Description de plusieurs Coléoptères inédits, par M. de Laporte. Description de trois Coléoptères nouveaux , par M. Gory. Mémoire sur les métamorphoses du genre Ccralopogu/i , par M. Guérin. Mémoire sur les mœurs de la Chenille delà NonagriaPa- liidicola, par M. Guénée (de Châteaudun). Notice historique sur l'Entomologie du Guiane , par M. Lacordaire. Membres reçus. — MM. Dessalines d'Orhigny (de Paris) , Walker (de Londres) , Schuermann (de Bruxelles) , Robyns (id.), Dubust (id. ). VOYAGES. DEPARTS. , ARRIVEES. NOUVELLES DIVERSES. Madame veuve Salé et son fils , dont nous avons annoncé le départ pour le Mexique dans notre premier numéro, n'ont pu, il cause du bombardement de la Vera-Crux , dans la- quelle ils se trouvaient enfermés , recueillir jusqu'à présent un grand nombre d'insectes. Mais en ce moment ils se diri- gent vers le pic d'Orixaba , où tout fait espérer qu'ils feront d'amples récoltes. M. Alcide d'Orbigny, parti en 1826 pour l'Amérique mé- ridionale ^ écrit de Santo-Corazon de Ghiquetos, à la date du 9 octobre i85i , qu'après un séjour de quatre mois parmi les Indiens de ce pays , il compte visiter les Guacoyos , et de 3i6 ANNALES là passer à Moxos, pays qui lui promet les plus riches décou- vertes. Il compte ensuite explorer la province de Cuzco, et de là revenir enfin en Europe avec d'immenses collections , dont les insectes ne seront pas la partie la moins riche. M. Poey , parti récemment pour l'île de Cuba , oii il compte explorer toutes les branches de Thistoire naturelle , vient d'arriver heureusement à la Havane. M. Bohéman , naturaliste suédois, dont nous avons annoncé le départ pour la Laponie dans notre dernier numéro, est récemment de retour de son voyage. Cette expédition , à ce qu'on assure , vu le froid et les pluies qui ont duré cet été dans ces contrées , a été moins productive qu'on n'avait lieu de l'espérer. Une lettre de M. de Bonpiand , datée de Buénos-Ayres , du 7 mai i832 , et adressée à M. de Humbold , apprend que cet illustre voyageur compte enfin revenir en Europe après une seconde excursion aux missions portugaises, où la fertilité du sol et la richesse de la végétation lui promettent les plus am- ples récoltes dans toutes les branches de l'histoire naturelle. A cette époque , il attendait de ce dernier ^ays et du Pa- raguay ses premières collections pour les expédier aussitôt au muséum d'histoire naturelle de Paris. On apprend que M. Polydore Roux , directeur du muséum d'histoire naturelle de Marseille , après un assez long séjour en Egypte , vient de s'embarquer pour Bombay. D'après les dernières nouvelles reçues de M. Ruppel , de Francfort, datées de IMassano , en mars dernier, ce célèbre naturaliste , déjà connu par ses voyages dans l'intérieur du Kordofan et du Darfour , de 1822 à 1827, a entrepris, à la (in de i83o, un second voyage dans ces mêmes contrées. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 517 Des révolutions ayant éclatées à la fois dans toute l'Arabie et l'Abyssinie, et jusque dans le formidable pays des Gallas , M. Ruppel s'est trouvé obligé , après avoir traversé la mer Rouge à Moka , de suspendre le projet qu'il avait de se di- riger vers les montagnes de la Lune , et de pénétrer par Ih le plus avant possible dans le continent africain. 11 s'est arrêté à Massona , où il a résidé pendant six mois , qu'il a employés à explorer les parties de l'Abyssinie les plus rapprochées de la cote , et dans lesquelles il a fait , dans toutes les branches de la zoologie , d'importantes découvertes. NÉCROLOGIE. Notice sur George Cuvier, membre honoraire de la So- ciété Entomologique de France, lu à cette Société par M, Victor Audouin , vice-président. (Séance du i3 juin. ) • GECRGE-LÉOPOLD-CnRÉTIEN-FRÉDÉRIC^DAGOBERT CuVIE^i est né à Montbelliard , département du Doubs, le 2 3 août 1769 (i). Élevé dans la religion luthérienne , il se distingua dès ses plus jeunes années par son aptitude au travail et par la facilité avec laquelle il saisissait tout ce qu'on voulait lui enseigner., A trois ans , il lisait déjà très-couramment; et ii quatorze , il avait terminé, d'une manière brillante, ses classes dans le collège de Montbelliard. Sa famille, peu fortunée, comptait lui faire embrasser la carrière militaire; mais sa santé délicate et son goût prononcé pour l'étude la firent renoncer h ce projet ; (i) Nous nous sommes assurés que la date de sa naissance élnit \e 23 août, et non le aS , comme on l'a imprimé dans quelques biographies. 5i8 ANNALES on le destina alors à l'état ecclésiastique , pour lequel il nion trait beaucoup de penchant. Cependant il fallait, avant tout, subir les épreuves d'un concours pour obtenir une bourse , et Cuvier s'y montra avec tant de supériorité , que personne ne doutait qu'on ne le choisît comme le plus capable. Néan- moins , la palme fut décernée h un concurrent qui était sou- tenu par la protection de l'un des juges. Montbelliard était alors la capitale d'un comté dont le duc de Wurtemberg était souverain. L'injustice dont le jeune ciin- didat avait été victime vint aux oreilles du prince, qui s'em- pressa de la réparer en lui accordant une bourse dans un éta- blissement de haut enseignement qu'il avait formé à Slult- gard. Cuvier s'y livra à des études sérieuses de droit jusqu'à l'âge de dix-huit ans , où il en sortit. Dès cette époque , il avait ma- nifesté un goût très-prononcé pour l'histoire naturelle; loiiles ses heures de récréations étaient consacrées à la recolle et au classement des insectes; et, comme pour lui il n'y avait pas de jeuj^frivoles , il étudiait en même temps avec soin leurs caractères , observait leurs mœurs, et s'exerçait dans l'art difficile de les peindre. Ayant fini ses études , et obligé qu'il était de tirer parti de ses connaissances , il accepta une place de précepteur que lui offrit le comte d Hericy , qui avait plu- sieurs enfans , et habitait en Normandie le château de Fi- quainville , situé près d'un bourg nommé Valmont , à cinq lieues au nord-ou<'st d'Ivetot. Poussé par une sorte d'entraî- nement vers la zoologie , et placé dans le voisinage de la mer, il mit à profit ses instans de loisir pour observer les animaux nombreux et variés qu'elle renferme dans son sein. Il entrait à peine dans sa vingt-quatrième année , et déjà ses travaux manuscrits révélaient toute la portée de son génie, ]bien que lui-même ne les regardât que comme de faibles essais; car, écrivait-il a son jeune ami M. Geoffroy Saint DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGIQUE. Siq Hilaire , avec lequel il venait d'être mis en relation : « Ces nia- nuscj^Lts dont vous me demandez la communication , ne sont qu'à mon usage , et ne comprennent sans doute que des choses déjà décrites ailleurs ^ et mieux établies par Les naturalistes de la capitale j ils sont faits sans le secours des libres et des collections , etc. Et cependant , ajoute M. Geoffroy , dans ces précieux manuscrits je trouvai presque à chaque page des faits nouveaux , des vues ingénieuses. Les méthodes scientifiques , qui depuis ont renouvelé les bases de la zoologie , étaient indiquées dans ces premiers essais , déjà supérieurs à presque tous les travaux de Tépoque. Je lui répondis : Venez à Paris ,- venez jouer parmi nous le rôle dun autre Linné , d^un autre législateur de Vhistoire na- turelle. » (i) Celte invitation fut acceptée, et bientôt Cuvier vint prendre rang parmi les jeunes savans que renfermait alors la capitale. La Société Philomalhique était le centre de leur réunion; il en devint membre , et y coniracta des liaisons in- times avec MM. BerthoUet, Bosc , Brongniart , Coquebert- Montbret , de Candolle, Dumeril, Fourcroy, Halle, Haiiy, Lacépède, Lacroix , Laplace , Latreille , Mirbel , Monge , Vau- quelin, Sylvestre, etc. Un des premiefs travaux qu'il communiqua à ce petit comité d'amis fut un mémoire sur la formation et l'usage des Méthodes en histoire naturelle. Il s'attacha ti démontrer dans cette dissertation lumineuse que la bonté d'une méthode doit nécessairement tenir au meilleur choix, dans la subordina- tion des caractères. Plus tard , il fit d'heureuses applications de ce principe dans ses nombreux et importans travaux de (i) Voyez le discours prononcé sur la tombe de M. Cuvier, le 16 mai i832 , par M. Geoffroy Sainl-Hilaire ( Annales des sciences naturelles , t. a6, pag. 401 ), et dans lequel ce savant nous apprend comment il fut mis ei^ relation avec M. Cuvier, par l'entremise d'un célèbre agronome, M. Tes-, sier , aujourd'hui le doyen de racadémie des sciences. 320 ANNALES zoologie; mais dès lors les preuves qu'il apportait à l'apiiiii de sa manière de voir indiquaient un observateur exercé et doué d'un coup d'œil vif et pénétrant. En effet, M. Guvier pouvait avoir sur ces matières difficiles une opinion bien ar- rêtée , préparé qu'il était depuis long-temps par un examen attentif des divers systèmes organiques des animaux et par de profondes méditations. Vous ne vous attendez pas , Messieurs , h me voir suivre dans sa carrière scientifique ce génie si fécond et si actif. Des voix éloquentes et plus capables que moi de faire ressortir l'importance de ses travaux sur l'Anatomie des animaux de toutes les classes, sur la Zoologie , sur la Géologie et sur la Paléontologie , se sont déjà fait entendre , et plusieurs s'élè- veront de nouveau qui diront tout ce que lui doit la science , non seulement à cause du grand nombre de publications qu'il a mises au jour^ mais encore pour ce talent si mervcilleu?^ qu'il possédait d'exposer nettement ses pensées et de les faire comprendre aux autres. On transmettra aussi à la postérité, car c'est un exemple qui devra profiter, avec quelle bienveil- lance cet homme supérieur accueillait la jeunesse studieuse. Les cabinets d'anatomie qu'il avait formés au Muséum d'his- toire naturelle étaient généreusement mis à la disposition des personnes qui se livraient à quelques recherches suivies ; et elles peuvent dire que ni les conseils ni les encouragemens ne leur ont jamais manqué. Dans celte courte notice que vous •m'avez chargé de ré- diger, je crois ne devoir m'occuper que de la partie des travaux de M. C4uvier qui concernent l'Entomologie ou qui ont des rapports directs avec elle. L'Entomologie ! celle science qui a le privilège de convenir à la jeunesse aussi bien qu'à l'âge mûr, M. Cuvier en avait goûté et apprécié tous les charmes. J'ai dit que lorsqu'il était ^u collège de Stuttgard , il employait ses loisirs à récolter et DE LA SOCIÉTIi: ENTOWOLOGîQUE, 3ai à peindre des insectes; plus tard, il s'en occupa encore plus activement, comme vous le verrez en jetant les yeux sur plusieurs manuscrits que je dépose sur le bureau , et qu'il donna, il y a bien des années, à M. Alexandre Brongniart, comme un souvenir de peu de valeur et d'ancienne amitié (i). L'un de ces manuscrits a été rédigé dans le château de Fiquainville, en Normandie; il a pour titre : Diarium zoo- lagicum quint uni ^ et est daté du 22 avril i^gi : Guvier ii'avait pas encore vingt-deux ans. Ce petit nombre de pa"-es contient des descriptions de Garabiques , écrites en latin; et, dès la première ligne, on a la preuve que ces observations entomologiques dataient déjà de cinq à six ans, car le jeune auteur dit, à l'occasion du Carahus grajiulatus de Linné, dont il donne une fort bonne figure : « Certè ille est quem exhiber, Diarium zoologicum prij?2um (Die looctob. 1786, pi. 4 f %• 5)- » Or, celte date correspondrait à sa dix-sep- tième année, à l'époque où il terminait ses études au col- lège de Stuttgard, et l'on reconnaît, par le renvoi qu'il fait h une planche 4 » qu'alors ses dessins étaient déjà assez nom- breux pour former un atlas (2). (i) Le goût très-prononcé qu'ils avaient l'un et l'autre pour l'Entomo- logie donna naissance à leur liaison , et ce fut aussi celte science qui éta- blit les rapports les plus intimes entre M. Cuvier et plusieurs savans étrangers. On doit surtout citer parmi eux , un Entomologiste célèbre, Fabricius, qu'il accueillit à Paris de la manière la plus généreuse , et au- quel il eut occasion de rendre des services imporlans. (2) Depuis la lecture de cette notice, j'ai recherché ces manuscrits de collège , et j'ai été assez heureux pour en découvrir plusieurs. M. Cuvier, qui, jugeant sa fin prochaine, s'est occupé d'une manière si touchante et avec un calme si philosophique, des intérêts de sa famille, a songé aussi à assurer la publication de ses nombreux travaux. Tous ses m.anii- scrils sur les poissons ont été légués à M. Valenciennes , son coilabo- rateur pour l'histoire; de ces animaux; et M. Laurillard, son ami de trente ans, qui lui était dévoué d'une manière si complète, a reçu le 522 ANNALES Les figures de Carabiques qui accompagnent ce Diarium quintiini sont exécutées avec un rare talent et une finesse dans les parties délicates , remarquable pour cette époque. Les in- dividus ont été peints dans la position où ils sont morts : c'était l'usage du temps , ainsi qu'on peut le voir dans les ou- vrages de Rossi et de Petagna. Indépendamment de ces dessins en couleur, le jeune Cuvier, jugeant de quelle utilité pouvait être pour la distinction des espèces , une foule de caractères imperceptibles à la vue sim- ple , mais que l'on peut très-bien saisir à l'aide d'une loupe , a représenté souvent, à côté de son texte descriptif, des détails grossis offrant la forme du corselet et les ponctuations si re- marquables et si variées des élytres. Mais c'est surtout à l'oc- casion de quatre hislei\ dont il donne la description, qu'il s'attache davantage à faire ressortir, par des dessins au trait # les principales différences que ces parties fournissent. Ces dé- tails , comme on le voit , ont précédé de beaucoup les pre- miers essais en ce genre que nous devons à Herbst , à Sturm et à Paykull. Outre celte planche consacrée aux Carabes , et qui est complétée par divers autres Coléoptères et même par quel- ques Hémiptères , le Diarium quintiim contenait six autres planches , dont je n'ai malheureusement entre mes mains que les n°' 2 et 4- Le n° a offre la représentation de vingt-trois précieux dépôt des portefeuilles relatifs à l'anatomie comparée et aux animaux fossiles. C'est aussi à ce savant modeste qu'a été confié la coor- dination d'une foule de notes sur la Zoologie, et je dois à cette heureuse circonstance la communication des essais Entomologiques de M. Cuvier; ils forment quatre cahiers format in-40: deux sont relatifs à la Botanique, et remontent à l'année 1786; un autre concerne l'anatomie des Oiseaux , et trois autres présentent la description et la figure de beaucoup d'In- sectes indigènes et même exotiques. Les planches de ces derniers cahiers sont au nombre de trente-deux; ils sont datés de Stuttgard, 1787-1788, et de Caen, 1790. DE LA. SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 5a:> ospt'ccs d'Ichneumons : le manuscrit manque. Au contraire, j ai une portion du texte relatif aux figures de la planche 4 * c'est une description de trente -six espèces de Tenthrèdes , cjui porte ce titre : Recensio gêner alis Tenthredinumndhi f'I Pfaffio notarum. On voit, par des annotations mises en marge, rue M. Pfaff, compatriote de Fabricius , et aujourd'hui professeur de chi- mie à Riel en Danemarck , correspondait fréquemment avec ^\. Cuvier. Les dates relatées de ces lettres sont des mois de décembre 1790 et septembre 1791. Enfin le dernier de ces fragmens, que je pense être d'une époque un peu moins ancienne, ne porte point de date, et a pour litre : Pedicnli animalium ; il renferme la description et la figure au trait d'un assez grand nombre de Poux et de Tiques de divers oiseaux et mammifères (1). (i) J'ai communiqué à la Société Entomologique , postérieurement à la lecture de cette notice, uo nouveau manuscrit de M. Cuvif>r, non moins précieux que ceux dont il vient d'être question, et que je possédais dans ma bibliothèque sans en connaître l'origine. J'avais acheté, pour une somme modique, à la vente des livres de feu M. le professeur de Lamarck, qui eut lieu au mois d'avril i83o , un iot de planches de l'Encyclopédie, parmi lesquelles je remarquai une série de figures de Crustacés exécutées à la plume et avec un rare talent. Aucun texte n'accompagnait ces figures; seulement plusieurs portaient une détermination écrite de la main de M. de Lamarck, et quelquefois y>ar une main différente ; elles étaient en outre accompagnées d'une feuille volante portant ce litre : Icônes cancrorum, et plus bas, Cadomi M. D. ce. XC. Je ne songeais pas à ce manuscrit lorsque, causant der- nièrement avec M. Latreille des travaux de M. Cuvier et de la facilité avec laquelle il dessinait, il vint à me parler de très-jolies fif^ures de Crustacés, à la plume, dont son illustre ami avoit autrefois gratifié M. de Lamarck, et qui sans doute, me dit-il, avaient été perdues. Ce renseiefne- ment ne me permit pas de douter que les planches aujourd'hui e.i uja possession , ne fussent celles dont parlait M. Latreille, et bientôt j'en eu la preuve la plus positive, lorsque, les lui ayant apportées, il les reconnut 5^4 ANNALES J'ai pensé , Messieurs , que vous trouveriez quelqu'intérêt h cire instruit (îe ces circonstances peu connues , et qui sont relatives à la jeunesse de M. Guvier; elles établissent un fait irrécusable : c'est que l'illustre auteur de TAnatomie com- parée, du Piègne animal , des Recherches sur les Ossemens fossiles, de l'Histoire naturelle des Poissons, le secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences , enfin le premier natu- turaliste de notre époque a été introduit dans cette immense carrière par l'irrésistible attrait des recherches Entomologi- ques; c'est à celles-ci qu'il doit en quelque sorte d'avoir pu connaître et d'avoir commencé à prouver sa véritable voca- tion; ce sont, d'après son propre aveu , les merveilles qu'il a découvertes dans l'organisation des insectes qui ont élevé son génie aux plus hautes conceptions. C'est un beau nom pour nous que celui de Guvier, à joindre h tant de noms illustres pour les opposer aux détracteurs de notre science chérie , s'il pouvait s'en trouver encore (i). En effet, l'Entomologie ne fut jamais pour cet homme su- périeur un simple passe-temps de jeunesse. « Si je n'avais pas pour telles. Je reconnus alors moi-même dans le titre el dans les noms des espèces inscrits au bas des planches, l'écriture de M. Cuvier, qui depuis n'a guère changé, et qui ne diffère essentiellement de celle que nous luiavonsconnue.que parce qu'à cette époque elleétail beaucoup plus régulière et plus lisible, La date de 1790 correspond à sa vingt-unième an- née, et au temps où il habitait la Normandie. C'est à Caen ( Cadorni) qu'il a fait cet atlas; il se compose de vingt-trois planches, consacrées cha- cune, excepté la dernière, à une seule espèce. Généralement elles re- présentent des Crustacés de nos mers; mais, dans le nombre, il y en a plusieurs qui sont exotiques, et que probablement M. Cuvier avait eu occasion d'étudier dans quelque cabinet d'amateur. (i) Voyez le/ac simile de la lettre que M. Cuvier a adressée à la So- ciété Entomologique, et qu'on a joint ici; elle montre avec quel plaisir il se rappelait ses premiers travaux relatifs à l'Entomologie, et quel cas il faisait de cette science. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 525 étudié les insectes par goût iorsqde j'étais au coHége , me disait-il un jour, je l'aurais fait plus tard par raison, par nécessité. » Car il était convaincu que l'habitude d'apporter son attention toute entière à l'examen de détails minutieux , et la possibilité de commettr^une erreur pour peu qu'on se relâche de cette règle, était une épreuve très-utile pour aborder l'étude des animaux plus élevés et pour tirer de cette étude le meilleur fruit possible. « Êtes-vous Entomologiste? demanda-t-il un jour en ma présence, à un jeune homme de mes amis qui s'était aventuré à lui parler je ne sais de quelle particularité remarquable qu'il prétendait avoir découverte dans une dissection faite sur l'espèce humaine. — Non , lui répondit l'étudiant en méde- cine. — Hé bien! répliqua M. Cuvier, faites Tanatomie d'un insecte; je ne suis pas difficile sur le choix, prenez le plus gros que vous trouverez , revoyez ensuite votre ob- servation , et si elle vous paraît encore exacte , je vous crois sur parole. » Mon ami se soumit de bonne grâce à l'é- preuve ; et bientôt, ayant acquis plus d'habileté et plus de réserve , il vint remercier M. Cuvier de son conseil , et lui avouer en même temps sa méprise. «Vous voyez , lui dit en souriant celui-ci , que ma pierre de ioiiclie liest pas mau- vaise. » L'activité de M. Cuvier était prodigieuse ; et il faut l'avoir vu dans son intérieur pour s'en faire une idée juste. On peut dire à la lettre qu'il ne perdait pas une seconde. Rentrait-il chez lui quelques minutes avant l'heure de son dîner , il allait h son bureau , où il avait laissé ouvert son manuscrit en train, et y continuait quelquefois la phrase qu'il avait été obligé d'interrompre le matin ou même la veille; et cela , il le fai- sait sans aucune difficulté ni hésitation. Le travail lui était si facile , qu'il pouvait , pendant que vous l'entreteniez , et tout en vous écoutant attentivement, écrire des choses très-sé- I. 22 526 ANNALES rieuse!?. Aussi , toutes ies lois qu'il était cliez loi , était-on sûr de pouvoir lui parler : jamais il ne faisait défendre sa porte ; et , quoiqu'il fut l'hooime du monde le plus impor- tuné , à cause de ses nombreuses fonctions , on peut dire qu'il était moins dérangé que perstmne. Mais je reviens à ses travaux et à la partie de ses travaux qui est plus spécialement relative à l'Entomologie. Déjà j'ai mentionné son mémoire sur les méthodes , dans lequel on puisera d'excellens préceptes , et dont il fit lui- même un heureux emploi dans la classification méthodique des insectes. Ce mémoire fut suivi de plusieurs travaux spéciaux, parmi lesquels on remarquera la description d'une espèce de Guêpe cartonnière originaire de Cayenne. Cette espèce nouvelle , que M. Cuvier nomme Tatua^ du nom de Tatou qui lui est donné par les habiians de Cayenne , a quelque ressemblance avec la Vespa nidulans de Fabricius , mais le carton qu'elle construit est moins parfait (i). A cette occasion , M. Cuvier a fait remarquer avec raison que Réaumur , toujours si exact lorsqu'il s'agit des insectes de notre pays , s'est trompé en décrivant et figurant comme la femelle de la f^espa nidulans, un Chalcis qui vit en parasite dans le nid de ces Guêpes , et qui a beaucoup de rapp ort avec le Chalcis ajiJiida'a de Fabricius. Bientôt après, M. Cuvier fit paraître un mémoire très- mtéressant sur les Cloportes , où se trouvent décrites pour la première fois les parties de la bouche de ces Crustacés. Il fut bientôt suivi de la description de plusieurs Diptères des genres Rhagis et Neniotehis , et de quelques autres essais (t) Vespa Tatiia , Nigra , Niùda , jUs fuscis ^ abdomine pedicellato. Son corps est d'un tiers pius gros que celui de la guêpe , à laquelle Fabricius a clouné ie uoni de Vespa nidulans. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 527 Entomologiques , dont un des plus remarquables est sa dis- sertation critique sur les espèces d'Écrevisses connues des anciens et sur les noms qui leur ont été donnés. Quelques travaux de ce genre et un grand nombre de re- cherches sur l'organisation de toutes les classes d'animaux préparaient Cuvier à la publication d'un ouvrage général. ?i le fit paraître, en l'an VI (1797-1798) , sous le titre de Tableau élémentaire de l Histoire naturelle des Ani- maux. Dès lors , la place de son auteur fut marquée au premier rang dans la science. En effet, il venait de poser la pierre fondamentale d'un vaste édifice que plus tard il vou- lait agrandir. Dans ce but, il entreprit de nouvelles observa- tions , et choisit de préférence comme objet de ses études les animaux dont l'organisation était encore la moins connue. C'est ainsi que, dans le mois de vendémiaire an VI, il lut à l'Institut, dont il était membre dèsTorigine, un mémoire très- remarquable sur la Manière dont se fait la nuirition dans /e.ç insectes. Il y établit que leur vaisseau dorsal n'est pas un véritable cœur , et qu'il ne fournit aucune branche qui puisse servir à la circulation. Mais, si un liquide réparateur n^est pas porté à tous les organes , comment s'opère la nutrition ? Cuvier prouve que le suc nourricier traverse les parois du canal intestinal , qu'il se répand dans l'intérieur du corps , entoure toutes les parties , et que celles-ci y étant conti- nuellement plongées , s'alimentent par simple imbibition. Il a aussi constaté dans ce mémoire que les organes sécré- teurs des insectes ne sont point des 2;landes solides comme on en rencontre dans tous les aniinaux qui ont un cœur et des vaisseaux, mais qu'elles sont formées pas des tubes spongieux, quelquefois repliés sur eux-mêmes , unis intimement par des trachées, et qu'on peut toujoiu^sîdérouler lorsqu'on y met le temps et la patience nécessaires. Ces observations ont permis de grouper irrévocablement 328 ANNALES les insectes dans une classe très-naturelle et très-distincte. Elles ont aussi donné lieu à un grand nombre de travaux ulté- rieurs qui sont venus conlirmer ces premières données; et, bien qu'il ait été établi depuis, d'une manière évidente , sui- vant nous , que dans beaucoup d'insectes le vaisseau dorsal fournit postérieurement des branches aux ovaires , il n'en est pas moins constant qu'il n'existe pas chez eux de circulation générale. C'est dans ce même travail que M. Cuvier rend compte de quelques expériences qu'il avait tentées sur les Crustacés , dans le but de déterminer s'ils ont une véritable circulation ou si , comme les insectes , ils en sont privés ; et il est curieux de voir à quel po'ut cette dernière question le pré- occupait. Après bien des hésitations , il semble s'arrêter à cette hypothèse : que les branchies des Crustacés absorbent directement l'eau , et qu'elles la portent dans le cœur, d'où elle serait ensuite cliariée dans tous le corps par les vais- seaux qui en partent , et dont on ne saurait nier l'exis- tence (i). Plus tard, dans son Anatomie comparée, M. Cuvier revint de cette erreur; des expériences positives l'ayant convaincu que ce n'était pas de l'eau , mais bien du sang qui circulait dans les canaux. Toutefois , il lui était toujours resté beaucoup de doute sur ce point difficile ; et dans son Règne animal , il chan- gea encore d'opinion, non plus relativement à la nature du li- quide, qu'il continua de regarder comme du sang , mais quant h la route qu'il suit. Ce furent ces contradictions dans les- quelles ce célèbre anatomiste était avec lui-même, qui pro- voquèrent dans ces derniers temps de nouvelles recherches ; et M. Cuvier , loin d'en concevoir le moindre ombrage , fut le premier à encourager les auteurs (2) dans leur entreprise • (i) Mémoires de la Société d'Histoire naturelle de Paris, an VII. p. 47- (2) MM. Miine Edwards et Victor Âiidouiti. DE LA SOCIÉTÉ EISTOMOLOGIQUE. 329 ri h leur accorder son honorable suffrage (i). C'est encore Ik un trait h citer en l'honneur du caractère noble de M. Cuvier, qui ne traita pas en adversaires , mais en amis , deux jeunes gens que le seul but d'éclaircir un point obscur de la science avait appelés sur son terrain. Le mode de circulation des Annelides n'était pas mieux dé- terminé que celui des Crustacés. M. Cuvier conçut le projet de les étudier; il prit pour exemple les Sangsues , et commimiqua à l'Institut et à la société Philomathique le fruit de ces nou- velles recherches (2). Il apprit aux anatomistes que la couleur rouge du liquide qu'elles contenaient ne provenait nullement du sang que l'animal avait sucé , mais que c'était la couleur de !eur propre sang qui circulait dans quatre vaisseaux prin- cipaux , situés au dos , au ventre et sur les côtés. Cette observation importante permit de séparer du groupe des animaux à ^rt/2^ blanc, les Sangsues et d'autres animaux analogues dont le sang est également de couleur rouge. Plus tard , Lamarck a appHqué à cette classe bien distincte le nom d'^/mélides. Ces anatomies délicates, qui avaient toujours pour but de résoudre quelques difficultés importantes de la science , pré- cédèrent la publication d'un travail général sur l'anatomie de tous les animaux. M. Cuvier avait remplacé dans l'exercice des fonctions de professeur d'anatomie comparée au muséum d'histoire naturelle , M. Mertrud , qui depuis long-temps oc- cupait cette chaire (3). Les leçons du jeune professeur furent (i) Veyez le rapport fait à l'académie des sciences, par MM. Cuvier et Duméril, inséré dans les Annales de'< sciences naturel'es. C'est sur un rap- port spécial de M. Cuvier que l'Institut a décerné à ce travail , en 1828 , le prix de physiologie expérimentale. (2) Bulletin des Sciences^ par la Société Philomalliifjue. Vendémiaire an VII, tom. I , p. 146, et messidor an X, tom. 3, p. 121. (3) Vers la même (?poque, Cuvier professait aux écoles cetitiales. Plus 33o ANNALES recueillis par deux de ses principaux élèves, MM. Duméril et Duvernoy, qui depuis ont pris rang parmi les maîtres de la science; ils les rédigèrent sous sa direction, et firent paraître, en Tan VIII (1799) •> ^^^ 5i venues échouer toutes les ressources de l'art, il professait nu collège de France, et nous promettait l'exposition prochaine de ses découvertes sur le développement de l'embryon dans la série des êtres. Il se proposait aussi de traiter avec quelques détails l'histoire si merveilleuse des métamorphoses des in- sectes. Ainsi , de nouveaux faits allaient jeter une nouvelle lumière sur cette partie encore si obscure de la science; et bientôt un Traité cf yïnaloinie comparée y fait sur un vaste plan , devait résumer les connaissances acquises depuis trente ans sur l'or- ganisation des animaux (i). Que de regrets viennent donc s'ajouter à la douleur que nous éprouvons tous , et qui est partagée bien vivement par notre vénérable président, le collaborateur et l'ami de ce grand homme (2) ! Messieurs , si dans une circonstance aussi triste et aussi ré- cente, vos esprits découragés pouvaient accueillir quelqu'idée consolante, c'en serait une sans doute que de pouvoir se dire que la Société Entoinolo^iqiie de France a été organisée assez tôt pour voir le nom de Cuvier inscrit en tête de la liste des membres qui la composent. Puisque ce génie tulclaire nous est enlevé presque dès notre naissance, que du moins (i) M. Duvernoy, professeur d'hisloire naturelle à la faculté Je Stras- bourg, conjointement avec M. Laurillard , conservateur du cabinet d'ana- tomie comparée au muséum d'histoire de Paris, doivent incessamment commencer la publication de celle anatomie, dont le ic et le je volume se trouvaient déjà en partie rédigés par M. Cuvier. {•i] M.Lalreille, qu'une amitié ancienne et intime liait avec M. Cuvier, et qui était allé prendre quelque repos à sa campagne, y reçut en même temps la nouvelle de la maladie et de la mort de M. Cuvi^îr. On conroi^. combien il fut frappé de ce fatal événeiuent, et combien il ei? est encor^ douloureusement alfccté. 552 ANNALES le, souvenir de l'illustre patronage (font il avait doté nos tra- vaux nous excite h embrasser avec plus d'ardeur l'étude philo- sophiqus jd'une science qu'il estimait à sa juste valeur, et dont il a lui-même si largement aggrandi le domaine. Les sciences naturelles viennent de perdre M. le docteur Rengger, connu par le long séjour qu'il a fait au Paraguay, où il a été retenu par le docteur Francia. Il est mort le 9 oc- tobre dernier , h Arrau. L'Entomologie a également à regretter M. Kuhlwein , sa- vant Entomologiste de Francfort-sur-ruder. Son intention était d'entreprendre un travail sur les Tineites , famille sur laquelle il possédait de nombreux matériaux. Sa belle collec- tion de Lépidoptères , en ce moment 5 vendre , a été évaluée par M. Klug ^ la somme de 0000 rixdalers (environ 20,000 francs). Un catalogue vient d'en être publié. DE LA SOCIÉIÉ ENTOMOLOGIQUE. 535 OUVRAGES D'ENTOMOLOGIE PUBLIÉS DEPUIS LE 1" JUILLET l832. (3^ trimestre.) ICONOGRAPHIE ET HISTOIRE NATURELLE DES COLÉOP- TÈRES D'EUROPE, par M. le comte Dejean et M. J. J. Bolsdaval; tome II , 14e ET DEKKiÈRE LIVRAISON de 06 volumc. Paris, Méquignon- Marvis. Prix de chaque livraison , HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES, OU PAPILLONS DE FRANCE, par Godan, continuée par M. Duponchel ; tome VIIT, deuxième partie, nocturnes; tome V, deuxième partie, 6e livr.^ison. Paris, Méquignon-Marvis. Prix de chaque livraison , ^ " * SUPPLÉMENT A L'HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES OU PAPILLONS DE FRANCE , par M. Duponchel; tome l" , livrai- sons 4 et 5. Paris, Méquignon-Marvis. Prix de chaque livraison, ^ *'• ICONOGRAPHIE DES CHENILLES , pour faire suite à l'ouvrage in- titulé : Histoire naturelle des Lépidoptères ou Papillons de France y par M. Duponchel; tome L', livraisons 3 et 4. Paris, Méquignon-Marvis. Prix de chaque livraison , ^ "'• ICONOGRAPHIE DU RÈGNE ANIMAL DE M. LE BARON CUVIER, par F.-E. Guérin ; livraisons 21 à 26. Paris, J.-B. Baillière. Prix de chaque livraison en noir , ^ i^- Figures coloriées, i5 ir. MAGASIN DE ZOOLOGIE, par M. Guérin, 7c et 8 livraisons. Pa- ris, Lequien. Prix du volume, orné de 5o planches coloriées , 18 fr. ICONES HISTORIQUE DES LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX OU PEU CONNUS, collection avec figures coloriées des Papillons d'Eu- rope nouvellement découverts, par le docteur Boisdui>al. Paris, Roret, 5 , 6 et 7c livraisons. Prix de chaque livraison , 3 fr. 334 ANNrVLES COLLECTION ICONOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE DES CHE- NILLES, ou Description et figures des Chenilles d'Europe, par MM. Boisdiival et Rambur, Paris, Roret. 4 , 5 et 6^ livraisons. Prix de chaque livraison , 3 fr. EXPÉDITION SCIENTIFIQUE DE MORÉE , partie Entoinologiquc , i^diY M. Britllé , 3e et 4^ LIVRAISONS. Paris, Levrault , éditeur. Prix de chaque livraison , 12 fr. CENTURIE DES LÉPIDOPTÈRES DE L'ILE DE CUBA, contenant la description et les figures coloriées de cent espèces de papillons nou- veaux ou peu connus, par Ph. Po'éy; 2e livraison. Paris, J. Albert Mercklin. Prix de chaque livraison , 10 fr. RECHERCHES SUR L'ANATOMIE ET LES MÉTAMORPHOSES DE DIFFÉRENTES ESPÈCES D'INSECTES, par Ljonei, 1 vol. in-40, ornés de 54 planches. Paris, J.-B. Baillière. Prix broché , 4o f»*- ETRANGERS. DIE WANZENARTIGEN INSECTEN GETREN NACH DER NA- TUR ABGEBILDET , und beschrieben von C.-IV. Hahn. Nuremberg, 1882 , tom. lei, LIVRAISONS 1 et 2. A Paris, chez J.-B. Baillière. Prix de chaque livraison coloriée, 4 f'.- IMPRIMERIE DE COSSOJV , rue Saint-Geniuiin-dcsPré: iJccztUxùa.i~ Société (Entamoïajiquc J^C'if/riire^ Je la^UûcuhtJ Oû/'f/f-e^-i'V 7 laadi^e^c^ i^ûinJa^i^ a^ 'Xe^tt^ti Oe^  'et^iri, c-6. -^ c<)H^eanei4ce_^S(> ANNALliiS lYote sur un uojivnaa genre de Cjiistacés de Vordre des Sloniapodes , par M. H. Milne Edwards. ( Séance du 4 juillet 1882. ) Pour peu que l'on compare entre eux les divers Crustacés qui composent Pordre des Stomapodes , on est frappé par les difliérences considérables qui existent entre la plupart des pe- tits groupes formés par ces animaux; plusieurs d'entre eux sont en quelque sorte isolés; et parmi les hialus qui interrom- pent ainsi la série naturelle de ces Crustacés, l'un des plus remarquables est celui qui sépare , même des genres les plus voisins , les divers animaux réunis sous le nom de Phyllo- somes. Mais l'analogie pouvait nous faire supposer que les progrès de la science combleraient plus ou moins complète- ment la I Inpart de ces lacunes ; et , en efïel, c'est ce qui nous paraît résulter en partie de la c nnaissance du nouveau genre dont je vais donner ici la description. Ces Crustacés , que je désignerai sous le nom à^ Aniphion^ se rapprochent des Phyllosomes plus que de tous les autres Stomapodes; mais, sous certains rapports, ils ressemblent nussi aux Alimes et aux Mysis , et ils établissent naturellement le passage entre ces animaux. Leur bouclier céphalique on carapace est folliacé comme celui des Phyllosomes , mais est étroit , allongé et bombé comme chez les Alimes ; les divers appendices de la portion céphalo-thoracique du corps diffèrent à peine de ceux des Phyllosomes; enfin la forme de l'abdomen et de la nageoire caudale est celle des Mysis. Le bouclier céphalique (fig. 1 , «) est très-développé ettout- h-fait îamelleux ; il s'étend jusqu'à l'origine de l'abdomen et cache la base des pattes; son diamètre longitudinal est plus du double de son diamètre transversal , et de chaque côté il se recourbe un peu en bas; soii bord antérieur est presque DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 537 tifoit , et laisse à découvert l'anneau qui porte les yeux. Il n'y a pas de trace de rostre: mais, de chaque côté, l'angle, formé par la réunion de ce bord avec le bord latéral , se prolonge vn avant en manière d'épine. Enfin le bord postérieur de la carapace , qui est court et presque droit , se continue avec les bords latéraux sans former d'angles bien marqués. Les yeux (b) sont très-gros ; leur portion terminale a la même forme que celle des Phyllosomes : mais la tige étroite qui les supporte, au lieu d'être très-longue comme chez ces Crustacés , est (ixtrêmement courte. Les quatre antennes s'insèrent sur la même ligne, immédia- tement au dessous et en arrière des pédoncules oculaires. Celles de la première paire (c) ont Ta même forme générale que chez les Phyllosomes ; leur portion basilaire se compose de trois articles grêles et cylindriques , dont le premier et le dernier sont les plus longs , et elles se terminent chacune par deux petites tiges fdiformes, dont l'interne est très-courte et l'ex- terne à peu près de la longueur de la portion basilaire. Les an- tennes externes {d) sont beaucoup plus développées, et ne res- semblent pas du tout à celles des Phyllosomes ; elles se rap- prochent beaucoup, par leur forme générale, de celles des Alimes; mais, au lieu d'être diiigées en bas et en dehors, elles se portent directement et en avant. Leur premier article, qui n'est pas bien distinct, donne insertion en dedans à une tige cylindrique, et en dehors à un grand appendice lamelleux et à peu près ovalaire (d^) ; cette lame dépasse de beaucoup le niveau de la portion basilaire des antennes internes; ses bords interne et antérieur sont ciliés , et son bord externe se termine par une épine. La tige est composée de deux petits articles basilaires très-courts, et d'un long article terminal légèrement renflé vers le bout ; sa longueur est d'environ le double de celle de la lame qui en recouvre la basL\ La disposition de la bouche est à peu près la même que 558 ANNALES chez les Phyllosomes -, elle est très-éloignée des antennes, et forme, v-ers le tiers antérieur du Louclier céphalique, un petit tubercule arrondi? de la partie postérieure de laquelle naît le thorax (e)* Les parties qui entrent dans sa composition sont : un labre, deux mandibules, une languette, deux paires de mâchoires et deux paires de pattes-mâchoires. Le labre est transversal et peu développé. Les mandibules (fig. 3) ne por- tent pas de palpe, et sont en grande partie cachées par la languette (fig. 5) qui est bilobée. Les mâchoires de la pre- mière paire sont presque rudimentaires , et ne m'ont paru consister que dans une petite lame cornée dont le bord est cilié (fig. G). Celles de la seconde paire (fig, 7) se composent de deux articles , dont le premier présente en dedans un pro- longement garni d'épines. Les pattes-mâchoires de la première et de la seconde paire , qui chez les Phyllosomes n'existent qu'à l'état de vestiges et n'entrent pas dans la composition de l'appareil buccal, sont au contraire ici très- développées et appliquées sur les mâchoires. Celles de la première paire (fig, 8) présentent au dedans plusieurs languettes garnies de poils h. leurs extrémités , et au côté externe de leur base on remarque un grand appendice foliacé et ovalaire. Les pattes- mâchoires de la seconde paire (fig. 9) sont beaucoup plus dé- veloppées que les précédentes ; leur article basilaire (g) est lamelleux, et porte à sa partie antérieure, i** une ti^e cylin- drique composée de trois articles {h) ^ 2° un appendice flabel- liforrae ou une espèce de palpe qui s'avance au côté externe de la tige et la dépasse (/) . Le thorax (/) est aplati comme chez les PhvUosonies, mais très-étroit et complètement caché sous la carapace, il donne attache à six paires de pattes ayant exactement la même disposition que chez ces derniers Crus- t il ces : toutes sont grêles et cylindriques, et à l'extrémité de leur deuxième article (A) naît un appendice palpiforme (/) com- j30sé d'un article cylindrique terminé par une soie multiarti- DE LA SOCIIÎTE ENTOMOLOGIQUE. 539 culée et ciliée. Les pattes de la première paire (m) , celles qui correspondent aux pattes-mâchoires externes des Décapodes ^ s'insèrent très-loin de la Louche et sont beaucoup plus courtes que les autres ; leur deuxième article se termine en avant par une épine aiguë. Les pattes des trois paires suivantes devien- nent de plus en plus longues, et ont au bord de leur troi- sième article , un , deux ou trois épines semblables à celle qui existe à l'extrémité du second article. Les pattes de la cin- quième paire , qui sont un peu moins longues que celles de la quatrième paire , présentent la même disposition; enfin celles de la dernière paire sont beaucoup plus courtes que les pré- cédentes , et ne présentent pas d'épines bien distinctes. L'ab- domen {n) est presque aussi long que la portion céphalo-tho- raciquedu corps, et se compose de sept segmens. Sa forme est la même que celle de l'abdomen des Salicoques , et il se ter- mine par une nageoire en éventail, dont la pièce médiane (formée par le septième anneau ) est lancéolée (o), et dont les pièces latérales sont ovalaires. Quant aux appendices fixés sous les cinq premiers anneaux de l'abdomen , ils sont presque rudimentaires (fig. 10). D'après la description que nous venons de donner de ces Crustacés, on voit qu'ils diffèrent, sous des rapports importans, de tous les genres déjà connus , et que , s'ils prennent natu- rellement leur place à côté des Phyllosomes , ils sont faciles à en distinguer, 1° par le mode d'organisation de leur bouche ; 2° par l'insertion d'un article lamelleux au dessus de la base des antennes externes ; 5° par la forme générale du corps , et surtout de l'abdomen. ^ Je ne connais qu'une seule espèce du genre Amphion; elle a été rapportée des mers d'Asie par mon ami M. Reynaud, c^ qui je l'ai dédiée; elle a environ un pouce dje long. 34o ANNALES Explication de la planche. Fîg. i. Amphion de Reynaud grossi et vu en dessus. Fig. 2. Portion antérieure du corps grossie davantage el yii en dessous. Fig. 5. Labre vu au microscope. Fig. 4* Mandibules idem. Fig. 5. Languette. Fig. 6. Mâchoire de la première paire. Fig. 7. Mâchoire de la seconde paire. Fig. 8. Mâchoire de la troisième paire, ou patte -mâchoire antérieure. Fig. 9. Mâchoire de la quatrième paire , ou deuxième patte- mâchoire . Fig. 10. Fausse patte natatoire du deuxième segment de l'ab- domen. Notice sur le Bombyx Repanda ( Hiibner ) , appartenant au genre Megasoma ( Boisduval ) ; par M, le baron Feisthàmel. (Séance du 2 mai iSSa.) GENRE MEGASOMA. Palpes en forme de bec , couverts de poils serrés ; antennes du mâle fortement pectinées à la base, leur moitié antérieure moins pectinée et contournée en cornes de bélier ; antennes de la femelle faiblement pectinées dans toute leur longueur ; corselet arnpidi ; pattes courtes et assez fortes ; abdomen plus long que les ailes supérieures; celui du mâle terminé par un faisceau de poils assez épais. Chenille demi -velue, munie d'appendices pédiformes h chaque anneau. Chrj^salide pourvue de quelques faisceaux de poils courts. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 5'ii Ce genre a été créé par M. Boisduval , sur le Bombyx Repanda de Hiibner; 11 lui a donné le nom de Megasonia , tiré des deux mots «recs fA£7a;,gros, long, et cr&>ua , corps. Ainsi qu'il est facile de s'en convaincre , il a de grands rap- ports avec le genre Lasiocainpa de Schranck , et avec le genre Phyllopteris Boisduval , surtout avec les espèces appe- lées Mjrtijolla, Boisd. ; Wesîermanni , Boisd. Par ses ailes supérieures allongées, il se lie aussi avec la seconde division des Lasiocainpa , dont les ailes sont oblongues et les che- nilles pours^ues d'appendices pédiformes très-prononcées, tels que Diyophaga et Lineosa. Ce genre paraît être propre aux Légumineuses arborescentes de l'ancien continent. Jusqu'à présent, on n'en connaît que trois espèces, qui sont B, Repanda, Hiibner; B. Acaciœ^ Klug.; B. Crislata^ Cramer. Historique du Megasoma Repandura. Cet insecte remarquable a d'abord été trouvé aux environs de Bagdad par feu Olivier. M. Boisduval en a reçu, il y a quel- ques années, une paire venant du Portugal ou d'Andalousie; et enfin , ceux qui ont servi à cette description viennent de Cadix. Malgré la distance de Bagdad à Cadix , ce fait de géo- graphie entomologique paraîtra peu étonnant, quand on saura que V Adelostonia Carinatwu , et quelques autres Coléoptères propres à la Perse, se retrouvent dans l'Espagne méridionale. L'individu figuré par Hiibner, sous le nom de Repanda , a été pris aux environs de Rome. Sachant qu'il avait été trouvé en Portugal et en Italie , je conçus l'espoir de le faire découvrir en Espagne. J'en fis un dessin exact , et l'envoyai en 1826 à Cadix, à M. Bedeau , chirurgien-aide-major attaché à Tarmée d'occupation, et qui a exploré avec succès , sous le rapport de l'Entomologie cl de la Botanique, l'îde le Léon. 542 ANNALES M. Bedeau , après bien des recherches, trouva ce Bombyx accouplé sur une plante de genêt blanc [Spartluni Monos- permuin) , plante qui suit le littoral et se trouve jusqu'en Afrique; mais cet officier de santé revint en France sans rap- porter aucun renseignement sur sa chenille. Je m'adressai alors , en 1829 , h M. Bourboulon, consul de France à Cadix, et lui envoyai les indications que j'avais recueillies de M. Be- deau , et tous les renseignemens qui pouvaient l'aider dans ses recherches. Au bout de quelques mois , il m'annonça le départ d'une boite renfermant six coques et quelques papillons du pays ^ qu'il m'envoyait par la dihgence de Madrid. Cet ami complaisant eut recours k x\L de San-Millan , dj- recleur des diligences royales à Cadix , qui mit le plus grand empressement h se charger de cette commission. La boîte fut transmise avec toutes les recommandations nécessaires aux conducteurs sur la route, et aux correspon- dans des diligences royales de ÎMadrid et jusqu'à Bayonne. Elle resta non cachetée , pour en faciliter l'inspection. Cette innocente complaisance devait bientôt coûter cher à M. de San-Millan : à la suite des événemens qui eurent lieu à Cadix au mois de mars, il fut, ainsi que son ami M. Puente, ancien ministre de la guerre sous le régime constitutionnel , mis en arrestation. Le consul de France apprit avec surprise que le principal motif de celte mesure rigoureuse était précisément l'envoi de ces objets de la science et des études les plus pacifiques. Le cabinet de Madrid en avait pris sérieusement ombrage; il crut voir dans les cocons et les chrysalides le germe des révolu- tions , et dans les papillons des émissaires ailés destinés à en propager rapidement l'esprit dans toutes les provinces de l'Espagne, depuis l'Andalousie jusqu'à la Bidassoa. Ces mots,. Cnpulhs de lictania , inscrits sur la boite pour en indiquer DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. 345 le contenu , devaient nécessairement avoir une signification toute révolutionnaire pour ceux à qui elle était adressée; et c'est ce sens caché qu'il s'agissait de découvrir. Le juge au criminel de Cadix demanda des explications au consulat de France ; elles furent données avec tous les détails qui pouvaient être favorables à M. de San-Millan; elles le jus- tifièrent pleinement , et il fut mis en liberté. Enfin la boîte arriva à Paris , mais les chrysalides avaient péri en route. Je les ai gardées deux ans ; après quoi , je me suis assuré qu'elles étaient desséchées. Sur ces entrefaites , je reçus par la poste, le 29 avril i85i, une lettre de M. Bourboulon , contenant des œufs pondus tout récemment par une femelle qu'il avait prise sur un Spai- tium. Quel fut mon étonnement ^ l'ouverture de la lettre, de voir déjà une partie des chenilles qui venaient d'éclore. A défaut de Spartium Monosperinmn , je les élevai avec du Spariiiun T^irens , et du Qenista Juncea , et je vis avec plaisir que cette nourriture leur convenait parfaitement. Il n'en fut pas de même du Spartium Scopariiim , Genêt à Balais , sur le- quel périt le petit nombre que j'y avais placé. Les chenilles grossirent rapidement, et changèrent de peau vingt jours après leur naissance. 00 sur Go résistèrent seule- ment à cette première métamorphose; quelques-unes péri- rent aux suivantes ; enfin, le 21 juin, après 53 jours, une des chenilles commença à faire sa coque contre un des côtés de la boîte , et après 20 heures de travail elle élait terminée. Il est à remarquer que beaucoup de chenilles étaient encore, à cette époque-là, à moitié de leur grosseur. Le lendemain, plu- sieurs autres se mirent également à fder; mais, étant tourmen- tées par d'autres, elles abandonnèrent leur coque. Je les plaçai alors dans des boîtes séparées, au fur et à me- sure qu'elles me paraissaient avoir atteint leur grosseur, et la dernière se métamorphosa le 12 juillet seulement. C'est le 344 ANNALES lendemain, après 21 jours de chrysalide, qu'apparut le pre- mier Repajidum, et stîccessivement les autres jusqu'au 1 5 août, éclosion du dernier. Sur 24 qui avaient fait leur coque , 20 individus arrivèrent à l'état parfait. Le 10 juillet, ayant vu éclore le même jour plusieurs mâles et plusieurs femelles, je résolus de tenter l'accouplement, et les enfermai dans une boîte. Le i5, une femelle pondit ses œufs, et leur éclosion eut lieu le 5o juillet suivant, quoique, pendant l'intervalle , je n'aie remarqué aucune copulation. J'élevai ces nouvelles chenilles d'abord assez heureuse- ment ; mais elles périrent toutes le 2 5 août. 11 est donc à présumer que cette espèce paraît deux fois l'année : car si les dernières chenilles avaient vécu, le Bom- byx aurait pu éclore le 18 octobre. Descripfioii de Cinsecta parfait. Envergure. Mâle, 1 pouce 8lig. ; femelle, 2 pouces i/4' Alis fusco'ferrugineis ^ anticis lunula fusca^ linea postica sinunta punc toque humcrali albis ^ anlicarum maris disco humeriscpie obs- curloribus, HuBNER. Boinh. Tab. 77. Les ailes supérieures du mâle sont d'un gris ferrugineux pâle , elles ont près de l'extrémité une raie flexueuse d'un blanc argentin , et sur le milieu une lunule brune , doublée extérieurement par un point rougeâtre. L'espace compris entre cette lunule et la ligne blanche, est rempli, dans sa moitié antérieure , par une tache presque triangulaire , d'un brun marron. Tout-à fait h la base, il y a un point axillaire très-blanc, précédé en dehors d'une tache rousse qui s'ap- puie extérieurement sm^ une petite raie flexueuse transverse, peu prononcée. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 545 Les ailes inférieures sont d'un roux cannelle , avec le Lord extérieur un peu grisâtre, interrompu près de l'angle anal par une espèce de tache plus obscure que le fond de l'aile. Le corselet est gris , avec les épaulettes triangulaires très-pro- noncées , d'un Lrun marron et bordées de blanc. Le corps est d'un roux ferrugineux en dessus , et d'une couleur plus grisâtre en dessous. Les ailes de la femelle sont plus larges. Les supérieures sont d'un roux clair, très-fmement sablé de blanchâtre vers l'extrémité , avec une raie blanche flexueuse, comme dans le mâle , mais moins prononcée. La lunule centrale est très-pe- tite et peu distincte ; le point blanc axillaire est comme dans le mâle. Les ailes inférieures sont d'un ferrugineux grisâtre , avec le bord de l'angle anal coupé par une tache brune , comme dans le mâle. Le corselet est d'un gris blanchâtre,^ avec les épaulettes rousses* Le corps est d'an gris roussâlre pâle. En dessous, les deux sexes offrent les traces de la raie blanche sinueuse du dessus. DescrlpUon de la Chenille. Lan^a albido-cùierea ^ dorso obscurioriy tuberculis fult^is bisertalis piliferis , collaribus duobus nigro-cyaneis. A sa naissance , la chenille est noire, avec quelques légers points rouges sur le dos presque imperceptibles; elle porte sur la tête deux bouquets composés de poils , très-longs ea proportion de la grosseur de la chenille; elle a alors deux lignes de longueur. Après la première mue, ses couleurs s'éclaircissent , et elle paraît composée de deux couleurs distinctes ; savoir : les côtés d'un gris cendré , et le dos d'un gris presque noiro 346 AiNNALES Au fur et à mesure qu'elle grandit , les dessins se pronon- cent davantage. Lorsqu'elle est parvenue à sa grosseur, elle a environ deux pouces et demi de long. Elle est alors d'un gris cendré bleuâtre , et porte sur le dos, dans toute sa lon- gueur, une Lande formée par une suite de losanges , dont un sur chaque anneau, et de la couleur générale de la chenille. Cette bande est bordée latéralement par une ligne d'un blanc roussâtre. De chaque côté de ces losanges, il y a deux tubercules d'un jaune orangé vif, dont l'antérieur est deux fois plus gros , et garni de quelques poils bruns et noirs. Ces tubercules brillent au soleil comme des grains d'or. Les trois premiers anneaux seuls en sont privés; sur le second et le troisième anneau, il existe une touffe épaisse de poils, d'un blanc roussâtre , qui cache un collier noir que la chenille %i> montre et hérisse dans toute sa beauté, lorsqu'on la tour- mente. L'intervalle qui unit les aigrettes de ces deux anneaux est coupé dans le milieu par une raie d'un blanc -roux, qui prend naissance près de la tête, et se termine sur le bord antérieur du troisième anneau. Les côtés des deuxième et troisième anneaux sont bordés par un chevron transversai de même couleur. La tête de la chenille est de couleur grise, ayant de chaque côté trois espèces d'oreilles , qui sont recou- vertes de faisceaux d'un poil roussâtre , fm , serré et très-long, disposés à peu près comme ceux de la chenille du Liparis Dispar. Le ventre de cette chenille est noir dans toute sa longueur, avec un point blanc sur chaque anneau. Les pattes membraneuses sont noirâtres avec quelques tâ- ches rousses; à peine les aperçoit-on, à cause de la rangée épaisse de poils roussâtres qui bordent ses côtés; ceux-ci sont festonnés , et chaque feston est formé par un prolongement de la peau de chaque anneau. Les stigmates sont noirs , et au- dessus d'eux on aperçoit un point noir allongé. Les chenilles attachent leurs coques aux branches de k DE LA SOClînÉ ENTOMOLOraQUE. 5/J^ plante sur laquelle elles se nourrisseiil. Celte coque est allon- gée et pointue aux deux extrémités ; blanchâtre , molle , peu épaisse et formée d'une soie très-fine. La chrysalide est allongée, cylindrique , obtuse h ses extrémités , d'une couleur noire lui- sante sur les anneaux du ventre , qui sont couverts de poils roux et dorés , plus ou moins foncés , Irès-courts et serrés. MEGASOMA ACACIA'. Alîs anticis albidis , lunula centrait nlgra, fascia transversa fusca extra linea sinuata argentea^ marginata lineaque terminali ferru- ginea ohsoleta ^ posticis alhis^ angido ani nigricincti. Rlug. Symb. insect. Lepid. PI. 6. Il a tout-à-fait le port du Repandum. Il se trouve en Eo-ypte sur les acacia. La chenille , figurée par Klug , quoique très- différente pour le dessin de celle du Repanda , lui ressemble tout-à-fait pour la forme. 3°. MliGASOMA CRISTATUM. Alis anticis cinnamomeis, strigis duahus transversis flexuosis punc- toque humerali albis • posticis saturatioribus , striga transversa obsoleta ; acromiis rufolutescentibus albo-marginatis. Cram. Pap, PI. i54. CD. 11 est un peu plus grand que le Repandum. Il se trouve au cap de Bonne-Espérance. Observation. J'ai cru faire plaisir aux Entomolo^-istes en ajoutant à la description du Megnsoma Repandum qui fait le sujet de cette notice , la phrase diagnostique des deux autres espèces qui font partie de ce nouveau genre. 548 ANNALES Notice sur VEntonioloi^ie de la Guyane française , par M. Th. Lacoi\da.ire. ( Séance du 5 septembre i83a.) De tous les pays qui ont fourni leur tribut à nos collections d'histoire naturelle , il en est peu dont la réputation Entomo- logique paraisse mieux fondée que celle de la Guyane fran- çaise. Son nom figure h (haque instant comme indication (Vhabitai dans les ouvrages d'Entomologie , et , de temps en temps , de riches collections semblent venir confirmer l'opi- nion qu'on s'en est généralement formée. Séduit par ces appa- rences, et pensant par analogie que la Guyane, plus rappro- chée de la ligne que la province de Rio-Janeiro au Brésil , plus humide et à peine explorée dans son intérieur, devait être plus riche en Insectes que ce dernier pays , je résolus de la visiter. Pendant le séjour de di^-huit mois que j'y ai fait ^ après l'avoir parcourue dans toute son étendue habitée, et pé- nétré par rOyapock à une centaine de lieues dans son inté-- rieur, j'ai été obligé de revenir sur mon opinion à son égard. Avant de dire ce cju'il en est pour chaque ordre , il convient de donner une idée générale du pays, son climat, son sol, et les facilités qu'il présente pour son exploration. Je m'en ac- quitterai le plus brièvement possible. La Guyane française , située entre les 'i° 20^ et les 5® 54^ cle latitude nord , offre un développement de côtes d'environ cent trente lieues, à partir de la petite rivière de Vincent Pinçon ou Yapock (qu'il ne faut pas confondre avec l'Oyapock) , qui la sépare des possessions brésiliennes, jusqu'au Maroni , sa limite avec la colonie de Surinam : sa profondeur est encore indé- terminée sous le rapport de la géographie et de la politique , mais est censée s'étendre jusqu'au Rio-Negro. Située, par con- DE LÀ SOCIÉTÉ EiNtOMOLOGIQUE. 349 séquent , à peu de distance de la ligne , elle est soumise toute l'année h l'action brûlante d'un soleil constamment vertical; néanmoins la température n'y est pas aussi élevée que celte circonstance paraîtrait devoir le promettre. Le thermomètre R. y dépasse rarement 5o** au dessus de zéro pendant la saison la pins chaude , et descend assez fréquemment à 17° pendant les longues pluies de l'hivernage. Gela , toutefois , n'a lieu que la nuit, et surtout le matin, au moment du lever du soleil. Que celui-ci brille dans un ciel sans nuages, ou soit caché par d'épaisses masses de vapeur, la chaleur n'est jamais moindre de 20 à 24° dans le milieu du jour. Le soleil , dans sa marche d'un tropique à l'autre , passant deux fois sur les pays situés sous la ligne , les saisons y éprou- vent , dans leur ordre , quelques variations que ne connaissent pas les terres placées sur les bords de la zone torride. A Cayenne , elles sont réglées de la manière suivante : la saison pluvieuse commence dans la dernière quinzaine de novembre, et va toujours en augmentant jusqu'au mois de mars. A cette époque a lieu un intervalle de beau temps d'un mois ou cinq semaines , que les habitans nomment petit été de mars. Dans les premiers jours d'avril , les pluies recommencent plus fortes qu'auparavant , et deviennent en mai et juin de vérita- bles déluges , qui durent quelquefois plusieurs jours de suite : le pays est noyé partout. A la fin de ce dernier mois , elles^ diminuent sensiblement, et se convertissent en grains de plus en plus rares , mais qui ne cessent entièrement qu'à la mi- juillet. A partir de cette époque jusqu'au mois de novembre, qui ramène l'hivernage , le ciel est constamment serein , ou du moins on ne voit plus que quelques grains passagers qui n'ont pas de suite. Les savanes , ainsi que les forêts , se dé- livrent promptement , par l'évaporation , de leurs marécages^ et deviennent praticables. Lorsqu'on arrive sur les côtes de la Guyane, elle se pré- 55o ANNALES sente à la vue comme une immense forêt où Toeil n'aperçoit aucun intervalle. Un rideau épais et monotone de palétuviers règne sans interruption tout le long du rivage, et semble en défendre l'accès. L'île de Cayenne, située à distance égale des limites de la colonie , et séparée du continent par une petite rivière de quelques pieds de large , est le point de séparation des deux aspects que présente le pays pour la configuration du sol. La partie située au vent de l'île , c'est-à-dire au sud- sud-est, est couverte en partie de montagnes assez Rêvées, dont la direction générale est parallèle à celle de la côte. L'autre, sous le vent, est plate, et n'offre çà et là que quel- ques mornes isolés. C'est dans cette dernière qu'existent de vastes savanes entremêlées de bouquets de bois , qui se pro- longent dans une étendue de vingt-cinq lieues , à partir de la rivière de Rourou jusqu'à celle d'Organabo. ^ Nulle part les difficultés d'exploration ne sont aussi multi- pliées que dans la Guyane. On ne rencontre d'habitations que sur les bords de la mer et le long des rivières, à une faible distance. Ces dernières , sans exception , à quinze ou vingt lieues de leur embouchure, sont coupées par des sauts qui interceptent la navigation , et qu'on ne peut franchir qu'avec de légères pirogues qu'on traîne sur les roches. Une seule route parallèle à la côte , et qui par conséquent ne conduit à rien, existe dans la colonie, et encore n'est-elle praticable que dans une partie de son étendue. Lorsqu'on veut pénétrer dans l'intérieur , on ne peut le faire qu'en remontant les ri- vières, et leurs sauts ne sont pas les seuls obstacles qu'on ait à vaincre. Tant que la marée s'y fait sentir et mêle les eaux de la mer aux leurs , les palétuviers, qui ne végètent que dans l'eau salée, croissent sur leurs bords, et présentent un rempart infranchissable dans leurs racines élevées en arcades et entre- mêlé3S dans tous les sens. Ailleurs , une vase profonde interdit r plus de vingt Actœon ^ dans leurs trous, resserrés sur une surface de quelques pieds carrés. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 36( Parmi les autres tribus de cette famille , on ne rencontre à Cayenne que trois espèces en abondance, les liutela Histrio^ Lineola , et le Macraspis Chrysis , qui vivent en société sur les feuilles d'une espèce de mimosa, en telle quantité que ces arbres en sont quelquefois chargés. La Guyane possède, dans les Melasomes , plusieurs genres qui n'ont pas encore été rencontrés au Brésil jusqu'à ce jour , tels que les Crypticusy Phjlax, Blapstmus , Opatrinus. Tous vivent dans les sables, sous les pierres, le bois mort , et ne sont pas rares. Les Ulonia et les Diaperis y sont également plus com- muns qu'au Brésil. Les premiers se trouvent souvent réunis en grande quantité sous les végétaux en décomposition , sur- tout les bananiers. Les secondes pullulent quelquefois dans les bolets. J'en ai rapporté près de quinze espèces , la plupart nouvelles; mais ce genre , tel qu'il est maintenant , aurait be- soin d'une révision complète. Peut-on laisser son type primi- tif, la D. Boleti , aux formes renflées, à la démarche lente, à côté de la D. Armata cylindrique et jxiresseuse, et surtout de la D. Janiis , ovoïde, et dont les mouvemens sont tellement agiles qu'elle échappe fréquemment à la main qui veut la saisir ? Le Brésil reprend sa supériorité dans la tribu des //e-Yo- piens ; la différence à cet égard est telle entre les deux pays, malgré leurs rapports de climat et de végétation , qu'elle est b peine croyable; on pourrait l'exprimer par la proportion d'un à quinze. Les Campsia , si communes au Brésil sous les écorces , ne m'ont fourni aucune espèce à Cayenne; les Stcno- cliia qu'on rencontre l\ chaque instant volant dans les Lois du premier de ces pays, et qui, presque toutes , sont ornées de couleurs si brillantes , ne m'en ont présenté que cinq ou six dans le second , toutes petites et insignifiantes. Elles y sont au rang des insectes les plus rares. 363. ANNALES Les autres familles des Hétéromères ojfTrent la même stéri- lité. Un seul genre, inconnu jusqu'à ce jour au Brésil, les Ne- mogatha, offre h cet égard une espèce de compensation. Environ 2 5o espèces de Curculionites ont été recueillies par moi dans le cours de mon voyage , et , sous ce rapport , Cayenne et le Brésil offrent quelque ressemblance pour le nombre des espèces, mais non pour la multiplication des in- dividus dans chaque genre. Ceci est frappant surtout dans les Brenthus y dont j'ai trouvé 20 espèces au Brésil , qui , pour la plupart , fourmillent sous les écorces ; à Cayenne , le seul B, Anchora^o est commun , et je n'ai rapporté que cinq au- tres espèces. Il en est à peu près de même pour les genres suivans ; Cy- phus , Hypsojiolus , Lixus , Ileilipiis , Baridliis , Zygops , PiazoïuSf Centrimis , etc. , sans parler d'un assez grand nom- bre d'autres que je n'ai jamais rencontrés dans la Guyane. En revanche , ce pays m'en a offert plusieurs que je n'avais pas vus dans l'autre. Je ne citerai que le beau genre Erodiscus, dont j'ai recueilli trois espèces nouvelles , qui toutes vivent dans les savanes noyées , sur des plantes de la famille des Joncs. Il serait possible que leurs larves subissent leur méta- morphose dans l'intérieur des végétaux aquatiques , comme le fait celles du Lixus Pajaplecticus de nos pays. Dans la famille des Xylophages^ je ne mentionnerai égale- ment que deux genres , dont l'un, le genre Camptocerus, ne contenait encore qu'une espèce, à laquelle j'en ai ajouté une seconde , C. Terehraior mihi ; et l'autre , le genre ]Semo- zonia , n'avait pas encore été rencontré hors d'Europe. Le premier vit dans le bois mort, et le second dans les bolets. La famills des Longicomes est , ainsi que je l'ai déjà fait observer , celle où la différence de multiplication est la plus prononcée entre le Brésil et Cayenne; 224 espèces dans le premier de ces pays, à peine 70 dans le second; tel a été le DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 363 résultat de mes chasses dans tous deux. Cest la famille où les espèces se répandent sur une plus grande surface de terrain. Pour n'en citer que quelques exemples, les il/acroJorzfia Cer- vicornis^ Ctenoscelis Scahricollis, Megaderus Stigma, Acro- cinus Lon^imanus, Chlorida Festiva, etc., se trouvent com- munément depuis la Guyane jusqu'aux environs de Rio- Janeiro. Le Mallodon Spinibarbis et le Trachyderes Striatiis vont encore bien au delà et s'étendent jusqu'à Buénos-Ayres , sans qu'on observe aucune diminution dans la multiplication de leurs individus. Quelques insectes de cette famille ont reçu à Cayenne des noms populaires sous lesquels ils sont généralement con- nus , même des nègres de la colonie. Ainsi , par exemple , le Macrodontia Cervicoriih doit celui de Mouche Scieur de long à la singulière habitude qu'il a de saisir entre ses longues et puissantes mandibules une tige ou une branche de la gros- seur du pouce, et de tourner autour en volant, jusqu'à ce qu'il l'ait sciée. Je n'ai jamais surpris l'insecte dans cette opé- ration : mais j'ai vu des branches coupées par lui , qui por- taient évidemment l'empreinte des fortes dents dont ses man- dibules sont armées intérieurement; et des personnes dignes de foi m'ont assuré l'avoir pris sur le fait. Cette espèce de Lon- gicornes n'est pas au reste la seule chez laquelle existe celte habitude; on la retrouve dans quelques grandes espèces d'O/z- cideres , dont les mandibules sont également assez vigoureuses pour supporter un mouvement de rotation aussi violent. Ce dernier fait m'a été communiqué , dans le temps , par M. le comte Dejean , qui le tenait lui-même d'une autre personne qui l'avait observé au Brésil; et j'avoue que ce que je viens de rapporter me le rend tout-à-fait croyable. On en observera probablement autant par la suite chez d'autres Longicornes. Pour en revenir aux noms en question , le Ceranibyx Su- turalls est connu à Cayenne sous celui de Mouche Balata , 364 ANNALES V^croclfius Longinunajius sous celui de Mouche Basasse, at- tendu que tous deux accourent aussitôt qu'on abat un Balata eu un Bagasse, deux de ces plus beaux arbres du pays, figurés dans Aublet, le pren^iier pi. 290, et le second planche 076. C'est à la préférence du même genre que montre le Lophono- cents Barbicornis pour le Courbaril [Hymenœa Courhariî ^ Linné) que je dois d'en avoir pris un grand nombre à Rourou. Les ChîjsoméUnes , la famille la plus nombreuse de toutes celles des Coléoptères , rivalise à Cayenne , pour le nombre des espèces, avec le Brésil; mais, comme de coutume, elles sont loin d'y multiplier autant. Les Ahica , les Cassida , les Dorjphora , les Eumolpus , qui se présentent par masses à chaque pas dans ce dernier pays, ne se rencontrent que çà et \k isolés, dans le premier. Une ou den%. Altica , et autant de Cassida , font à peine exception à cette règle. Quant au genre Eroijius , le plus intéressant de cette fa- mille , je crois que Cayenne l'emporte pour le nombre et la beauté des espèces sur le Brésil; j'y en ai trouvé 62 , sur les- quelles 45 sont nouvelles pour la collection de M. le comte Dejean; tandis qu'au Brésil je n'en ai trouvé que 44 » dont 21 nouvelles. Si, à ces G6 espèces non décrites encore, on ajoute celles qui ont été rapportées par d'autres personnes , tant de l'Amérique que de Java et des îles voisines, on verra que ce genre contient aujourd'hui le double des espèces dé- crites dans la belle monographie de M. Duponchel , et pour- tant cette monographie compte à peine cinq ans d'existence 1 Réflexion décourageante, et que peuvent faire naître toutes les familles de Coléoptères. Je n'ai jamais eu, au Brésil , Toccasion d'observer les larves des Eroiylus, mais à Cayenne, celle de V Erotyliis Surina- mensis s'est oiTerte plusieurs fois à moi. Elle vît dans les bolets , et je crois qu'il en ^ t de môme pour toutes celles de ce genre. C'est presque toujours sur ces végétaux que j'ai DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGîQUE. 565 trouvé les E. Gri gant eus , p^ariegatiis , Gemmât us , Ranio- suSy etc. , et c'est probablement à l'une de ces espèces qu'ap- partient une autre larve que j'y ai également observée. Celle de \ C. Surinam,ensLSj parvenue à son maximum de croissance, est longue d'environ 6 lignes , légèrement renflée à son extré- mité postérieure, blanchâtre et dépourvue d'aspérités, sauf sur le premier anneau, qui porte un petit mamelon d'où m'a paru suinter un fluide incolore , dont l'odeur rappelle celle des Diaperis et des Allecula. La têle est noire , écailleuse et munie de deux mandibules courtes , valides et un peu ob- tuses. Elle peut se retirer sous le premier anaeau , ce qui a lieu quand la larve est au repos. Je crois que ces larves se dé- veloppent et parviennent à l'état parfait dans un espace de temps très-court: car plusieurs que j'ai élevées ont grandi de trois lignes dans l'espace de cinq semaines , époque à laquelle le bolet que j'avais détaché de l'arbre s'étant desséché . elles moururent. Enfin , dans la dernière famille des Coléoptères , je signa- lerai une découverte assez intéressante que j'ai faite , celle d'un nouveau genre de Psélaphiens, insectes qui, jusqu'à pré- sent, n'avaient pas encore été rencontrés dans l'Amérique méridionale. L'espèce en question devant être décrite inces- samment par un des membres de la Société dans le Magasin de Zoologie de M. Guérin , je crois inutile d'en donner la description. Les deux individus uniques que j'ai trouvés ayant été pris au vol dans les bois , leurs mœurs me sont in- inconnues. Maintenant, s'il s'agissait d'assigner à la Guyane française un rang parmi les autres pays , basé sur son plus ou moins de richesse en Coléoptères , je crois qu'elle n'obtiendrait que la troisième, ou tout au plus la seconde place. On ne peut , sous aucun rapport, la mettre en comparaison avec le Brésil, ainsi que je l'ai fait voir; je la regarde même comme moins favo- Z66 ANNALES risée que la France pour la multiplication des individus, et je pense que ceux que leur zèle entomologique y conduira , auront , comme moi , sujet de se repentir de lui avoir donné la préférence. Ohseivaiions sur Foiwrage intitulé : « Bombi Scandinavie MoNOGRARAPHIck TrACTATI , etc. , à GuSTAV. DaHLBOM. LoNDiKi GoTHORUM, i832; » auxquelles on a joint les ca- ractères des genres Bombus et Psilliyrus, et la description des espèces qui appartiennent au dernier. Par M. le comte LjîPfiLETIER DE SaINT-FaBGEAU. (Séance du 7 novembre i83a.) M. Lefebvre, notre secrétaire , m'ayant fait l'amitié de me remettre la Monographie des Bourdons de Suède, par M. Gus- tave DahILom , en me priant d'examiner cet ouvrage et dé lui en dire mon sentiment, je me suis empressé de répondre h l'intention de notre savant collègue. Ayant reconnu, par la nomenclature , que beaucoup d'espèces de Suède se retrou- vent en France, j'ai comparé les descriptions à lajiature exis- tant dans ma collection. Ei\ général , les. espèces paraissent mieux décrites que dans aucun auteur h moi connu ,* sans en excepter la Monograpliia Apuni Angliœ de M. Kirby. On peut seulement soupçonner que Fauteur suédois en a trop admis , entraîné par l'auteur anglais dont je viens de parler , par Fabricius et par Panzer , qui les ont trop multipliées, pour n'avoir pas pris garde que Réaumur, ce grand observateur de la nature, dit positivement que le même nid de Bourdons con- tient des individus que leurs différences de couleur pourraient faire passer pour des espèces distinctes. Je dois dire en même DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 567 temps qu'une monographie des Bourdons présenterait en ce moment beaucoup de difficultés; il faudrait, avant de l'en- treprendre , une exploration complette des habitans des nids de chaque espèce , ou se borner à des conjectures sur leurs limites. M. Dahlbora sait probablement que les mâles Bourdons , comme ceux de tous les Hyménoptères , dont les femelles sont armées d'un aiguillon sans tarière , ont à l'abdomen un seg- ïùent de plus que les femelles. Cependant ses descriptions supposent qu'il n'en admet que cinq avec l'anus dans les deux siexes. On trouvera aussi dans cet ouvrage quelques synonymes •i% appliqués à tort; mais cette faute est bien moins répétée que dans les auteurs précédons , et surtout dans Fabricius. Le grand mérite de la monographie des Bourdons de la Suède est d'avoir introduit , dans un genre nombreux qui paraissait si compact et si homogène , une division bien fondée sur des caractères anatomiques extérieurs, à peu près tous visibles h l'œil nu, et cependant d'une immense importance. 1". Le labre du sexe féminin de la première division est en carré transversal , en conséquence pas plus large au milieu que sur les côtés. Dans la deuxième division, il est triangulaire, prolongé en avant dans son milieu , qui est plus large que les côtés. 2°. Les mandibules du sexe féminin de la première division sont quadridentées ; les femelles de la deuxième les ont obli- quement tronquées et arrondies. 3°. Les femelles de la première division ont aux jambes pos- térieures des corbicules, c'est-à-dire que ces jambes sont dila- tées en s'élargissant très-notablement depuis leur base jusqu'à leur extrémité, que leur côté externe est déprimé sur tout son disque et dépourvu de poils : c'est au moyen de cet organe que les femelles et les neutres rapportent à leurs nids le pollen 568 ANNALES des fleurs dont elles nourrissent leurs petits. Les femelles de la deuxième division, au contraire, ont les jambes postérieures étroites dans toute leur longueur, convexes à leur côté ex- terne, qui est entièrement garni de poils. Abandonnons en ce moment la conséquence de ce fait , à laquelle nous revien- drons plus tard, 4". Dans les femelles de la première division , on remarque une dent horizontale , comprimée , obtuse , à l'angle externe de la base du premier article du tarse postérieur, et cet article est fort élargi. Ce même article , dans le même sexe de la deuxième division , est peu large , et la dent manque tota- lement à l'angle externe de sa base. 5°. L'anus des femelles de la première division est réguliè- rement conique , aigu au bout , et n'est pas naturellement re courbé en dessous. Dans les individus du même sexe de la deuxième division, ce même anus est recourbé en dessous, et porte dans cette partie deux carènes élevées en angles. Il faut convenir que M. Kirby avait le premier mis au jour ces caractères dans la description des espèces, et dans les planches où il représente les caractères de sections; mais il n'en avait pas profité pour former une subdivision dans la sec- lion du G. Apis, qui, dans sa monographie, renferme les Bombus des auteurs subséquens. Je viens de vous exposer les caractères donnés par M. Dahl- bom aux deux divisions qu^^il établit dans le G. Bombus. Jus- qu'ici, ce que je vous en ai dit lui appartient, et je n'y ai rien ajouté qui me soit propre : ce que je dois vous faire remar- quer, pour que vous puissiez apprécier nos parts dans le pré - sent travail. Vous avez sûrement remarqué , Messieurs , que tous ces caractères de M. Dahlbom sont féminins , et que par con- séquent cet auteur ne nous donne aucun moyen de recon- naître la division à laquelle appartiendrait un mâle dont la DE LA SOGiÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 569 femelle ne nous serait pas connue. Vous observerez aussi qu'après avoir décrit deux organisations aussi différent^is , M. Dahlbom n'en tire aucune conséquence par rapport à la manière de vivre , (ce que j'appelle les mœurs) , des Insectes de ses deux divisions. Au contraire, de l'exposé détaillé qu'il fait de l'industrie des Bombus avant de passer aux espèces , on ne peut que conclure qu'il regarde toutes celles qu'il décrit comme se conduisant entièrement de même dans la construc- tion des nids et la nourriture de leur postérité. En vérifiant les caractères donnés par M. Dahlbom sur les espèces de ma collection , qui sont environ au nombre de quarante, sur celles de la collection ancienne de M. Latreille, que le savant qui en est possesseur m'a confiée, (environ vin^-t espèces, que je n'ai pas) , ainsi que sur celles de mon excel- lent ami M. Serville, (environ six espèces différentes des pré- cédentes); ce qui porte a soixante-six à peu près le nombre des espèces que j'ai vues : il m'a été facile d'observer que les mâles de ces deux divisions se distinguent aussi facilement que leurs femelles , quoique ce ne soit que par deux caractères. Je vous propose donc d'ajouter un caractère mâle au carac- tère féminin des deux divisions de M. Dahlbom. En voici l'ex- posé : Première divisloiu Jambes postérieures des mâles allant en s'élargissant de la base à l'extrémité ; leur côté extérieur un peu concave dans son milieu , qui porte un petit nombre de poils écartés les uns des autres. Premier article des tarses postérieurs assez court et large. Deuxième division. Jambes postérieures des mâles à peu près aussi étroites dans toute leur étendue , longues; leur côté extérieur convexe entièrement garni de poils. Premier article des tarses postérieurs étroit et allongé. Ce caractère une fois reconnu , il n'y a pas plus de diffi- cultés pour classer un mâle Bourdon isolé , qu'une femelle. Zno ANNALES M. Dalilbom, ne l'ayant pas découvert, a placé dans sa divi- sion première , des mâles isolés dont il ne connaissait ni les femelles ni les neutres, (et entre autres le Bombus Rossieïlus), tandis qu'ils appartenaient à la deuxième. Piamenons actuellement , Messieurs , notre attention sur Timportance d'un des caractères donnés à juste titre ^ pai* M. Dahlbom , aux femelles. Dans la première division, celles-ci ont toujours des cor- bicules , c'est-à-dire les organes nécessaires pour la récolte du pollen des fleurs , matière indispensable à la nourriture des larves. Aussi je conçois que les femelles de cette division , fécondées à l'automne, presque immédiatement après leur ap- parition à l'état parfait, ayant passé l'hiver cachées et dans l'engourdissement , réveillées ensuite au printemps par la cha- leur, fondent à elles seules un nid, puisqu'elles ont l'organe qui sert à récoller les matériaux d'approvisionnement néces- saires à la colonie qu'elles y fonderont. Elles peuvent mani- festement commencer ce nid seules et sans le secours d'ou- vrières. Bientôt elles mettront au monde de ces ouvrières, qui sont des femelles infécondes qui les aideront , et deviendront bien plus communes que les femelles fécondes. Au contraire , dans la deuxième division , les femelles fé- condes sont privées de corbicules ; elles ne peuvent donc pas récolter de pollen : il leur est impossible de fournir à la nour^ riture de leur postérité. Il est indispensable d'admettre cette conséquence, lorsque l'on sait que la nourriture obligée de toutes les larves de Mel- liferes est le pollen des fleurs plus ou moins mêlé de miel : ce que les observations unanimes de tous les auteurs mettent hors de doute. Qui donc nourrit les jeunes larves des Bombus de la deuxième division de M. Dahlbom ? Sont-ce des ouvrières ? y aurait-il y au premier printemps;, de ces aides pour nos fe- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. S^i fïiclles privées de corbicules ? et ces aides auraient-ils des cor- feicules ? Mais il faut répondre non à ces deux dernières questions. En effet , dans son caractère de la deuxième division ^ M, Dalilbom affirme que les femelles et les ouvrières sont sans corbicule. Si donc il pouvait y avoir des femelles infécondes dans une espèce qui, ne pouvant approvisionner un nid, n'a pas d'intérêt d'en construire, ce ne seraient pas des ouvrières, mais une modification superflue : individus ne travaillant poinfe et ne multipliant pas , faute d'avoir les organes nécessaires pour l'une ou l'autre de ces fonctions naturelles. Il semblerait difficile d'admettre , même sur l'autorité de M. Dahlbom , qu'il eût été créé des êtres aussi inutiles. Aussi quoique, d'après notre observation, les ouvrières soient bien plus nombreuses que les femelles fécondes , dans les espèces qui en ont besoin , l'examen des collections , mentionnées plus haut, atteste qu'aucune ouvrière ou femelle inféconde connue ne peut être rapportée à une même espèce avec une femelle ou un mâle ayant les caractères de la deuxième division des Bombus de M. Dahlbom , modifiés par nous en ce qui con cerne les mâles. Il y a même à ajouter (et faites, Messieurs , une sérieuse attention à ceci ) que M. Dahlbom n'a décrit au- cune ouvrière dans les quatre espèces qu'il rapporte à sa deuxième division; cependant cet auteur note, à toutes les es- pèces dont il donne les caractères, les modifications sexuelles. qu'il décrit, par les signes ordinaires , qui ne laissent aucune ambiguïté. Il est naturel de conclure de ceci que, dans ces espèces, il n'y a que des mâles et des femelles fécondes , et que celles-ci sont parasites, c'est-à-dire réduites à pondre dans le nid des Apiaires récoltantes, d'une taille égale à la leur, condition né- cessaire pour qu'ils puissent s'y introduire pour poudre. Or les XyloCopa et les Bombus sont seuls dans co cas. Donc , aa 372 ANNALES lieu d'avoir les mêmes mœurs que ces derniers , ces espèces sont hostiles aux vrais Bourdons , à la propagation desquels elles sont un obstacle. Aussi , d'après les nombreux caractères anatomiques exté- rieurs, dont deux appartiennent aux organes de la manduca- tion , deux aux organes de récolte, et un à l'anus qui joue un rôle important dans la ponte , caractères que M. Dahlbom a développés, ainsi que M. Kirby; et d'après ceux qu'on doit y ajouter pour les mâles , il vous semblera , je crois , nécessaire de constituer un genre séparé des Bombus, où seront placées les espèces parasites. Aux quatre espèces citées par l'auteur suédois, il faut join- dre plusieurs autres espèces ou variétés qui se trouvent dans les collections que nous avons citées , au nombre de huit à dix. Le nom de Psithyre, qui paraît convenable à ce genre , vient du mot grec •^i9\tfjoç, susurras en latin, qui veut dire bour- donnement. Son établissement nécessitant une modification aux caractères du G. Bombus, voici la rédaction qui semble devoir être proposée pour ces deux genres : CARACTÈRES COMMUNS AUX DEUX GENRES. 1*. Organes de la bouche. Article des palpes maxillaires en forme d'écaillé, elliptique; palpes labiaux composés d'articles distincts; les deux derniers articles rejetés sur le côté extérieur; le troisième inséré sous le bout extérieur du deuxième ; mandibules des mâles étroites^j bidentées. (Latr. Gen., tom. 4? p^g. i.8o, 1809.) 2°. Caractère alaire. Cellule radiale 1 , ovale alongée. Cellules cubitales 5 , pres- que égales; la première coupée par une petite nervure qui des- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 573 cend àa point épais de l'aile; la deuxième, presque carrée, re- çoit la première nervure récurrente; la troisième, la deuxième nervure récurrente (Jur. hym. G. Bremus^ pag. 257); la quatrième incomplète et à peine indiquée (Nobis). 5°. autres caractères. Ocelles disposés sur une ligne transversale droite; corp* très-velu. (Latr., ut suprà.) CARA.CTfeRES DISTINCTIFS DES GENRES. Bombus. i\ Organes de la bouche. Ç. Labre des Ç en carré trans- versal, c'est-à-dire transverso- linéaire ; mandibules des $ ar- rondies à leur extrémité , mu- nies de quatre dents. (Latr. Dahlb.) 2" Organes de récolte. Ç. Jambes postérieures munies de corbicule (ou paletteEncyc. art. Parasites). Cette corbicule formant une dép ression dénuée de poils et très-lisse sur le côté externe. Une dent horizontale comprimée , obtuse , à l'angle externe de la base du premier article du tarse postérieur qui porte la scopule ( ou brosse , Encycl. Voy. Parasites) et qui est fort élargie. (Latr. Dahlb.) Psithyrus, i\ Organes de la bouche. Ç. Labre des Ç un peu trian- gulaire , plus large dans son milieu que sur les côtés. Man dibules des Ç obliquement tronquées et arrondies. (Dahl- bom.) 2°. Organes de récolte. Ç, nuls. Jambes postérieures con- vexes à leur côté externe , qui est entièrement garni de poils ; et par conséquent dénuées de corbicules. Premier aj ticle du tarse peu large, allongé, ayant son angle externe de la base mutique , c'est-à-dire dépour- vu de dent. (Dahlb.) 374 ANNALES- 3°. Pattes postérieures, ç^. 5°. Pattes postérieures, (f^ Jambes postérieures des çf^ allant en s'élargissant de la base à l'extrémité ; leur côté externe un peu concave dans son milieu, qui a quelques poils rares. Premier article des tarses postérieurs assez court et large. (Nobis.) li^. Autres caractères. Ç. Jambes postérieures des çf, à peu près aussi étroites dans^ toute leur étendue , longues ; leur côté extérieur convexe , entièrement garni de poils. Premier article des tarses postérieurs étroit et allongé, (Nobis.) 4". Autres caractères. Ç* Anus point naturellement Anus recourbé en dessous ^ recourbé en dessous , réguliè- portant dans cette partie deux rement conique, aigu au bout» carènes élevées en angles. (Dahlb.) 5\ Caractère moral. Des ouvrières ; espèces con- struisant des nids et les appro- visionnant. (Dahlb.) 5\ Caractère moral; Point d'ouvrières; espèces parasites , c'est-à dire pondant dans le nid des autres et leur abandonnant le soin de leur postérité. (Nobis.) Les types européens les plus connus du G. Bombus res- treint aux espèces qui nourrissent elles-mêmes leurs petits , sont les Bombus Lapidarius , Sylvarum , Muscorum , Horlo- rum , Tcrrestris, Apricus et Lîgusticus. Parmi, les exotiques sont les Bombus Brasiliensis , Cajennensis , Americanorum , Antiguensis et Violaceus. Dans les collections que j'ai visitées , je n'ai trouvé aucuî| Psithyrus exotique. Comme il paraît certain que Ton multiplie trop les Qspèçe^ DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. ^;5 ^ans ces deux genres, j'ai cru pouvoir vous présenter ci- jointe , pour le genre Psithyrus , une espèce de monographie des modifications individuelles que je rapporte à ce genre , et que je range sous un fort petit nombre d'espèces. Je le fais pour que vous puissiez apprécier Inapplication de ce principe au genre nombreux des Bombus , et juger s'il est admissible. Espèces du genre Psithyrus qui me sont connues, 1. Psithyrus Rupestris. Noir; corselet quelquefois varié de jaune; cinquième seg- ment et anus toujours roux. Ailes noires changeant en^ violet. Ç. * A. Psithyrus J^asco. Tête noire, ainsi que la barbe du labre et des mandibules. Corselet noir; prothorax portant en dessus une bande jaune qui ne dépasse pas l'extrémité des épauletles ; bord postérieur de l'écusson , de cette même couleur. Abdomen noir ; bord latéral postérieur des deuxième et troisième segmens garn^i de poils jaunes; le cinquième et l'anus roux. Pattes noires; bout des articles des tarses ayant des poils gris roussâlres. Ailes noires, changeant en violet. Long, lo 1. Ç. Hab. Les Pyrénées, aux environs de Barrèges. * B. Psithyrus Pyrenœus, Bord jaune de l'écusson interrompu dans son milieu. Deuxième segment de l'abdomen n'ayant sur ses bords pos- térieurs qu'un petit nombre de poils d'un gris jaunâtre; Iq. troisième segment entièrement noir; quatrième segment rou,N^ spr les côtés. Le reste parfaitement conforme h la variyli^, précédente. Ç. Hab. La même localité» 576 ANNALES G. Psithyrus yl renarius. Apis Arenaria Panz. ... 12. Barbe du labre roussâtrc. Écussod entièrement noir, ainsi que les deuxième et troisième segmens de l'abdomen; le qua- trième entièrement roux. Long. 12 1. Le reste parfaitement conforme à la première variété. Ç. Hab. Les Pyrénées et les environs de Paris , dans les bois. D. Psithyrus Rupestris. Bomb. Rupestris Fab. Piez. 26. Dahlb. Mon. no 35. fig. 21. Noir; bord postérieur du quatrième segment de l'abdomen, le cinquième et l'anus, roux. Pattes noires; bout des articles des tarses ayant des poils roussâtres. Ailes noires, changeant en violet. Long. 12 1. Ç. Hab. Les bois des environs de Paris. 3. Psithyrus Quadricolor. Noir; corselet varié de jaune, ainsi que l'abdomen; dernier segment (le cinquième dans la Ç , le sixième dans le çj^) roux , ainsi que l'anus. Ailes transparentes plus ou moins enfumées. Long. 8 1. Ç. Long. 6 L d". * A. Psithyrus Quadricolor. Tête noire; une touffe de poils jaunes sur le vertex. Corselet noir; sa partie antérieure portant une large bande jaune qui descend des côtés jusqu'au sternum exclusivement; bord pos- térieur de l'écusson jaune. Premier segment de l'abdomen noir, ayant de chaque côté une forte touffe de poils jaunes; le deuxième noir; le troisième blanc, noir dans son miheu; le quatrième entièrement blanc; le cinquième et l'anus roux. Cuisses et jambes noires; tarses noirs, mêlés de roux en dessus , entièrement roux en dessous. Ailes transparentes , enfumées, surtout au bord postérieur. Ç. Hab. Les Pyrénées. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 5;; * B. Psiiliyrus Syluestris. Bord postérieur de l'écussoii n'ayant qu'une partie, (plus ou moins ) de ses poils, d'un gris jaunâtre. Troisième segmenî- de l'abdomen entièrement blanc; le cinquième noir, avec les côtés blancs; le sixième roux, ainsi que l'anus. Le reste comme dans la première variété, cf. Sous-var. i°. Écusson entièrement noir. 2^ Écusson et premier segment de l'abdomen entièrement noirs. Hab. Les Pyrénées et les environs de Paris. Nota, La deuxième sous-var. est de la collection de M. La- treille , actuellement en la possession dS M. le général De- jean. 3. Psithyrus J^estalis. Noir; corselet varié de jaune; abdomen varié de blanc et quelquefois de jaune. Dernier segment (le cinquième dans la Ç , le sixième dans le o^) noir, ou noir au milieu, blanc sur les côtés, ou entièrement blanc. Ailes transparentes, enfumées, changeant en violet. Long. 9 l. Ç. 6 et 7. ius, Noir; prothorax portant en dessus des poils d'un gris jau- nâtre mêlés aux poils noirs. Premier segment de l'abdomeiî ayant de chaque côté une touffe de poils d'un gris jaunCdrej 582 ANNALES bord latéral postérieur du deuxième ayant quelques poils gris jaunâtres; le troisième ayant à la même place quelques poils roux; les quatrième, cinquième et sixième roux, ainsi que l'anus. Cuisses noires; jambes et tarses roux. Ailes transpa- rentes roussâtres , peu enfumées, c^. Hab. Les bois dés environs de Paris. * B. Psithyrus Frutetonim. Quelques poils jaunes mêlés aux noirs sur Pécusson. Bord postérieur du deuxième segment de l'abdomen portant des poils jaunes. Le reste comme dans la première Vat*. cf • Nota. La deuxième variété a de grands rapports avec la figure et la description de l'Apis Frutetorum Panz. 76. 20, qui paraît être une femelle par sa taille. L'identité d'espèce ne pourrait être constatée que par l'inspection des caractères génériques. Ilab. Même localité. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 583 Trois espèces de Coléoptères Jiouueaux , par M. Gohy. (Séance du 5 septembre i83a.) Buprestis Lepida, Gory. Sénégal. Du cabinet de M. Gory. Corpore suprà elongato , capite viridi-ruhro-maculato , thorace tra— peziformi, viridi utrinquè rubro-igneo-micante ^ eljtris viridibus ^ singulis vittâ longitrorsîim latâ etyiaud^ lœvigatâ^ nigro-margl- iiatâ, subtùs viridi-aurato , tometitoso ^ pedihus viridibus ^ tarsis eœruleis. Long. 9 à 12 lig. Larg. 3 à 4- Ce Bupreste est un des plus jolis que nous ayons vus . de forme allongée et peu convexe; tête de la largeur du corselet , d'un vert brillant, avec le milieu d'un rouge métallique et ponctué; yeux couleur marron, assez saillans. Antennes deux fois plus longues que la tête, vertes à leur base et brunes dans le reste de leur longueur. Corselet de forme trapézoïde , presque aussi long que large, un peu élargi postérieuiement et presque plane en dessus; le reste d'un beau vert luisant, bleuâtre et lisse , avec une forte impression longitudinale dans son milieu , qui est bleuâtre et lisse; les côtés sont rugueux et ont chacun une tache d'un rouge de feu très-brillant; son bord postérieur est sinué et proloni^é au milieu dans une échancrure des élytres ; celles ci ont leur base un peu plus large que le corselet; elles sont deux fois et demi plus longues que larges, diminuent au tiers de leur longueur, et se terminent en pointe simple : elles sont d'un beau vert, très-brillant, sil- lonnées et ponctuées dans leurs parties vertes, et ont chaque une bande longitudinale jaune, très-large, lisse et entourée de bleu noirâtre : cette bande n'atteint ni la base ni l'exlréaiité. Dessous du corps vert doré, avec un duvet très-serré, lui- I. 26 584 ANNALES saut et Liane , qui lui donne des reflets argentés. Pattes veiie^; avec les tarses bleus. La feaielle est de la même couleur , mais généralement un peu plus grande. Ce bel insecte se trouve au Sénégal , et m'a été envoyé par M. Bax. M. le comte Dejean lui avait donné le nom de Dives ; mais, ce nom ayant été déjà assigné par Germar à un Bupreste de Saint-Domingue , j'ai dû le changer. Alloccrus Dilaticornis. Gory. Cayenne. Du cabinet de M. Gory. A7ij-cr, ihorace lineohs tribus ele^atis ; antennarum hasi teslacea. Long. i5 lig. Larg. 16 lig. Tête petite , avec un large enfoncement entre les yeux. Antennes en forme de fuseau. Premier article assez long, renflé; le deuxième très-petit, arrondi; tous les autres très- dilatés , s'amincissant à l'extrémité. Corselet bombé , carré^ beaucoup plus large que la tête , très-échancré au milieu de ses bords latéraux, sa base pro- longée et un peu échancrée vis-à-vis de l'écusson , avec trois lignes longitudinales élevées sur son milieu. Écusson triangulaire , arrondi , avec un enfoncement longi- tudinal dans son milieu , ce qui le fait paraître creusé. Élytres allongées , bombées , parallèles , rétrécies et ar- rondies à l'extrémité; sur chaque une côte longitudinale près de la suture. Noir velouté. Lèvre supérieure , dessous de la tête , premier article des antennes , bords latéraux du corselet , point sur l'écusson , jaune testacé. Ce bel insecte m'a été envoyé de Cayenne. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 585 ElaterMadagascariensis. Gory. Madagascar. Du cabin6t de M. Gory. Niger, totusque alho Jlavescente villosus , antennis serratis^ tJwrace uiia recta , duabusque arcuatis albis lineis. Eljtris strialis. Long. 16 lig, Larg. 6. lig. Antennes avec le premier article long, arrondi; le deuxième globuleux; tous les autres en scie. Tête petite , avec un enfoncement entre les yeux , ce qui la fait paraître creusée. Corselet avec un sillon en dessous pour recevoir les an- tennes , plus long que large, arrondi antérieurement, s'élar- gissant, et ayant ses angles postérieurs saillans et prolongés sur les élytres ; très-échancré postérieurement, et le milieu de sa base prolongé au devant de Técusson. Élytres très-bombées , peu allongées , rétrécies et arrondies à leur extrémité; elles ont un tubercule à la base de chaaue côté de l'écusson. Entièrement noir, mais tout couvert d'un duvet jaunâtre, court et très-serré , qui laisse peu apercevoir la couleur du fond , surtout sur les élytres et le dessous du corps. Sur le corselet trois lignes jaunâtres : une longitudinale dans son milieu , qui n'atteint ni son bord antérieur ni sa base , et de chaque côté de celle-là une autre en forme d'arc; de plus , tout son disque noir velouté. Le dernier segment de l'abdomen est garni h son extrémité d'une touffe de poils noirs, courts et rudes. Ce bel insecte se trouve à Madagascar. 7,m ANNALES Mémoire sur cinquante espèces nouvelles oit peu connues a hisecies , pa/- F. L. de Laporte. (Séance du 5 septembre i83a. ; COLÉOPTÈRES. 1. Genre Omus. Esch. Le genre Manticore était jusqu'ici , dans la tribu des Gt- cindélites , un de ces êtres anomaux qui , par la bizarre- rie de leurs formes, s'éloignent de tous les objets connus, i^l. Eschscholtz a décrit dernièrement sous le nom d'Omus , un insecte qui nous semble former le chaînon intermédiaire entre les Manticores et les Mégacéphales en passant par les Platycheila de Mac-Leay. L'ouvrage dont il s'agit étant à peu près inconnu en France , nous croyons rendre service h la science en donnant un extrait de la description de ce genre. Genre Omus Eschsholtz. Antennes insérées sous un prolongement en avant des yeux, filiformes, de onze articles, le premier épais, le deuxiè- me moitié plus court et plus grêle , les neuf suivants de la longueur du premier , et de la largeur du deuxième. Palpes presque égaux , les luaxillaires ayant le deuxième article beaucoup plus long et plus épais que les deux sui- vants , le dernier comprimé et sécuriforme ; les labiaux à premier article très-court , le troisième long, sécuriforme. Tarses filiformes , allongés , les trois premiers articles des antérieurs dilatés transversalement dans les mâles. Tête presque carrée , yeux petits et arrondis , le bec quatre fois plus large que long, mandibules très longues , pointues, la droite offrant deux dents, la gauche trois; lèvre tridentée. Corselet presque carré. Ecusson point apparent. Elylres convexes, ovalaires, embrassant Tabdomen, soudées. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 38; anguleuses latéralement. Pattes assez courtes, fortes; cuisses antérieures un peu renflées, jambes de la même paire dilatées à l'extrémité avec deux fortes épines. Pattes postérieures longues, à jambes étroites. Crochets des tarses grands et arqués. Omus Californicus. Eschscholiz Zoologisclier atlas socc. (Atlas Zoologique du Voyage autour du monde, du capitaine Kotzebue) , pag. 3 , pi. 4.f. I. Long. 7 i/a lig. Larg. î j/a lig. D'un noir foncé très-brillant. Corselet légèrement con- vexe , avec une ligne enfoncée au milieu , une arquée et trans- versale en avant et une autre semblable en arrière ; toutes sont peu marquées. Elytres rugueuses avec une ligne longi- tudinale brunâtre au bord externe. Pattes velues. Californie. Nota. M. Say, dans une liste d'insectes trouvés par lui aux montagnes rocheuses de l'Amérique , ( Journ. of the acad. of Philadelphia , vol. III , octob. i823, n" 5, pag. iSg.) cite en tête de ces chapitres un Manticora Cylindriformis de Fabri- cius quime semble être l'analogue de l'Omus; mais je n'ai pu trouver, dans aucun des ouvrage de ce grand entomologiste, aucun insecte portant ce nom. 2. Casnonia 4 — Signata. Nigra , nitidissima ; elytris profundissime striatis , maculis sin- gulorum obscure rubidis , apice cmarginalis , utrinque dente in- structis ; antennaram basi pedibusque fusco ferrugineis , femoribas apice ni g ris. Casnonia 4 — Signata. Collect. Dupont. Long. 4 1/2 lig' Larg. 1/8 de lig-. ^ Noir, très-luisant, élytres avec des stries longitudinales 388. ANNALES formées de gros points enfoncés et écartés; elles ont chacune deux taches rouges échancrées à l'extrémité et offrent au côté une dent assez forta. Base des antennes et pattes d'un brun rougeâlre ,* extrémité des cuisses noire. Cayenne» 5. Casnonîa Transversalis. Ni^ra ^ pubescens ; elflris strîis , longitudinalibus tenuissimis , U- ncolis haseos et propè suturam cum margine postico , antennis et, femorum basi pallidèjïai>is : antennis apice riigris. Casnonia Transversalis. Collect. Dupont. Long. 2 1/2 lig. Larg. 2/3 de lig. Noir velouté. Elytres avec des stries longitudinales très- faibles, et présentant une petite ligne transversale à la base, deux petites lignes longitudinales en arrière près de la suture, et enfin le bord postérieur d'un jaune pale. Antennes à l'ex- . ception des trois derniers articles et base des cuisses de même couleur. Sénégal. A^ota. Cette espèce est voisine , mais cependant bien dîs- tince, delà Casnonia Lineola de M. le comte Dejean. 4. Odacantha Senegaîensis. Nigra , antennarum basi , pectore pedibusque pallidè testaceis , elf' tris profimdè punciato-slriatis , pallidè testaceis , apice nigris , Tnacula magna femorum apicis nigra. Long. 3 1/2 lign. Larg. i 1/6 de lign. Tête ovale, élargie, lisse, noire ainsi que le corselet ; celui- ci ailongé , étroit, rétréci en avant, faiblement étranglé en arrière, offrant au milieu une ligne longitudinale enfoncée. Ecusson petit , de la couleur des élytres^ celles-ci, d'un jaune testacé, offrent des stries longitudinales assez fortes et formées DE Là SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 3^9 de points rapprochés. Elles présentent en arrière une tache d'un noir un peu bleuâtre , arrondie en avant et couvrant le bord postérieur. Dessous de l'abdomen d'un brun rougeâlre , avec les derniers segmens noirs. Pattes de la couleur des élytres, avec une tache noire à l'extrémité des cuisses. Palpes et trois premiers articles des antennes d'un jaune testacé , l'extrémité du quatrième et tous les autres obscurs. Sénégal. Nota, Cette espèce se distingue de l'Odacantha Melanura;. i*" Par sa tête plus large , ses yeux plus saillans , 2° Par la couleur noire de sa tête et du corselet , 3" Par sa taille plus grande , 4** l^^r les élytres de couleur un peu plus claire , les stries fortes et formées de points beaucoup plus rapprochés, 5" Enfin par les taches noires de l'extrémité des cuisses beaucoup plus grandes. 5. Leptotrachelus Suturalis. Flai'o suhfuscescens , capùe nigro , ihorace olscurè rubro ; elytris longitudin aliter punctulato-striatis y sutura fusco-nigricante y cor- pore subtus fusccnte. Leptotrachelus Suturalis. Colîect. Dupont. Long. 3 1/2 lig. Larg. 1 lig. D'un jaune un peu brunâtre. Tête noire. Corselet d'un rouge obscur. Elytres avec des stries longitudinales ponc- tuées. Suture d'un brun noirâtre , dessous du corps brunâtre. Cayenne. Nota. Le genre Lepiotracheîus a été forméparM.Latreiîle, sur des insectes très-voisins des Odacanthes; .on en connaît aujourd'hui quatre espèces , toutes propres à l'Amérique du Sud. Sgo ANNALES 6. Cymindls Bisignata. Dejean , Species. Cet insecte s'éloigne de tous les Cymindis par des carac-' tères trop importans pour pouvoir leur être réuni. Il nous semble nécessaire d'en former un g'enre propre ainsi caractérisé. Genre Cymindoidea. Antennes de onze articles , le premier long , grand , cylin- drique , tous les autres à peu près égaux entre eux, le dernier un peu ovalaire. Palpes labiaux à dernier article comprimé et très-foi lement sécuriforme. Tarses assez longs, grêles , à premier article long , les cro- chets simples. Labre presque carré , court , transversal. Mandibules fortes , arquées , pointues. Ce genre, établi aux dépens de celui des Cymindis, en dif- fère par ses tarses , dont les crochets ne sont pas dilatés en dessus, par le dernier article des palpes labiaux très -fortement sécuriforme , ainsi que par le faciès général. La tête est ovale , le corselet beaucoup plus élargi que celui des Cymindis, très-fortement rebordé, peu rétréci en arrière; les élylres sont larges et planes. Pattes assez fortes. Nous ne < onnaîssons de ce genre, qui doit suivre immédia- tement celui des Cymindis , que l'espèce qui fait l'objet de cette note : elle est du Sénégal. 7. Sphœroderus Niagarensis. Niger, thorace rotundato , nitide violacco , elytris ouatis , com^exis ^ cuprco-violaceis y costis longùudinalibus numerossisimis^ margini' bus violaccis. Long. 6 1/2 lig. Larg. 2 1/2 lig. Noir brillant. Tète allongée. Antennes un peu pubcscenles. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Sgi à rexception de la base. Corselet presque rond , d'un beau violet, échancré en avant , à bords latéraux très-arrondis et fortement rebordés. Il offre au milieu une impression longi- tudinale assez forte , qui n'atteint pas les bords, et deux autres situées en arrière, larges et fortement ponctuées. Elytres ovales, fortement convexes, d'un cuivreux violet avec des stries très- nombreuses , serrées , Irès-fortes , assez régulières à la base , interrompues , irrégulières et presque rugueuses en arrière. Bords latéraux d'un beau bleu violet. Dessous du corps et pattes d'un brun noirâtre. Cette espèce a été trouvée dans une île que forme la chute du Niagara; elle doit être placée entre les Sphœroderus Le- contei et Stenostomus. Elle diffère du premier , i°Par la taille plus grande; 2° son corselet plus rond et plus large; T)" par ses élytres plus convexes, d'une couleur plus violette et plus rugueuses en arrière. Et elle s'éloigne du second , 1° Par son corselet d'un beau violet; 2° par ses élytres plus ovales et beaucoup plus rugueuses postérieurement. 8. Panageus Armât us. Ni^er , subhirîus , valdè punctatus , thorace dilatalo , lateribus hidentatis / elytris striads , interstitiis punctatis ; an tennis pedi- busqué fuscescentih us. Long. 4 lig' Larg. 1 i/3 lig. Noir, un peu velu, très -fortement ponctué, surtout le corselet-, celui-ci élargi vers le milieu, échancré sur les côtés, en arrière, et présentant deux fortes dents de chaque côté et une ligne longitudinale un peu enfoncée au milieu. Elytres ponctuées avec des stries longitudinales qui le sont égale-» ment. Antennes et pattes brunâtres. Cayenne. 592 ANNALES 9. Catascopus 4-Signatus. Nitidissime 'viridi-cupreus , elytris apice subemarginatis , macuUs diiahus sin giUorum magnis ^ flavis ^ posteriori bilohû^ corpore sub- tils ohscuro , pedibus flapis ^ antennis fiiscis. Long. 5 1/2 lig. Larg. 1 2/0 lig. D*un vert cuivreux très-Lrlllant. Corselet étroit. Elylres un peu échancrées à l'extrémilé , et offrant de fortes stries longitudinales ; elles présentent chacune deux larges taches jaunes dont la postérieure est bilobée. Dessous du corps obscur. Pattes jaunes. Antennes brunes. Java. 10. Genre Dercylus ( Coléoptères Carabiques ). Ce genre diffère de celui de Panageus, dont il a le faciès^ parle premier article des palpes renflé, le dernier très court, légèrement dilaté en hache , les deuxième et troisième ar- ticles des tarses antérieurs dilatés et carrés dans !es ç^. Nous n'avons vu de ce genre que deux inseclcs en mauvais état. Ils font partie de la cclleclion de M. Dupont. Dercylus A ter. Latus , niger, nitidus , laungalus ; thorace latissimo postice recto , lineâ média longitudinali et puncto laterali postice impresso ; elytris profundè striatis. Long. 6 1/2 lig. Larg. 5 1/2 lig. Corps élargi, noir, luisant , lisse. Corselet très-large, coupé carrément en arrière avec une strie au milieu et une impres- sion longitudinale de chaque côté en arrière. Elytres avec de fortes stries lisses. Andes huméraux saiiians. Brésil. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 595 11. Carabus Luczotii. JBi'ei^is , obscure œneo-uirescens , suhgranulo.tus , thorace linea longitudinali média et altéra laterali utrinque impresso ; elytris iuberculatis , tuherculis parvis ., subseriatim dispositisj lineis ele— vatis approximatis ad basim elftrorum^ capile, corpore subtus pc-'- dibiLsquc nigricantibus . Carabus Luczotii. Collecl. Dupont. Long. 10 lig. Larg. 5 lig. D'un cuivreux obscur verdâtre , faiblement granuleux; cor- selet avec une ligne enfoncée au milieu et une impression peu marquée de chaque côté en arrière. Elytres couvertes d'une foule de petits tubercules obtus , serrés, rangés en stries lon- gitudinales très-nombreuses, quelques-unes d'entre elles un peu élevées et formant des lignes longitudinales à la base , et trois séries de lignes élevées , courtes et interrompues. Tête, dessous du corps et pattes verdâtres; antennes un peu velues. E.spagne. Nota, Ce Carabe rentre dans la quatrième division. Il doit être placé après le Brevis. M. Dupont avait , dans sa collection , dédié cette espèce à M. Luczot , et nous désirons trop nous-mêmes rendre un hommage à ce naturaliste esti- mable pour ne pas conserver ce nom. 12. Camptodontus CHvinoides. Niger ^ nitidus ; thorace linea longitudinali média et lateralibus duabus ^ utrinque impresso ^ elytris ovatis ^ striis lœi^igatis ; pedi-^ bus anticis bidentatis. Camptodontus Clivinoides. Collecl. Dupont. Long. 8 lig. Larg. 1 1/2 lig. ' D'un noir luisant; corselet avec une ligne longitudinale au 394 ANNALES milieu et deux petites impressions de chaque côté , l'une en arrière, l'autre près du milieu; élytres ovales avec des stries lisses; pattes antérieures bidentées. Cayenne. i3. Perçus Ramburi. Niger, thorace hrevi ^ suhtriangulari ^ postice Iruncato ; eljlris ova- tis^ sublœifigatis , striis sinuatis longitudinalihus piinclatis. Long. 1 1 lig. Larg. 5 1/2 lig. D'un noir assez brillant. Extrémité des palpes un peu rouge. Antennes , à l'exception de la base , recouvertes de légers poils roussâtres; corselet Itisinué en avant, à angles antérieurs arrondis , les bords latéraux droits , rebordés ; les postérieurs un peu échancrés au milieu. 11 est très-court , large en avant, rétréci postérieurement, presque lisse , offrant à peine quel- ques petites stries transversales fort peu visibles. Il présente une ligne longitudinale enfoncée, assez marquée au milieu et qui n'atteint pas les bords , et en arrière deux impressions assez fortes; écusson très-petit; élytres un peu plus longues que la tête et le corselet réunis , peu convexes , ovalaires , présentant un assez grand nombre de petites lignes longitudi- nales , un peu sinueuses , et dont plusieurs sont formées de petits points enfoncés. Ces points sont surtout visibles en ar- rière ; l'on voit sur l'angle humerai une très-courte carène oblique; les élytres sont un peu sinueuses au bord extérieur, près de Textrémité. Pattes fortes. Cette espèce habite la Corse, d'où elle a été rapportée par M. Rambur. Ayant appris que M. Dejean l'avait , dans sa col- lection, dédiée à ce naturaliste, nous nous sommes empressé de lui conser\rer ce nom. Elle doit être placée après le Perçus Loricatus . DE LA SOCIÉTÉ EN TOMOLOGIQUE. 3ç)5 14. Bradybaenus Cayennensis. Niger, thorace subquadrato, rugis duabiis transiter sis et sidco longi^ tiuUnali haud profundo punctisque duohus posticis impresso ; efy- tris striatis, striis lœç>igatïsy labroflai^o,pedil?us antennisque fuscis. Long. 4 1/2 lig. Larg. 8 1/2 lig. D'un noir peu brillant , tête large , avec un petit sillon transversal en avant; labre jaune; corselet transversal, presque carré , avec deux petites rides en travers placées au milieu ; entre celles-ci un léger sillon longitudinal qui ne se prolonge pas jusqu'aux bords, et deux petites impressions en arrière. Écusson petit. Élytres non ponctuées avec des stries longitu- dinales lisses; palpes , antennes et pattes bruns. Cayenne. i5. Osorius Gornutus. Cylindricus , niger, capite suhquadrato , antice bicornuto ; thorace subcordiformi , postice truncato; elftris ad suturarn subele^atis ; anlennis pedibusque ferrugineis 'y tibiis dilatatis , dcntatis» Long. 5 lig. Larg. 1 1/4 lig. Cylindrique, noir; tête presque carrée, avec deux cornes courtes et dirigées en avant; corselet presque condiforme, tron- qué Oïl arrière; élytres un peu élevées près de la suture; anten- nes et pattes rougeâlres. Jambes élargies et dentelées. Brésil. Nota, Le genre Osorius , formé par Leach , renferme plu- sieurs espèces , la plupart inédites. M. Guérin en a figuré une différente de la nôtre, dans son Iconographie. M. Westwood en a aussi décrit une autre espèce sous le nom de Stephensii [Zoological Journ.y p. 56). 16. Eumicrus. Genre de Coléoptères Palpeurs , formé aux dépens des Scyd- Sgfi ANKALES maenus. Nous plaçons ici ces insectes; car ils nous semLlent devoir , dans une méthode naturelle , suivre immédiatement les Pselaphus, que nous rangeons à la suite des Brachélytres. Genre Eumicrus; Scydmœnus. Schuppel. Kunz. Les insectes de ce genre ont entièrement le faciès des Scyd- msenus , mais ils en diffèrent essentiellement par leurs palpes maxillaires , composés de trois articles; les mêmes des Scyd- moenus en ayant quatre , il faut y rapporter : 1°. Eumicrus îiuf us. Scydmsenus Rufus Schuppel; Runze. Monogr. 19. 2. f. 2. 2°. Eumicrus TJioracicus. Scydma3nus Thoracicus Kunze. Monogr. 12. 4' f* 4- 3°. Eumicrus l^arsatus. ScydmaenusTarsatus Kunze. IMon. 1 1. p. 3. 4^ Eumicrus Helwi^ii. Scydmèenus Helwigii. FaL. Syst. El. 1. 292. 21. jy. Genre Clidicus, Coléoptères Palpeurs. Antennes insérées entre les yeux, de onze articles; le pre- mier très-long , le deuxième assez petit , les suivans presque coniques et égaux entre eux. Pah)es maxillaires très-longs , l'avant dernier article infun- dibuliforme, échancré , recevant le dernier; celui-ci conique et pointu. Tarses fdiformes à articles à-peu-près égaux. Tête presque triangulaire , yeux très-petits ; corselet très- convexe, séparé dé la tête par un étranglement ; élytres ovales, convexes; pattes très-longues, surtout les postérieures, avec îcs cuisses un peu renflées à l'extrémité. Ce genre est très-voisin de celui de Scydmaenus, dont il a presque le faciès. II doit suivre immédiatement celui d'Eu- micrus. t)E LA SOGIÉiË ENTOMOLOGIQCE. 597 1. Clidicus Grandis. f^aldè punctatus , pubescens , ferriigineus • elytris punctato-striatis. Scydmœnus Grandis. Gollect. Dupont. Long. 3 1/2 lig. Larg. 1 lig. Très-ponctué , presque velu, d'un brun rouge; élytres avec des stries formées d'assez gros points enfoncés. Java. 18. Genre Eretes (Hydrocanthares) ; Dytiscus des auteurs. Le genre Dytiscus ayant été partagé en plusieurs autres, il est dès lors impossible d'y conserver le Griseus , qui est le type du genre que nous établissons ici. Les Eretes se distinguent des Dytiscus par leurs palpes maxillaires supérieurs , ayant leur trois premiers articles d'é- gale longueur, et le quatrième presque aussi long que les trois autres réunis , un peu renflé vers le milieu , obtus et tronqué à l'extrémité; les maxillaires inférieurs ont les deux premiers articles courts , élargis à l'extrémité; le troisième aussi grand que les deux premiers pris ensemble , arrondi sur une des laces , échancré sur l'autre , obtus h l'extrémité. Le devant de la tête et le labre sont fortement échancrés , les yeux très- gros , saillans. Les crochets des tarses sont grands , égaux ; anus échancré ; élytres terminées par une petite pointe à la suture. ï . Eretes Griseus, Dytiscus Griseus. Fab. Syst. Eleut. 1. 265. 20. Cette espèce se trouve dans les quatre parties du monde. 598 ANNALES 19. Spercheus Senegalensis. Pallide cinereus, sutura et cosiis quatuor longiludlnalibus alternatim ele^atis. Long. 2 lig. Larg. 1 lig. Plus petit que le Spercheus Emarginatus , entièrement d'un gris clair; élytres avec la suture élevée, et quatre côtes sur chacune , alternativemeat très-fortes et plus faibles. Sénégal. 20, Dasytes Splendidus. Punctatus , nitidissime cœrulcus , thorace lateribus valdè c'diato / elytris lineâ augustd posticâ à margine ad suturant non usque productâ. Long. 7 1/2 lig. Larg. 3. lig. D'un beau bleu éclatant, ponctué; corselet garni latérale- ment de longs cils ; élytres avec une ligne oblique assez étroite jaune , située en arrière , partant du bord extérieur et n'attei- gnant pas la suture. Brésil. 21. Hylecaetus Brasiliensis, CflindricuSy valdè elongatus , pallidè castaneus y elytris pedibusque Jla^is ; thorace valdè elongato , antice elevato , antennis valdè pectinatis. Long. 8 lig. Larg. 1 i/4 lig. Cylindrique, très-allongé, d'un brun-châtain clair; pattes et élytres jaunâtres; corselet très-long, relevé en avant; an- tennes fortement pectinées. Brésil. 22. Genre Tilloidea. Tillus Fab. Antennes de onze articles , terminées, à partir du sixième, par une massue brusque et dentée en scie. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGÏQUE. 599 Palpes maxillaires à dernier article allongé , comprimé. Tarses à troisième et quatrième articles dilatés. Tête arrondie ; corselet rétréci et comme étranglé en ar- rière; élytres parallèles. Ce genre diffère de celui de Tillus, 1* Par la forme de ses antennes ; s*» Par le dernier article des palpes maxillaires plus allongé et comprimé ; S*' Par la forme du corselet ; 4" Par ses élytres non élargies en arrière* Il faut y rapporter : 1" Tilloidea Unifasciata. Tillus Unifasciatus. Fab. Syst. El. I. 281. 9. 2* Tilloidea Senegalensis, Valdè punctata , hirta , ferruginea ; elytrorum posticâ parte dimi- diâ nigrâ y fasclâ trans^fersâ suturam haud attingente albâ. Long. 5 lig. Larg. 1 1/2 lig. Fortement ponctué, très-pubescent , d'un beau rouge; la moitié postérieure des élytres est noire , avec une bande trans- versale blanche qui n'atteint pas la suture. Sénégal. 23. Necrophorus Corsicus. Niger ^ fronte macula quadrata } antennarum clava etfasciis a e/y- trorum flapis , prima angustissima , sinuata , interrupta et sœpius obsoleta. Long. 7 lig. Larg. 3 1/2 lig. Noir; tête offrant, entre les antennes, une taché carrée d'un jaune orangé; massue des antennes de la même couleur; cor- I. 27 ^iQQ ANNALES selet large en avant, rétréci en arrière , partagé en dessus par plusieurs sillons , formant entre eux quatre larges élévations le long du bord extérieur, et une ligne longitudinale au mi- lieu. Élytres d'un brun noirâtre, avec une tache transversale d'un jaune orangé clair, très-étroite, sinueuse, interrompue, et quelquefois entièrement effacée , située derrière l'angle hu- merai; et une autre de même couleur, grande, large, trans- versale en arrière , sinueuse sur ses bords et rétrécie près de la suture. Dessous du thorax revêtu de poils assez longs et jaunes. Jambes dentelées en scie. Rapporté de Corse par M. Rambur, 24. Silpha Formosa { Oiceptoma Leach). Cœridea, nitidissima; thorace antice emarginato; antennis nigrescen- tibus clai'â cinerascente ^ thorace riihro fuscescente^ maculis qua- tuor rotundatis ni gris» Long. 7 lig. Larg. 5 1/2 lig. D'un beau bleu clair, très-éclatant ; corselet échancré en avant; antennes noirâtres, h l'exception de la massue, qui €St grisée Corselet d'un brun rouge , avec quatre taches ar- rondies et noires. Siam. 25. Silpha Unicostata ( Thauatopliihis Leach). Nigra <, obscura , capite thoraceque pubescentibus Icuissime tuber- cuiatis, elj'tris ad marginem exteriorem costâ unica abbrei'iatâ. Long. 4 1/4 ^'5- L'^^t^g- 2 1/3 lig. Noir, obscur, très-finement ponctué; tête et corselet cou- verts de poils gris et brillans , avec un grand nombre de pe- tits tubercules lisses; bord antérieur du corselet échancré ; élytres aplaties, pr-sque tronquées à l'extrémité, avec une DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 4oi seule côte élevée sur chacune , située près du bord extérieur, et prolongée jusqu'aux deux tiers de l'élytre, oîi elle forme une faible gibbosité. Dessous du corps grisâtre. Paris. 26. Genre Peltoïdes. ( Coléoptères Taxicornes. ) Antennes insérées sous le bord latéral de la tête , au coin interne de l'œil , grossissant insensiblement, de onze articles, courts , un peu aplatis , le troisième plus long que les autres , le deuxième plus court. Palpes très -courts; les maxillaires terminés par un article fortement sécuriforme. Tarses filiformes, le premier article le plus long, le qua- trième très-court, le dernier terminé par deux forts crochets. Corps ovale. Chaperon avancé, recouvrant les parties de la bouche; yeux grands, échancrés et comme coupés en deux par le bord latéral du chaperon ; corselet transversal , fortement échancré en avant , légèrement arrondi sur les côtés et bisinué postérieurement ; écusson large , triangulaire ; ély- très assez planes, larges, fortement rebordées, arrondies à l'extrémité; pattes fortes. Insectes ailés ayant le fades des Platjdema q 11 ils nous semblent devoir siiis^re. 1. Peltoides Senegalensis. Tennis sime punctatus , fiiJicus ^ subnitidus , elylris suhsîriatis , striis let'issimis ^ corpore sublus , ore pedihusquc ferrii^ineis . Long. 3 lig. Larg. .1 1/4. Très- finement ponctué, d'un brun assez brillant; élytres avec quelques stries très-peu marquées. Dessous du corps , partie* de la bouche et pattes d'un brun rougeâtre. Sénégal. /jo2 ANNALES 27. — 2. Peltoides Cayennensis. Fuscus y rigide hirtus , elytris striis numerosis punctatis , pedibus Jerrugineis. Long. 2 1/2 lio;. Larg. 1 j/3. Brun, couvert de poils assez roides; élytres avec des striesS longitudinales nombreuses, formées de gros points enfoncés; pcittes rougeâtres. Cayenne. 28. Enicotarsus At&r. Niger, tenaissime punctatus ^ elytris prof undè striatis. Long. 7 1/2 lig. Larg. 1 i/3 lig. Entièrement noir, finement ponctué; élytres fortement striées. Cayenne. Nota. Le genre Enicotarsus a été formé par moi , dans le Ma^'-asin d'Entomologie de M. Gucrin, sur un Coîéoptère La- oiellicorne fort voisin des Phaneus , mais s'en éloignant par l'aplatissement de son corps et par un système tarsaire fort re- marquable , ces insectes n'offrant pas cinq articles à ces or- ganes. J'en indique ici deux nouvelles espèces : toutes deux sont absolument semblables sous ce dernier rapport; mais cependant , des recherches nombreuses que j'ai faites depuis sur les tarses des insectes ne me permettent pas d'attacher une très-grande importance h ce dernier caractère; et je suis très-porté à croire que ces insectes , ayant probablement l'ha- bitude de s'enfouir en terre, ont pu user, pour ainsi dire, quelques articles de leurs tarses en cette opération. Quoi qu'il en soit, ce genre sera toujours très-facile à reconnaître par le grand aplatisseuient de son corps , ainsi que par les autres caractères que j'ai indiqués dans l'ouvrage précité. LA SOGJÉTÉ EiNïOMOLOGlQlŒ. 400 U9. Enicolarsus Quadratus. Obscure viridis ^ nitidus ^ ihoracc antict lineâ transversâ ele^ala , profundè punctato , sparsim lœvigato ; elytris striatis ; corpurc subtus subcupreo. Long. 5 lig. Larg. 3 i/3 lig. D'uQ vert métallique, foncé et éclatant, une petite éléva- tion transversale à ia partie antérieure du corselet; çeîui-ci très-fortement ponctué avec des espaces lisses; élytres striées; de-sous du corps un peu cuivreux. Brésil. 3o. Genre Pedaria (Coléoptères Lamellicornes). Antennes de onze articles, les premiers allongés, les sui- vans courts, transversaux, le huitième élargi, les trois der- niers formant la massue. Tarses courts , crochets non visibles. Tête large, échancrée angulairement au milieu. Corselet transversal, convexe, arrondi latéralement; écusson non vi- sible; élytres longues , recouvrant en dessous l'abdomen , ui peu convexes , striées ; abdomen très-court , d'un seul seg I ment; pattes courtes, cuisses larges , aplaties. Ces insectes ont la forme de petits Ateuchus allongés. Ce genre se distingue facilement par son abdomen, n'of frant qu'un seu! segment. Il doit, à ce que nous croyons , suivre celui d'Eurysternu.-. Pedaria Nigra. Nigra y valdc punctata , subpubescens • elytris longitudinaliier linealis , pedibus anticis tuberculafis. Long. 3 lig. Larg. 2 lîg. Entièrement noir, très-fortement ponctué, presque lu- i 4o4 ANNALES gueux, Irès-légèreinent pubescent; élj^tres avec des lignes longitudinales ; pattes antérieures tuberculées. Sénégal. 01. Agacephala Mannerheimii. Ciiprea , elytris punctatissimis , obscure fulvis } thorace sat profunde punctato ; cornu elongato hifido anticè instructo. Long. 1 5 lig. Larg. 9 lig. Cette espèce diffère de TAgacephala Cornigera (Voir En- cyclop. méih. , t. X, p. Syi) par sa taille plus grande, sa couleur plus cuivreuse , et surtout par un corselet qui se pro- longe au dessus de la tête en une corne assez longue et bi- fide. Brésil méridional. Nota. Le genre Agacéphale a été formé par M. le comte de Mannerheim sur un Scarabéide du Brésil, différent des Scarabés proprement dits par ses mâchoires non dentelées intérieurement; les pattes antérieures des mâles sont sensi- blement plus longues que les suivantes; les élytres ne recou- vrent pas entièrement l'abdomen. Ce savant n'en décrit qu'une espèce, la Cornigera, à laquelle nous joignons aujourd'hui trois espèces , qui nous semblent nouvelles. 52. Agacephala Duponti. Plaide puncfata y nitide viridi's^ elytris fuscis ^ marginibus, sutura base dilatata , et maculis duabus singulorum , nigris. Long. 1 2 lig. Larg. 7 lig. Fortement ponctué , d'un vert assez éclatant, tête avec deux petites cornes dirigées en avant, relevées à l'extrémité; élytres brunes avec la suture élargie à la base, deux taches sur chacune, noires, et le bord extérieur de même couleur. Bré^il. DE L^ SOGTtiÈ ENTOMOLOGIQUE 40^ 33. Agacephala Goryi. Valdè punctatissima , cupreo - œnea ; elytris ochraceis ; thoracis lateribus crenulatis ^ antennis tarsisque fiiscis» Long. 12 lig. Larg. 7 lig. Fortement chagriné, d'un cuivreux bronzé parsemé de poils griset très-courts; élytres d'un jaune d'ocre avec de gros points enfoncés sur leur surface; côtés du corselet crénelés; antennes et tarses bruns. 34. Orphnus Mac-Leayi. Fusco-nigricans , capite andce cornulo , thorace medio excaifato ^ scutello posdce rotundato ; elytris fusco-rubidis , valdè punctatis , ad suturam stria impressis- cor pore subtus pedibusque ferrugineis. Long. 4 lig- Larg. 2 lig. D'^un brun noir; tête surmontée d'une petite corne droite et comprimée; corselet excavé au milieu, relevé de chaque côté en carène aplatie; écusson arrondi en arrière; élytres d'un brun rouge , fortement ponctuées avec une strie sutu- rale; dessous du corps et pattes rougeatres. Sénégal. iVoffl. Le genre Orphnus a été fondé par Mac-Leay. Il dif- fère des Oryctes par son labre large , non rétréci et tronqué carrément en avant; les mandibules sont minces, large«; les tarses antérieurs à articles courts , ovales , presque granu» îeux , et terminés par deux crochets à peine visibles. Ce sont des insectes d'assez petite taille. 4o0 ANNALES 35. Orphnus Senegalensis. Obscure fuscus , elytris irregulariter striatis , thoracis lateribus mi'- nus eleuatis quant in précédente. Long. 3 lig. Larg. i i/3 lig. Diffère de l'Orphnus Mac-Leayl par son corselet moins relevé latéralement et par ses élytres, sur lesquelles les points enfoncés forment des stries assez peu régulières. L'insecte est entièrement d'un brun foncé. Sénégal. 36, Genre Clavipalpus. (Coléoptères Lamellicornes.) Antennes de dix articles : le premier grand , renflé à son extrémité; les quatre suivans globuleux; le sixième allongé, un peu courbe» le septième cupuliforme; les trois derniers en massue ovale très-allongée. Palpes maxillaires à premier et troisième articles courts, le deuxième allongé , le quatrième très-grand , très-élargi , qreusé au milieu , pointu à l'extrémité. Tarses allongés , filiformes ; terminés par deux crochets bi- fides , l'un plus grand que l'autre. Tête arrondie en avant ; labre entier ; corselet convexe , un peu anguleux latéralement ; écusson presque triangulaire , assez grand ; élytres de la longueur du corselet , parallèles ; pattes un peu allongées. Ce genre nous semble devoir suivre celui de Leucothyreus. Clavipalpus Dejeanii. Pallidè fuscus ^ valdè punctatus ^ subhirtus , eljlris costatis ^ costis eleuatis sat numéro sis ^ corpore subtils hirto. Long. 4 i/-2 lig. Larg. 2 lig. D'un brun clair, trè#-fortement ponctué : de chaque point DE L^ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGiQCE. 407 sort un poil court, roide et blanchâtre; élytres avec des côles .éleyées assez nombreuses; dessous du corps velu. Brésil. Nota, Cet insecte est le Gemalis Clavlpalpus de la col- lection de M. Dejean. 37. Genre Anoxia , Coléoptères Lamellicornes. Les insectes dont il s'agit ici ont été confondus par les au- teurs avec les Mélolonthes. Ils en diffèrent par la massue des antennes , composée seulement de cinq feuillets dans les mâles et de quatre dans les femelles ; le deuxième article est très- court , et Iç troisième très-allongé; le corselet est plus long , quoique sa dimension en ce sens n'égale pas celle de sa lar- geur; les articles des tarses sont plus courts, plus renflés et garnis d'épines plus fortes à leur extrémité ; les crof hets du dernier sont armés en dessous d'une forte dent ; les jambes antérieures sont simples ou à peine tuberculées ; le segment anal est grand , échancré à son extrémité , point prolongé en pointe. Insecles de faille arasez grûTide, généralement velus et de forme allongée. 1®. anoxia Orienlalis , Melolontha Orientalis Ziégl. D'Allemagne. 2°. anoxia Occidenlalis , Melolontha Occidenlalis 01. i. 5. 7. pi. 1. f. 7. Midi de la France. 3", Ânoxia Fillosa , Melolontha Viliosa. Fab. 2. 162. 8. Oliv. 1. 5. 6. pi. 1. f. 4' De toute l'Europe. 4*. anoxia Matatiiud'L'^. Melolonthi Matutinalis. CalaL de Dabi. 4o8 ANNALES Nigra , thorace elftrisque singulis vittis tribus cinereis / sculello albo cinerascente ; corpore subtus hirto ; abdominis lateribas macularum albarum duplici série ; pedibus nigricantibus ; anten— nis ferrugineù. Long. 12 lig. Larg. 5 lig. Noir, corselet avec une bande longitudinale de chaque côté, velue et grise , et une troisième au milieu ; écusson velu et d'un gris blanc; éîytres avec trois autres larges bandes longi- tudinales velues et grises sur chacune; dessous du corps très- velu. Abdomen ayant de chaque côté, en dessous , une double série de taches blanches; pattes noirâtres; les antérieures tri- dentées ; antennes d'un brun rougeâtre. Pyrénée^. 38. — 5. Anoxia Africana. Elongata valdè punctata , pallide Jusca , elytris et corpore subtus hirlo-Jlavescentibus ; tibiis anticis bidenlatis. Long. 9 1/2 lig. Larg. 4 1/2 lig. Très-allongé, fortement ponctué, d'un brun clair; élytres jaunâtres; dessous du corps de cette dernière couleur et un peu velu; jambes antérieures bidentées et offrant une sinuo- sité avant la première dentelure. Ile de France. 39. Dicrania Flavo-scutellata. Nigra , thoracis lateribus , corpore subtus , pedibus scutelloquc den." sissime flai'o-hirsutus ; scutello linea média nigricarile. Long. 5 lig. Larg. 2 1/2 lig. Noir; côtés du corselet, dessous du corps , pattes et écusson couverts d'un duvet jaune Irès-serré : celte dernière partie avec une ligne noire au milieu. Brésil, DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 409 Nota. Le genre Dicranîa a été formé par MM. Servilie et Lepeletier, dans l'Encyclopédie méthodique, qui y rapportent deux espèces , Rubj^icollis et Nigra ; mais les observations de M. Lacordaire ayant fait connaître que ces deux insectes étaient tous les deux d'une même espèce , il nous semble que ces deux noms ne peuvent ni l'un ni l'autre lui convenir, et nous proposons de leur substituer celui de Brasilieiisis. Nous décrivons ici trois espèces nouvelles de ce genre ; ce qui porte à quatre le nombie de celles connues. 4^' Dicrania Veîutina. Ferruginea , thorace densissimc Jlavo-hirto _, llneis duabits pilorum longitudinalibiis aucto; elytris irregulariter substriatis ^ albo irro- ratis ) scutello , corpore subtus pedibusque flavo-hirsutis ; tibiis anterioribus extus bidenlatis. Long. 8 lig. Larg, 3 1/4 lig. D'un brun châtain; corselet couvert de poils jaunes, très- serrés; d'autres plu» longs et redressés formejit sur le milieu deux lignes longitudinales et une petite touffe élevée de chaque côté ; élytres avec quelques petites stries longitudinales irré- gulières et parsemées de petites taches blanches ; écusson , dessous du corps et pattes couverts de poils jaunes. Jambes antérieures bidentées au côté externe. Brésil. 4i. Dicrania Hirtipes. Nigra , Jla^O'hirta , elytris flapis , longitudinaliler striât is ; corpore subtils , pcdibus tarsisque fuscis. Long. 6 1/2 lig. Larg. 5 lig. . Noir, côtés du corselet et écusson entièrement couverts 4io ANNALES d'un duvet jaune ; élytres brunes , pubescentes et striées lon- gitudinalement; dessous du corps, pattes et tarses bruns, re- vêtus de poils jaunâtres. 4ii. Genre Monocrania. (Coléoptères Lamellicornes.) Antennes courtes de neuf articles; le premier conique, le deuxième globuleux , les suivans presque égaux entre eux ,, les trois derniers forment la massue. Palpes maxillaires assez longs , terminés par un article ova- laire ; les labiaux très-courts. Tarses filiformes à crochets égaux , fortement bifides. Chaperon sans prolongement ni dents à ses angles anté- rieurs. Ce genre se rapproche entièrement , par le faciès , de celui de Dicrania ^ mais il s'en éloigne par la forme de son chape- ron, ainsi que par sa tète carrée. Ces insectes semblent, ainsi que les Dicrania , être propres à l'Amérique du sud. Monocrania Luridipennis. Nigra , capite thoraceque deruè punctatis ; elftris sordide Jla^is ; abdomine subtus Jerrugineo. Long. 6 1/2 lig. Larg. 3 lig. Noir, tête et corselet couverts de points serrés; élytres d'un jaune sale; abdomen rougeâtre en dessous. Brésil. 43. Monocrania Nigricans. Nigra, iota prof unde punctata, pubescens ; capite^ thorace et cor- pore subtus pilisf usais subelongatis) tihiis posticis valdè dilatatis. Long. 5 lig. Larg. 1 1/2 lig. Noir, extérieurement et fortement ponctué , pubesccnt ; DE LA SOCîLiTÉ EXTOIMOLOGTQUE. /fit des poils bruns et assez longs sur la tête , le corselet et le des- sous du corps; jambes postérieures très-élargies. Brésil. 44* Anthipna Carcelii. Subgranulosa ^ hirta , viridi metallica , palpis antennisque nigris , claifâ ferruginea ; abdomine nigricante, segmentorum baseos mar- gine inferiori et sequentibus duobus, ferrugineis. Long. 5 lig. Larg. 2 1/2 lîg. Légèrement granuleux , velu, d'un vert métallique à reflets cuivreux \ palpes et antennes noirs ; ces dernières , avec la massue, ferrugineuses; abdomen noirâtre, avec le bord infé- rieur des premiers segmens et les deux derniers rougeâtres; les trois dents des jambes antérieures de cette couleur. Cette jolie espèce a été trouvée près de Tivoli , en Italie , par mon malheureux ami , feu Garcel. No!a. Le genre Anthipna a été fondé par Eschschollz : c'est un démembrement de celui d'Amphicoma , dont il s'é- loigne par la massue des antennes à feuillets libres, le chape- ron non rebordé antérieurement, et les quatre premiers ar- ticles des tarses un peu élargis dans les mâles. 45. Tapina Americana. Fuscorubida., thorace suhcordaio , punctato; elytris punctato-striatis. Long. 1 5/4 lig. Larg. 1/-2 lig. D'un brun rouge , tète ponctuée , devant du chaperon noi- râtre , parties de la bouche plus claires; antennes un peu velues; corselet légèrement condiforme , couvert de points assez gros et très-serrés; il est assez large et arrandi en avant , rétréci en arrière ; écusson plus petit , punctiforme ; élytres 4i2 ANNALES ovalaires , un peu convexes , avec des stries ionglludinalcs , formées de petits points enfoncés et assez écartés^ dessous du corps ponctué , abdomen un peu obscur. Chili. 46. Languria Lineata. Nitide cœrulea, capite , excepta frontali puncto , thoracis lateribus , elftrorum macula humerait et femorum basi rubris ; antennis tibiisque ni gris ^ eiftris striatis , apice acuminatis. Long. 5 1/3 b'g. Larg. 1 lîg. D'un bleu ardoisé brillant; tête lisse , rouge , avec une tache bleue sur le front; antennes noires, parties de la bouche jau- nâtres; corselet long, prescrue cylindrique, à peine élargi en arrière , faiblement rebordé latéralement , offrant une bande longitudinale rouge de chaque côté; écusson petit, ar- rondi; élytres presque cylindriques, très-longues, pointues à l'extrémité, ofirant des stries longitudinales de points enfon- cés et une tache rouge à la base sur l'angle humerai. Dessous du corps, h l'exception de l'extrémité de l'abdomen, et base des cuisses, rouges; le reste de celles-ci bleu; jambes et tarses noirs, ceux-ci jaunâtres en dessous; cuisses et jambes anté- rieures ayant leur côté interne rouge. Colombie. HOMOPTÈRES. 47. Cicada Maculipennis. ytridis , pseudelytris alisque hyalinis , macula ad basim pseadely— trorum viridi , et altéra ad basim alarum ruhrâ. Long, (du corps) i3 lig. Larg. 7 lig. Corps court , vert , partie antérieure du corselet et cinq premiers segmens de l'abdomen, brunâtres; tête trèsdarge; pseudélytres longues , étroites , hyalines , h nervures vertes avec une large tache d'un vert jaunâtre occupant toute la DE LA SOGIiÎTÉ E?||OMOLOGIQUE. 4i3 base , et coupée carrément en arrière; ailes avec une très- large tache d'un beau rouge éclatant, occupant la moitié la plus rapprochée du corps; dessous de l'abdomen et pattes jaunâtres. Cayenne. Nota, Cette espèce me semble devoir être très-voisine de la Tettigonia Grossa de Fabricius; mais elle en est bien dis- tincte par la tache rouge de la base des ailes. 48. Genre Raphirhinus. Fulgora Fab. Tettigonia Germar. Antennes insérées dans une cavité près de*^ veux , termi- nées par une soie. Rostre ne dépassant pas notablement la base de la deuxième paire de pattes. Tarses presque cylindriques, h premier article assez long, le deuxième plus court , le troisième moyen et muni de cro- chets courts et épais. Tête prolongée antérieurement en un onglet relové. Ocelles au nombre de deux, situés sur le vertex et écartés. Tête triangulaire, avancée, sillonnée au milieu, rétrécie su- bitement en avant et prolongée en un onglet; veux ovalaires; corselet presque carré, arrondi en avant , écliancré et ano-u- leux en arrière; écusson moyen; pseudélytres un peu allon- gées , arrondies en arrière ; pattes moyennes , les postérieures longues; jambes de cette paire munies d'une très-faible série de très-petites épines. Ce genre a été réuni jusqu'ici avec les Fulgora. Il fait partie de la tribu des Tettigonites : toutes les espèces que nous en connaissons sont d'Amérique. Le type de ce genre est la Fulgora Adscendens de Fabri- cius ; mais cet auteur, prenant pour spécifique le caractère de la forme de la tête, réunit sous ce nom trois' espèces bien distinctes , ainsi qu'on va le voir. /il 4 .A|^\ALES 1. Raphirhinus Adscendens. Fulgora Adscendens , Fab. Syst. rh. 2. ii. — Tettigoniaf Adscendens, Germar. Magas. — Sloll. Cigales, fîg IX. n° 4*' Flaua, pseudelytris fusco-subferrugineis^fiai^o-multipunctatis; ah* domine supra aurantio , subtus cum pedibus pallidejlai>escente. Long. 7 lig. Larg. 1 1/2 lig. Jaune , tête»obscure le long du sillon longitudinal de son milieu; corselet couvert de points bruns, presque rugueux; écusson brun avec quelques petites taches jaunes ; pseudé- lytres d'un brun un peu lougeâtre, parsemées de nombreux points jaunes; abdomen ©range en dessus , d'un jaunâtre clair, en dessous ; pattes de cette dernière couleur. Cayenne. 4g. — 2. Raphirhinus Cupriventris. Fulgora Adscendens, Fab. Syst. rh. 3. 6. — Stoll. CigaL IX. 45. Nigra^ pseudelytris fusco-subferrugineis^flavo-multipunctatis ; ab- domine supra viridi cupreo , pseudelytrorum basi jiavescente. Long. 7 1/2 lig. Larg. 1 5/4 hg. Diffère du précédent par le dessus de l'abdomen , qui est d'un vert cuivreux, et la base des pseudélytres jaunâtre. Amérique méridionale. Nota, Nous ne connaissons cette espèce que par la figure de Stoll. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎQUE. 4iâ 5o. — 3. Raplîirhinus Obliqaatus. Fulgora Adscendens var. Fab. Syst. rh. 4* Stoll. Cigales. VI. 29. Flaviu , scutello et pseudelflris obscure fitscù , his maculis quatuor jiavis ^ ahdomine supra aurantio ^ corpore suhtus pedihusque pal- lidc jlavescciiihus. Long. 7 1/2 lig. Larg. x i/a lig. Jaune, une Lande longitudinale au milieu delà tête; écus- son et pscudélytres d'un brun obscur; une tache jaune à la base de celles-ci , une autre vers le milieu , deux taches trans- versales en arrière; dessus de l'abdomen orangé; dessous du corps et pattes d'un jaunâtre clair. Amérique méridionale. Nota. La Clcada (Laternaria) /"w^ce^ de De Géer, Mém. t. IV. p. 200. pi. 32. f. 2 et 5 , est une quatrième espèce de ce genre auquel nous croyons qu'il faut aussi rapporter les Tetti- gonia Erythrocephala, 4-punctata , Intersecta, et \ itripennis de M. Germar ( Magasin d'Entomologie ) ; mais cependant nous n'avons vu en nature aucune de ces espèces. 28 f[\C> ANNALES Ohseivaiions de M. le D\ Boisdijfal sur un Mémoire de M. Zinken- Sommer. (Séance du 7 novembre i832.) Beilrag zur Insecten. — Fauna Java. Erste aLtlieiluDg mit dcn figiiren i'''* 19. Theod. Fried. Zinken gênant Sommer. Noi^a acta phfsico-medica j Academiœ naturœ Curiosorum : tcmus decimus quintus. Le tome XV des Actes de l'Académie de Bonn, publié cette année , renferme un Mémoire de M. Zinken-Sommer sur les insectes de Java. L'auteur commence cette faune par les Lépidoptères , dont il donne trois planches , lithographiées et coloriées avec un talent tel qu'elles sont supérieures à beau- coup de gravures. Ces trois planches contiennent vingt figures de Papillons , que l'auteur regarde comme n'ayant jamais été ni figurés ni décrits. Une description très-détaillée /et précé- dée d'une bonne diagnose latine, accompagne chaque espèce. 11 décrit aussi dans le texte , pour rendre son travail plus com- plet , des espèces anciennement connues et propres à l'île de Java. Ce travail paraît avoir coûté à l'auteur beaucoup de peines et de recherches; cependant il s'y trouve un certain nom- bre d'erreurs qui rendront peut-être cet ouvrage plus nuisible qu'utile , lesquelles sont dues évidemment à ce que l'auteur n'avait pas à sa disposition une assez grande quantité de ma- tériaux et une bibliothèque assez complète. Celle dernière cause est peut-être la seule à laquelle il faille attribuer les fautes nombreuses qui se rencontrent dans ce Mémoire; car nous sommes persuadés d'avance que M. Zinken est trop bon DE L\ SOCIÉTÉ ENTOiMOLOGIQDE. 417 observateur pour les avoir commises en toute autre circon- stance. Aussi c'est à regret que nous nous voyons forcés , dans l'intérêt de la science , de faire une petite critique qui pourra lui être utile pour améliorer la suite de son travail. Nous ne parlerons pas des caractères génériques , quoiqu'il nous paraisse que les Papillons qu'il rapporte aux genres Ama- thusia et Zelima de Fabricius n'appartiennent nullement à ces genres. Avant de commencer, nous adresserons encore un petit reproche à l'auteur : c'est de donner des noms spécifiques d'après le système des Glossates de Fabricius : ouvrage qui n'a jamais été publié, et que nous ne connaissons que par le petit extrait imprimé dans Illiger. Cet ouvrage est nul et non avenu; et tous les noms tirés de ce manuscrit ne peuvent servir qu'à rendre la synonymie plus inextricable. Pour procéder d'une manière plus méthodique , nous al- lons d'abord parler des espèces figurées sur les planches , puis nous jetterons un coup d'oeil rapide sur celles qui sont décrites dans le texte. Planche 1''*', ou quatorzième des Mémoires. Jlmathiisia Lutea et Amathusia Nivea. — Sont une seule et même espèce qui varie , comme chacun sait , du blanc au fauve. Elle est figurée dans Clerk Icônes , tab. 4o. f. 4» sous le nom de P, Hylas, — God. Encycl. meth. t. IX. p. 61. n° 41. Papilio Neesius Zinken. — C'est le P. Nox Swainson Zoological illustrât, cah. 21. pi. 102. — Horsfield. Ins. delà Comp. des Ind. premier cahier. P. Blemercus God. Encycl. p. 809. n°' 12-1 3. P. Striatus Zinken (il cite Fab. Syst. des Glossal.) — C'est le P. Macareus God. Encycl. melh. — Horsfield. Ins. de la Comp. des Ind. 4i8 ANNALES P, Baihycles, Zinken. — 11 était connu depuis long-temps, dans toutes les collections, sous le nom de P. Swammer- damii Dehaan; mais comme à notre connaissance il n'a été ni figuré ni décrit , le nom de M. Zinken doit lui être conservé. Plajîche 2^, ou quinzième des Mémoires. P. Meges Zinken. — C'est le P. Curais Fab. Ent. Syst. n" 81. — Erj'cina Curius God. Encycl. p. 827. n'^S. — Donow. Ins. oflndia. cah. 4- pl- 4» f* 4* ZeVuva. Parndoxa Zinken. — Est une belle espèce inédite, assez rr.re , mais qui appartient évidemment au genre Fu- iilœa , et qui doit être placée h côté de Midama , etc. Le genre Zelima a pour type le Pap. Pylades , assez commun au Sénégal. Morpho Klugius Zinken. fig. 11. 12. i5. — C'est le Mot^ pJio OdajiaGod. Encycl. p. 445. n° iG. — Horsfield. Ins. de la Comp. des Ind., premier cahier. La figure que M. Zinken donne comme celle du mâle ap- pariiaal à une toute autre espèce. Planche 5% ou seizième des Mémoires. Morpho Leonteus Zinken. — C'est une espèce figurée dans Hubner Exotiscli. Sammlung. sous le nom de Canens., et qui se place naturellement à côté du P. Gripus de Fabricius , Eumea Drury. Euplœa Alhata Zinken. — Cette espèce est une des plus communes, mais jusqu'à présent personne ne l'avait ni dé- crite ni figurée. Euplœa Philomela Fab. — On doit à M, Zinken d'avoir reconnu cette espèce dans Fabricius ; mais il aurait dû citer la Cleona de Gram. , d'Herbst et de Godart , qui se rapporte à cette espèce. DE Ll SOGIKÏÉ E^fTOMOLOGIQUE. 419 Euplœa Faher Ziokeo. — Elle est très-bien figurée dans liiibn. Exot, Sammlung , sons le nom de GaineUa. Godart, dans rEncyclopédic , la rapporte à tort au P. Sylvesler de Fabricius. Il nous reste encore à dire un mot des espèces décrites mais non figurées. Page 142, M* Zinken décrit le P. Paris , auquel il rapporte la synonymie des auteurs anciens. Le Papilio qu'il décrit comme tel n'est pas le véritable Paris , qui est de la Chine , mais bien le P. Arjuna, figuré par M. Horsfieid. Beaucoup d'Enlomologistes font la même faute : dans pres- que toutes les collections on trouve, sous le nom de Paris , l'espèce de Java, qui du reste en est très- voisine. Godart a commis une erreur plus grave en confondant ces deux espèces et en y rapportant en outre le Bianor de Cramer. Page \l\l\, M. Zinken décrit , sous le nom de P. A clamas^ un P. très-commun, appelé par Cramer Poljdorus , et qu'il reconnaît comme tel, mais la division de la tache blanche discoïdale des ailes inférieures par des nervures plus larges que dans les individus ordinaires , l'a engagé à. le séparer du PolydoriLs des auteurs. Page 148, M. Zinken décrit , sous le nom de Papilio Lede- hourus, une espèce figurée sous le même nomparEschscholtz, Voy. de Rotzbue. iii. tab. 3. f. 7. C'est évidemment une variété du Pammon , qui est un de ceux qui varie le plus. En eflet , tantôt il a une queue plus ou moins longue , tantôt il en est totalement dépourvu; souvent la bande blanche macu- laire s'étend jusqu'au milieu du boird postérieur des premières ailes , et quelquefois elle dépasse à peine les inférieures, etc. Page i5i , le môme auteur décrit, sous le nom à^ Arbates Fab. Syst. des Gîoss. , le Pap. Memrion de Cramer, Sulzer et de Fabricius, Entomologie systématique. Il pense que cette espèce li'cst pas celle de Linnéc. Nous croyons au contraire qu'elles 4ao ANNALES ne diffère pas de celle décrite dans le ïMuscum Ludouicœ ZJlricœ. Mais elle varie beaucoup ^ puisque Cramer en a fait trois espèces. Page 167 , M. Zinken décrit une espèce voisine de Jairus , figurée depuis plusieurs années , dans Swainson , sous le nom de Horsjîeldii. C'est h tort que M. Zinken , qui ne con- naît sans doute pas le vrai Jairiu , a cité pour l'individu de Java toute la synonymie des anciens auteurs. Mais, s'il a fait une erreur , il a fait en même temps une sorte de décou- verte , en rapportant le premier le P, Urania de Linnée , Muséum Lud. Ulr. , au Jnirus des auteurs iconographes. Page 189, Fauteur ayant reconnu avec raison que le P. Mi- damus de Cramer n'était pas celui de Linnée, il le décrit sous le nom ^Euplœa Pavettœ^ emprunté au système des Glossates. S'il eût consulté l'Encyclopédie, il aurait vu que Godart avait fait la même remarque , et que l'espèce en ques- tion y est décrite sous le nom de Piothoe. Page 191. Euplœa Mulciber Zinken et Cramer est le véri- table P. Mldamus de Linnée et de Sulzer , dont la Damas Claudia Fab. God., Basilissa Cram. n'est que la femelle. Même page. Jpafura Gamhrisius, C'est le P. SyUna Cramer et Herbst., Sjluina Godart. M. Zinken lui donne ce nom d'après le système des Glossates. Il ne doit pas ignorer cependant qu'il y a déjk un P. Gambiisius voisin à^ Amphi- tryon, figuré par Cramer et décrit par Godart. VA pâtura BoLina , qui suit immédiatement celle-ci , ter- mine cette première partie du Mémoire de M. Zinken. DE LA SOCIÉTÉ EiNlOMOLOGIQlfJE. 421 Notice sur un accouplement de deux Zj gènes d^espèces différentes , observé par de Villiers , de Chartres, Séance du 7 novembre i832. M. Boisduval, dans sa belle Monographie des Zygénides , dit , page 5 de cet ouvrage , qu'il n'a jamais été assez heureux pour voir éclore des œufs provenant d'accouplemens d'espèces différentes; et , dans la relation de la séance du 4 avril der- nier, de la Société Entomologique de France , insérée dans le deuxième trimestre du tome i^"^, page 25i et suivantes , M. Au- douin, dont l'avis est partagé par MM. Boisduval et Rambur, pense , après avoir rapporté l'exemple d'accouplemens d'es- pèces différentes, qu'il est fort rare que ces accouplemens aient un produit fécond. S'il m'est permis d'émettre mon opi- nion après de tels observateurs, je dirai que je crois, comme eux , qu'en rendant de pareils accouplemens stériles , la na- ture a voulu maintenir les races dans leur pureté primitive ; mais que cependant, et surtout dans les Lépidoptères, il y a lieu de penser que c'est à de pareils faits que nous devons les variétés nombreuses qu'on observe dans toutes les grandes tribus de cet ordre , et principalement dans les Nocturnes , qu'on parvient rarement , à l'exception des Bombycites , à trouver accouplés. Il est bien à souhaiter , d'après le désir de M. Chevrolat et de tous les vrais amis de la science Entomo- logique , que les naturalistes d'Europe et les voyageurs, lors- qu'ils rencontrent des insectes accouplés , piquent le mâle et la femelle sur la même épingle : cette méthode est phis sûre que des notes, qu'on peut perdre, ou des souvenirs souvent incertains : car ce serait un grand service à rendre à l'Ento- mologie que d'aider à débrouiller le chaos synonymique , qui devient de jour en jour plus inextricable. Mais, tout en de- mandant pardon de la digression dans laquelle je me suis 422 ANNiVLES hiissé entraîner, je reviens à l'observation qui est le sujet c!'SCOLOMBE. Monograpliio; Chalciditum Gallo pro- vinciac. Brlllé. Première, deuxième et troisième livraisons de Tex- pédition scientifique de Morée. Entomologie. CnEVROLAT. Description et figure du Dryophilus Anobioides et du Doryphora 21-punctata, du Magasin Zoologique de M. Guérin. Dupont. Description et figure do THeterosternus' Bupres- toides, du Magasin Zoologique de M. Guérin. La-TReille. Mémoire sur les Aranéides h 4 pneumo -bran- ches, etc. — Mémoire sur l'organisation intérieure des Thysanoures. Extrait des nouvelles Annales du Muséum d'Histoire naturelle. De Laporte. Descriptions et figures des genres Hoplopus et Pachydema , du Magasin Zoologique de M. Guérin. Anix. Lefervre. Trois fascicules de descriptions et figures dlnsecles, recueillis, par j\1. A. Lcfcbvre, en France, en DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 453 Sicile , en Égyple et en Turquie. Extraits des Annales de 1 1 Société Linnéenne et du Magasin de Zoologie de M. Guérin. — Figure et description de la Syntomis Kuhlweinii. Lepeletier de Saint-Fàrgeau. Monographia Tenthredine- tarumi Méquignon-Marvis. Les six premières livraisons du Supplé- ment aux Lépidoptères de France, par M. Duponchel. — Les quatre premières livraisons de l'Iconographie des Che- nilles , par M. Duponchel. Perchf.ron. Figure et Description du genre Derbe , extrait du Magasin zoologique de M. Guérin. Pictet. Mémoire sur les Némoures. Extrait des Annales des Sciences naturelles. PoEY. Les deux premières décades de la centurie des Lépi- doptères de l'île de Cuba» ^3,j ANNALES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. ( ANNÉE l832. ) Notn. Les noms en majascule» indiquent les membres honoraires. L'* indique les fondateurs. MM. Alavoike, négociant, à La Bassée (Nord . * AuBÉ , à Paris. • * AuDiKET-Sr.RviLLE , membre de la Société d'histoire naturelle de Paris, et de la Société Impériale des naturalistes de Moscou, à Paris. * AuDODiw , docteur-médecin, aide naturaliste au Muséum d'histoire naturelle, bibliothécaire de l'Institut, chevalier de la Légion-d'Hon- neur, etc. à Paris. * Baudet-Lafarge, député du département du Puy-de-Dôme à Marin- gues (Puy-de-Dôme). BLAINVILLE (Ducrotay de), professeur adjoint à la Faculté des scien- ces, membre de l'Institut, etc. à Paris. Blowdel , architecte , à Versailles (Seine-et-Oise). BoHEMAN, lieutenant, etc., à Grenna et Anneberg (Suède). * BoisnuvAt, docteur-médecin , membre de plusieurs sociétés savantes, à Paris. * BoRY UK Saint-Viiïcewt , colonel d'élat-major, correspondant de l'Aca- démie des sciences, etc., à Paris. BRONGNIÂRT (Alexandre) , membre de l'Académie des sciences, etc. , à Paris. Bruguière , négociant, à Nîmes (Gard). * Brullé , membre de la commission scientifique de Morée, etc., à Paris.. BuGNioîT , membre de !a Société helvétique des sciences naturelles, etc, à Lausanne (Suisse). Rus (le chevalier Du), à Bruxelles (Belgique). Cantener, à Strasbourg (Bas-Rhin). DE LA SOCIÉTÉ EiXTOMOLOGlQCE. 455 * Chaudouet , avocat à Paris. * CHEVROI-A.T , vérificateur à l'administration de l'octroi , membre de plusieurs Sociétés d'histoire naturelle à Paris. CouLOif , membre de la Société Linnéenne du Calvados, et de la Société Helvétique des sciences naturelles , à Neufchâtel (Suisse). Chauvenet (le baron de), capitaine de génie, chevalier de la Légion- d'Honneur, à Hesdin (Pas-de-Calais). CUVIER ( le baron ) , pair de France, membre de l'Institut , professeur au Muséum d'hisloire naturelle et au Collège de France, etc. à Paris. Daube, pâtissier, à Montpellier (Hérault). DESMAREST , professeur de zoologie à l'Ecole vétérinaire d'Alfort , à Paris. * DouMERC , docteur-médecin , membre de l'Académie royale de Melz , etc. , à Paris. Drapiez, professeur de minéralogie, etc., à Bruxelles (Belgique). DupouR (Léon), docteur-médecin, correspondant de l'Académie des sciences, correspondant de la Société royale de médecine, cheva- lier de la Légion-d'Honneur , à Saint-Sever (Landes). Dupont , marchand naturaliste , à Paris. DujAY , ancien officier de cavalerie , à Paris. * DuMÉNiJc , peintre d'histoire naturelle , à Paris. DUMÉRIL, membre de l'Inslilut, professeur au Muséum d'hisloire na- turelle et à l'Ecole de médecine de Paris, etc., à Paris. * DupoiîCHEL , membre des Sociétés d'histoire naturelle de Paris, des Georgofili de Florence , etc. , à Paris. Emy , ancien capitaine d'artillerie, officier de la Légion-d'Honneur , à Paris. FoNscoLOMBE (Boyerdc), à Aix (Bouchos-du-Rhone"*. * Feisthamel ( le baron), officier de la Légion-d'Honnenr , chevalier de Saint-Louis, colonel commandant la garde municipale de Paris , etc. à Paris. Fray , commissaire ordonnateur des guerres, chevalier de la Légion- d'Honneur, membre de plusieurs sociétés savantes, à Limoges (Haute-Vienne). GEOFFROY SAINT-HILAIRE , membre de l'Institut, professeur au Muséum d'histoire naturelle , et à la facullé des sçiences^, etc., à Paris. GiROD-CHANTRAîfs , chevalicr des ordres de Saint- Louis et de la Légion» d'Honneur , à Baume (Doubs). 436 ANNALES ■* Godet , membre de la Société d'histoire naturelle de Suisse, à Lau- sanne (Suisse). * GoRY (le chevalier), chevalier de l'ordre Royal Espagnol de Ferdi- nand , capitaine de cavalerie, à Paris. * GouGELET , employé à l'administration de l'octroi, à Paris. GouzoT, à Ferrières (Seine-Inférieure). Greeke ( Copley ) , docteur-médecin , membre de la Société d'histoire naturelle de Boston , à Boston (Etats-Unis). GirÉNÉE , avocat , Cbàteaudun (Eure-et-Loire). * Guéri N , membre de la Société d'histoire naturelle de Paris, etc., à Paris. Graslin (de), propriétaire, à Château du Loir (Sarthe. GYLLENHALL, membre des Académies de sciences de Stockholm , d'Upsa! , et de plusieurs Sociétés savantes, commandant des gardes, chevalier de l'ordre royal de Vasa , etc., à Hseberg près Skara (Suède). HUMBOLDT (le baron de), membre de l'Académie des sciences de Paris, de l'Académie de Berlin, etc. à Berlin (Prusse). JoussELiN (le comte de ) , capitaine de cavalerie, chevalier de la Légion- d'Honneur , à Versailles (Seine-et-Oise). KIRBY , membre de Ifs Société Linnéenne de Londres , recteur de Bar- ham , etc. , à Barham (Angleterre). KLUG, docteur-médecin, directeur du Muséum d'histoire naturelle de Berlin , etc. , à Berlin iPrusse). Lacordaire , naturaliste, à Paris. * Laporte (de), membre de plusieurs Sociétés savantes, à Paris. LATREILLE , membre de l'Institut, professeur au Muséum d'histoire naturelle de Paris , etc., à Paris. 'Lattre (de), peintre d'histoire naturelle , à Paris. LÉPiNE , employé à l'aJuiinistralion de l'octroi , à Paris. * Ledodx , architecte, ancien chef de bataillon , chevalier de l'ordre royal des Deux-Siciles , à Paris. * Lefebtre (Alexandre), correspondant du Muséum d'histoire natu- relle de Paris, de l'Académie Gioéniennede Catane,etc, , à Paris. *Lepeletier St.-Fargeau (le comte), membre des Académies de Mos- cou et de Dijon , de la Société d'histoire naturelle de Paris, aux Ba- tignolles (Seine). LoREY , docteur-médecin, chevalier de la Légion-d'Honneur , membre de l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Dijon , des DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIJE. 4^7 Sociélés d'histoire iialurellc de Pans, et Linnéenne de Bordeaux , à Dijon (Côte-d'Or). Lucas, employé au Laboratoire d'Entomologie du Muséum d'histoire naturelle de Paris , à Paris. * LuczoT , ingénieur en chef des ponts et chaussées, membre de la Société Polymathique du Morbihan, et de la Société de statistique universelle, à Paris. Macquart, membre de plusieurs Sociélés savantes, à Lille (Nord). Marceaux (de Saint-) , propriétaire , premier adjoint du maire, à Reims (Marne). Marchand, propriétaire, ancien adjoint du maire, à Chartres (Eure- et-Loire). Margarot , à Nîmes (Gard). Mathieu, docteur-médecin, Oiléans Loiret). *MAXiitfY(de), étudiant en médecine à Paris. Meissokier , homme de lettres , à Hyères (Var). Melly, négociant, à Manchester (Angleterre). Merck, propriétaire, membre de la Société Linnéenne du déparlement du Rhône, etc., à Lyon (Rhône). Meujvier , peintre du Muséum d'histoire naturelle, à Paris. * MiLNE Edwards , professeur de zoologie à l'Ecole centrale des arts et manufactures , etc. , à Paris. MuLSANT , propriétaire, à Lyon (Rhône). Nodier (Charles), bibliothécaire de l'Arsenal, chevalier de la Légion- d'Honneur, à Paris, Orbigny (Dessalines d'), membre de plusieuis Sociélés savantes à Paris. * PoEY , avocat à la Cour royale , à Paris. * Radiot , employé à l'administration des postes, à Paris. * Rameur, docteur-médecin, à Paris. *Reiche, ancien officier de santé , bachelier es-lettres, à Paris. RippERT , propriétaire, commandant de la garde nationale, à Baugency (Loiret). Robert, membre de la Société des sciences naturelles de Liège, à Chênée ès-Liège 'Belgique^\ RoBYNS , à Bruxelles (Belgique). Roger, négociant, à Bordeaux (Gironde). * Romand (de), chevalier de la Légion-d'Honneur, à Tours (Loire). Saporta (le comte de ; , à Aix (Bouches-du-Rhône.) 3AYIGNY, membre de rinslilul , à Versailles (Seiuc-cl-Oise). 438 ANNALES ScHÔNHERR , conseiller de commerce, chevalier de l'Etoile polaire, à Skarra et Spanesater (Suède). ScHUERMANN , à BruxelIes (Belgique). SiLBERMANN , Evocat , à Slrasbourg (Bas-Rhin). * Theis (de), attaché au Ministère des affaires étrangères, membre de la Société des sciences et arts de Saint-Quentin , à Paris. Traignaux (du), inspecteur de l'octroi de Paris, à Paris. * Vattier , capitaine-adjudant-major au 25'' de ligne, chevalier de la Légien-d'Honneur , à Paris. *ViARD, négociant, à Paris. * ViLLARET ( Foulques de ) , capitaine d'infanterie, chevalier de laLé- gion-d'Honneur et de l'ordre Royal Espagnol de Charles III , à Paris. V11.LIERS ( de ) , capitaine d'infanterie, membre correspondant de la Société Linnéenne de Paris , Chartres (Eure-et-Loire). * Walckenaer (baron de), membre de l'Institut, etc., à Paris. Walker , membre de la Société Linnéenne de Londres, à Londres (An- gleterre). Yow (Saint-) , colonel au corps royal d'élat-major, officier de la Lé- gion-d'Honneur, chef de statistique au bureau de la guerre , etc. , à Paris. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 4^9 ERRATA ET ADDENDA DU PREMIER VOLCBIE DES ANNALES. PREMIER TRIMESTRE. Liste des membres de la Société. Page i4 •* M. Aube, ôtez membre de la société d'histoire naturelle de Paris. Page i4 : M. Baudet-Lafarge, «w /iea Je Mareille , Usez Maringues. Page i4 î M. Ledoux, ajoutez ancien chef de bataillon , membre de Tordre royal des Deux-Siciles. Page i4 î M. Luczot , après ingénieur, ajoutez en chef. Page i5 : Villaret (Foulques de) , au lieu de Charles IV, lisez Charles III. Discours prononcé à V ouverture de la première séance de la Société y par M. Latreillk. Page 3i , lig. 1 1 : Il ne , lisez Elle ne. Mémoire sur le G. Gorytes , par M. le comte Lepeletier DE SaINT-FaRGEAU. Page 07, ligne 19, après le mot pattes, ajoutez jaunes. Caractère distinctif entre quelques Satyres Européens de la section des Leucomélaniens , par M. A. Lefebvre. Page 80 , ligne 2 , au lieu de Lefevre , lisez Lefebvre. Page 81, Hgne 3i, après annuellement, ajoutez comnîe 44o ANNALES par exemple les Pier. Ergane, Beleniida , Arg, Merope^ Chlorodippe , daodoxa ^ etc., etc., et après et ^ ajoutez celles qui. Page 84 , ligne 20, après pour ce qui est du dessin, ajoutez nécessaire à connaître à l'égard du sujet qui nous occupe. Satjrus d'Arcet. Au moment où s'imprime ce quatrième Numéro , vient de paraître et d'arriver h Paris la troisième décade des Symbole pHYSic.E d'Emprich et Ehrekberg , dans laquelle se trouve , planche XXIX, fig. i5, 16, 17, 18, représenté , (/ et Ç, des- sus et dessous, le Satyras d Arcei. Dans la figure qu'on en donne , le trait carc^ictéristique de Ja cellule discoïdale des ailes antérieures est, dans le c/*, lé- gèrement courbe et vient aboutir sur la deuxième ner^ule inférieure ^ et dans la Ç est au contraire très-brisé , mais abou- tit également sur la même nervule. Peut-être ce caractère de la cellule discoïdale , auquel on n'avait pas encore attaché une importance plus grande qu'aux autres dessins, n'est-il pas sur la planche représenté avec une rigoureuse exactitude , tandis que je puis certifier de celle ex- trême du dessin que j'en ai fait moi-même, et dont j'ai dirigé la gravure. Mais si le dessin de ce caractère, dans l'ouvrage pré- cité , est exact, j'ai alors tout lieu de croire que ce Satyre est bien une espèce distincte dont je ne posséderais qu'une variété. Mais au lieu de le rapprocher du Sat. Galathea (avec lequel il n'a pas le moindre rapport) , comme le fait l'auteur prus- sien , je le placerais immédiatement après le Sat, Larissa , duquel il différerait tant par la position du trait caractéris- tique que par les autres différences qui lui sont propres , et que j'ai signalées dans la description que j'en donne. Je crois faire plaisir de transcrire ici la desv^ription latine que l'auteur allemand fait de ce Satyre. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 441 5. Hipparchia Titeo. Tab. XXIX. Fk. i5adi8. ■Ï3' H. ail s dentatis , anticis alho-nigroque variis , posticls suprà alhis ^ basi ^ margineque nigris , suhtiis alhis ^ linea transwersa duplici undata média f as cia que antemarginali ocelligera nigricantibus {mas. fem. ). Habitat in Syria. yiffinis H. Galatbeae. Corpus nigrum , suprà nigro , subtus albo- pubescens , collare utrinque thoracisque lateribus atbo—vlllosis. Antennœ apice rufescentes. u4lœ , albœ , albo nigro que ciliatœ , anticœ subdentatœ , suprà basi et ad marginem latœ nigrœ ^fascia occllaia antemar^nali obsoleta , subtus linea média transi^ersa undata duplici et f as ci a ocelligera dentata , medio sub-interrupla, antemarginali nigricantibus., ocellis sex magnis nigris , pupilla alba simplici , iridc aut alba autflai'escente , ocellis ullimis duo- bus , plerumque minoribus et approximatis. Femina ocellis majoribus prœsertim in pagina inferiori alarum pos- ticarum gaudet. Obsejvation sur le crin des Lépidoptères de la tribu des Crépusculaires et des Nocturnes , par M. Poey. 95-200. Glancopide, lisez Glauopide. Yponomente, lisez Yponomeule. Notice sur un Jious^eau genre de Vorclre des Homopieres , par M. Laporte. Genre Heteronoius. Depuis ri#3pression de notre notice sur ce genre , nous avons recueilli les observations suivantes. 1°, Le Membracis Nodosa (Germar) , Magas. Eotom. doit être rapporté à ce genre. ii". Le Centrotus Furcalus (Gray) , (Animal Kingson. ) , 44a ANNALES pi. 109, ï. I, est un Hetoronotus y et doit, je crois, être rapporté à mon Inermis, Cet insecte est aussi figuré dans le même ouvrage sous le nom générique de Fulgore. Monographie d^un genre noui^eau dans la famille des Cur- culionites , par M. Chevrolat. Pages 1 00 , 102, 1 o4 , 1 o5 , 1 06 , 107 et 108, mettre Oli - docéphale et Otidocephalus au lieu de Otiocéphale et Otioce- phalus. Page 102 , ligne 17 : elytram , lisez elytrum. Page io3, ligne 5 : cineris , lisez cinereis. Page io4, ligne 8 : picies , lisez piceis. — — ligne 18 : nigeo nitidus, lisez nigro-nitidns. Page 106, ligne 17 : humera elevata, lisez humeri elevali. (Page 102.) Loncopliorus Humeralis. Klug. Chev. Piloso-'albidus , thorace aurato lateribus , macula laterali , obliqua fusca l'n elftris , his apice fucescenùbus ^ rostro oculisque ni gris , femoribus valdè calcaratis ^ tibisque anticis in ex Iremd parte un— cinatis. Sindllimus Loncop . oblique nobis , sed differt colore albidiore^ rostro nigro, oculis globosis y thorace brei'iore ^ latescente medio et ro— tundato , linea alba ampliata , et prœsertim scapuUs angulosissimis atque recurvis. E Museo Regio BcroUnensi mihi misit sub hoc nomine ccleberrimus Klug. (o^) Long. ° 1 1 miHi. rostri 9 lat. ° hum. 5 m. 1/I Insula Cuba. Trompe cylindracée, grêle, un peu arquée, noire, cou- verte d'un duvet blanchâtre, sillonnée légèrement de la base au milieu. Tête arrondie, blanche, ayant un point enfoncé DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGÎQUE. 443 sur le front. Yeux noirs , plus globuleux que dans le Loncop. Obliquus. Corseletrétréci en avant, court, élargi près du mi- lieu , tronqué d'une manière un peu sinueuse à sa base , cou- vert d'un duvet d'un jaune doré, avec une ligne blanche large su r le dos , étroite par la tête. Ecusson élevé , allongé , arrondi en arrière , blanc. Elytres sillonnées , blanches , marquées latéralement d'une tache oblique brune, extrémité jaunâtre , épaules très-aiguës sur le côté et arquées. Pattes et dessous du corps d'une couleur fauve , sommet intérieur de chaque cuisse armé d'une dent large et pointue , extrémité des jambes de devant munies d'un onglet recourbé , postérieures tron- quées un peu angulairement. Bulletin Entomologique. Page 1 i2 , ligne 28 : le bey d'Angola , lisez le pays d'An- gola. Page 116, ligne 22 : le docteur Boisduval , lisez MM. Bois- duval, Piambur et Graslin. DEUXIEME TRIMESTRE. Nouvelle classification des Longicornes , par' M. Audinet- Serville. Page 188, ligne 20 : caniculée , lisez canaliculée. (Page 107. ) Genre Macrotoma. Le nom de Macrotoma ayant été donné par M. Serville h un genre de Prioniens , je suis obligé de rappeler que j'avais , six mois auparavant, appliqué la même dénomination à un genre de Diptères ( Annales des Sciences naturelles , mois 444 ANNALES d*avril i852 ). Le genre de M. Serville doit donc changer de dénomination (i). A. DE Laporte. Mémoire sur un nouveau genre de Diptères de la famille des Tipulaires , par M. Brullé. Page 206, avant-dernière ligne, au lieu de Ctenophore , lisez Ctenophor.ne. Page 309 , ligne 4 * Claudius , lisez Cladias. Page 5 10, ligne 25 : de dix enveloppes, lisez de six en- veloppes. Monographie de deux genres Jiouweaux dans la famille des Cujxulionites y par M, Crew^olat. Page 212, ligne 2 : fondé , lisez porté. — — — 20 : triarticulis , lisez 3bus articulis ou tri- artîculis. Page 2i3, ligne 5 : gutturomsu , lisez gutturosum. — — — 7 : scrobs hens ,' lisez scrobs brevis. Page 210 , ligne 7 : les trois, quatre, cinq, six, lisez les 3-4 , 3-6 , 7 et 8. Page 216, ligne 1 2 : pune , lisez pone. — 217, ligne 8 : bisinunatus, lisez bisinuatus. — -f- — 9 : ex-surgens , lisez exsurgens. — — — 19 : tumentis, lisez truncatis. — — — 25 : unguculis, lisez unguîculus. (i) Il y a trois ans environ que le nom de Macrotoma a été donné, par M. le comte Dejean, à une coupe faite par iui dans les Prioniens,et adopté alors par les Entomologistes. Depuis, ce nom a été seulement conservé par M. Audinel-Serviile dans sa Monographie des Prioniens, lue à la séance du 19 février i832 de la Société Entomologique, et publié dans Je i"^'' volume de ses Annales, pag. 118. Alex. Lefebvre. DK LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 445 Page 217 , ligne 4 : un peu pointus , Usez un peu renflés. — 219, ligne 6 : le titre de la planche 5 , fîg. 2 a, doit venir après la description de la var. B. Page 220, ligne 9 : M. Germas, Usez Germar. (Page 108.) Oiidocephcdus, Rlug. Chev. Idem Myrmecodes. Kl. Ater^ cum pectore linea alba marginato. Rostrum brei^e , suprà ca-* rinalum , punctatum atque rugatum utrinque. Caput rotondatum , dioracis dimentionc ; fronle fovealo. Oculi albicdnles. Thorax cr~ Undricus , bêisi vix aUenuatus , nonnUùl punclatus , le\^is medio. ScuteUum cinereum , triangulare. Elylra thorace basi duplo la- tiora , hiimero rotunda , apice o^ata ; singidacum decem striis lei>ibiis piinctatis , duabus marginalibus profundis. Pcdes pilosi , fcmoribus intus tenuiter dentalis , tibiis œqualibus longitudinc , sub-i'eciis , apice oblique truncatis. Jnfer Otidoccphalem Pilosum et Americanum collocavi. Ex museo Latrcille ^ a Klug. missus. Habitat Long. "" 4 mill. , rostri. 1 m. Latit. ° 2 mil!. me. D'un noir assez luisant, à peine cou\ert de quelques poil noirs. Ecusson et une ligne blancs au côté de la poiti Trompe en tarrière, inclinée, droite, courte, très -carénée en dessus, ponctuée pressa base et rugueuse latéralement. Tète arrondie, ayant un enfoncement profond entre les yeux; ceux-ci obliques , un peu rapprochés vers le haut , blancs , noirs au centre. Corselet cylindrique^ élevé en avant , couvert de quelques gros points épars aux extrémités, lisse au milieu et en dessus , faiblement atténué en arrière et tronqué. Ecus- son petit. Elytres du double en longueur du corselet à sa parlie postérieure; épaules arrondies sur le côlé , ovalâires et élevées vers leur sommet , marquées chacune de dix stries lé«-ères 446 ANNALES Ibrmées de points rapprochés , les deux marginales profondes. Pattes d'une longueur moyenne , couvertes de poils blancs ; cuisses légèrement uni-épineuses en dedans , jambes de gros- seur inégale , droites , tronquées obliquement au sommet. Bulletin Entomologique, Page '2 55 , ligne 28 : Megasoma Repanda , lisez Repandum. Page 241 j ligne 7 : Caïenne , lisez Cayenne. Page 243 , ligne 8 : par le docteur Boisduval , //5e 3 par MM. Boisduval, Rambur et Graslin. TROISIEME TRIMESTRE. Lettres des membres honoraires. Page 245 , première ligne, après le mot Lettres, Usez de MM. les membres honoraires. Catalogue des Lépidoptères de Vile de Cuba, par M. Ra.mbur. Page 102, ligne 1 5 : Elychrisium , lisez Elychrysum. — 205, — 20 : Argus, lisez Egon. — 206, — 7 : Elychrysium, /iVez Elychrysum. — 264, — 22 : roussâtre, ZiVez roussâtres. — 270, — 5î : ii\e , lisez elle. — 279, — i4 ' Acronicia, lisez Acronicta. — 282, — 12 : brunâtre, Z/^e^ brunâtres. Sur les transformations du Cladlus DijJ'ormis , par M. Au- guste Brullé. Page 3o8, ligne i4 : espère, Usez espèce. Bulletin Entomologique. Page 011, ligne 2 : par l'auteur, lisez par l'éditeur. DE LÀ SOCIÉTÉ ENÎOMOLOGIQUE, 447 Notice nécrologique sur M. Cuvier, Page 317, ligne i3 : lu à cette société , lisez lue. Page 329, ligne 25 : qui depuis long-temps occupait cette chaire, lisez qui depuis peu de tenips occupait cette chaire nouvellement créée. Page 33o, ligne 20 : i3 mars, Usez i3 mai. Bulletin Entomologique. Page 334, ligne 5, après Rambur ajoutez Graslin. Page 3i2 : Pnytonomus, Z«e^ Rhytononlus Murinus. QUATRIÈME TRIMESTRE. Notice sur le Bombyx Repanda Hiïhner , par M. le baron Feisthamel. Page 34 1 , ligne dernière : l'ide de Léon , lisez l'île de Léon , Page 345, ligne 2 1 : Lisertatis , lisez biseriatis. Page 346, ligne 27 : tâches, lisez t?ches. Page 347, ligne i4 ' Repanda , lisez Repandum. Notice sur V Entomologie de la Guyane française , /^c/; M. Lacordaire. Page 349, ligne 28 : est aussi ^ lisez et aussi. Page 556, ligne 20 : sur les bouses , lisez sous les bouses' Page 362 , ligne 3 : Nemogatha , lisez Nemognatha. Page 364, ligne 1 : longiminanus , lisez longimanus. Page 364, ligne 5 : de ces plus, lisez des plus. L 3d 448 ANNALES Observations sur Vouvrage intitulé BoMBi ScandiNAVî/E Mo- NOGRAPHick TRACTATi , ctc. , par M. le comte Lepeletier DE SaIKT-FaRGEAU. Page 575, ligne 21 : dénuées, lisez dénué. Page 378, ligne 16 : Metaleucus , lisez Melaleucus. Mémoire sur cinquante espèces nouvelles ou peu connues d'Insectes , par M. de Laporte. Page 592 , ligne 3 : biloLû , lisez bilobis. Page 411 » ligne 2 5 : condiforme. Usez cordiforme. Observations de M. le D' Boisduval sur un mémoire de M. Zinhen-Sommer. Page 418, ligne 10 : Fiiplœa, lisez Euplœa. Notice sur un accouplement de deux Zygcnes d'espc'ces différentes^ observé par M. de Villiers. Page 422, ligne 19 : il il'y avait , lisez il n'y en avait. Bulletin Entomologique, Page 425, ligne 12 : à la fin de 1825, lisez à la fin de juin 1825. Page 432 , ligne 22 : Thysanoures. Extrait et , lisez Thy- sanoures , extraits et. Page 453, ligne 1 : Turquie. Extraits et, lisez Turquie, extraits et. Page 433 , ligne 2 , après linnéenne , ajoutez de Paris, Errata et Addenda. Page 44 1 ? ligne 20 : Glauopide , lisez Glaucopide. Page 442 , ligne 1 : Hetoronotus , lisez Heteronotus. ■— — — 12. : nigro-nitidns , /zVe^ nigro-nitidus. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 449 Page 445 , ligne 5 : Olidocephaliis Rlug. Ghev., lisez Oti- doceplialus Klug. Ghev. PLANCHES. PL VIII, fig. 10 : Chenille de l'UropuS;, lisez de l'Uropus Ulmi. PI. IX, fîg. 1 : Lencania Riparia , Zi5e^ Leucania Riparia. PI, IX, fîg. 7 : Rematus Latierus , lisez Nematus Laticrus. FIN DU PREMIER VOLUME. TABLE DES MATIERES Avis à MM. les membres de la Société. Page ^3i. Bibliographie Entomologique. ii5, 242 , 333 , 4^0. Bulletin Entomologique. 109, 23i , 3ii , 4^3. Caractère distinctif entre quelques Satyres Européens de lu section des Leucomélaniens , par M. Alex. Lefebvre. 80, 44^* Catalogue des Lépidoptères de Vile de Corse , avec la description et la figure des espèces inédites, par M. Rambur. 245. Communications faites à la Société, m , 23 1 , 233 , 234? 236 , 3ii , 3i4, 4^3 , 4^4» 4^^- Composition du bureau de la Société 16. Description d'un Tetralohus nouveau, par M. Gory. 220. Description d'un nouveau genre de Crustacé Macroure, formant le passage entre lesPaguriens et lesTbalassinites, par M. Guérin. 2g5. Discours prononcé , le 29 février 2832, à l'ouverture de la première séance de la Société Entomologique , par M. Latreille , son prési- dent honoraire. 22. Errata et Addenda du premier volume des Annales. 439- Lectures faites à la Société. 110, m , 112, 233, 234, ^^^i ^^7» 238, 239, 4^3, 426, 427? 428. Lettres d'acceptation des Membres Honoraires. 17, 18, 19, 20, 21 ^ 117, 245 , 335. Membres de la Société Entomologique de France. 434- Membres fondateurs de la Société. 12. Membres honoraires. i5. Membres reçus. 233 , 234 , 235 , 240 ^ 3i3, 3i5 , 4^4 j 4^7^ 4^8, 452 TABLE DES MATIÈRES. Mémoire sur le genre Gorytcs (Arpactus Jur. ) , par M. le comte Lepeletier de Saf nt-Fargeau . 52. Mémoire sur un genre nouveau de Diptères , de la famille des 7V- pulaires , par M. Auguste BruUé. 2o5. Mémoire sur quelques nouveaux genres de Tordre des Homoptères , par M. F. de Laporte. 221. Mémoire sur quatre nouvelles espèces de Tenthredines , par M. Foul- ques de Villaret. 3o3. Mémoire sur cinquante espèces nouvelles ou peu connues d'Insectes , par M. F. de Laporte. 386. Monographie d'un genre nouveau dans la famille des Curculioniles ^ par M. A. Chevrolat. 98, 442. Monographie de deux genres nouveaux dans la famille des Curcic- honites , par M. A. Chevrolat, 211, 445, 44^* Nécrologie. 1 13 , 241 , Si^ , 332. Note sur un nouveau genre de Crustacé de Tordre des Stoinapodes ^ par M. H. Milne-Edwards. 356. Notice sur un nouveau genre de Tordre des Homoptères , par M. de Xaporte. gS , 44'- Notice sur une espèce de Tineite [Tinea Decuriella. Hûbn.), dont la chenille vit et se métamorphose dans la résine du Pin Sylvestre ( Pinus Sylvestris ) , par M. Duponchel. 3go. Notice sur George Cuvier , membre honoraire de la Société Ento- mologique de France , lue à cette Société par M. Victor Audouin ^ vice-président. 317. Notice sur TEntomologie de la Guyane française , par M. Th. La- cordaire. 848. Notice sur le Bombyx Repanda (Hiibner), appartenant au genre Megasoma (Boisd. ), par M. le baron Feisthamel. 34o. Notice sur un accouplement de deux Zygènes d'espèces différentes . observé par M. de Villiers. 4^1» Nouvelle classification de la famille des Longicornes , par M. Au»- dinet-Serville. 118. TABLE DES MATIERES. 453 Observations sur le crin des Lépidoptères de la tribu des Crépuscu- laires et des Nocturnes , par M. Poëy. 91 . Observations sur le Bombyx Pityocampa de Godart ( genre Castro- pacha d'Ochs) , par M. de Villiers. 201. Observations sur V Ecaille Pudique de Godart (genre Eyprepia d'Ochs), par M. de YiUiers. 2o3. Observations sur l'ouvrage mùixAè Bomhi Scandina^iœ^ etc., a Gust. Dahlhom , etc. , par M. le comte Lepeletier de Saint-Fargeau. 366. Observations de M. le docteur Boisduval sur un Mémoire de M. Zin- ken-Sommer. 4*6. Ouvrages' offerts à la Société, 281 , 233, 2 34, ^36, 3ii , 3i3, 3i4, 4îi3,4245 427,428, 4-32. Quelques observations sur la manière de travailler en histoire natu- relle , et en particulier sur les Monographies , par M. Godet. 34. Règlement de la Société. 3. Séance de la Société du 3i janvier. 109. 7 février. 109. '. i4 février. 109. 29 février. 110. 7 mars. m. 4 avril. 23i. , 18 avril. 233. 2 mai. 234. i3 juin. 236. 4 j^^l^^*^- 3ïi« 1" aoLÎt. 3i3. 5 septembre. 3i3. i3 octobre. 4^3. , 7 novembre. 4^4- 2ï novembre. 427- 5 décembre. 4-^7- 19 décembre. 428, 454 TABLE DES MATIÈRES. Sur les transformations du Cladiiis Difformis , Hymenoplère de la famille des Tenthredines , par M. Aug. Brullé. 3o8. Tableau indicatif des jours de séance. 2. Trois espèces de Coléoptères nouveaux , par M. Gory. 383. Voyages et nouvelles diverses. 112, 241 , 3i5 , 429- Nota. La tal)le des Genres et des Espèces contenues dans ce vo- lume n'étant pas terminée , sera envoyée séparément avec la pro- chaine livraison. FIN DE LA TABLE DES MAÏlEllEï TABLE ALPHABETIQUE DES DU PREMIER VOLUME. TABLE ALPHABÉTIQUE DES GENRES ET ESPÈCES DU PREMIER VOLUME. (183^.) *^^*'°°? Nota. Les geures font en Noms des genres Noms de» ordres Auteurs gros caractère et les espèce» auxquels les espèces appar- auxquels les genres Pages. en petit caractère. tiennent. appartiennent. qui eu parlent. 227 ACANTHICUS. Hémiptères. De Laporte. ACANTOPHORUS. Coléoptères. Serville. 126 ^GOSOMA. Col. Serv. 127 AGACEPHALA. Col. De Laporte. 404 ALLOCKRUS. Col. Serv. 129 AMPHION. Crustacés. Milne Edwards. 33H ANACANTHEUS. Col. Serv. 127 ANACOLUS. Col. Serv. i3o ANCISTROTUS. Col. Serv. 124 ANOXIA. Col. De Lap. 407 ANTHIPNA. Col. De Lap. 411 ARPACÏUS. Hyménoptères. St. Fargeau. 52 ATYPA. Hém. De Lap. 225 AULACOPUS. Col. Serv. 125 Abdomiiialis. Cï ÎROCTENUS. Col. Serv. 19: Acaciae. M EGASOMA. Lép. Feisthamel. 347 Acanthopus. Cl rENOSCELIS. Col. Serv. i35 Adscendeiis. R^ ^PHIRHINUS. Hém. De Lap. 4r4 iEstivaiis. PS ITHYRUS. Hym. St.-Far. 378 Affine. JE GOSOMA. Col. Serv. 163 Affinis. AI IPACTUS. Hym. St.-Far. 79 Afiicana. Aï ^OXIA. Col. De Lap. 408 Albidulus. H( )PLISUS. Hym. St.-Far. 65 Albilabris. El JSPONGUS. Hym. St.-Far. 70 Americana. T^ lGENIA. Col. De Lap. 4" Americanus. Ol lOCEPHALUS. Col. Chevrolat. io5 Amnicola. LE UCANIA. Lép. Rambur. 288 Angulatus. P^ RODES. f:oL Serv. 187 Anlhraciformis. SE SIA. Lép. Rarab. ,66 Arenarius. GC )RYTES. Hyménoptères. St.-Far. 60 Arenarius. PS ITHYRUS. Hym. St.- Fargeau. 376 Arge. SATYRTJS. Lép. Lef. 88 Aristeus. SATYRUS. Lép. Rambur. 2C2 Armatus. BASITOXUS, Col. Serv. 175 Armatus. PAN AG EUS. Col. De Lap. 391 Armatus. HETERONOTUS. Hém. De Lap. 97 458 TABLE ALPHABÉTIQUE Nota. Les genres sont eu ros caractère et les espèces en petit caractère. Armiliatui. Asphodeli. Ater. Ater. Ater. Atropos. Australis. BASITOXUS. BOCYDIUM. BOMBUS. BOMBYX. BOMBYX. BRADYBiENUS. BUPRESTIS. Badium. Barbatum. Barbatus. Barbutellus. Bellus. Bicinctus. Bifasciata. Bifascialus. Bisigoata. Brasiliensis. Brevicollis. Buphlhalrnus. Biiprestoides. CALLIPOGON. CALOCOMUS. CAMPTODONTUS. CANTHAROCNEMIS. CARABUS. CARADRINA. CASNONIA. CATASCOPUS. CEROCTENUS. CENTROTUS. CHARIEA. CICADA. CLADIUS. CLAVIPALPUS. CLIDICUS. CLOSTERUS. COELODON. COLPODERUS. GTENOPHORA. Noms des genres auxquels les espèces appar- tiennent. ENOPLOCERUS. POLI A. DERCYLUS. ENICOTARSUS. CTENOSCELIS. SATYRUS. XYLESA. ORTHOSOMA. CALLIPOGON. PRIONUS. PSITHYRUS. PSITHYRUS. LESTIPHORUS, LITHOSIA. PYRODES. CYMINDOFDEA. HYLEC^TUS. DEROBRACHUS. PRIONUS. SPONDYLIS. Noms de? ordres auxquels les genres appartiennent. Auteurs qui eu parlent. Coléoptères. Serville. Lépidoptères. Rambur. Col. De Lap. Col. De Lap. Col. Serv. Lép. Lefebvre. Lép. Ramb. Col. Serv. Hém. De Lap. Hym. St.-Far. Lép. De Villiers. Lép. Feist. Col. De Lap. Col. Gory. Col. Serv. Col. Serv. Col. Serv. Hym. St.-Far. Hym. St.-Far. Hym. St.-Far. Lép. Ramb. Col. Serv. Col. De Lap. Col. De Lap. Col. Serv. Col. Serv. Col. Serv. Col. Serv. Col. Serv. Col. De Lap. Col. Serv. Col. De Lap. Lépidoptères. Ramb. Col. De Lap. Col. De Lap. Col. Serv. Hém. De Lap. Col. Serv. Hém. De Lap. Hyménoptères. Brullé. Col. De Lap. Col. De Lap. Col. Serv. Col. Serv. Col. Serv. Diptères. Brullé. DES GENRES ET ESPECES. 459 g Nota. Les genres sont en Noms des genres Noms des ordres Auteur» 1 gros caracière et les espèce g auxquels les espèce» appar auxquels les genre > rage». p CD petit caractère. tiennent. appariienneul. qui en parlent. 1 CTENOSCELIS. 'j Coléoptères. Serville. i34 1 CYMINDOIDEA. Col. De Laporte. 390 CYPHONIA. Hémiptères. De Lap. 229 Caeruleus. PYRODES. Col. Serv. 187 Gaffer. GOLPODERUS. Gol. Serv. 179 Callidioides. MONODESMUS. Col. Serv. 161 Califoruicus. OMUS. Gol. De Lap. 387 Campestris. GORYTES. Hym. Sl.-Fargeaii. 58 Campestris. l^SITHYRUS. Hym. St.-Far. 379 Canaliculata. SOLENOPTERA. Col. Serv. 184 Carcelii. ATVTHIPNA. Gol. De Lap. 4ir Carcelii. ARPACTUS. Hym. St -Far. 78 Castanea. MAGROTOMA. Gol. Serv. i38 Cayenaensis. BRADYB^NUS. Col. De Lap. 395 Cayenoensis. PELTOIDES. Gol. De Lap. 4oi Cervicornis. MAGRODONTIA. Col. Serv. 140 Chenopodiphaga MAMESTRA. Lép. Ramb. 283 Cinctus. HOPIJSUS. Hym. St.-Far. 61 Cinereum. COELODON. Gol. Serv. 164 Cinereus. TEÏRALOBUS. Gol. Gory. 220 Ciiinamoraeus. ORTHOMEGAS. Gol. Serv. ^49 î Glavatus. CENTROTUS. Hém. De Lap. 23o ^ Claviger. CENTROTUS. HélQ. De Lap. >3o Cleanllie. SATYRUS. Lép. Lefebvre. 86 Clivinoides. CAMPTODOINTUS. Col. De Lap. 393 Glotho. SATYRUS. Lép. Lef. 85 79 Concinuus. ARPACTUS. Hym. St.-Far. Coriarius. PRIONUS. Col. Serv. I9i Gornulus. OSORIUS. Col. De Lap. 395 Gorsica. ZYGtENA. Lép. Ramb. 267 Corsica. PO LIA. Lép. Ramb. •■'79 Gorsicum. TRIGHOSOMA. Lép. Ramb. 272 Corsicus. NEGROPHORUS Col. De Lap. ■"^99 Corticinus. PRIONUS. Col. Serv. 149 Gostatiis. ANAGANTHUS. Col. Serv. 166 Crenalus, PRIONUS. Col. Serv. 140 Crislalum. MEGASOMA. Lép. Feisthamei. 347 Gucullata. GERMARIA. Hém. De Lap. 223 Gupriventris. RAPHIRHINUS. Hém. De Lap. 4r4 Cyanea. CHARIEA. Gol. Serv. ij^8 Cylindricum. ORTHOSOMA. Gol. Seiv. i56 DASYTES. Gol. De Lap. 398 DERANCISTRUS. Col. Serv. 181 DERGYLUS. Col. De Lap 39Î DEROBRACHUS Col. Serv. i54 DICRANIA. Col. De Lap. 400 46o TABLE ALPHABETIQUE Nota. Les genres sont en Noms des genres Noms des ordres Auteurs gros caractère et les espèces auxquels les espèces appar- auxquels les genres Page». en petit caractère. lieunent. appartiennent. qui en parlent. Dalhii. SPHINX. Lépidoptères. Rambur. 266 DamicornJs. SÏENODONTES. Coiroplères. Serville. 174 D'Arcet. SATYRUS. Lép. Lefebvre. 89 Decuriella. TINEA. Lép. Diiponchel. 3oo Dejeanii. CLAVIPALPUS. CoL De Laporte. 4o6 Depsarium. TRAGOSO.WA. Col. Serv, 160 Desmarestii. CALOCOMÛS. Col. Serv. 195 Desmarestii. ACANTHICUS Hémiptères. De Lap. 228 Ditformis. CLADIUS. Hyménoptères. BruUé. 3o8 Dilalicoruis. ALLOCERUS. Col. Gory. 384 Duponti. AGACEPHALA. Col. De Lap. 404 ECAILLE. Lép. De Yilliers. 203 ELATER. Col. Gor. 385 ENICOTARSUS. Col. De Lap. 402 ENOPLOCERUS. Col. Serv. 146 ERETES. Col. De Lap. 397 ERGATES. Col. Seiv. 143 EUMICRl^S. Col. De Lap. 395 EUSPONGLS. Hym. St.-Fargeau. «6 EYPREPIA. Lép. De Vill. 2o3 Elegans. DERANCISTRUS. Col. • Serv. 182 Elegaus. ARPACTUS. Hym. St. -Far. 79 Elongala. ISEA. Crustacés. Guériu. 3oo Exserliis. PRIONUS. Col. Serv. 174 Faber. PRIONUS. Col. Serv. i44 Filipendulae. ZYG^NA. Lép. De Vill. 422 Flabellicornis. CLOSTERITS. Col. Serv. 194 Flavipennis. OTIOCEPHALUS. Col. Chevrolat. 106 Flavipeuiiis. PRIONAPTERUS. Col. Serv. 201 Flavolinealus. HETERO NOTUS. Hém. De Lap. 9^ Flavo maculatus. CURCULIO. Col. Chev. 2 19 Flavo-scutellata. DU'RANIA. Col. De Lap. 408 Formica rius. OTIOCEPHALUS. Col. Chev. 108 Formosa, SILPHA. Col. De Lap. 400 Formosus. ARPACTUS. Hym. St.-Far. 75 Frutelorum, PSITHYRUS. Hym. Si. -Far. 381.2 Fusca. GICADA. Hém. De Lap. 4i5 Fuscicornis. CARADRINA. Lép. Ramb. 286 Fusrus. HETERONOTUS. Hém. De Lap. 98 GASTROPACHA. Lép. De Vill. 20ï GEKMARIA. Héro^ De Lap. 22a GORYTES. Hyrn. St.-Far. 02 Galalhea. SATYRUS. Lépidoptères. Lefebvre. 85 Galaxera. S AT Y RUS. Lép. Lef. S5 Galeua. SATYRUS. Lép. Lef. 85 Gibba. ATYPA. Hémiptères. De Lap. 225 DES GENRES ET ESPECES. 46i 1 ^= Nota. Les genres sont en Noms des genres Noms des ordres Auteur» Page». gros caractère et les eupèces auxquels les espèce» appar auxquels les genres en petit caractéie. lieuneiit. appartiennent. qui en parlent. Giganteus. TITANUS, Coléoptères, Serville. i34 Globularis. CENTROTUS. Hémiptères. De Laporte. 229 Goryi. AGAGEPHàLA. Col. De Lap. 4o5 Grandis. CLIDIGUS. Col. De Lap. 397 Griseus, ERETES. Col. De Lap. 397 HÊSPERIA. Lépidoptères. Rambur. 265 HETERONOTUS. Hém. De Lap. 95 HOPLIDERES. Col. Serv. i4: HOPLISUS. Hyménoptères. St.-Fargeau. 61 HOPLOSCELIS. CoL Serv. 169 HYLEC^TUS. Col. De Lap. 398 Hamaticollis. ANCISTROTUS. Col. Serv. 137 Hamatiferus. CALOCOMUS. Col. Serv. 195 Ht'lwigii. EUMICRUS. Col. De Lap. 396 Herta. SATYRÛS. Lép. Lefebvre. 86 Hierta. SAÏYRUS. Lép. Lef. 86 Hirtipes. DICRA]SIA. CoK De Lap. 409 Hutneralis. LONCOPHORUS. Col. Chevrolat. 44a ISEA. Crustacés. Guérin. 295 Ichnusa. VANESSA. Lép. Ramb. 260 Imbricornis. PRIONUS. Col. Serv. 192 Inermis. HETERONOTUS. Hém. De Lap. 97 Inès. SATYRUS. Lép. Lef. 88 Inops. PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 38o Interruptus. PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 38i Klugii. OTIDOCEPHALUS. Col. Chev. 445^ LANGURIA. Col. De Lap. 4X2 LEPTOTRACHELUS Col. De Lap. 389 LESTIPHORUS. Hym. St.-Far. 70 LEUCAINIA. Lép. Ramb. 288 LITHOSIA. Lép. Ramb. 270 LONCOPHORUS. Col. Chev. 2l5 Lachesis. SATYRUS. Lép. Lef. 85 Lacordairei. POLYOZA. Col. Serv. 167 Lacordairii. HOPLISUS. Hyra. St.-Far. 64 Lsevis. ARPACTUS. Hym. St..Far. 74 Larissa. SATYRUS, Lép. Lef. 86.9 Lateralis. THYRSIA. Col. Serv. 180 Lalicinctus. EUSPONGUS. Hym. St.-Far. . 66 Laticrus. NEMATUS. Hym. De Villaret. 3o7 Lalipes. NEMATUS. Hvm, De Vill. 3o6 Lepida. BUPRESTIS. Col Gory. _383 Lépidoptères. (CRIN DES). Crépusc. Nocture Poey. 91 Leuoaspis. MALLASPIS. Col. Serv. 189 Leucornelas. SATYRUS. Lép. Lef. 85 LeucoprocUis. PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 379 . 462 TABLE ALPHABETIQUE Nota. Les genres sont en Noms des genres Noms des ordrej Auteurs '^ gros caractère et les espèces auxqueU les espèces appar- auxquels les genre» Pages. eu petit caractère. tienuent. appartienneot. qui en parlent. 4i2 Lineala. LANGIIRIA. Coléoptères. De Laporte. Lineafa. SOLENOPTERA. Col. Serville. i84 Longirornis. SPHEX. Hyménoptères. St.Fargeaii. 6i Lucanicerus. PRION US. Col. Serv. l42 Lucaiioides. HOPLOSCELIS. Coi. Serv. 170 Lucanoides. NOTOPHYSIS. Col. Serv. 159 Lnczoti. POIOCERA. Hém. De Lap. 222 Luczotii. CAR ABUS. Col. De Lap. 393 Liigubris. ANACOLUS. Col. Serv. 200 Luridipennis. MONOCRANIA. Col. De Lap. 410 Luzonum. PRIONUS. Col. Serv. i38 Lyssianassa. SATYRUS. Lép. Lef. 85 MACRODONTIA. Col. Serv. i39 MACROTOMA. Col. Serv. i37 MALLASPIS. Col. Serv. 188 MALLODON. Col. Serv. 176 MAMESTRA. Lép. Rarabur. 283 MEGASOxMA. Lép. Feislhamei. 340 MEGOPIS. Col. Serv. 161 MEROSCELISUS. Col. Serv. i57 METOPOCOILUS. Col. Serv. 170 MONOCRANIA. Col. De Lap 410 MONODESMUS. Col. Serv. 160 Mac-Layi. ORPHNUS. Col. De Lap, 4o5 Maculatus. ACANTHOPHORUS. Col. Serv. i53 Maculicollis. METOPOCOILUS. Col. Serv. 171 Maculi penne. PiEKILOSOMA. Col. Serv. 186 Maculipennis. CICADA. Hém. De Lap. 412 Madagascariensis. ELATER. Col. Gory. 385 Maillei. BASITOXUS. Coi. Serv. 175 Mandibularis. STENODONTES. Col. Ser. 173 Mannerbeiraii. AGACEPHALA. Col. De Lap. 404 Maquarti. PTERYGIA. Hém. De Lap. 226 Matutinalis. ANOXIA. Col. De Lap. 407 Maxillosus. MALLODON. Col. Serv. 177 Melanocerus. OXYCORYNUS. Col. Chevrolat. ai4 Melanops. OXYCORYNUS. Coi. Chev. 214 Merckii. XYLINA. Lép. Ramb. 293 Mêlai eucus. PSITHYRUS. Hym. St. -Far. 378 iMexicanus. OTIOGEPHALUS. Col. Chev. 102 Minos. ZYGOENA. Lép. De Villaret. 42a Mutica. MEGOPIS. Col. Serv. 162 Myrmecodes. OTIDOCEPHALUS. Col. Chev. 445 Mystaceus. GORYTES. Hvm. St.-Far. 57 NECROPHORUS. Col. De Lap. 399 NEMATUS. Hym. De Vili. 3o6 DES GENRES ET ESPECES. 463 Nota. Les genres sont en Noms des genres Noms des ordres Auteurs gros caractère et les espèces auxquels les espèces appar- auxquels les genres Pages. en petit caractère. tiennent. apparliennent. qui en parlent. i58 NOTOPHYSIS. Coléoptères. Serv. Niagarensis. SPHOERODERUS. Col. De La porte. 390 Nigra. PEDARIA. Col. De Lap. 4o3 INigricans. MONOCRANIA. Col. De Lap. 410 Nigricans. HETERONOTUS. Hémiptères. De Lap. 96 Nigrofasciala. XIPHURA. Diptères. Brullé. 208 Nigromaculalus. LONCOPHORUS. Col. Chevrolat. 219 Nitidus. PYRODES. Col. Serv. 187 ODACANTHA. Col. De Lap. 388 OMUS. Col. De Lap? 386 ORGYA. Lépidoptères. Rambur. 275 ORPHNUS. Col. De Lap. 4o5 ORTHOMEGAS. Col. Serv. 149 ORTHOSOMA. Col. Serv. i55 OSORIUS. CoL De Lap. 395 OTIOCEPHALUS. Col. Chev. 100 OXYCORYNUS. Col. Chev. 212 Obliqualus. RAPHIRHINUS. Hém. De Lap. 4i5 Obliqiius. LONCOPHORUS. Col. Chev. 218 Obsciirus. PRIONUS. Col. Serv. 144 Occidentalis. ANOXIA. Col. De Lap. 407 Octangularis. PLATYGNATHUS. CoL Serv. i5i Orientalis. ANOXIA. Col. De Lap. 407 Ornata. CYPHONIA. Hém. De Lap. 23o Oniatipenne. POEKiLOSOlVLi. Col. Serv. i85 Oruatum, POEKILOSOMA, Col. Serv. i85 Ori^tus. PSITHYRUS. Hyménoptères. SL-Fargeau. 3or PANAGEUS. Col. De Lap. 39r PEDARIA. Col. De Lap. 4o3 PELTOIDES. Col. De Lap. 4o£ PERÇUS. Col. De Lap. 394 PIERIS. Lép. Ramb. 25q PLATYGNATHUS. Col. Serv. i5o POEKILOSOMA. Col. Serv. 184 POIOCERA. Hém. De Lap. 221 POLIA. Lép. Ramb. 279 POLYARTHRON. Col. Serv. 189 POLYOZA. Col. Serv. 166 PRIONAPTERUS. Col. Serv. 200 PRIONUS. Col. Serv. 191 PSAMM^CIUS. Hym. S t. -Far. 72 PSITHYRUS. Hym. St-Far. 373 PTERYGIA. Hém. De'Lap. 226 PÏYCHOPTERA. Dip. Brul. 206 PYRODES. Col Serv. 186 Palmata. MACROTOMA. Col. Serv. i38 464 TABLE ALPHABETIQUE Nota. Les genres sont en Noms des genres Noms des ordres Auteurs "~" gros caractère et les espèces auxquels les espèces appar auxquels les genres Pages. en petit caractère. tiennent. appartiennent. qui en parlent. Parai lelus. PLATYGNATHUS. Coléoptères. Serville. i5i Parasita. LONCOPHORUS. Col. Chev. 2l8 Pectinicornis. POLYARTHRON. Col. Serv- 190 Peleterii. SCHIZOCERUS. Hyménoptères. De Villaret. 3o4 Pherusa. SATYRUS. Lépidoptères. Lefebvre. 88 Pilosus. OTIOCEPHALUS. Col. Chev. 104 Pityooampa. BOMBYX. Lép. De Villiers. 201 Poëy. OTIOCEPHALUS. Col. Chev. 107 Procida. SATYRUS. Lép. Lefebvre. 85 Psyché. * SATYRUS. Lép. Lef. 88 Pudica. ECAILLE. Lép. De Villi. 2o3 Puriclulatus. PSAMiM^CIUS. Hyni. St.-Fargeau. 72 Pyrenœus. PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 375 Quadratus. ENICOTARSUS. Col. De Laporle. 4o3 Quadricolor. PSITHYRUS Hym. St.-Ear. 376 4 Liiieata. SOLENOPTERA. Col. Serv. 184 4 Siguatus. CASXONIA. Col De Lap. 387 4 Signatus. CATAS<:OPUS. Col. De Lap. 392 4 Spinosa. iMACRODONTIA. Col. Serv. i4o 4 et 5 Fasciatus. HOPLISUS. Hym. St.-Far. 65 RAPHIRHINUS. Hémiptères. De Lap. 4i3 RHAPHIPODUS. Col. Serv. 168 Ramburii. PERÇUS. Col. De Lap. 3 4 Rayuaudii. AMPHION. Crustacés. Milne Edwards. 336 Repanda. BOMBYX. Lép. Feisthamel. 340 Reticulatus. AULACOPUS. Col. Serv. 145 Ripaiia. LEUCANtA. Lép. Rarabur. 288 Rossiellus. PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 38o Rtifeola. LITHOSIA. Lép. Ramb. 271 Ruficollis. ARPACTUS. Hym. St.-Far. 77 RuOpeune. POEKILOSOMA. Col. Serv. 186 Rufus. EUMICRUS. Col. De Lap. 396 Rugulosa. macrotoma. Col. Serv. 146 Rupestris. ORGYA. Lép. Ramb. 275 Rupestris. PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 375.6 SATYRUS. Lép. Lef. 80 SATYRUS Lcn. Ramb. 262 SCHIZIA. Hém. De Lap. 223 SCHIZOCERUS. Hym. De Villaret. 3o3 SESIA. Lép. Ramb. 266 SILPHA. Col. De Lap. 400 SOLENOPTERA. Col. Serv. i83 SPERCHEUS. Col. De Lap. 398 229 SPH^RONOTUS. Hém. De Lap. SPHINX. Lép. Ramb. 266 SPHOERODERUS. Col. De Lap. 390 DES GENRES ET ESPECES. 465 Nota. Les genres sont en Nom» des genres Noms des ordres Auteurs groscaiacière et le» espèces auxquels les espèces appar- auxquels les genres rages. en petit caractère. tiennent. appartiennent. qui en parlent- SPONDYLYS. Coléoptères. Serv. i3i STENODONTES. Col. Serv. 173 STERNACANTHUS. Col. Serv. 172 STICTOSOMUS. Col. Serv. i53 Sanguineui. ANACOLUS. Col. Serv. 200 Scabricorne. ^GOSOMA. Col. Serv. ifi3 Sciitellaris. MALLASPIS. Col. Serv. 189 Semicostatus. STICTOSOMUS. Col. Serv. i54 Senegaleusis. ORPHNUS. Col. De La porte. 416 Seuegalensis. PRIONUS. Col- Serv. i38 Senegalensis. PELTOroES. Col. De Lap. 40 1 Senegaleusis. SPERCHEUS. Col. De Lap. 398 Senegalensis, TILLOIDEA. Col. De Lap. 399 Sericeus. ORTHOMEGAS. Col. Serv. i5o Serrarius. ERGATES. Col. Serv. 144 Serraticornis. ACANTHOPHORUS. Col. Serv. i53 Serripes. MACROTOMA. Col. Serv. i38 Seivillei. SCHIZIA. Hémiptères. De Lap. 224 Speciosus. PYRODES. Col. Serv. 187 Spencii. ALLOCERDS. Col. Serv. 181 Spinicornis. PRIONUS. Col. Serv. 194 Spinipennis. HOPLIDERES Col. Serv. i48 Spinosus. HETERONOTUS. Hém. De Lap. 96 Splendidus. DASYTES. Col. De Lap. 398 Spondyloides. CANTHAROCNEMIS Col. Serv. l32 Stapfcylinus. PRIONAPTERUS. Col. Serv. 200 Stolii. ACANTHICUS. Hém. De Lap. 228 Sulcatus. PRIONUS. Col. Serv. i56 Sutiiralis. LEPTOTRACHELUS. Col. De Lap. 389 Suturalis. RHAPHIPODUS. Col. Serv. 169 Sylvestris, PSITHYRUS. Hyménoptères. St.-Eargeau. 377 TAGENIA. Col. De Lap. 411 TETRALOBUS. Col. Gory. 220 IHYRSIA. Col. Serv. 179 TILLOIDEA. Col. De Lap. 398 TINEA. Lépidoptères. Duponchcl. 3oo TITANUS. Col. Serv. i33 TRAGOSOMA. Col. Serv. i59 TRICHOSOMA. Lép. Rambur. 272 Tagis. PIERIS. Lép. Ramb. 259 Tarsalus. EUMICRUS. Col. De Lap. 396 Therapne. HESPERIA. Lép. Ramb. 265 Thomae. SOLENOPTERA. Col. Serv. 184 Thoracicus. EUMICRUS. Col. De Lap. 396 ïigelius. SATYRUS. Lép. Ramb. 263 Transversalis. GASNONIA. Col. De Lap. 388 466 TABLE ALPHAB. DES GENRES ET ESPÈCES. y'uta. Les genres sont en Noms des penres Noms des ordres Auteurs 1 groscaraclère et les espèces auxquels les espèces appar- auxquels les genres Pages. en petit caractère. tiennent. appartiennent. qui en parlent. Ti-ifidus. CE^TROTUS. Hém. De Laporte. 23o Tuberculalus. CTENOSCELIS. Coléoptères. ServiUe. i35 Tumidus. ARPACTUS. Hym. Sl.-Fargeau. 77 UROPUS. Lépidoptères. Rambur. 278 Ulnii. UROPUS. Lép. Ramb. 278 Undatus. STERNACANTHUS Col. Serv. 172 Unicostatus. SILPHA. Col. De Lap. 400 Unifasclata. TILLOroEA. CoK De Lap. 398 VANESSA. Lép. Ramb. 260 Varius. LOXCOPHORUS. Col. Chevrolat. 219 Varias. PSITHYRUS. Hym. St-Far. 38i Varus. NEMATUS. Hym. De Villaret. 3o6 Vasco. PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 375 Velutiua. DICRANIA. Col. De Lap. 409 Versicolor. PRIONUS. Col. Serv. i83 Vestalis. PSITHYRUS. Hym. St.-Far. 377.8 Viciuus. EUSPONGIJS. Hyménoptères. St.-Far. 68 Villaretiana. XIPHURA. Diptères. Brullé. 208 Villosa. A^OXTA. Col. De Lap. 407 Violaceus. MEROSCELISUS. Col. Serv. i58 XIPHURA. Dipt. Briillé. 206 XÏLINA. Lép. Ramb. 291 ZYG^NA. Lép. Ramb. 267 ZYG^NA. Lép. De Yilliers. 42 1 Jnn ■ de la Soc . Bntonwlo^iqiie^ Tom . I. P(U/e 02 . PI . I PDume'ml Direjrit . /i^/.ia.Ji7^i/^ÇrOTvte^ .Ui/.rtaceuj- h. Antenne du G (arnpc.rirùf.Jemc antenne dii mille d.larse anteriew de lajem . e Jambe postérieur e.Fi^.2 a aile de l'Hoplisus o cmeùi.>' h. Antenne de la fem c. antenne du mâle d tarse antérieur de la tein e /aml'e postérieure J'uf- . ' a Antenne de\Y^^s^on^^ Latieinciuj^ . fe m. b. antenne du mâle Fuj 4-a.Ade du LeshpJioms âitd/teàur. b untemie de lajem.c. antenne du miîle'.Fuj.âa Antenne du Psa minoecius Puneàdaùur. /èm. b. antenne du mâle .Fuj. Sa. Aile de l'Arpacttis Lœoi,f b Antenne de la Je m c. Antenne du mâle . htn ({,' 1,1 J\>c. E/itomo/oyi^uc . Tom . r. Fa<^e So . FI. If. p. fiuni^mJ ffrr I. '^^^V^^.Lachê.nj'. 1 a . ui. ^a ce//uù- vu en Je..^ou.: 2 Sat. CraiotAea 2 a td. ^a cellule .„ .,. !-'^^^yx^.d'Jrcet.Lef.fVar.lan:rj-ajn.A7e.rupcrieiwe de^ Saàlrc.r de cette .Cecàon + Tac/ie annulaire . /pour le^f autreo- dé^ai'l^, voir Faqe S^.J Ânn. de la Soc . Entomvh<^njue TomT.Paffe ^8. PL. III de Laporix J)ei y. Otioceptalus Me^icamut . 2 . Oùo .Filoj-us . 3. Oxio. JrmruanuJ . i ■ Otio. FlM>ipefuus. 5. Otio. Toey. 6. Otio. Formic-arius . ■j. Heteronotus Spuwsiis. ô- Het . jYu/ru-a/i.f . ç. Het. FlaPolitwaàisiû.Wcilnerrm. J.TUV. de la Joe ■ Intornoloffi^ue Tom.I.Pane 220 . J'I B^- T.Dumàul Vù-aat . 1. Tetralol3XLS.^ii^.r^Y/cr ûortf. 2. ^Jm)A\xreL .ViUa/etiana Br. s . a . antemu ^^ro^^i*. . 2. h. Te'te et p,ilf>e 2.c . Aile.2.d.Jhd'"' A'fi/o/ru>/o /'/■ /// ,- >. jtrfcWaiifir mm ^ /: /'/if,/>irfii/ />ire.i /...Picr.s /;../.:../;. \anos sa /■/.../.-^V.He.peP.a //.vv./v..' „.-/' A S^o^ na Jnn t/e. la Soc En/oniolo^if/ue ■ fome y Pa^e 2jo // Ï'/H ■ -;^ f -j^^ \kM r^^iy-jrz. ,#f?v-i u«« 4iiii* /'//i,j7!^m/ /firfu-. ^, J d . ,.« ,'n J.:.j'ou.r . Ô. lajinu-lie .^. le Ou^^uMe . a,. 6. c sia Iiifasciata.z2. Id. lUileola. ,'i/i/i.Jc la Jhci Â'/i/DfHo/iK/ti/iie . r,>,>,, / /"„,„■ L>-;w/ /\ ^.:^^ n m 5 j. I.onoania Ri parin. -, I,. \innic.>la. ,>.h>lia Coi-sica ,/ P \ spliodoli .'.( aiVU^I'llia fuscK-orni.*.- AlafllOSlra (■|u-n<.po.lif.lw,-a.// .\\ lllhl .il,r..kii . //.\\ lllia AuMralis Inn ■ /o. fome /. /h,/c 3,>o /'/^fic/ieA. ?^5^^4lPpî|afe ,^ft?3JSES3B^ ^a^e^ 2^â I ^ ; ^ /hiponcÂel et Guerin Vàuc. /^ fiume/u/ ffà-ca: . Tinea Dcninella (ffuincr) I- lVieni2/c t/,vi.r j-onjcime àar/ait ô â'. pa/^o ù^cr/eur ^roj^j-l -. antc/i/ve itf . S. />a/te poj-fêriè^tfc ù/ . A. JsOa Klono;ata ( (^rin. I A/m t/e /a Jhc . Snfomoà "ff"/^ /hf/te /. /irt/e 3o3. /'/.II. /•". /fuf/Kwu'/ /hraee^ /'ni. i:j . /,! /„ri>i- ,/o ^rr>/,V. Inn i/e ùi Joac^c Snùf/iui/eyiiifitc ■ rome / /h^e J36' /'/.. Y//. A. Amphion Reinaiidiiy/;^..y li. I. Alloceriis Dilal.corms /Ûort/.j 2 rjator Madas-asiaiM -cns(ï».3.lîiiprof.ti!* I.opida f ùo,y .j . i-% f f hn, ./,- /.: Snr /■■„/om..U,u^. Tonu- I /'„„,' 34., /'/ X7/J. Vj. iMco'asoma llopandiim m,;/-- j. 'xAvm.j'rni,-//,' :î l,i/,-r)/u- ,/// //i,i/<\t/ri'j\,tf. ^. i'/u-iii7/r f//irt\i- /il ..y ■,>>//(/<■ />///<• ,). 1,/tj/i ,/ti/ij- /mite .iii ,/i;).i\iftir ■ />'. ( i'y/ii' -. ('/i/i/sd/DÙ- ■ v 1^ ^^7r. WX iK SMITHSONIAN INSTITUTION UBRARIES 3 9088 00843 4052 V/'.ï^ W k irr *^:. .m •*>!^4,.->%. 'f^_ ■'-. m 3t 1 ^ i '\. f i*-i ^ :^.% cK .:^ ^i^ w ^